Pour l’instant, mes lèvres sont soudées aux siennes, nos langues sont confondues, guettant les sensations qui naissent à ce contact. Des frissons de désir courent sur mes épaules. Elle s’abandonne à mes mains qui la parcourent, qui caressent ses seins, ouvrent ses cuisses, rebroussent le poil de son pubis.

Fascinée par cette créature parfumée et soyeuse, je plonge un doigt inquisiteur dans sa vulve et le respire en m’enivrant de son odeur intime. Elle mouille comme une fontaine tandis que je caresse à deux doigts le bouton qui se dresse, attrapant des lèvres le sein le plus proche. Mais rapidement, emportée par la passion, je ne peux que glisser ma tête sur son ventre, traçant un sillon humide de ma langue, qui bientôt visite le repli qui cache le clitoris. Les joues empoissées déjà par les abondantes sécrétions de mon amante, je me saoule de sa cyprine, de ses plaintes et de ses hululements. Écartant les fesses, j’introduis un index autoritaire dans l’anus surpris qui se rétracte, puis sous la caresse lente et prudente, se détend et libère des ondes qui se répandent dans tout son corps. Elle jouit, son corps se crispe, tendue comme un arc, touchant le matelas seulement par la nuque et les talons, comme en catalepsie, sa jouissance éclate, elle perd conscience pendant un court instant.

J’ouvre alors enfin les cuisses pour accueillir sa tête qui m’a léché le ventre après m’avoir caressé les seins. Cette langue vigoureuse qui cible mon clitoris, qui ouvre mes lèvres et pénètre immédiatement mon vagin. J’humecte, je mouille, je gicle sur son visage. Elle passe à l’anus, qu’elle essore et inonde de sa salive. Cette sensation d’être aspirée, d’être bue, de percevoir la déglutition de mes excrétions intimes me remue au plus profond de mon être. Mes fesses se décontractent, je pousse le sphincter rose dans sa bouche. Sa langue agile se fraie un passage dans les plis.

Mon cri de n’a plus rien d’humain, je jouis de mon cul surexcité et cette jouissance se propage à tous mes tendons, à tous mes capillaires. Et je coule, je coule, et je fuis en battant l’air de mes bras, en mordant le ciel de la chambre qui vacille. Les murs tournent autour de moi dans un vacuum dantesque, dans un tourbillon infernal qui pulvérise ma cervelle. Enfermée dans sa bouche délicate, le temps se courbe, des images fugaces et colorées passent devant mes yeux. Longtemps, je reste immobile, haletante, couverte de sueur, incapable de parler, tandis que cette merveilleuse sensation plante ses griffes dans mes artères. Et je retombe sur le matelas, détendue, béate et perdue.

Elle lève alors la tête, plante son regard si noir, si profond dans le mien et me dit, dans son mauvais anglais: «So, me vacuum room now?»