Il tourna la tête et le vit, détourna le regard, tenta de l’éviter, regarda encore et le vit, encore, jusqu’à ce qu’il se dise qu’assez, c’est assez.
– Bon dieu, Anne! s’écria-t-il, irrité.
– Qu’est-ce qui se passe? demanda-t-elle, sans lever les yeux de son journal.
Comme chaque matin, elle avait pris sa douche et, vêtue de son peignoir de ratine blanc, elle sirotait son café, assise à la table de la salle dîner.
– Un peu de décorum serait apprécié, répondit-il sèchement.
– Ce n’est pas intentionnel, dit-elle simplement, tout en poursuivant sa lecture.
– Justement. Ça rend la situation encore plus insupportable, si tu veux vraiment tout savoir.
– Je te l’ai dit, ce n’est pas intentionnel. Je suis surprise que ça te perturbe à ce point.
– Je ne suis pas perturbé.
– Troublé, si tu préfères. Si tu t’étais assis sur l’autre chaise, tu n’aurais rien vu.
Elle n’avait pas quitté son journal des yeux et n’avait toujours pas réajusté sa tenue pour couvrir le sein qui s’exposait au regard paternel par l’échancrure bâillante de son peignoir.
Il soupira d’agacement. C’était sa cuisine, bon dieu de merde. Madame prenait ses aises alors qu’elle devait être retournée chez elle depuis deux jours. Profondément irrité, il se leva et, bruyamment, il s’installa avec son bagel grillé et son verre de jus d’orange de l’autre côté de la table. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle daigna le regarder en souriant narquoisement.
– Tout va mieux, maintenant? On n’est plus fâché? s’enquit-elle.
Elle se leva, se dirigea vers le comptoir et réchauffa son café. Elle retourna ensuite à son journal, son peignoir baillant de façon à ce que son autre sein soit exposé à la lumière du jour.
– Alors là, tu fais exprès, c’est évident, dit-il, indigné.
– On dirait bien que tu vas devoir encore changer de place! répondit-elle en pouffant.
– Pourquoi fais-tu ça? Pourquoi me traites-tu ainsi? demanda-t-il sur un ton résigné.
– Parce que j’ai vingt-neuf ans. Parce que c’est interdit. Et parce que ce qui est interdit est la plupart du temps terriblement excitant.








(le 17 septembre 2006 à 4 h 19 min)
Je prie le bon Dieu et tous ses Seins pour que pareille chose ne m’arrive jamais dans (rapide calcul mental) vingt deux ans ou vingt cinq ans.
Je remercie le bon Dieu et Anne Archet (y’a des moments où il vaut mieux s’adresser directement aux administré(e)s) pour avoir eu aujourd’hui le plaisir de cette lecture.
(le 17 septembre 2006 à 4 h 28 min)
aahlala
Anne ta plume toujours aguicheuse et cet humour ravacheur qui est tien font mouche a chacune de mes lecture.
(le 17 septembre 2006 à 9 h 49 min)
C’est un bagel aux myrtilles…?
(le 17 septembre 2006 à 9 h 53 min)
cachez ce sein que je ne saurais voir…
(le 17 septembre 2006 à 15 h 23 min)
elle à sa mère
(le 17 septembre 2006 à 15 h 32 min)
Elle appela tante Alex, dis moi tante comment tu le faisais bander papa? parceque là il fuit
Ho ma pauvre répondit tante Alex, t’es pas sortie de l’auberge, ta mère et moi on a jeté l’éponge, ya longtemps qu’il ne peut plus rien faire, pourtant on s’est échiné toutes les deux, il est HS depuis longtemps, non mais tu as vu son age? Soit indulgente tu as 29 ans, quand tu est née il en avait deja 50.
(le 23 septembre 2006 à 17 h 37 min)
Savoir jouer avec les interdits, dansant, ballerine des mots, entre la grâce et l’obscène, c’est l’un des multiples dons d’Anne Archet. Que de blogs visités avant que d’aboutir à ce blog ultime. Un plaisir qui confine à une forme d’extase athée et laïque. Admirativement vôtre
(le 23 octobre 2006 à 16 h 44 min)
totalement infantile et totalement con! mieux vieux montrer son attirail pour se faire prendre en levrette sur la table du petit déjeuner que raconter des conneries qui n’exitent que l’intellectualisme d’amateur d’onanisme et desapho de pacotille.
talent nul.
désolé je n’accroche vraiment pas
(le 11 septembre 2007 à 18 h 43 min)
Ah bravo, très réussi, ce qui est interdit est terriblement excitant, c’est tellement juste. Toute la nature humaine en une simple phrase, depuis le fruit défendu jusqu’aux faits divers dans les journaux.