Enceinte, gonflée à bloc, elle se plaint de rétention d’eau et de frustration, mais je sais qu’elle soupire d’aise même si son ventre immense m’empêche de voir son visage. Trop grosse pour faire quoi que ce soit d’autre que de s’abandonner à ma caresse, elle se laisse manipuler, me laisse glisser ma langue entre ses nymphes, comme si je voulais faire la grimace à ce petit être qui me répond par des coups de pied au nez.

Ses soupirs deviennent de plus en plus profonds, rapides, saccadés, jusqu’à ce que le plaisir lui fasse lever les hanches et plaquer son sexe béant et béatifique contre mes dents. C’est alors qu’elle explose de bonheur en cascade amniotique. Il y a de l’eau partout : c’est l’heure.

*  *  *

Tout ça pour vous annoncer l’arrivée dans ma vie de la petite Louise-Michelle, née hier soir à 23h24.

L’enfant et la maman se portent bien, même si l’accouchement fut long et un peu pénible ; selon l’infirmière, notre fille « ne savait pas si elle voulait regarder les étoiles ou la terre ». Lorsque le médecin a commencé à parler de ventouse, de forceps et de césarienne, Simone a redoublé d’ardeur et tout c’est bien terminé. Loulou (car elle a déjà un surnom, la pauvre) est un beau gros bébé en santé de cinquante-et-un centimètres et de trois kilos et demi.

Vous devriez la voir, elle est aussi craquante que sa maman.