(Rédigé à l’endos d’un programme de théâtre.)

Je me suis levée ce matin avec une moustache stalinienne. Le lait était chaud et j’oubliai mes gants. Dehors, ce n’était pas l’automne.

Une dame avait de longs lobes d’oreilles; c’était la femme du Bouddha, membre à part entière de l’étalage. Elle avait oublié sa correspondance car elle était obèse — incitation au meurtre ?

Terminus. J’allai rejoindre la jeune femme à la guêpière noire et à la barbe fleurie. Elle était parente avec Claude Gauvreau, mais cela n’avait aucune importance puisqu’elle travaillait au cimetière. Elle feint de me voir. Je l’embrassai. Elle ressemblait à rien. Je la suivis.

Le long couloir s’enfonçait dans la terre. Les corps étaient mal enfouis. L’altitude me donnait le vertige, l’odeur me faisait pyrrhoniser. Son sexe n’était toutefois que terre humide — une relique de Wounded Knee qu’elle tenait d’un chaman tragique. Elle glissa hors de ses écailles et me compara à son bourreau. J’entrepris de la raser, elle se laissa manipuler avec complaisance. Les mains encens.

La succube glabre voulut brûler ma moelle épinière, mais je suis immunisée contre la dialectique. Il ne faut pas oublier que j’ai appris les bonnes manières chez les Ursulines… Elle rendit donc l’âme dans mes bras, sans avoir pu faire usage de ses zones moites. Un bref moment de peur contre un grand moment soulagement.

Mais tout cela est bien lassant.

Je finis donc par entrer quelque part avec ma moustache hitlérienne. Le personnel était courtois, c’est rassurant quand on y pense. J’ai choisi ces capsules colorées mais l’engin de métal brûlant m’aspire encore. De son canon jaillit le sperme qui maculera la stèle de mes amours fanées. Au dernier moment, si je pleure, se sera juste pour rire.