Nous ne sommes plus ceintes de cuir
Nous ne sommes plus vertes de rage
Nous ne sommes plus criantes de vérité
Nous ne sommes plus cartésiennes jusqu’à l’absurde
Nous ne sommes plus juchées sur des géants
Nous ne sommes plus amantes de latex
Nous ne sommes plus les fillettes des ruelles
Nous ne sommes plus stérilisées et récurrentes
Nous ne sommes plus utiles pour la patrie
Nous ne sommes plus écartelés de vertu
Nous ne sommes plus souriantes sous la pluie
Nous ne sommes plus humides malgré la mort
Nous ne sommes plus absentes au combat
Nous ne sommes plus épilées de l’iris
Nous ne sommes plus rigides d’aspect cuir
Nous ne sommes plus antiques et vestales
Nous ne sommes plus obéissantes en jupon
Nous ne sommes plus épouses du Seigneur
Nous ne sommes plus gainées de dentelles barbelées
Nous ne sommes plus livides dans un bain de sang
Nous ne sommes plus vos béquilles de vair
Nous ne sommes plus naïves dans le duvet
Nous ne sommes plus nues sur le papier glacé
Nous ne sommes plus découpées en rondelles assemblables
Nous ne sommes plus muettes et domestiques
Nous ne sommes plus timides et nubiles
Nous ne sommes plus excisées du réel
Nous ne sommes plus issues de la côte biblique
Nous ne sommes plus des jeunes filles sages.