Il ne faut pas oublier les critiques immanentes de la démocratie. Certaines d’entre elles ont été formulées la première fois à l’époque de Platon et d’Aristote et n’ont pas encore été réfutées de façon satisfaisante; elles concernent la démagogie, les groupes de pression et la corruption.
La démagogie est la stratégie politique qui consiste à obtenir du pouvoir en ayant recours à une rhétorique qui flatte les préjugés et les réflexes les plus vils, les plus bas et les plus réactionnaires de la population. Toutes les démocraties y succombent un jour ou l’autre, désireuses qu’elles sont de manufacturer le consentement à partir des peurs, des espoirs, et des colères confuses des masses citoyennes.
De plus, les démocraties représentatives sont tout spécialement vulnérables à l’action délétère des groupes de pression. Les groupes représentant des intérêts particuliers ont l’habitude d’engager des experts grassement rémunérés qui ont pour mission de courtiser, de harceler, de menacer ou carrément d’acheter les représentants élus pour obtenir une législation qui leur est favorable, des subventions gouvernementales ou toute autre sorte de faveur. Parce que les élus proviennent fréquemment du milieu des affaires ou des classes aisées, la collusion avec ces groupes de pression se fait la plupart du temps tout naturellement, souvent même avant que ledit élu n’ait eu le temps de se saisir du pouvoir.
Ces problèmes sont des symptômes éloquents qui se manifestent lorsque les individus sont réduits à une masse amorphe de spectateurs passifs du processus décisionnel, ou lorsque l’implication de l’individu dans la création de son propre environnement de vie est réduite au simple choix d’opinions. Il est donc inutile de travailler à réformer les institutions démocratiques pour permettre aux politiciens de devenir de meilleurs démagogues et de meilleurs lobbyistes. Le contrôle du financement des partis politiques ou la distribution gratuite de temps d’antenne est inutile, parce que ces réformes reconnaissent implicitement la légitimité de la manipulation politique. Si la manipulation politique est légitime, ça signifie en bout de ligne que la démocratie n’a à offrir à l’individu qu’un seul moyen de s’affranchir de l’oppression: devenir lui-même oppresseur. Comment prétendre dans ces conditions que liberté et démocratie sont indissociables?
Et il ne faut surtout pas oublier la corruption qui ronge la démocratie depuis le berceau. Je n’aurais jamais cru dire un jour une telle énormité, mais Staline avait tout à fait raison: Ceux qui votent ne décident de rien; ceux qui comptent les votes décident de tout.

Une des forces de la démocratie est sa faculté à se reproduire, à se fondre dans le statu quo et à assurer sa pérennité. Malgré ce qu’en disent la plupart des démocrates, les démocraties sont loin d’être fragiles; la plupart des régimes actuels qui sont les plus anciens sont des républiques et des monarchies constitutionnelles basées sur les principes de la démocratie représentative. En ce début de millénaire, les êtres humains vivent soit dans des démocraties, soit dans des pays sous la domination économique et militaire de démocraties. Comment expliquer ce succès? Comment expliquer cette hégémonie?
Dans tous les pays démocratiques – et le Canada n’y fait pas exception – l’endoctrinement démocratique commence à la petite école, avec l’élection des présidents de classe, l’éducation civique, les saluts au drapeau (unifolié ou fleurdelisé). Très vite, le citoyen est amené à penser que la démocratie est la condition première et nécessaire à la liberté. Lorsque la démocratie encadre le débat de la sorte et force même ses opposants à discuter selon ses propres termes, toutes les actions entreprises pour changer l’environnement politico-social doivent se dérouler dans le cadre de ses principes, sinon de ses institutions, et réaliser les seuls fins qu’elle puisse sanctionner. C’est pourquoi la démocratie réussit à se reproduire en demandant si peu d’effort de la part de l’élite dominante. Un système démocratique basé sur le règne de la majorité convainc les classes exploitées et aliénées qu’elles ont le contrôle des institutions gouvernementales grâce à ses mythes fondateurs (la volonté populaire, le peuple souverain, etc.) même si ce contrôle reste effectivement entre les mains des classes exploiteuses et aliénatrices. Même les contradictions les plus flagrantes passent inaperçues parce que le système a réussi à équivaloir son existence ave celle de la liberté, se plaçant ainsi à l’extérieur du champ des idées et des principes que l’on peut critiquer et combattre. En se présentant comme un a priori ou comme le premier principe de la liberté individuelle, la démocratie offre un visage de tolérance et se présente comme la source par excellence du bien public, se plaçant ainsi au delà de toute contestation.
En régime démocratique, les notions d’égalité des électeurs et de règne de la majorité impliquent que le Peuple (avec un gros P majuscule) détient le pouvoir, malgré les innombrables preuves du contraire. En toute logique, si le Peuple n’effectue aucun changement dans l’ordre des choses, c’est qu’il n’a aucune volonté de le faire puisqu’il est souverain. Or, le Peuple croît, en théorie, en la justice et en la liberté puisque selon les mythes fondateurs des démocraties il se retrouve à l’origine même de la création de ces régimes politiques. Puisque le Peuple démocratique aime la liberté, il devrait naturellement agir pour mettre fin à toutes les formes d’oppression, au moment même où elles sont découvertes. Ce qui signifie que si une loi, un règlement ou une pratique gouvernementale ne change pas, c’est qu’elle n’opprime pas le Peuple. Bref: tout ne peut qu’aller bien dans le meilleur des mondes.
Évidemment, un tel raisonnement n’a jamais et ne pourra jamais donner naissance à une société véritablement libre. Mais rejeter cette logique sans adopter une critique générale de la démocratie mène directement à une autre conclusion hautement douteuse, qui est la plupart du temps formulée par les individus et partis de gauche des démocraties libérales occidentales. Selon eux, si le gouvernement n’est pas à la hauteur des aspirations du Peuple, c’est que les gens sont trop apathiques, trop ignorants, trop stupides ou trop égocentriques pour se servir collectivement du pouvoir qui se trouve à porté de leurs mains. Si les militants progressistes pouvaient seulement réussir à informer, éduquer, organiser et mobiliser les masses, tout finirait par fonctionner à merveille. On assiste alors au spectacle pitoyable d’individus selon toutes vraisemblances intelligents qui volontairement se retrouvent pieds et poings liés, se débattant pour réformer un système qui dans ses incarnations les meilleures et les plus efficaces n’a d’autres fonctions que d’opprimer tout le monde de façon égale. Encore une fois, les classes dominantes peuvent dormir sur leurs deux oreilles tant que les opprimés et les aliénés blâment leur propre apathie et leur propre stupidité comme source de leur propre aliénation et leur propre oppression plutôt que les failles intrinsèques du concept même de démocratie.
Nous assurons tous et toutes la reproduction de la démocratie avec notre vote et notre acceptation servile et quotidienne aux résultats des élections. Le fait d’aller voter ne sert qu’à réaffirmer et à légitimer le pouvoir de l’État, quelque soit votre choix électoral. En votant, il vous arrivera peut-être de participer à la création ou à l’abolition de politiques, et de législations. Vous pourrez même participer au renouvellement de la classe politique. Mais vous n’arriverez jamais à changer le système et ses relations de pouvoir basées sur la domination et l’aliénation de l’individu. C’est pour cette raison de les classes dirigeantes des démocraties ne craignent absolument pas le suffrage universel, même si certains politiciens en particulier peuvent souffrir de la grogne populaire et se faire ravir les rênes du pouvoir.
Historiquement, les gouvernements on élargi le bassin des électeurs chaque fois qu’ils ont eu besoin d’appuis massifs pour accomplir un objectif précis – la plupart du temps militaire – plutôt que pendant les périodes où le public demandaient à grand cri l’extension du droit de vote. Il s’agit du marchandage habituel, où des concessions démocratiques sont accordées en échange d’un consensus social si nécessaire en temps de crise. De plus, le fait d’accorder le droit de vote à ceux qui n’en jouissaient pas permet aux gouvernements de canaliser les insatisfactions et les énergies contestataires qui autrement auraient pu constituer une menace sérieuse ou pouvoir étatique vers une forme d’action qui n’est pas menaçante – le vote – qui réduit l’efficacité et la magnitude des changements tout en assurant la reproduction de la démocratie. Au Canada, l’obtention de la responsabilité ministérielle, le suffrage universel masculin, puis l’extension du droit de vote aux femmes et aux Amérindiens a surtout eu comme effet de les faire passer les opprimés d’une marginalisation officielle à une marginalisation systémique. Ce qui signifie que les principaux gains politiques des marginalisés est d’avoir le même droit que le reste des citoyens de participer à un système oppressif et d’espérer qu’il agisse en leur faveur. Le débat sur le droit de vote est un leurre: le gouvernement a recours au suffrage pour amenuiser les demandes des minorités et saper les énergies consacrées à l’action directe. Il n’y a pas de fumée sans feu, et il n’y a pas de suffrage sans intention de marginalisation.
Quand nous mordons à l’hameçon électoral, nous donnons à l’État le pouvoir de se saisir de nos capacités à prendre totalement et entièrement le contrôle de nos propres vies. Les élections ont tendance à réduire les individus à un rôle passif, à faire miroiter le salut grâce au principe de la sagesse des majorités plutôt que de celui de l’action directe volontaire. Une division naît entre les gouvernants et les gouvernés lorsque les électeurs assistent de la marge comme spectateurs du gouvernement et nom comme des agents de leur propre destinée. Les systèmes politiques de tous genres ont tous en commun la particularité d’exclure la possibilité de l’action directe autonome et individuelle et la démocratie n’y fait pas exception. Les démocraties savent être aussi racistes, nationalistes, impérialistes et militaristes que les dictatures, et surtout elles discriminent, exécutent, torturent et réduisent au silence les individus. Ce qui distingue les démocraties des autres systèmes, c’est qu’elles oppriment et aliènent se présentant comme le visage de la volonté collective et individuelle, comme l’incarnation même de la liberté, ce qui les rend particulièrement insidieuses et efficaces.

Les organisations politiques formelles ne s’intéressent qu’à certains aspects de la réalité. La démocratie, en tant que mode d’organisation politique, ne détermine donc pas entièrement notre droit individuel à l’autodétermination. Par exemple, les droits inaliénables que la démocratie vous garantit ne s’étendent pas à toutes les sphères de votre vie – votre lieu de travail étant une de ses sphères particulièrement à l’abri des ingérences démocratiques. Évidemment, le salaire minimum, la journée de huit heures, les lois sur la sécurité du travail et toutes les autres législations adoptées par les démocraties – en réponse aux pressions exercées directement par les travailleurs – peuvent très bien améliorer les conditions de travail et interdire les formes les plus scandaleuses d’exploitation. Il n’en demeure pas moins que l’employeur et l’employé n’interagissent pas entre eux comme des citoyens libres et égaux. L’un d’entre eux est le boss, l’autre le travailleur, et tous deux jouent leur rôle selon des règles qui n’ont rien avoir avec les principes de participation démocratique. Aucune élection ne changera cet état de fait.
Lorsque l’individu se rend sur son lieu de travail, il abandonne sa qualité de citoyen pour adopte celle de travailleur salarié. Il devient alors un esclave à temps partiel – le temps qu’il consacre au travail salarié. On exige de lui l’obéissance et la loyauté envers l’entreprise. L’exercice de la plupart de ces droits fondamentaux dits démocratiques, comme la liberté d’expression, la liberté d’association ou la liberté de circulation lui sont interdits le temps qu’il est au service de son maître. Et ce temps mort consacré au travail salarié – pour ceux qui évidemment ont la «chance» d’avoir un emploi – a tendance à devenir de plus en plus long, à gruger de plus en plus notre vie, ce qui réduit d’autant le temps de notre existence où nous jouissons des fameux droits démocratiques. Mais ne vous inquiétez pas, ceux qui n’ont pas d’emploi sont si marginalisés, si harcelés par les fonctions providentialistes de l’État que leur temps de citoyen démocratique est encore plus limité.

Quelques mots en terminant sur la démocratie directe.
Les anarchistes ont la conviction qu’une société basée sur les relations non-médiatisées entre individus libres, sur l’absence de forces sociales coercitives et aliénantes et sur le droit universel et inaliénable de l’individu à sa propre autodétermination. Ces convictions mènent à différentes visions du monde, comme par exemple la fédération des communes libres et autogérées des anarcho-communistes et l’association limitée, informelle, ouverte et temporaire des anarchistes individualistes (qui vous l’aurez deviné a gagné ma préférence). Mais ce qui est certain, c’est que les principes chers aux anars ne pourront jamais s’incarner dans une démocratie. Même la démocratie directe à la sauce athénienne exige un abandon des volontés individuelles qui produit et assure la pérennité de la domination hiérarchique d’un groupe sur les individus, les séparant ainsi de leurs désirs et séparant leurs désirs de leur réalisation par l’action directe.
La démocratie directe reste un mode de gestion politique de l’État. En cela, elle restera toujours l’ennemie de la liberté individuelle.








(le 21 septembre 2006 à 18 h 40 min)
Parlez de bestialité, de sodomie, d’inceste et de nécrophagie et personne ne sourcillera. Soulignez le fait évident que la démocratie n’est en réalité qu’un mode de gestion politique de l’oppression étatique et c’est l’émeute.
Évidemment, je me doutais que vous alliez regimber.
Je suis quand même un peu déçue de ce que vous avez à m’offrir comme réfutation de mes thèses hautement banales. Si tous les démocrates étaient aussi peu habiles…
Bref, j’ai pris bonne note des critiques qui m’ont été adressées et j’y répondrai dans le prochain billet. En attendant, démolissez mes arguments, allez-y! Faites de moi une démocrate convaincue.
Je parie que vous n’êtes mêmes pas cap’ !
(le 21 septembre 2006 à 19 h 40 min)
Merci!
Ca fait du bien d’entendre parler comme ça…
Je n’ai pas votre aisance avec les mots, ni sans doute votre profondeur de réflexion, mais j’ai vraiment du plaisir à vous lire.
Ce n’est sans doute pas pour rien que je me fais régulièrement traiter d’ « anar » (j’habite la France « profonde ») , et j’espère vous lire encore souvent, pour apprendre à argumenter plus efficacement mes prises de positions et aussi tout simplement pour me sentir moins isolé.
Encore merci, et continuez fort!
(le 21 septembre 2006 à 19 h 43 min)
As-tu réellement écris cela?
Si la démocratie actuelle est loin d’être parfaite elle représente ce qu’il y a de moins pire pour le peuple, la critique est facile mais tes propositions inexistantes ou irrealisables, prenons le libertarien qui prône ton genre de discours ou presque, on est de suite confronté à la règle de la coopération volontaire entre les individus dans un libre marché, règle qui je pense sera un jour ou l’autre violé par intérêts faisant effet domino et le résultat final sera pire que notre démocratie car l’homme est fait ainsi, il vit, il pense, il agit par intérêt personnel, toi-même tu es assez pourrie si on se donne la peine de visiter ton site en entier, tes idéaux ne sont pas nouveaux et pas faux (comme ce que tu penses sur l’économie de marché) mais changer est irréalisable, il y a trop d’intérêts en jeux et puis notre société est aussi fier de cette démocratie, de son économie, de consommer comme les soldats du roi étaient fier de mourir sur le champ de bataille, on peut dire dans un sens que toutes nos pensées sont dirigées par l’environnement orchestré par les grands argentiers de la planète, juste cela est un obstacle insurmontable et on l’a vue en irak, les armes de destruction massive on en n’en pas encore trouvés mais c’est sur ce contrat que les américains ont approuvés la geurre.
Gege
(le 21 septembre 2006 à 21 h 22 min)
Moi je ne vais pas chercher à faire de toi une démocrate, Anne, parce que je suis d’accord avec toi sur le fond.
Mon commentaire tient en fait en un seul mot : Méfiance.
La lutte qui se dessine derrière ce genre d’analyse est celle entre l’Unique et le »libéralisme humain », ou entre le surhumain et le dernier homme si tu préfères. Or la supra-société emprunte parfois le détour de la contestation libertaire pour apparaître…
(le 21 septembre 2006 à 21 h 35 min)
L’ennui, c’est que l’homme est un loup pour l’homme. Démocratie, dictature, monarchie, communisme, donnez-lui n’importe quel système et il en profitera pour exploiter son semblable. Ne lui donnez pas de système du tout… et qui sait ce qui arrivera! De toute façon, Anne Archet n’est-elle pas elle-même une employée de l’État? ;-)
Je suis contente pourtant que vous parliez d’anarchisme à nouveau. J’attends toujours la suite de ce texte sur l’adieu à la gauche…
(le 21 septembre 2006 à 21 h 42 min)
A mon sens, le fait qu’Anne soit employée de l’Etat n’invalide pas sa critique de l’Etat.
La vie est dialectique et si un cambrioleur vient armé me menacer dans ma maison, je suis fondé à lui prendre son arme et la retourner contre lui, au moins le temps de le calmer.
(le 22 septembre 2006 à 0 h 52 min)
J’aimerais bien exploiter mon semblable.
S »il existait, ce salaud!
(le 22 septembre 2006 à 1 h 55 min)
Ouah, comme disent les chats polyglotes, les commentaires sont vraimetn gratinés! Chacun ajoute sa banalité! t pourquoi pas réfléchir unpeu plus avant de faire du vicéral, d’être « pour » ou « contre » comme un démocrate? Ils sont toujours « pour » ou « contre ».. Attendons, méditions, réfléchissons au lieu de vouloir réfuter et ressasser des idés reçues! Il faut même apprendre à penser! LA vie ce n’est pas « pour » ou « contre »! Tout n’est pas débat fût-il « démocratique » et argumentatio..laissez veir els idées.. atendez de voir quel chemin elles font dns l’esprit… C’est un premier pas pour prendre une distance avec la pensée démocratique, toujours en oppositions souvent « viscérales » inutiles, nuisibles et inefficaces..Rien que pur ce « réflexe conditionné » du « pour ou contre », il convient de remettre en question la démocratie! Et de laisser le temps à ce que dit Anne Archet de cheminer en soi.Après, à la rigueur on pourra être « pour » ou « contre »… MAis ce sera sans « idées reçues » ou « réflexe » abêti, sns les lamentables clichés qu’on OSE produire… Carpe diem!
(le 22 septembre 2006 à 6 h 32 min)
tu as raison Anne,
la démocratie n’est qu’un leurre cynique,
parlons démocratie à l’ouvrier qui peine à nourrir sa famille, à la vieille qui ne sait plus se soigner, au clochard qui attend la mort sous ses cartons, à la pute qui voit défiler tout le désespoir du monde, aux enfants d’ailleurs qui nous hurlent leur faim à la face tandis que nous continuons sans rechigner à engraisser notre progéniture, parlons démocratie à tous les laissés-pour-compte, à tout ceux qui restent en bas du convoi, ceux-là ne nous opposerons que leur désespoir, leur colère ou leurs larmes, et on aura bien mérité de se faire traiter d’enculés.
(le 22 septembre 2006 à 7 h 44 min)
A Orlando : d’accord, laissons-nous le temps d’y réfléchir et de s’en imprégner. Il n’empêche que la première à être vraiment « contre », c’est bien AA. On est tout de même plus dans le pamphlet (argumenté) que dans la réfléction ouverte sur une discussion, non? Ne nous invite-t-elle pas à « démolir ses arguments » ? Et puis, ce n’est sûrement pas quelques réflexions épdermiques qui vont l’effaroucher. Elle en a vu d’autre.
A Aaron : Je m’interroge. Crois-tu qu’une véritable anarchie mettrait l’ouvrier, la vieille, le clochard, la pute et l’affamé en meilleure posture ? Est-ce vraiment l’Etat démocratique, donc finalement le Peuple qui nous oppresse ? Ou est-ce simplement l’autre parce que plus riche ou plus fort ? N’y aura-t-il pas toujours un oppressé parce que c’est dans la nature de l’homme que de mettre sa conscience et son humanité sur pause le temps d’assouvir ses plus basses pulsion et de défendre ses intérêts personnels au dépend des autres. Certes ca ne justifie pas qu’il faille accepter ce système imparfait tel qu’il est sous prétexte que ce sera toujours pareil. Mais je n’ai pas la moindre confiance en la morale, la vertue, l’humanité ou la conscience de l’Homme (appelez ca comme vous voulez), comme garant de ma liberté et de ma sécurité et pilier d’un nouveau système social.
Anne, tu es prof, non ? Tu dénonces le bain idéologique démocratique dans lequel on plonge les enfants dès l’école. Fait donc une expérience. Pourquoi ne pas mettre en place dans ta classe une véritable anarchie libertaire. Plus d’oppression idéologique par le système scolaire. Mais qui va empêcher le plus costaud, la plus grande gueule et le plus vicieux d’unir leurs individualités selon leur intérêt commun pour piquer le lecteur mp3 du gringalet et faire fermer sa gueule au premier de classe ? Honnêtement, qui sera plus libre de quoi dans cette situation ?
Je ne suis ni pour ni contre, je m’interroge. Je suis d’accord avec Anne sur le fait qu’il y a oppression et qu’il y a pression du système pour que rien ne change. Ce qui m’intéresserait, Anne (si la aussi tu n’avais par hasard rien de mieux à faire), c’est de savoir comment tu intègres le rôle du capitalisme dans ta critique de la démocratie occidentale. Est-il possible à ton avis de remettre en cause le capitalisme sans remettre en cause la démocratie ?
Ben voilà. Ca doit faire plus de questions que d’affirmations.
(le 22 septembre 2006 à 8 h 04 min)
Vrai Ektor, je crois que quelle que soit la nature du système dans lequel il évolue, l’homme reste un loup pour l’homme, c’est aussi pour ça que je n’y mets plus jamais de majuscule…chez moi aussi les questions sont bien plus nombreuses que les affirmations.d’ailleurs avant de s’adjuger le droit de disserter sur les aspirations profondes de l’homme, et sur son improbable vocation au bonheur, ne faudrait-il pas avoir connu la faim, au moins quelques jours dans sa vie, avoir effectué les « métiers » les plus abominables, avoir fréquenté les univers les plus glauques?pour soulager le monde de la merde qui le submerge, ne faut-il pas y avoir plongé les mains?
(le 22 septembre 2006 à 8 h 14 min)
Aaron, je vais un cran plus loin, n’est-ce pas insultant de glauser sur l’oppression du peuple quand on vit correctement en Europe ou en Amérique du Nord (moi le premier – c’est bien entendu) ? Cela ne ferait-il pas rire jaune ce qui vivent avec 5 dollars par mois, ce petit tourment intellectuel de riche avant le week-end ?
(le 22 septembre 2006 à 8 h 15 min)
clap ! clap ! clap !
et l’assemblée de se lever et d’applaudir..
(le 22 septembre 2006 à 9 h 49 min)
bonjour à tous
bravo Anne je partage globalement tes analyses que je commenterai sans doute plus tard à la lumière de mes expériences terrains mais je ne resiste pas a vous faire partager ce petit texte que je viens de recevoir , et qui pour moi n’ est pas sans un certain rapport . Qui a dit que tout est psychologie, et à quelle fin on utilise ses compétences qui nous détermine en tant que personne?
Le Théorème du Singe
Mettez 20 chimpanzés dans une chambre, accrochez une banane au plafond
et mettez une échelle permettant d’accéder à la banane.
Assurez-vous qu’il n’y a pas d’autre moyen d’attraper la banane que
d’utiliser l’échelle et mettez en place un système qui fait tomber de
l’eau très glacée dans la chambre dès qu’on commence à escalader
l’échelle.
Les chimpanzés apprennent vite qu’il ne faut pas escalader l’échelle.
Arrêtez alors le système d’eau glacée, de sorte que l’escalade n’ait
plus son effet de gel.
Maintenant, remplacez un des 20 chimpanzés par un nouveau. Ce dernier,
évidemment, va essayer d’escalader l’échelle et sans comprendre
pourquoi il se fera tabasser par les autres. (Eux savent quelque chose
que lui ne sait pas.)
Remplacez encore un des vieux chimpanzés par un nouveau. Ce dernier se
fera encore tabasser, et c’est celui qui a été introduit juste avant
lui qui tapera le plus fort.
Continuez la leçon jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que des nouveaux.
Alors aucun ne cherchera à escalader l’échelle, et si jamais il y en a
un qui pour une raison quelconque ose y penser, il se fera massacrer
illico par les autres. Le pire, c’est qu’aucun des chimpanzés n’a
maintenant la moindre idée de la raison pour laquelle il ne faut pas
monter sur l’échelle.
C’est ainsi que naît et fonctionne la « culture d’entreprise »…
la culture d’entreprise seulement?….
(le 22 septembre 2006 à 10 h 01 min)
J’attendrai pour me prononcer sur tes théories que tu définisses cette notion de liberté individuelle à laquelle tu attaches tant d’importance et qui, à moi, me paraît sans objet.
(le 22 septembre 2006 à 10 h 33 min)
Je sourirai… pour la forme.
Tu ne nous apprends pas grand chose, dans le fond. Tout qui possède un minimum de cellules grises en état de fonctionner à peu près correctement sait que la démocratie est un leurre, une carotte qu’on agite pour l’électeur-spectateur.
Dès lors, pourquoi chercher à réfuter des arguments (fort bien développés d’ailleurs, on pourrait presque parler de démagogie) et te transformer en démocrate, toi qui crie haut et fort ton appartenance à la mouvance anarchique ?
Aucune société ne peut exister en respectant la liberté individuelle, quel que soit le mode politique en vigueur.
Toute révolution est un leurre parce que toute révolution est le berceau d’une nouvelle tyrannie. L’histoire, la vraie, pas celle des manuels, l’a démontré à profusion.
Si aucun modèle politique ne peut être synonyme de liberté et de justice, cela tient sans aucun doute à la nature profonde de l’humain qui fonctionne essentiellement dans un schéma de « domination-soumission ».
Une grande majorité de gens sont heureux d’être dominés parce que la réflexion ne fait pas partie de leurs options naturelles. Vas donc expliquer tes théories à une masse de ménagères transpirantes dans un supermarché : elles s’en foutent éperdument ! Leur quotidien – remplir l’assiette de la famille, les vacances, le loyer etc. Voilà les préoccupations qui vont meubler leur vie.
Et tous ces bonshommes qui roulent des mécaniques dès qu’on aborde le sérieux sujet politique valent-ils mieux ? En dehors des discussions pré-électorales face à une bière dans un pub, ils se tracassent surtout pour le superball et autres joyeusetés du genre. C’est leur quotidien ! Ils se font humilier 8 à 15 heures par jour suivant le cas pour gagner les quelques sous qui leur permettront de survivre jusqu’au mois suivant.
Et quelque soit le régime politique en place, leur vie ne changera pas. Ils SAVENT cela, c’est inscrit dans leurs gènes de par l’éducation reçue durant des générations.
Je serai pessimiste au dernier degré en affirmant qu’il n’y a pas d’Eldorado politique, pas d’Eden, pas d’espoirs que le schéma puisse changer. Je ne crois ni à la monarchie de droit divin, ni à la démocratie, ni au capital, ni… à l’anarchie.
Parce que toutes ces déclinaisons sont créées et gérées par des humains, des êtres qui, en général, sont terrifiés par le simple fait de vivre – donc de devoir mourir un jour. Des gens qui amassent tant qu’ils peuvent pour se donner l’illusion d’exister, qui espèrent entrer au panthéon des immortels parce qu’ils ont goûté un court instant à la cocaïne du pouvoir.
Commedia, commedia, tutto è commedia,
Y compris AA et LaJulie !
Mes hommages, dame lointaine.
(le 22 septembre 2006 à 11 h 12 min)
c’est quand j’ai vu mon premier enfant prêt à tuer père et mère pour avoir sa ration de lait que j’ai compris que par nature, la démocratie était un leurre…. en conséquence, je reste favorable à la Dictature des Sens…
(le 22 septembre 2006 à 11 h 32 min)
Ektor, pour le petit tourment d’intellectuel c’est tout à fait ça…peut-on considérer comme légitimes les questions qu’on se pose sur la vie sans en connaître les plus sombres aspects?
Quant à affirmer, comme Julie, que la réflexion est une option naturelle, et que donc ceux qui en sont pourvus sont naturellement appelés à dominer les autres, les mal-finis, qui en plus ne demanderaient que ça, n’est-ce pas promouvoir les fameuses lois de la nature comme modèle universel? ça a déjà été tenté, avec le « succès » que l’on sait..
(le 22 septembre 2006 à 11 h 35 min)
et comme c’est effectivement le week-end, une petite bête pour se quitter
« les pauvres n’ont vraiment aucun goût, comment peuvent-ils se goinfrer de hamburgers alors que le caviar, c’est divin »
(le 22 septembre 2006 à 14 h 12 min)
L’avenir appartient aux maîtres dont les esclaves se lèvent tôt.
Merci Anne , gd merci.
(le 22 septembre 2006 à 15 h 35 min)
Marx n’a-t-il pas dit que postuler une nature humaine invariable était de l’idéalisme bourgeois, camarade, un truc de réactionnaire pour étouffer dans l’oeuf toute velléité de changer le système ?
Autre question : l’histoire a-t-elle donné raison ou tort à Marx sur ce point ? On devine la réponse d’une anarchiste.
Pour ma part, je ne rentre pas dans cette façon de déconsidérer ta démonstration, Anne, démonstration à laquelle j’adhère. Mes difficultés se trouvent ailleurs. Je ne nie pas ce que tu dis, mais je voudrais aller plus loin, en faire un dépassement critique.
Voyons ça. Ton texte ne dit rien de nouveau, c’est la vulgate libertaire sur la démocratie. C’est une problématique de notre temps, et je dis que ceux qui sont dans les problématiques de maintenant ont déjà une problématique de retard.
Il est vrai que sur une petite échelle de temps, ce qui compte c’est Bush, Sarkozy, la démocratie au sens où tu l’entends, etc. Mais je me place sur une échelle de temps plus grande, quarante ans environ, et je dis que ce qui nous attend c’est un système socialiste à la Meilleur des Mondes. Or sur une telle perspective, la critique anarchiste est en partie démunie, parce que les arguments ne portent pas.
Dans le meilleur des mondes, le conntrôle des individus est assuré en augmentant démesurément leurs libertés dans des domaines conformistes. Il y a une multitude infinie de choix différents, et une multitude de libertés, simplement plus personne ne s’en occupe.
Les partisans de la disparition de la »démocratie » (au sens où tu entends le mot) sont des Janus bifaces qui travaillent aussi bien à une société libertaire qu’à un meilleur des mondes aseptisé.
Tu regrettes que tes textes libertins ne provoquent pas d’émeute comparable à cette vulgate, mais médite que dans le Meilleur des Mondes, ta prose coquine serait portée au pinacle tandis que tes essais politiques seraient censurés (oubliés). C’est la suprasociété.
Une société n’aliène pas forcément par la limitation des choix et des idéologies, elle peut aussi aliéner en noyant l’individu dans une pléthore, tout comme un monde saturé d’information peut équivaloir à un monde verrouillé.
Je remarque également que militer pour l’annulation de la démocratie (au sens où tu l’entends) semble un travail contre-productif, puisque toutes les forces idéologiques de progrès font déjà ça journellement : ainsi, chaque personne qui écrit sur son blog participe d’une logique individualiste fédéraliste dans l’expression de ses choix. Je suis optimiste en ceci que l’évolution que tu décris me semble inéluctable.
Plutôt que de ressasser de vieilles antiennes que le simple jeu sociologique validera de lui-même à terme, ne vaut-il pas mieux penser déjà à l’état du problème suivant ?
Bises
(le 22 septembre 2006 à 15 h 47 min)
Marx ne disait-il pas que postuler une nature humaine éternelle c’est de l’idéalisme bourgeois (camarade !), un truc réactionnaire pour couper court à toute velléité révolutionnaire ?
L’histoire a-t-elle donné raison ou tort à Marx sur ce point ? Question à poser aux anarchistes.
Bon, mais ce n’est pas de ça que je voulais parler. Je n’entends pas te réfuter, chère Anne, mais effectuer un dépassement critique de ce que tu dis. D’une certaine manière ton texte est une problématique ô combien actuelle, mais s’occuper de problématiques actuelles, c’est avoir une problématique de retard.
Au fond, tu ne dis rien de nouveau, c’est une vulgate anarchiste, une redite d’autres auteurs. Il me semble que tu devrais élargir ton horizon d’analyse. Sur une petite échelle de temps, ce qui occupe le regard, c’est Bush, Al Qaida, Sarkozy, ou bien la démocratie pour l’analyste que tu es. Sur une plus grande échelle de temps, les idéologies réactionnaires sont perdantes et sans intérêt : mais l’idéologie du Meilleur des Mondes d’Aldous Huxley est celle, selon moi, amenée à triompher.
Or, le Meilleur des Mondes aliène l’individu, non pas en restreignant les choix à quelques options dominantes et en rapport avec un »marché », mais, de manière beaucoup plus efficace, en noyant l’individu dans une galaxie de choix individués et hystérique. Tout comme un monde où il y a surcharge d’informatique équivaut en pratique à un monde où l’information est verrouillée, un monde qui saoûle d’options est un monde en fait sans choix.
J’observe du reste qu’il est contre-productif de composer des épîtres appelant la fin de la démocratie, parce que le travail de toutes les forces idéologiques en présence tend chaque jour à précipiter de lui-même cette fin. Les démocrates, en poussant leur système jusque dans ses ultimes contradictions, et les individualistes et les libertaires (et aussi les libertariens) en faisant acte individualiste. Chaque personne qui pernse par elle-même sur son blog, de par la logique individualiste et librement associative de cet acte, précipite un peu plus la fin de la démocratie.
Le combat est donc déjà d’arrière-garde. Au lieu de perdre notre temps à théoriser ce que tout le monde fait obscurément déjà, il faut voir un cran plus loin, et penser à la forme d’aliénation qui guette ensuite, car il en guette une, celle de la supra-société du Meilleur des Mondes.
(le 22 septembre 2006 à 15 h 52 min)
La référence à Marx, c’était pour répondre à tous ceux qui te disent que ton truc est voué à l’échec parce que l’Homme est méchant, égoïste, toussa… Oui je le dis parce qu’en me relisant ca semblait pas clair. Bisous
(le 22 septembre 2006 à 15 h 57 min)
faire un constat c’est bien!
proposer un embryon de solution c’est MIEUX.
Vous me rappelez les politiques qui possédent les solutions à mettre en oeuvre tant qu’ils sont dans le doux cocon de l’opposition et qui si jamais ils arrivent au pouvoir nous expliquent qu’il ne peuvent pas à cause de l’ancienne majorité.
A ce moment les anciens au pouvoir nous expliqent à leur tout qu’ils possédent les solutions etc…..
Cela se nomme MOUVEMENT PERTETUEL, qui parfois se grippe (un peu) lors d’une révolution et puis reprend son train-train
(le 22 septembre 2006 à 16 h 02 min)
23 personnes au chevet de la démocratie sur 6 milliards d’individus
joli score !
(le 22 septembre 2006 à 16 h 14 min)
LU dans le commentaire d’Anne
(Parlons plutot de bestialité, de sodomie, d’inceste et de nécrophagie et personne ne sourcillera.)
OK , OK , OK,
Et puis merde pour la démocratie qui nous a déclaré la guerre, LA LA LA ….
(le 22 septembre 2006 à 18 h 29 min)
Je reprends quelques uns de vos points Anne Archet
Les deux premières phrases me sont un peu confuses. Pourriez vous préciser s’il vous plaît?
La Démocratie n’a jamais été le modèle de société défendu par Socrate, ni par ses disciples d’ailleurs. La démocratie n’est que le régime libertaire et égoïste mis en place par le peuple qui a renversé un régime oligarchique qui lui-même était une dérive DU régime idéal selon Socrate. Ce régime idéal dérivant qui asservissait les classes inférieures. La recherche de la gloire, et du pouvoir, puis l’appât du gain, ont amené en France (je connais modestement son histoire) les démagogues démocrates et nous finirons bientôt sous la coupe d’un tyran.
Vous voulez dénoncer un système, mais je pense que vous ne devriez que dénoncer les vilains acteurs qui tiennent fermement les rennes du pouvoir. Ben oui, ce sont ceux là qui détruisent les systèmes.
Je ne sais pas pour le Canada, mais en France, l’Etat participe pour 80 % dans l’encadrement du Travail. (La législation est très lourde, mais elle est nécessaire pour une grande part). Où voyez vous que le monde du Travail est « particulièrement à l’abri des ingérences démocratiques » ?
L’art de l’ouvrier qui apporte des richesses à sa société d’emploi, lui est reversé par un salaire. Où voyez vous un rapport maître esclave ?
Et moins il y aura de VRAIS philosophes au pouvoir, plus la descente va s’accélérer
Les anarchistes feront mieux donc ? (question) Vous avez des philosophes élèves de Socrate dans vos rangs? Je ne ris pas, mais le coeur y est…
(le 22 septembre 2006 à 19 h 30 min)
http://www.millebabords.org/asso.php3?id_mot=59
(le 22 septembre 2006 à 19 h 44 min)
comme il en faut faut toujours un pour tout foutre en l’air, cette fois ce sera moi
à commencer par moi-même, car à force de commenter, je me transforme en pilier de comptoir, c’est-à-dire par définition en « celui qui fait la fermeture », ma contradiction est donc totale (je ne voudrais pas offencer votre salon, Mlle, mais il ya un alcoolique qui s’amuse à plier votre bar)
je ne crois pas avoir vu qu’il était demandé d’être sincère, mais seulement démocrate, alors c’est d’accord, je suis démocrate et je cherche à obtenir la confession écrite et signée par Mlle Anne qu’elle est démocrate aussi (avec abjuraion bien sûr).
Si je suis démocrate pleinement, je me souviens d’une théorie qui fait de la démocratie une mafia victorieuse, qui devenue dominante, cherche à pacifier pour assurer son règne, un peu comme la chrétienté est devenue une secte dominante. Je suis démocrate et je remarque que dans son usage l’argent sert d’affranchissement, qu’à son plus haut point de fonctionnement il est toujours mafieux, j’en conçois une essence primordiale. Je me veux un démocrate complet donc :
tip, tip, tip, tip, tip-tip, tip
- allo
oui bonjour , c’est pour un enlèvement, je vens de la part de B*** (contact viet-namien)
- ah je vous écoute
il s’agirait d’enlever une femme et de la séquestrer
- aucun problème
écoutez ça va vous plaire, elle est maquée à une chinoise (on n’a jamais demandé d’être sincère), elle s’appelle Mlle Simone (on n’a jamais demandé d’être sympa)
- haha, je note, que vous faut-il ?
eh bien, vous la chopez, vous la séquestrez, vous la foutez à poil (je prie le ciel en ses miraculeuses faveurs que me soit épargné un injuste couroux : je suis démocrate mais superstitieux), vous la peignez en rouge avec des pois jaunes (pour faire joli), vous prenez une photo, vous l’envoyez à Mlle Anne (la Chinoise !) avec un mot :
Mlle Anne, nous tenons Mlle Simone, nous lui arracherons avec toute la barbarerie possible un poil de nez toutes les minutes jusqu’à obtenir votre confession écrite,
c’est combien ?
- vous venez de la part de B***…, c’est 300 $
là comme ça je crois que j’ai gagné
(le 23 septembre 2006 à 10 h 36 min)
Difficile de descendre dans l’arène sans essuyer ce genre d’attaques. Grégaires, certes.
(le 24 septembre 2006 à 6 h 25 min)
Ben voilà, je m’étais bien préparée, arguments, citations, exmples, petite phrase d’intro, question d’élargissement et tout l’tantouim…. Pffff et je me rends compte que ce ne serait que répéter, en gros hein, ce qu’Escape dissertait 9 commentaires plus haut. Dans le détail pourtant, toute dillettante que je suis, j’aurais quelques questions pratiques sur la mise en place d’une société anarchique… Je viens plutôt de l’autre côté du miroir (socialiste ascendant communiste).
1. l’Etat de droit est-il alors aboli? Ou bien a-t-on affaire à l’exercice d’une justice privée, voire familiale reposant sur l’honneur d’un chacun?
2. Vous prônez la liberté individuelle. Une société non institutionnalisée n’est à mon avis pas viable, dépassé un nombre donné de membres. Qui ou quoi fait état de référence pour empêcher chaque individu de franchir la sacro-sainte frontière de cette liberté d’agir, de penser, de croire, d’aimer sans provoquer les ires de son voisin de palier? Vous attendez ici une tolérance aujourd’hui presqu’inexistante de la part de vos frères et soeurs d’armes. En cela justement, la mise en pratique de l’anarchisme me semble être une utopie, un modèle non viable, tel le communisme.
3. La critique essentielle que vous portez à la démocratie, d’après ce que j’ai lu car j’avoue avoir lâché en chemin tant vos arguments m’étaient familiers, est donc son caractère aliénant. Mais l’Homme n’est-il pas naturellement à la recherche d’une force, d’un pouvoir, d’un état supérieur ayant pour fonction de le guider, le soutenir, le protéger? Vous critiquerez certainement mon optimisme et ma naiveté écoeurants, tout organe supérieur à l’Homme ayant eu pour fin de l’assujettir. C’est ici que je me permettrais de renvoyer au commentaire d’Escape et à sa citation marxiste et d’ajouter que « L’homme est un loup pour l’homme » (facile, je sais). Là aussi, la similitude argumentaire avec Marx saute aux yeux: l’Homme aliéné à la machine, au profit et donc au Capital. Quelle société n’a pas été victime de la soif de pouvoir, qu’elle soit d’origine idéologique, religieuse ou économique puisque cela revient au même? J’irais plus loin en demandant aux biologistes et anthropologues s’il existe une race animale vivant en groupe, je précise, sans « chef »? J’en doute.
Je conluerais donc que votre critique est sensée, bien que « retardataire » et peu innovatrice, et que votre idéal en reste un. Pour atteindre ne serait-ce que du bout des doigts une amélioration sociale à l’échelle planétaire, il est nécessaire d’en appeler à la volonté et au bon-sens de chacun. Le changement le plus impératif est celui de nos consciences et de nos actes vis-à-vis d’autrui et non envers l’Etat. Le premier pas doit être fait dans son propre jardin.
Merci de la réflexion à laquelle vous nous soumettez (voyez!). Etant moi-même prof d’Histoire, c’est un régal de tergiverser ainsi. Dans l’attente de vos réponses,
Petites Pensées Pétillantes et Baisers Altermondialistes
(le 24 septembre 2006 à 6 h 59 min)
Est-ce notre fonction (notre destinée) d’être des individus, des êtres « libres » ?
Ne sommes-nous pas aussi de petites parties d’un plus grand ensemble ?
A l’heure de la globalisation, d’une vision (et d’une gestion) mondiale de l’humanité, cela me paraît de plus en en plus évident.
(le 24 septembre 2006 à 7 h 05 min)
Sur une grande échelle de temps, la philosophie, la culture, le liberté individuelle, la religion sont peut-être appelées à disparaître. Il fut un temps (la majeure partie de l’humanité) où elles n’existaient pas. Par pure barbarie. Mais le futur, un vaste Etat technologique et mondial, pourrait les rendre obsolètes aussi. Le développement dément des technologies sans une once de conscience engendre une nouvelle barbarie. Ou alors, ce n’est qu’un retour à la case départ, la technologie en plus. Toutes ces choses (philosophie, liberté, haute culture, etc.) pourraient n’avoir été qu’une brève parenthèse dans l’histoire de l’humanité.
(le 24 septembre 2006 à 7 h 41 min)
Ben voilà, je m’étais bien préparée, arguments, exemples, citations, petite phrase d’intro, question d’élargissement et tout l’tantouim…. Pfff, et je me rends compte que cela reviendrait à répéter en gros, hein, le commentaire d’Escape (10 ou 11 annotations plus haut). J’avoue avoir abandonné en chemin car votre argumentation m’est familière. Dans le détail pourtant, et toute dillettante que je suis, j’aimerais reprendre deux points de votre critique qui me paraissent essentiels d’un point de vue pratique. Je viens de l’autre côté du miroir….
1. Vous prônez la liberté individuelle. Soit. Qui vous contredira ? Le problème avec cette liberté, c’est qu’elle a des limites, flagrantes dès qu’il s’agit de défendre ses propres intérêts. Et tout Homme normalement constitué a des intérêts, peu importe la nature de ses derniers. D’où la nécessité d’une institutionnalisation de l’Etat de Droit sans quoi la pratique de la justice devient privée, familiale, destinée à sauvegarder l’honneur de tout un chacun. Vous appelez ici à une tolérance aujourd’hui et dans l’Histoire inexistante car opposée par nature à la liberté revendiquée. En ce sens, l’anarchie tout comme le communisme est une utopie, un modèle non viable, dont le principal obstacle est l’Homme lui-même.
2. Votre principale critique, si je ne me trompe, est l’aliénation de l’individu à l’Etat. Mais l’Homme n’est-il pas depuis toujours à la recherche d’une force, d’un pouvoir, d’un état supérieur ayant fonction de le guider et de le soutenir ? Vous critiquerez certainement mon optmisme et ma naiveté écoeurants au premier abord. Pourtant je me permettrais ici de reprendre la citation marxiste d’Escape. Quelle société n’a pas été victime de la soif de pouvoir, qu’elle soit d’origine idéologique, religieuse ou économique, puisque cela revient au même ? Ici aussi, le parallèle avec le marxisme est évident : L’Homme aliéné à la machine, au profit, au Capital. J’ajouterais que « l’homme est un loup pour l’Homme » (facile, je sais). L’abolition des privilèges, des classes, des contraintes socio-économiques fut l’objet de maintes révolutions sans progrès satisfaisants à long terme. Ici encore, l’Homme lui-même a mis le baton dans la roue évolutive.
Je concluerais que votre critique est sensée et nécessaire. Les solutions implicites que vous proposez sont, à mon avis, trop générales et, de fait, trop floues. S’il est un changement indispensable, c’est celui de nos consciences, de notre responsabilité envers autrui. S’il est un premier pas à faire, c’est au fond de notre jardin.
Merci pour la réflexion à laquelle vous nous soumettez (voyez !). Professeur d’Histoire, j’adore tergiverser ainsi. Dans l’attente de vos réponses,
Petites Pensées Pétillantes et Baisers Altermondialistes
(le 24 septembre 2006 à 12 h 02 min)
Je ne suis guère votard, pas vraiment anarchiste (déja dit je sais, mais toi aussi tu insistes) ; je n’aime pas l’Etat encore moins fleurdelysé, l’altermondialisme me parait un truc de prêtres-ouvriers sans prêtres , je me demande si après le « commandante », le « soto-commandante » on aura droit au soto-sergent Garcia ; en revanche, j’aime bien ton grand P majuscule, la Belgique et le Canton de Neuchatel, mais pendant qu’on discute : ttp://www.armedforcesjournal.com/2006/06/1833899, et puis tiens puisqu’on te fait des bises et malgré ton agacement, moi aussi.
(le 25 septembre 2006 à 7 h 13 min)
Oui d’accord je veux bien. Cependant, j’ai quand meme 1 interrogations et 1 remarque.
remarque : la relation qui lie le salarié au boss comme vous dites, est fondée sur le contrat. il ne s’agit pas d’esclavage. je donne mon travail et en échange le boss me donne de l’argent.
interrogation : c’est bien beau cette idee d’ »association limitée, informelle, ouverte et temporaire des anarchistes individualistes », mais qui s’occupe alors de l’éducation des enfants, qui s’occupe des malades, des vieux, qui construit des hopitaux des villes des routes des avions, etc. Et les prestations sociales alors ? on laisserait crever comme des betes ceux qu’aujourd’hui on aide a remonter dans le train ? M’enfin les pauvres…
(le 25 septembre 2006 à 11 h 26 min)
En conclusion, toute forme d’organisation de la cité (la politique donc) serait problématique car elle limiterait la liberté de chacun (fut-elle anarchique).
Mais je doute qu’une liberté individuelle inconditionnelle puisse s’exercer sans dommage, hors d’une forme de vie collective qu’elle qu’elle soit. Et que cette forme de vie collective ne trouve un jour ou l’autre ses propres contradictions (comme c’est le cas pour la démocratie).
Je doute également que l’absence de vie collective et de règles (mêmes imparfaites) qui peuvent naître de toute apparition d’un corps social, soit bénéfique à l’individu et in fine à l’exercice réel de sa propre liberté.
Je pressens quelque chose de totalitaire dans votre idée « d’individu libre ».
Imaginez que chacun puisse satisfaire à chaque instant tous ses désirs, quelqu’ils soient, sans aucune limite ni restriction. Pensez-vous vraiment que nous irions vers un monde parfait ?
(le 25 septembre 2006 à 14 h 39 min)
Oh la provoc’ !
Je vient de la lire en venant faire un lien vers mes notes ce qui vaut un coming-out :-)
La question qui me traverse l’esprit immédiatement est : à quoi bon ?
Allez, j’admets, même pas cap’
(le 25 septembre 2006 à 14 h 41 min)
:-P
(le 26 septembre 2006 à 11 h 52 min)
« Il y a trois sortes de tirans, les uns ont le roiaume par election du peuple… Celui a qui le peuple a donné l’estat, devroit estre, ce me semble, plus supportable, et le seroit, comme je croy, n’estoit que deslors qu’il se voit eslevé par dessus les autres, flatté par je ne scay quoy, qu’on appelle la grandeur, il delibere de n’en bouger point ».
Le Discours de La Boétie est mon livre de chevet depuis pas mal de temps déjà. Je n’arrive pas à m’en défaire: la belle vieille langue, le ton direct, et une ironie !:
« Il n’est pas croiable comme le peuple deslors qu’il est assujetti, tombe si soudain en un tel et si profond oubly de la franchise, qu’il n’est pas possible qu’il se resveille pour la ravoir, servant si franchement et tant volontiers, qu’on diroit a le voir qu’il a non pas perdu sa liberté, mais gaigné sa servitude. »
Vous vous êtes attiré pas mal de missiles, c’est le prix auquel vous vous attendiez en débusquant la stupidité volontaire. Mais c’est jouissif quelque part de faire si bien mouche, non?
Je lirai et je relirai ce que vous avez écrit là-dessus, et un de ces jours, je vous dirai ce que ça évoque chez moi.
J’ai plaisir à vous lire, dans tous les genres.
Phil.
(le 26 septembre 2006 à 12 h 28 min)
Ce débat réveille un ancien écho dans les oreilles de vieux catalans. Sans même abonder sur les arguments théoriques déjà moultement développés, je dirais que l’expérience de la mise en pratique fidèle à cette théorie (et je parle bien de celle-là et non d’autres nuances de pensées anarchistes qui foisonnent), dans la fin des années 30 en catalogne, se sont avérées un échec, avant même l’élimination physique des expérimentateurs. Tout simplement parce qu’au-delà d’un certain nombre d’agrégats, l’idée même de non domination rend impossible tout processus de décision collective, et il est apparu que si un individu peut se gérer ainsi, une société ne le pouvait pas. Maintenant, c’était d’autres temps et d’autres moeurs, bien que je ne sois pas sûr que la société de l’internet puisse bouleverser la donne de ce point de vue-là. Il est aussi intéressant de noter que dans l’histoire du monde occidental, les courants de pensée dominants ont toujours conforté le système politique dominant (la révolution française n’y faisant pas exception) soit en le précédant soit en l’accompagnant, ce qui expliquerait nombre de commentaires indiquant qu’aujourd’hui il n’y a pas mieux, fondamentalement, que la démocratie telle que nous la connaissons. Mais je ne crois pas à la fin de l’histoire. Simplement je n’ai pas le talent ou la force de conviction suffisante pour imaginer autre « chose ».
(le 26 septembre 2006 à 16 h 56 min)
je viens à peine de découvrir votre site et je dois dire que je suis déjà… j’allais écrire conquis mais non, cela serait trop. Disons que ma curiosité a été éveillée. Je suis assez d’accord avec l’essentiel de cette analyse sur la démocratie – j’ai perdu la foi il y a quelque temps déjà. Ce qui ne m’empeche pas de participer au système et à sa reproduction, en votant et par mon métier (enseignant d’histoire-géographie et d’éducation civique) dont le but premier est de former des bons citoyens (vous diriez certainement déformer mais en fait les deux mots sont synonimes ici).
Alors que redire si je suis d’accord avec l’analyse? Et comment concilier cela avec ma pratique de la démocratie?
Et bien je dirais que je ne partage pas l’idée que la liberté individuelle est non seulement possible mais souhaitée – sans parler même qu’elle soit souhaitable. Si la démocratie fonctionne et a réussi à se maintenir depuis deux ou trois siècles – et peut-être à devenir un modèle dominant mais là sa réussite est plus discutable, Coca Cola aussi est un modèle dominant et cela n’a rien à voir avec les qualités ou les défauts intrasèques du produit – ce n’est à mon avis pas uniquement par ses aspects lénifiants et conservateurs. Si les individus ne bougent pas, c’est qu’ils n’ont tout bonnement pas envie de bouger. On e ne bouge pas contre un système politique qui vous donne le confort et la sécurité… les Allemands n’ont pas bougé contre le nazisme qui leur donnait du travail, pourquoi faudrait-il que nos concitoyens réagissent contre un système qui leur offre une consommation à tout crin, les entretients dans un panel de choix relativement élevés (mais normalisés ce qui remet en cause l’idée de liberté) et garantit une sécurité la plus haute qu’aucune société du monde n’a encore jamais connu. Conformisme contre confort… et bien cela sera confort conformé!
Penser que les individus veulent être libre et dignes plutôt que d’avoir la télé avec 200 chaines est une illusion aussi grande que les autres. Si les individus sont partout dans les fers, c’est qu’ils le veulent bien. D’où mon comportement : il est inutile de combattre, car le système s’entretient lui même par consentement tacite et mutuel (et non pas uniquement par décision des élites qui exploiteraient le reste de la population). Il est par contre possible (et c’est la force du système démocratique, la chance qu’elle laisse à tous à un niveau plus ou moins grand, ce qui constitue une soupape de sécurité imparable) de montrer la sortie – à charge pour ceux qui le veulent de la prendre. Ou non.
La preuve, c’est que vous etes là et moi aussi.
(le 26 septembre 2006 à 17 h 34 min)
Je n’avais pas eu le courage de lire les commentaires avant de poster le mien, c’est maintenant chose faite.
Comme Escape, je crois en effet que le futur sera proche de celui du Meilleur des Mondes, matiné de romans de science-fiction des années 70 (Neuromancer, Dune ou Rollerball par exmple) qui avaient anticipés la mondialisation bien avant qu’on en parle (le Cyberpunk comme première forme d’antimondialisation?).
La seule alternative valable à mon sens à cette société serait celle préconisée par Platon, c’est à dire une société élitiste, dirigée par ceux qui savent quel est l’intérêt du groupe (chez Platon les philosophes). Une démocratie à la Périclès, non pas PAR le peuple mais POUR le peuple. En quoi est ce différent d’un système autoritaire voire totalitaire? Dans le fait que les élites sont identifiables et responsables. Tout le contraire d’aujourd’hui ou les gens sont devenus allergiques à l’idée même d’élite, ce qui permet d’être dirigé par des administrations anonymes aux membres totalement irresponsables (au sens légal comme psychologique du terme…).
Vu que cette société n’est pas pour demain, il ne nous reste comme destin individuel que de trouvez une porte de sortie : quand on est un heureux pessimiste, la retraite au désert, puis la pendaison pour éviter au lynchage populaire. Relisez la fin d’Huxley. Quand on est un optimiste triste, il reste la violence. Revoyez Fight Club, réécoutez Californication ou relisez Dune.
Quant le sage doit choisir de se faire ermite ou terroriste…
(le 26 septembre 2006 à 22 h 53 min)
Bien des gens souvent confondent système politique et système économique. Il m’est arrivé maintes fois, alors que je critiquais la forme de capitalisme où nous sommes, de me voir rétorquer « tu préfères le royalisme peut-être ? ». Or, le royalisme ne fut pas un système économique en soi, mais un système de gestion politique. Le système économique où nous nous trouvons sous sa forme actuelle, capitalisme dérivé, est né à la fin du XIIIème siècle. Pour la première fois, des commerçants enrichis par leurs voyages à l’étranger se mirent à vendre des services et le travail des autres, et non plus le fruit de leur propre travail. Les Moines Mendiants, à l’époque, protestèrent vivement. Ce système prit son expansion après la Révolution Française et se généralisa à travers le monde avec la révolution industrielle, laquelle alla de pair avec les colonisations, au point qu’on en vint à penser qu’il était le seul acceptable. L’ennui, c’est qu’un système politique ( la démocratie) s’est totalement transfondu avec un système économique ( le capitalisme bureaucratique), ce qui est à peu près aussi nocif que de confondre état et religion – tant que c’était le cas chez nous, ça a fait de sacrés dégâts-. Et non, un tel système n’est pas nécessairement condamné à la pérennité. Je dirai même que sa fin est très proche, même si cela passe par beaucoup de catastrophes intermédiaires. Le fait qu’Anne soit prof est parfaitement illustré par son article, qui nous dit entre autres que nous sommes dans un système si verrouillé que même celui qui le réprouve se trouve obligé, à un niveau ou un autre, même en faisant les concessions minimum, d’y participer pour survivre. Le rôle d’un écrivain n’est pas d’apporter des réponses toutes faites, mais de savoir poser les bonnes questions, d’ouvrir des voies de réflexion, de savoir mettre le doigt sur ce qui ne va pas et le mettre en évidence. « Le poète est la mauvaise conscience de son temps » disait Saint John Perse. Anne est un écrivain et un poète. Une grande. Voilà, c’est dit !
(le 30 septembre 2006 à 8 h 15 min)
Ce qui a dû m’échapper dans ton texte, c’est l’alternative qui est préconisée.
(À lire le chapeau de ce site, doit-on supposer que c’est l’anarchie ?)
(le 2 octobre 2006 à 12 h 40 min)
Intéressante discusion. Je viens y ajouter mes commentaires complètement naïf.
Plutot que de s’appitoyer sur les système en place, il est important, a mon sens, de congiter sur des solutions. Plusieurs ont été avancé pour ensuite être déclaré utopie. Les quelques pistes que je suggères tirent également sur l’utopie, je doit le dire, mais il est amusant d’y réfléchir.
Premier problème qui se pose, la révolution est inutile. Un mouvement brusque n’amène pas de changement durable. Il faut donc s’y prendre plus lentement, langoureusement, attirer dans son sillage un mouvement de plus en plus grand, tout comme un ras de marée ou un orgasme.
Deuxième problème, tout système politique est biaisé de par le seul fait que tout système politique se fonde sur la même chose; soit le capital ou le bien matériel. Selon moi il faut donc se détacher (tranquillement) du système politique. réduire ses horaires de travail au profit d’activité qui nous permettent de vivre (agriculture, cuisine, fabrication de vêtements et de petites habitation répondant à nos besoins, éducation des jeunes et moins jeunes…). Par le fait même, on se détache des biens matériels superflus qui sont plus souvent qu’autrement utile presque essentiellement au fonctionnement du travail (téléphone cellulaire, voiture, beaux habits cravattes, ..) allez donc lire, si ce n’est déjà fait, l’abolition du travail de Bob Black.
Oui, je sais, on ne peut pas tout faire ca tout seul. Un être humain ne peut pas vivre sans la société. Par contre, en s’agencant en mini sociétés, il est possible de répondre au besoins de tous par la bonne entente et le troc de divers matériaux et/ou compétence (je te fabrique de bon vêtements a ta taille et en échange tu me donne du pain, du lait et quelques légumes). Les produits en surplus de cette mini-société peuvent être re-vendu dans les foires d’artisans où carrément sur e-bay afin de se procurer ce que les individus ne sont pas en mesure de fabriquer eux même. On n’est pas obligé de se consacrer 40 longues heures par semaine a une seule et unique activités, on diversifie nos compétence et tout l’monde y gagne.
Pour ce qui est de l’éducation, je suis de l’avis qu’il faudrait retourner a un système maître / apprentis. La présence des parents et très importante. Aujourd’hui, on travaille fort pour payer des études à nos enfant mais pendant que l’on travaille, on ne les éduques pas ces enfants et on finis par blâmer le système si ils ne sont pas assez motivé où si il ne savent rien faire. À qui la faute? Personne vraiment. On fait ce que l’on croit qui est bien. Il reste qu’il n’y as personne de mieux placé pour éduquer son enfant que le parent lui même.
Je m’écarte dites vous? Peut-être, mais tout ca c’est de la politique. On ne peut pas changer un système politique brisé par un autre. Si on veux s’en sortir de ce système, il faut le faire littéralement. Il ne me reste qu’à trouver le moyen de mettre en pratique ces idées farfelus (il paraît que le chanteur de Killing Joke a déjà fondé 3 villages basé semblable (malheureusment je n’ai pas trouvé de source a ce sujet), ca doit donc être possible d’une facon ou d’une autre).
(le 2 octobre 2006 à 22 h 30 min)
beeeeêêêêêêee
j’ai pas lu tout ce qui a été dit après ton annotation. La fleme. c’est trop long. (déjà au collège les profs me traitaient de parasite)
La dette, le chomage, la misère, l’exclusion…système moins pire que les autres ? Faut-il en conclure que l’espèce humaine est inorganisable.
(le 2 octobre 2006 à 23 h 55 min)
Je sais que tu t’en branle anna, mais je suis daccord avec toi.
Défendre la démocratie pele mêle, c’est couillon.
Beeeêeêêêêeeee
On marche sur la tête et en direction de la falaise. Au point de vue circulation, ça va être un gros bordel quand il s’agira de faire demi tour. Le problème, c’est qu’il n’y a que des problèmes et que nos hommes politiques sont trop occupés a faire du clientélisme pour s’attaquer aux fondations de l’édifice. (la plupart ont des conseillers en communication, c’est hallucinant non) Alors ils rafistolent comme ils peuvent, les ânes, en attendant que tout s’écroule. Ils ne s’affollent pas outre mesure puisque aucun n’a la véritable direction des opérations.
(le 3 octobre 2006 à 0 h 19 min)
PS : l’anarchie, c’est sympathique, mais on peut aussi appeler ça la préhistoire.
qu’adviendrais tu dans un monde ou regnerai la loi du plus fort ?
(le 9 octobre 2006 à 11 h 41 min)
J’ai moi aussi reçu quelques insultes quand j’ai critiqué la démocratie sur un forum non-anarchiste. La plupart des gens n’ont pas le courage, et probablement pas l’envie, d’aller contre l’opinion publique, donc contre le système dans lequel ils vivent, trop inquiets qu’ils sont de ne pas être rejetés par le groupe.
J’ai commencé à écrire un dictionnaire satirique qui ne se prive pas de ridiculiser la démocratie. Si l’inspiration vous vient, n’hésitez pas à me proposer de nouvelles définitions (c’est sur mon site perso).
Au message anonyme ci-dessus : l’anarchie est fondée sur la non-violence. La « loi du plus fort », c’est une figure de style pour parler de la violence hiérarchiste, ce n’est pas une loi naturelle. Les parents ne sont pas obligés par la Nature d’éduquer leurs enfants en leur donnant des ordres et en les punissants s’ils sont insoumis. Ils peuvent aussi les élever en ne leur donnant que des conseils et en prenant le temps d’argumenter leur position.
J’ajoute pour ceux qui voudraient aller plus loin que le No Treason de Spooner constite une très bonne critique de la démocratie, si mes souvenirs sont bons (le texte est en anglais).
(le 14 octobre 2006 à 19 h 46 min)
Vraiment, je crois…
Que l’Homme n’est capable de créer qu’une suite inaltérable de concessions qu’il ne pourra jamais s’empêcher de vicier….
Démocratie ou non, Anarchisme ou non.
(Je tiens à préciser que je ne sais absolument rien de l’anarchisme…)
Les systèmes politiques ne sont là que pour tenir en laisse les animaux que nous sommes si facilement capables de devenir. Le reste n’est que pure débauche.
Enfin, je suis contente de tout ce que j’ai lu, contente de savoir que d’autres lisent… Après tout, qu’ils comprennent ou qu’ils ne comprennent pas, qu’ils croient ou qu’ils ne croient pas, qu’ils pensent ou qu’ils ne pensent même pas…
Quelle importance?
Tu le dis toi même, Tout cela a déjà été dit.
Peut-être que si nous n’avons pas encore fait mieux, c’est qu’en tant qu’Hommes, nous sommes incapables de mieux.
Je crois que le plus triste c’est de se rendre compte que le savoir, dès qu’il s’agit de Nous, ne mène nulle part.
Je ne crie plus, je ne hurle plus, moi je ris à en mourir.
Quand je regarde l’horizon je me dis:
Le bateau coule depuis longtemps, et de notre connerie humaine, il ne restera aucun survivant.
Sur ce, allons vite nous coucher.
Tu veux un bisou pour la nuit? Non, parce que les post comme ça, moi j’adore…
:D
(le 5 janvier 2007 à 14 h 58 min)
Puis-je affiché ton textes sur le site:Les OGRES.org;S’il Vous plais,je le trouve géniale.Et sera source de trés trés long débats garantis.
(le 6 janvier 2007 à 9 h 54 min)
J’attend une réponse.Merci.
(le 6 janvier 2007 à 10 h 07 min)
http://archet.net/?page_id=657
(le 8 janvier 2007 à 14 h 13 min)
Merci,mais j’espère que vous viendrez y participer.Si « Les OGRES » acceptent de le diffuser,vous allez etre trés critiqué(poliement en général).Et j’aimerai que vous défendiez vos textes.
Je leur demanderai de difuser d’abort le premier texte,et une semaine aprés le deuxième.
NB:J’ais pus constater que votre pseudodime n’est pris par personne;j’espère que vous interviendrai avec,que je puisse vous reconnaisse. ;) A bientot.
(le 12 janvier 2007 à 15 h 48 min)
Salut,Je ne sais comment leur présenter ton premier texte sans que les intervenants viennent sur ton site et se base sur les réponses que t’as reçus pour améliorer leur questions.J’aimerai pouvoir dire qui es l’auteur qu’a la deuxieme partie.
Au plaisir
(le 12 janvier 2007 à 19 h 29 min)
Qu’est-ce que c’est? Un quiz télévisé? Une épreuve du bac?
Quoi qu’il en soit, faites comme bon vous semble.
(le 16 janvier 2007 à 12 h 29 min)
Mademoiselle,
Je n’accuse pas l’outil qui me blesse mais celui qui en a fait une arme contre moi. Et tout peut servir à cette fin, même ce qui fut conçu pour un usage contraire. Ce n’est pas la démocratie qu’il faut honnir mais son simulacre et l’usage que d’aucuns en font à leur profit. Savamment détournée par des gens de peu d’honneur, notre simili-démocratie, elle, ne produit que l’amertume dont nous connaissons tous le goût.
A qui revient la responsabilité de sa malfaisance ? A ceux-là seuls qui n’agissent que pour leur caste réduite – les bourreaux – ?, ou en bonne partie également à ceux d’entre nous – le nombre de victimes est sans commune mesure avec celui des bourreaux – qui en subissent les méfaits ?
Un système ne peut fonctionner que si toutes les parties qui le composent collaborent pour atteindre un objectif commun – aussi flou soit ce dernier pour les uns, qu’il est clair pour d’autres, intéressés matériellement à sa réalisation.
Les manipulateurs n’actionnent-ils pas une mécanique dont les manipulés sont les rouages essentiels, et finalement consentants, dans la conscientisation même de leur douloureuse et paradoxale soumission volontaire ?!
La secte néolibérale mondiale – il ne s’agit de personne d’autre, soyons clairs – n’agit pas sur d’autres leviers que ceux utilisés de tout temps par toutes les ploutocraties ou dictatures, masquées ou non, de toutes obédiences. N’accusons pas un système – la démocratie vraie – dont on ne peut mesurer l’impact négatif puisque nulle part ni jamais il ne fut réalisé. Et puisque nous n’avons encore réussi à l’imposer, luttons pour son avènement. Nous pourrons alors constater ses effets et en juger par la preuve.
La tentation est forte de tout balancer avec l’eau du bain, je n’en disconviens pas, mais au-delà de cette réaction compréhensible, nous ne pourrons faire l’économie de sa substitution progressive par un modèle moins inique – la démocratie vraie – dont nous aurons à redouter des imperfections, encore insoupçonnées, générées par sa friction avec le réel. Sa pratique seule nous renseignera sur ses défaillances, probablement assez semblables à celles déjà vérifiées dans la pratique de son ersatz.
Sous l’emprise du « marché », nos imaginaires se sont dévoyés : l’Autre est définitivement hors de moi et « nous » n’est plus qu’un fantasme archaïque à destination d’urluberlus folkloriques et déconnectés du réel, dit une certaine rumeur.
Tant que « l’altérité » équivaudra au « danger » nous ne construirons rien de viable. L’édification d’un projet lumineux suppose que ses promoteurs s’extirpent d’abord des ténèbres. L’éducation, l’instruction et la conscientisation de nos équivalences humaines en sont les prémices non moins que les fondations incontournables. Je n’ai pas, moi seul, la solution pour en faire le credo universel.
Je hasarderai en outre qu’un mode sédentaire d’habitation de l’ici-bas ne peut produire d’autre imaginaire que celui de la soumission. La déambulation et le nomadisme, dans la poésie et la disponibilité – création et invention ne sont-elles pas liées naturellement à la marche ? – qu’ils nous offrent d’y être sensibles, nous autoriserait sans doute à penser autrement et à modifier nos habitus. Mais tout n’est-il pas conçu pour empêcher notre marche, ou nous en donner l’illusion sur des sentiers parfaitement balisés ? (« L’aventure » ne se limite-t-elle pas à notre promenade dans la cour de notre prison, le plus souvent ?)
J’en termine en affirmant que nous avons, nous citoyens, à inventer le mode d’emploi de ce qu’on nous donne pour le moins pire des systèmes, et à en refuser radicalement le digest prémâché.
La démocratie n’est pas un vain mot, ni un concept vide. Elle contient des outils dont nous avons à apprendre le maniement. Encore vierge nous avons à la faire éclore. Et l’affaire ne concerne pas seulement les élus mais chacun d’entre nous dans des structures participatives où des consultations régulières doivent être menées sur tous sujets après formation et information des citoyens alors en mesure d’émettre des critiques avisées, chacun à son niveau d’implication. Une vigilance de tous les instants empêcherait toute tentative de confiscation des décisions au profit de sous-groupes indélicats.
Son avatar, lui, est une ignominie avérée. Je vous le concède volontiers. Ne vous trompez pas de cible. La démocratie est toujours dans son oeuf. Soyez assurée que mon plein concours vous est acquis dans l’exécution de son clone pervers et monstrueux.
Cette réflexion vous semblera bien légère en regard de ce qu’elle survole, je vous le concède aussi.
Vous aurez compris qu’à travers ces vagues idées je ne prétends à aucune exhaustivité, la question ne pouvant se régler aussi vite. Sa nature devrait en être constamment redéfinie, puisque adaptable et en mouvement perpétuel. Comme tout organisme vivant.
(le 16 janvier 2007 à 15 h 09 min)
Pourriez-vouz enlever mon emeil SVP
(le 28 janvier 2007 à 13 h 51 min)
Salut
Non c’est un site censé etre de débats,qui serai pour l’ouverture sur différentes façon de penser,…Mais bon c’est ce qu’il prétendent.
Ils ont refusés votre texte.
(le 28 janvier 2007 à 21 h 29 min)
Je mentirais si je disais que je suis mécontente de ce refus.
(le 19 février 2007 à 18 h 55 min)
http://unhumainunevoix.com
Bonjour
voila pour moi la meilleur façon de mettre en place la démocratie.
Mercide faire passer.
cordialement.
(le 4 mai 2007 à 15 h 52 min)
Une petite lecture pour ceux qui doutent que la société est possible sans État et pour ceux qui pensent que vouloir un chef est nécessaire à l’homme :
Pierre Clastres : La Société contre l’État (ed. de Minuit)
Dépêchez-vous avant qu’il ne disparaisse du catalogue de l’éditeur (si ce n’est déjà fait), il y a un sauvage, par chez nous, qui aimerait bien supprimer toute trace de « 1968″. Le livre doit surement être sur la liste noire de ses amis « philosophes ».
(le 20 août 2007 à 18 h 08 min)
Mademoiselle,
Toutes vos critiques contre la démocratie sont justes. Cela crève les yeux. Mais leur conclusion non moins évidente, c’est que le meilleur des systèmes politiques c’est la monarchie hériditaire sous la forme du despotisme éclairé…
Vive le roi!
Veuillez-croire, mademoiselle, à l’expression de mes sentiments monarchistes les plus ironiques, votre humble et tout dévoué serviteur M.-B. de S.
(le 18 janvier 2008 à 17 h 43 min)
La vie n’est qu’illusion et cette illusion est notre véritable raison d’être. La vie n’aurait de sens sans cette illusion qui nous fait croire individuellement ou collectivement que nous menons le radeau là où nous voulons y aller. Car notre vie n’est qu’un radeau bien fragile et éphémère. Qui sera là, dans mille, cinq mille ou un million d’années, pour se souvenir de nos civilisations ou de nos débats d’un soir avec Anne Archet à propos de la futilité de la démocratie ? Que chacun remercie le hasard ou le destin, selon les convictions de chacun, de la chance d’être là et encore là pour se servir un bon café chaud le matin. Que chacun fasse ce qu’il a à faire pour se convaincre de bien exister s’il cela constitue pour lui un impératif existentiel indispensable. Qu’il se batte contre la tyrannie dans une dictature qu’il en meurt ou qu’il en survive et en tire une satisfaction personnelle. Qu’il ait l’illusion de se battre, dans le faux confort d’une démocratie, contre les vrais ou les faux problèmes de son temps. Qu’il s’amuse à penser, à jouir, à prendre du plaisir ou à lutter. Qu’il se fasse chier ou qu’il s’agite éperdument à vouloir absolument laisser une trace glorieuse de son passage parmi les vivants. qu’il ait raison ou qu’il ait tort, les amas de poussières que nous deviendrons certainement un jour, ou dans un futur très lointain, n’en n’auront vraiment rien à cirer…
Amusons-nous à construire et à détruire le monde : c’est notre vocation, sinon que faire d’autres. Nous avons tous raison et c’est comme ça depuis la nuit du temps…
L’ennui sidéral, le vrai enfer, c’est le paradis. Et le paradis, on peut l’appeler comme on veut : utopie, jardin d’Éden, démocratie pour les uns, anarchie pour les autres… en somme, un concentré de nos peurs sublimées en de monumentales projections d’esprit sur fond d’une douce musique avec un sublime happy-end bien hollywoodien ou très biblique, c’est selon !
Pour finir et sans vouloir casser l’ambiance, je finirai ce commentaire par cet extrait de Goerges Picard : « Seuls, les naïfs peuvent croire qu’une discussion vise à résoudre un problème ou à éclaircir une question difficile. En réalité, sa seule justification est d’éprouver la capacité des participants à désarçonner leur adversaire. L’enjeu n’est pas de vérité, mais d’amour-propre. »