Il n’y a que moi qui sais que l’institutrice contorsionniste a frotté sa vulve contre la garniture à la crème des flancs du marché. Il n’y a que moi qui sais que la nonne de cuir laisse sécher du sperme sous son aisselle.

Le murmure de l’eau fait seul diversion au calme de cette nuit géologique. Je n’ai plus de mains et de cheveux, mes ailes sont nerveuses et nervurées et je sens la présence des peaux irascibles grâce à un trou que les drosophiles ont creusé derrière ma tête. Le jour, je dors sur l’autel, je reste immobile telle une statue et les glossines viennent adorer ma beauté en m’embrassant les pieds. Mais lorsque tombe la nuit, je me réveille des profondeurs obscures de la mort, j’enfile un costume noir qui dévoile les vingt-deux points sensibles de mon corps et je m’asseois sur un trône rouge, dans la salle des glaces. Toute la nuit les lucioles font le cercle d’Éros autour de moi, baisent rituellement ma peau et me mènent à tire d’aile jusqu’à la déchirure.