Mes rêves me flanquent des migraines si affreuses que la seule perspective de dormir me terrifie.

Un désert, vers midi. Il y a évidemment du sable partout, ainsi que des rochers de diverses tailles. Je suis assise par terre en position du lotus, détachée de ce que je contemple.

Un cortège funèbre… un cercueil porté par quatre hommes traverse la salle. Une femme se précipite devant eux et tombe à genoux en criant. Les porteurs n’y prêtent pas attention et la piétinent. La femme se relève et constate qu’elle est maintenant un homme. Elle rejoint le cortège, la verge à la main, l’air incrédule.

Un cardinal et une papesse se couchent devant moi, dans le sable, en se déshabillant mutuellement. Ils se livrent à une séance de tête-bêche particulièrement baveuse. La papesse remet continuellement sa tiare en place, en émettant des bruits de succion mouillés et obscènes. La queue cardinalice déforme son visage.

Deux dames assez âgées avec un caniche déplient de petits bancs de toile et s’installent près de moi, devant le couple ecclésiastique. La première prend son tricot, l’autre leur jette du pop-corn en criant «petits petits petits petits…»

Se présente alors une bande de nazis, bottes cirées, pas d’oie et bannières à croix gammée. Un moustachu hurle des slogans dans un mégaphone, mais aucun bruit ne sort. Il s’époumone, devient bleu, rouge, blanc, vert, puis tombe. Ses petits amis s’enfuient en le transportant dans leurs bras. Les deux prélats continuent de se lécher sous l’oeil amusé des petites vieilles. Personne ne s’est aperçu de l’incident, sauf moi, bien entendu.

Le cardinal jouit et éjacule dans la bouche de la papesse. Un énorme jet de sperme tombe du ciel, sur eux. Les deux vieilles dames se lèvent et applaudissent, font le signe de croix, puis s’en vont. Les deux religieux se lèvent, me saluent comme des acteurs, ramassent leurs vêtements à la hâte et déguerpissent.

La nuit tombe. Un voix, sortie de nulle part, crie le mot «YONI» si fort que je me réveille en sursaut.

Où sont mes Advil?