Sirventès de l’anarchie

Ni Dieu ni maître, disait le citoyen Blanqui
Et Dieu sait s’il avait raison
Mais en remplaçant Dieu par la Raison
On ne fait que changer de maître

Or il est des vérités interdites à la raison seule
Des vérités essentielles
Des vérités ineffables
Dont seule l’intuition mystique
Donne la pleine mesure

Il en va ainsi de l’anarchie
Qui est affirmation du multiple
De la diversité infinie des êtres
De leur capacité sans fin de composer
Un monde sans hiérarchies, sans domination
Fruit de l’association de puissances
Libres et autonomes

Il en va ainsi de l’anarchie
Qui est chaos aveugle des forces
Qui est rencontres et hasard
Fond indéfini indéterminé
D’où naît sans cesse l’infinité des êtres
Construction permanente et volontaire
De subjectivités nouvelles

Il en va ainsi de l’anarchie
Univers de l’infinitude des possibles
Affirmation dynamique d’agencements
Capables de libérer les individus
Capables de libérer les forces collectives
De leurs entraves
Et leur permettre d’aller
Jusqu’au bout d’eux-mêmes
Au delà de leurs limites

Proudhon Bellegarigue Dejacque
Avaient raison
Comme Laozi Zhuangzi
Avant eux
L’anarchie c’est l’ordre
Le 道
L’ἀπείρων
L’étrange unité
Qui ne se dit que du multiple

10 commentaires pour “Sirventès de l’anarchie”

  1. delest ajoute:

    On est dans la Provence du XII éme siécle ? Ton texte est magnifique, mais éthéré. La loi fut inventée pour protéger les faibles.

  2. sheepyr ajoute:

    Très jolie texte utopique. « Univers de l’infinitude des possibles » Cela donne à rêvern voir à espérer. Mais si tout est possible je crains bien comme « delest » que cela ne tourne à la loi de la jungle. Or je ne suis qu’un tigre de papier.

  3. Marie-Marie ajoute:

    Faudrait nous expliquer ce qu’est le é?“ et l’απείÏ?ων, ma belle.

  4. Marc-André ajoute:

    Encore mes triviales rimes – faudra s’y faire !

    Quand une anare chie
    Ses étrons, des éprerons
    En mon âme avachie
    Attise la rébellion

  5. X-Addict ajoute:

    Amie,
    Je puis me sentir le votre, sans que vous puissiez imaginer etre la mienne …
    Mais amie me va, car je lis mots é mots, les votres !
    Pourtant je ne vous obolerais pas, ni de ma suffisance et encore moins de ma flaterie.
    Laissez moi vous souflez, un desaccord, virtuel, et tendre …
    vous:
    « Des vérités ineffables
    Dont seule l’intuition mystique »
    La vérité est !
    L’intuition est pour nos sens, pour combler leurs insuffisansses …
    Finalement a t’on la nécéssité de leurs demandés davantage !

    PS1: Je devore le reste.
    PS2: a Votre immense générosité de pardonner fautes en tout genre.

  6. Sanieptia ajoute:

    Ni Dieu, ni raison.
    Intuition mystique…
    Un monde sans hiérarchie, sans domination ? Un autre que le nôtre alors – et je ne parle pas seulement de celui des humains.
    Celles et ceux qui veulent se libérer de leurs entraves, aller jusqu’au bout d’eux même, au-delà de leurs limites, n’ont besoin de personne pour ça. Ils (ou elles) le font, c’est tout.

  7. Soph-Soph ajoute:

    Mouais.
    En fait, je me rends compte que je n’ai jamais été très fan des poésies politiques (et Dieu sait que j’en ai avalées par paquets entiers). J’ai comme l’impression qu’il y a quelque chose de sale, d’indécent là-dedans.

  8. filou_66 ajoute:

    Et l’individu dans tout ce desordre?
    protégé des autres?
    protégé de lui meme?
    protégé de l’ordre?
    l’abandon comme ultime liberté?
    l’abandon comme ultime limite?

    Joli billet du reste

  9. Canhard ajoute:

    C’est un poeme ,ça s’adresse donc à l’émotion et non à la raison .
    C’en est d’ailleurs un des thèmes sous jacents ….
    Réussi !

  10. elmer ajoute:

    Merci beaucoup pour tous ces mots…

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