(Rédigé au verso d’un calendrier scolaire.)

Assise dans le taxi du malheur. La glaise tournante macule les arbres, le bord des trottoirs, même la banquette où je grelotte les pieds nus. Je regarde la camarde qui surveille le tarif pendant que la sonnerie fait fondre les portières.

La fin de la course appelle la fin des temps. Je vois les monuments s’enfoncer dans le sol, les hommes à la chevelure de feu et une fillette qui pleure son chat sans tête. Je vois mon amante dans un abribus, elle a les mains vertes et le visage couvert boue. Je lui fais signe de monter, mais le taxi n’a plus de roues, n’a plus de chauffeur. Simone pleure, elle vomit en hurlant et je ne sais que faire.

Lorsque j’ouvris les yeux, je vis Héloïse, mon poisson rouge, qui flottait sur le dos, inerte dans son bocal. Est-ce un signe?