Bienséance

Cachée par la nappe, je retire discrètement mes chaussures et tends une jambe vers elle. Mon pied nu rentre en contact avec un de ses genoux. Comment va-t-elle réagir? Elle me regarde avec un petit air amusé, puis se mêle à la conversation comme si de rien était. Mon orteil remonte doucement, en dessinant des arabesques sur la peau satinée de sa cuisse. Mon cœur s’affole un peu, mais, l’alcool aidant, je continue dans ma progression. D’ailleurs ses jambes s’écartent un peu, comme si elle appréciait…

J’ai la bouche sèche lorsque j’atteins le tissu de sa culotte. Soudain une de ses mains saisit mon pied! Je prends conscience en un clin d’œil de la situation dans laquelle je me suis fourrée… je veux alors faire marche arrière, mais non: elle le caresse un instant puis le plaque contre son pubis. Je reste une bonne minute immobile, attentive en fait à ce qui se passe sous la table. La chaleur de son sexe traverse sa culotte. Je me mets à le caresser avec mon orteil tout en essayant de me faufiler sous la dentelle de ses dessous. J’y parviens sans difficulté et plonge dans la moiteur de ses lèvres intimes qui s’écartent à mon passage.

Personne ne s’est rendu compte de ce qui se passe. Les invités de Trang discutent toujours politique, mais elle se tait et paraît concentrée par le contenu de son assiette. Je continue mon manège: mon orteil s’enfonce maintenant profondément dans son vagin puis remonte doucement vers le haut de son sexe dénicher son clitoris. Elle sursaute, ses yeux se troublent légèrement, je sens qu’elle a beaucoup de mal à feindre l’impassibilité. J’accélère impitoyablement mes mouvements. Mon orteil caresse son petit bouton, le contourne avant de replonger dans ses chairs trempées.

C’est au moment où l’on sert le fromage que l’irréparable se produit: ses yeux se révulsent, elle serre brutalement ses cuisses sur mon pied. Surprise, je laisse maladroitement tomber mon verre qui se renverse, et pousse un cri. Cet enchaînement masque son émoi. On s’affaire autour de moi, le garçon m’éponge, emporte la vaisselle.

Trang me fustige du regard et siffle: «Pour te mettre les pieds dans les plats, vraiment, t’es championne».

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