Manifester pour dire «non à la guerre» et demander au Parlement d’agir en ce sens, c’est avant tout reconnaître la légitimité de ces institutions, de leur fonctionnement, du droit international comme norme politique devant régir le monde. C’est croire que la démocratie est un remède à la guerre.
Pourtant, les troupes américaines fonceront sur l’Irak dans quelques heures. Beau fiasco, non?
Vous allez me dire que ce sont encore mes manies d’historienne qui font surface, mais n’oublions pas que les massacres coloniaux qui ont bâti l’empire britannique, l’empire français et l’empire américain n’ont été menés que par des gouvernements démocratiques, gauche et droite confondus, dans le respect des dites institutions représentatives. Que les «opinions publiques» aient été pour ou contre n’a jamais eu grande importance. La guerre n’est pas extérieure à la démocratie et au capitalisme: elle en fait intégralement partie. Elle en est une composante, un moment nécessaire à son bon fonctionnement. La guerre est la santé de l’État.
Que reste-t-il à faire? Mettre à mal le capital à l’intérieur de ses propres rouages en remettant en cause sa capacité de production et la domination qu’il exerce. Refuser concrètement l’ordre capitaliste et les institutions sociales de domination hiérarchiques en lui refusant toute collaboration. C’est en refusant de marcher au pas pour la démocratie et pour le système actuel que le renversement des rapports sociaux, dont la guerre est issue, peut s’entrevoir.







