– Anne… nous ne devrions pas être ici…

– Avoue que c’est excitant!

Émilie hocha la tête. Depuis son embauche au collège comme prof de comptabilité, j’avais pris sur moi de l’entraîner toujours un peu plus loin sur la pente du vice, l’initiant à des actes pervers qu’elle n’avait jamais osé imaginer commettre même dans ses rêves les plus fous, comme boire son café en classe et porter des jeans ajustés le vendredi. Entrer nuitamment et par effraction dans le bureau du directeur des études représentant évidemment un pas supplémentaire et décisif sur le chemin de l’enfer.

Voyant qu’elle hésitait à plonger tête première dans l’antre du malin, je la pris par la main et lui dit :

– Allons Émilie, tu sais que cet homme est un immonde salopard.

– Je sais qu’il te harcèle sans raison au sujet de ton enseignement, mais… nous risquons toutes les deux d’êtres foutues à la porte, non?

– Tu t’inquiètes encore pour rien. Qu’est-ce que tu peux être godiche, chérie! Nous allons seulement jouer un peu à cache-cache avec ses accessoires directoriaux, c’est tout.

– Même quand j’étais à la petite école, je détestais ce jeu. J’étais toujours la première à me faire attraper.

– Émilie, c’est avec moi que tu joues maintenant. Impossible de perdre.

Je laissai ma main s’aventurer sur son flanc. Émilie frissonna et ferma les paupières en soupirant. Je fis sauter les deux derniers boutons de sa blouse pour me donner suffisamment d’espace pour caresser son ventre soyeux, puis ses seins si menus qu’ils ne pourraient jamais justifier un budget trimestriel de fine lingerie. Tout en poursuivant mes explorations mammaires, je glissai ma main gauche entre ses cuisses et pinçai la couture double de l’entrejambe de son jeans. Émilie ouvre les yeux et me regarda d’un air désapprobateur, en hochant de la tête.

– Je sais que tu en as envie, lui dis-je tout simplement en parcourant du doigt la couture qui séparait, sous le tissu, les plis de sa chatte.

Elle referma les yeux, ce que je reçus comme un blanc-seing. Je frottai ainsi vigoureusement la toile rude et souple du denim avec trois doigts, en accélérant la cadence, jusqu’à ce ses muscles se tendent, que son bassin s’agite.

– Tu vois? lui soupirais-je à l’oreille. Pour être contentée, il faut parfois laisser tomber un peu les comptes en T.

Émile trembla, crispée, le souffle coupé et le visage écarlate. Lorsque son corps se fut relâché, je lui demandai:

– Alors? Le bilan de l’exercice est-il positif?

–Ouf! soupira-t-elle pour seule réponse.

– Trêve de badineries, il est l’heure de jouer à chache-cache! ajoutai-je.

– Je te l’ai dit, je déteste ce jeu, commenta Émilie en reprenant son souffle.

– Pfff. Tu n’aimais probablement pas non plus dépasser les lignes dans ton cahier à colorier quand tu étais petite. Mais ne vois tu pas à quel point dépasser les bornes peut être agréable?

Émilie me sourit puis attrapa le coupe-papier du directeur. Sa poignée était longue, douce et épaisse.

– Je connais la cachette parfaite pour ce truc, me dit-elle en souriant malicieusement.