La fréquence de mes cauchemars commence à m’inquiéter.

J’erre dans un labyrinthe depuis des jours, voire des années. J’ai soif de futur. Par chance, les murs ruissellent d’humidité que je lèche avidement, car ces gouttes jaunes m’infusent de prescience phosphorique.

Les sombres couloirs sont saturés de livres, de livres, et encore de livres. Leurs pages sont remplies de séries de caractères dont la séquence varie d’un ouvrage à l’autre. Le seul ouvrage qui fasse un semblant de sens répète inlassablement «mourir pour la nation mourir pour la nation mourir pour la nation mourir pour la nation mourir pour la nation mourir…».

Devant une longue table de bois noir ciré, deux chaises, et un homme chauve sans age derrière des liasses de papier. Stoïque, il dicte:

«… que la survie de la nation en tant que facteur ethnico-récessif soit suivie d’un phénomène d’ensemble pluraliste qui suscite plusieurs réactions de prophylaxie dans l’extrapolation des schèmes de classes selon le modèle structural dont la logique exogène des tendances assimilatrices des groupes ciblés par un système de démographie endémique pose les prémisses de données rétroactives à l’assertion institutionnelle dans la globalité des cycles qui traitent toute juxtaposition productrice de contractions épistémologiques dans une perspective ontologique sans assimilation dialectique d’expression messianique du devenir collectif…»

Mon stylo assume le souvenir, mais c’est le sang des victimes innocentes qui se met à jaillir. Je tombe dans le noir et l’inconscience malgré ma volonté historiographique.

J’ai besoin de vacances.