Les cahiers d’Anne Archet ont trois ans aujourd’hui.

Le douze janvier 2003, j’écrivais : « Pour ceux qui se demandent où j’étais passée… j’ai eu un accident qui m’a clouée au lit pendant plusieurs semaines, j’ai rompu et repris avec Simone, j’ai abandonné mes études doctorales et j’ai décroché un boulot de prof d’histoire dans un petit collège plutôt chouette. Je commence d’ailleurs dans une semaine et je suis morte de trouille. »

Aujourd’hui, je peux vous avouer que ledit accident était en fait un cancer, qui m’a d’ailleurs attaqué de nouveau quelques mois plus tard. Depuis, la camarde me fait une cour assidue mais je crois avoir réussi pour un temps à repousser ses avances. Je n’ai toujours pas repris mes études doctorales et j’ai troqué le petit collège plutôt chouette pour un gros cégep beaucoup moins sympathique. J’ai rompu avec Simone, repris, puis rompu encore, pour finir par reprendre une autre fois et me lancer en famille avec elle.

La morale de cette histoire : la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

J’ai déjà dit ailleurs que j’ai créé les Cahiers d’AA essentiellement pour faire taire mon amoureuse et mes amis qui me harcelaient pour que je publie mes trucs. Cette vocation n’a guère changé. Au début, la section « blog » du site était nommée « journal », mais personne n’a cru plus de deux minutes qu’il s’agissait d’un journal intime. Surtout que j’ai répété à satiété que je ne suis qu’une vile menteuse…

Comme vous l’avez déjà remarqué, non seulement je poste peu mais mon rythme de mise à jour a diminué graduellement au cours des deux dernières années. Moins de dix pourcent de ce que j’arrive à écrire finit par être publié ici et cela pour deux raisons. La première est que l’écriture en ligne exige que les textes soient courts et percutants, ce qui est très difficile à réussir en ce qui me concerne. Surtout que j’écris en dillettante et que je n’ai pas l’ombre d’un atome de prétention littéraire. La seconde raison est tout aussi simple : vous me paralysez de terreur. Dire qu’au départ je n’espérais aucun lecteur en dehors de mes proches ! Je ne commettrai pas la faute de goût d’étaler au grand jour les statistiques de fréquentation de mon site ; je dirai seulement que dans mon enfance, j’ai habité des villages avec moins d’habitants que le nombre moyen de visiteurs quotidiens des Cahiers d’AA en 2005. Croyez-moi, ça me fout un trac pas possible. Vous formez, tous autant que vous êtes, un lectorat cultivé et exigeant ; je vis dans la crainte perpétuelle de ne pas être à la hauteur de vos qualités de lectrices et de lecteurs.

Ce sont les commentaires qui nourrissent les blogueurs et je ne fais pas exception à cette règle. J’ai la chance d’avoir des lecteurs de qualité, des gens éblouissants, créatifs, intelligents, ouverts d’esprit, cultivés. Des gens que je devrais remercier plus souvent. Des gens comme LaJulie, pHiLoGrApH, OldCola, Télépinou, Ernesto Timor, Christian Mistral, François, Flivo, Stavroguine, SisyanorXavenovi, Muscadin, Janie, Yannou, Douce_Sophie, Ras, Ralphy, Sanieptia, Cindy, Litha, Justine Miso, Madrilene, Jean Guylaine, Ian Ogg, Shushu, Fleur de Lotus, Le Mat, Hugues/Shurashnor, Fred Bird, Ess, Lady Guy et Milady Renoir, pour n’en nommer qu’une infime partie. Et surtout Marie-Marie, que je nomme parfois Simone dans mes textes et sans qui tout ceci ne serait possible. C’est surtout pour vous que je continue, même si l’envie de tout laisser tomber se fait parfois impérieuse. Votre présence est précieuse et jamais ne pourrais-je me passer de vous.

Que pourra-t-on lire dans Les cahiers au cours de la prochaine année ? Des textes érotiques, évidemment. Je crois que je ne m’en lasserai jamais. C’est d’ailleurs ce qui me vient immédiatement à l’esprit dès que je tiens un stylo, alors ai-je vraiment le choix ? Peut-être vous ferais-je lire les nouvelles plus longues qui traînent dans mes cahiers (mes vrais, ceux qui amassent la poussière sous mon lit) ; il ne me reste qu’à trouver le courage de les recopier à l’écran. Vous lirez probablement d’avantage d’essais ; même s’ils débordent de mes tiroirs, je n’ose encore les poster ici, de peur de vous faire mourir d’ennui. Et sûrement plus de poésie.

Je vous embrasse toutes et tous, bande d’adorables petits chenapans.