
- Lorsque vous votez, vous n’exercez ni un droit, ni un privilège, et vous accomplissez encore moins un quelconque devoir de citoyen. Voter, c’est faire une faveur au système en lui accordant la légitimité dont il a cruellement besoin.
- Le fait d’aller voter ne sert qu’à réaffirmer et à légitimer le pouvoir de l’État, quelque soit votre choix électoral. En votant, il vous arrivera peut-être de participer à la création ou à l’abolition de politiques, de législations. Vous pourrez même participer au renouvellement de la classe politique. Mais vous n’arriverez jamais à changer le système et ses relations de pouvoir basées sur la domination et l’aliénation de l’individu.
- La démocratie limite et de simplifie à l’extrême le spectre des décisions qui peuvent être prises par l’individu, commodément ravalé au rang de citoyen. La démocratie réduit le champ des possibles et étouffe toute possibilité de changement de façon extrêmement efficace. En cela, la démocratie fonctionne essentiellement comme un outil de justification du pouvoir étatique et non comme mode de participation des individus aux décisions collectives.
- La démocratie est une source institutionnalisée d’aliénation. En démocratie, les rêves ne sont que pour les rêveurs, les désirs sont continuellement confrontés à l’impossibilité de l’action, à l’impossibilité de leur réalisation. L’individu démocratique ne s’appartient plus lui-même; il appartient à la majorité démocratique.
- Les exercices démocratiques ne menacent jamais l’ordre établi. Les progrès de la liberté ont toujours été accomplis par des individus et des minorités ; les majorités sont de par leur nature lentes, conservatrices et soumises aux forces supérieures des castes du pouvoir.
- Il ne peut y avoir de démocratie sans démagogie. Toutes les démocraties y succombent un jour ou l’autre, désireuses qu’elles sont de manufacturer le consentement à partir des peurs, des espoirs, des préjugés et des colères confuses des masses aliénées et démunies. La démagogie n’est pas une scorie de la démocratie mais son visage le plus authentique.
- Les démocraties savent être aussi racistes, nationalistes, impérialistes et militaristes que les dictatures. Et surtout, elles hésitent rarement quand vient le temps de discriminer, d’exécuter, de torturer et de réduire au silence les individus. Ce qui distingue les démocraties des autres systèmes, c’est qu’elles oppriment et aliènent en se parant des atours de la volonté collective, en se présentant comme l’incarnation même de la liberté — ce qui les rend particulièrement insidieuses, efficaces et pérennes.
- La démocratie n’est pas la solution mais une partie du problème. Si vous participez au problème, vous ne ferez jamais partie de la solution.
Tags: Démocratie, Élections, Vote
Texte extrait des cahiers d'Anne Archet
le 20 mars 2007 à 0 h 10 min et classé dans la catégorie «Anarchie etc.».
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(le 20 mars 2007 à 0 h 46 min)
Chère Anne,
Veuillez croire que je partage bien de vos réflexions sur ce sujet « sociétal ». Mais à chaque fois que je vous lis, j’ai comme un goût d’inachevé… (ne pas le prendre mal). Et je ne parle pas d’ailleurs de cet opus 3/3 de vos « Notes sur l’anachie » qui se fait particulièrement désirer… ;-)
Je veux dire : et alors ? Sur quoi débouche-t-on ? L’anarchie, la solution que vous proposez « suprême » (pour reprendre le champ lexical d’un « copain » pour ne pas dire « camarade », lol), et que je ne suis pas loin de considérer en effet comme telle, ne fonctionnera que dans une « société » où tous et chacun aura une « conscience individuelle et collective unifiée ». Comme les poissons en banc, ou les oiseaux en colonie… Ces deux exemples sont les seuls que je connaisse où le modèle anarchiste positif fonctionne réellement : autorégulation, réaction collective, pas de « police »…
M’enfin, je n’ai pas assez réfléchi pour rédiger qqch de « propre », mais l’idée est là, quoi.
Je ne connais pas d’exemple de société arnachique qui ait durablement fonctionné, à part, peut-être (et encore je ne m’y connais pas assez), les (petites) sociétés dites primitives (en amazonie, ou asie équatoriale)…
En tout cas, j’attends vos conclusions (et le 3/3 de vos notes sur l’anarchie).
Amicalement,
Philippe
(le 20 mars 2007 à 2 h 10 min)
Ce que je comprends Anne, tu n’iras pas voter le 26 mars !!!
Je comprends PhilippeYCTK, on reste sur sa faim…
L’anarchie n’est qu’une utopie, c’est contre-nature…
La vie est injuste, faut vivre avec. Tout ce que l’on peut faire, c’est de la rendre un p’tit peu moins injuste…
Et puis merde… si l’on atteint la perfection un jour, il nous reste plus qu’a crever!!!
(le 20 mars 2007 à 3 h 17 min)
OC : J’ai semé des blattes partout dans la blogosphère! :-D
(le 20 mars 2007 à 4 h 26 min)
bon ben est-ce qu’il y a un anarchiste qui se dévoue pour allez butter un certain candidat qui m’oblige à aller voter utile contre lui ?
(le 20 mars 2007 à 6 h 16 min)
Intéressant texte, chaque point mériterait un long débat, Anne. Je ne suis pas d’accord avec vous, mais le seul point qui me choque vraiment est le dernier : « La démocratie n’est pas la solution mais une partie du problème. Si vous participez au problème, vous ne ferez jamais partie de la solution. »
1/ ça fait trop slogan pour vous, dont je dévore avec plaisir les textes en m’extasiant devant votre plume…
2/ ça fait très tranché. Du genre manichéen, vous voyez, à la Bush (ouh là, je cherche les coups) « si vous n’êtes pas avec nous vous êtes contre nous ».
3/ cela renvoi au problème classique de l’anarchie : hors de la pureté point de salut. Et la pureté ne peut-elle pas exister qu’hors du monde.
On fait quoi alors?
(le 20 mars 2007 à 7 h 41 min)
Ralbol de ces ricanants microcéphales comme geo, qui sitôt qu’ils sentent face à eux un minimum d’exigence, se mettent à crier au manichéisme, et à radoter sur le thème de la pureté-qui-n’est-pas-de-ce-monde.
(le 20 mars 2007 à 8 h 20 min)
(additif) non content de radoter, geo prétend s’offrir le luxe de renvoyer ses aigreurs dans le camp adverse, et termine en nous interpellant : « On fait quoi alors ? ». Bien entendu je ne saurais à moi seul donner une réponse qui ne saurait qu’être collective. Mais en attendant je propose un élément, de réponse. « On fait »… ce que les anarchistes ont toujours fait, pour autant que je sache. A savoir : lutter contre l’oppression, partout où elle se présentait. Et ce, sans se préoccuper de savoir si la mirifique pureté serait ou non à l’arrivée -n’en déplaise, à la ridiculisante présentation de geo.
(le 20 mars 2007 à 8 h 20 min)
ras le bol des gens qui attachent leur chien!
(le 20 mars 2007 à 8 h 35 min)
il faut alors s’extraire de cette société si on veut être raccord avec sa pensée
c’est cela qui me gêne tjs un peu
je suis en accord avec la théorie
mais cette théorie est-elle praticable ?
bon , on vote le 21 avril nous en france
sans doute voterais-je blanc, meme certainement
si plus personne ne participe à ce vote, on fait quoi ?
l’insurection ?
comment se vit l’anarchie ? au quotidien ? comment fonctionne les choses ? qui décide quoi ? ya t-il une protection sociale ? de santé? des plus faibles ?
parce que chez l’homme il y aura tjs des loups et des brebis, quel que soit le régime politique
et les plus faibles se feront bouffer et soumettre
parce qu’ lhomme est comme ça, c’est inhérant à sa nature : le maitre et l’esclave
ce n’est pas politique
je me reconnais dans le concept anarchiste mais me demande bien quoi en faire d(autre que du reve, de la rebellion, qui alimente ma misanthropie
(le 20 mars 2007 à 8 h 36 min)
sorry pour les fautes d’accord…
(le 20 mars 2007 à 10 h 21 min)
Toujours étrange de constater, lorsque l’on oublie les dérives fascisantes (de droite) ou révolutionnaire (de gauche), à quel point les extrêmes, en politiques sont proches. La critique de la théorie démocratique est notamment un des vieux point commun à l’extrême gauche et droite.
On pourra toujours lire « Le Cens caché » de D Gaxie (un héritier de Bourdieu) pour une analyse sociologique des idées ici affirmées. Superbe titre d’une étude ou l’auteur montre qu’il y a dans notre démocratie une forme de cens, impôt d’ancien régime, accordé au pouvoir en place, dans l’acte même de vote.
Là, où je refuse la vision anar’, c’est quand elle entend accroître le rôle de l’individu pour sortir de ce cercle vicieux, alors qu’il faudrait, je crois, le réduire. L’individu, c’est comme les blogs érotiques… C’est bandant au début, et puis à force, ça devient écoeurant.
Et puis … rien.
(le 20 mars 2007 à 11 h 07 min)
ah ben voilà… il ne nous manquait plus que celle-là : la théorie des extrêmes « qui se touchent ». On va vraiment finir par se demander qui, en cette affaire, se touche.
(le 20 mars 2007 à 12 h 04 min)
la théorie des extrêmes qui se touchent, est d’un maniement délicat, car elle expose ses tenants à un effet boomerang. Il semble en effet historiquement prouvé qu’à chaque fois que la bourgeoisie a eu à choisir entre la perte de ses privilèges, et la perte des libertés, c’est le second choix qu’elle a fait, sans hésiter. Autant dire, et n’en déplaise aux politologues, que les frontières entre la droite dite modérée et la droite extrême sont pour le moins, poreuses.
(le 20 mars 2007 à 13 h 15 min)
Luke : ca va lapin ? tu sais que toi aussi tu as un pseudo qui incite à la gaudriole …
Ceci dit j’insiste.
Renérémon (excellent): d’ac mais on s’en fout. L’important, ce sont les points communs…
Après moi aussi je peux le dire: porosité, porosité, porosité.
Pensait pas faire réagir avec ça ceci dit…du coup faut que je trouve des arguments !
(le 20 mars 2007 à 16 h 02 min)
ABSOLUMENT DANS LE MILLE, DAME ANNE.
Quand aux prétentions toutes Romaines voulant que le seul système viable soit celui de l’Imperium urbano-militarisé démocrassssique, les fouilles archéologiques des 20 dernières années en ont pulvérisé toute apparence de crédibilité. Les massacreurs ont écrit le passé, et grâce à notre paresse/complicité, jusqu’à maintenant, le futur itou.
Basta.
Je vois pas non plus pour quel suppôt de Barrick Gold je devrais voter, même si j’y croyais encore.
É.
(le 20 mars 2007 à 16 h 24 min)
Décidément, vous changez de pseudo comme de bobettes, mon cher Éric.
(le 20 mars 2007 à 17 h 03 min)
Ben moi chuis plutôt d’accord. Quoique effrayé par le manque de solution.
(le 20 mars 2007 à 21 h 20 min)
@Luke: Me semblait ce que les anarchistes ont toujours fait, c’est de tourner en rond!
D’ailleur, ils sont bien les seules a tourner en rond en trouvant le moyen de tourner les coins carrés!
“La démocratie n’est pas la solution mais une partie du problème. Si vous participez au problème, vous ne ferez jamais partie de la solution.”
“L’anarchie n’est pas la solution mais une partie du problème. Si vous participez au problème, vous ne ferez jamais partie de la solution.”
“George Bush n’est pas la solution mais une partie du problème. Si vous participez au problème, vous ne ferez jamais partie de la solution.”
“Britney Spears n’est pas la solution mais une partie du problème. Si vous participez au problème, vous ne ferez jamais partie de la solution.”
Luke, en remplaçant le mot démocratie par n’importe quoi, on revient au même résultat… c’est le côté manichéen de la citation… et cela exige un minimum d’effort pour le comprendre !!!
(le 20 mars 2007 à 22 h 18 min)
Anne, je ne s’aurais mieux dire.
La mise en évidence des paradoxes style Debord, j’aime, ça caresse ma vanité intellectuelle et prétentieuse style Debord (deux relectures de la société du spectacle en 3, c’est peut-être un peu trop).
Je crois (ayant tout droit dans ce rapport virtuel à spéculer sur votre entité) que vous soyez toute à fait consciente des positions milénaristes de plusieurs penseurs anarchistes, au même titre que la marchandise qui s’offre comme absolu paradis sur terre sans cesse renouvellé. De même que les marxistes et leur bible disaient détenir la clef vers la rédemption.
Le mouvement anarchiste, quand plusieurs individus et même organisations agissaient en son nom, est mort. Il reste des idées ici et là, quelques textes et livres, quelques individus égarés qui s’en réclame ou y trouve source de révolte
Notre époque est un nihilisme de la vie. Il n’est point vrai que l’on ne croit plus en rien. Ce qui est vrai est que la marchandise est tout, que l’État qui nous contrôle ne fait que la gestion des marchandises que sont les humain-e-s, lancés dans un tourbillon infernant d’expansion marchande. Nos vies ne nous appartiennent pas.
Devant le spectacle électoral – et il faut bien avouer qu’il n’y a pas plus de pouvoir dans le fait de voter aux élections ou voter à Star Academie, élire la prochaine vedette qui nous donnera un modèle – certaines personnes semblent sensibles à toute critique méprisante devant les élections. Comme dernier espoir, nous garderons un bout de papier dans un urne, en se disant que les affaires de ce monde sont tellement transcendantes.
Le premier mouvement de la révolte est nécessairement négatif, devant un état de chose inacceptable, le refus est de mise. Dans une époque comme la nôtre, devant l’écroulement de tout lien réel et direct entre les personnes, par la virtualisation et la médiation infinie par la technique entre les individus, ce refus peut facilement devenir du mépris. Il est possible, comme effet secondaire, de se sentir comme un prophète maudit.
Une chance que l’ironie du paradoxe est là pour rehausser cet état si boueu de choses, cette façon d’affronter la réalité le sourire fendu.
(le 20 mars 2007 à 22 h 50 min)
Moi ça va avoir l’air con mais je suppose reposer la question qu’on t’a certainement déjà plus ou moins posée avec plus ou moins d’élégance (je ne suis pas capable de lire ces commentaires trop longs et trop élogieux) à savoir : qu’est-ce que vous proposez?
Parce que tu vois moi je cherche des idées
(le 20 mars 2007 à 23 h 02 min)
Je propose d’abord de ne pas aller voter.
Je propose ensuite de cesser de procrastiner et commencer à vivre, pour vrai immédiatement.
(le 20 mars 2007 à 23 h 03 min)
@madrilene : De nos jours, les anarchistes ne bottent plus les derrières des politiciens… ils les entartent !!!
(le 20 mars 2007 à 23 h 13 min)
De nos jours, les démocrates n’embrassent plus les derrières des politiciens… ils les lèchent.
(le 20 mars 2007 à 23 h 13 min)
Ne pas aller voter, c’est de la marde.
Je propose de faire sauter les stations de télé le jour de l’élection.
Ensuite, commencer à vivre, pour vrai, intensément.
Première journée du nouveau monde : sieste crapuleuse (8h), pratique d’un art (4h), bouffe jouissive (2h), dodo (8h).
Le lendemain, puisqu’il faut bien bosser parfois, quelques pendaisons aux lampadaires après tribunal révolutionnaire de salut public. Pas trop. Une dizaine ?! Les irréductibles. You know who. Les dossiers sont déjà montés. Pas un seul qui ait moins de 100 000 morts sur la conscience.
Du tout cuit, tout vu.
Kofi Annan fera procureur. Il sait tout.
¡ Que se vayan todos !
É.
(le 20 mars 2007 à 23 h 16 min)
Oui, Anne, je cherche, pour l’instant, le parfait pseudo pour intervenir ici. Faudra que ça soit aussi heureux et représentatif que le vôtre. Je trouverai bien. Ken Propote était pas si mal.
Bises dont la chasteté n’a d’égale que la perfidie,
É.
(le 21 mars 2007 à 4 h 57 min)
@ anne : proposer de vivre hors de la démocratie, la déconstruire, c’est vivre comment anne ? accepter la loi de la jungle ? regarder se faire bouffer les plus faibles que vous ?
parce que vous, vous vivez bien de cette démocratie tout de même, des moyens qui vous sont offerts pour bosser, manger, vous divertir, écrire, etc….vus écrivez en marge de votre blog mais ds votre travail d’enseignanteet ailleurs vous vous pliez aux règles de la démocratie
ne pas voter oui
mais vivre en cessant la procrastination, n’est pas vivre en anarchiste
je vous reconnais bcp de talent dont la capacité celui de nous donner une vision crédible de l’anarchie, non pas en opposante à un régime démocrate (facilité) mais en vous efforcant de nous brosser un portrait de ce que serait la vie sociétale d’un tel régime, avec précision
moi en tous cas ça m’interesse beaucoup
(le 21 mars 2007 à 6 h 40 min)
Je n’ai pas d’argumentation politique à apporter, je voulais juste dire que lire ça est un immense soulagement. Le fait que quelqu’un ait le courage de le dire, ça fait un bien fou. Merci.
(le 21 mars 2007 à 9 h 04 min)
Anne A………j’adore ta façon de penser…
Connais-tu Albert Cossery ?
(le 21 mars 2007 à 9 h 20 min)
Tock c’est avec un grand bonheur que je trouve ton mail, me disant que j’ai un pseudo qui incite à la gaudriole. En effet la seule remarque que j’avais eue jusqu’ici venait d’une personne un peu déjantée et qui m’avait sorti « it sounds Appalachian », sic. Mais bon, par solidarité envers les excellents camarades qui existent sûrement aussi dans les Appalaches, je m’étais empressé de ne rien changer.
(le 21 mars 2007 à 12 h 41 min)
J’ai lu les réactions des uns et des autres. Je dis simplement ceci venez vivre en République Démocratique du Congo, et osez on verra bien si la démocratie et vous verrez bien si la démocratie et la dictature on quoi que ce soit en commun.
Je veut dire c’est facile quand on vit dans un états démocratique de souhaiter l’anarchie.
L’anarchie les congolais sont en plein dedans (les somaliens aussi…), et ça n’a rien, mais alors rien de « bandant ».
La démocratie c’est entre autre un système ou le corps découpé d’un quidam dans la rue appelle la poursuite et la punition du coupable. En anarchie pour peu que l’éventreur soit puissant il éventrera qui il veut. Au congo nous avons appelé ça KataKata.
Alors autant que j’aime bien les petits contes d’Anne Archet, autant ses réflexion sur la démocratie me paraissent d’un puérile…
(le 21 mars 2007 à 13 h 25 min)
Bonne idée de ne pas aller voter!
Comme l’ont fait en France des millions d’électeurs… vous vous souvenez, c’était la foi où Le Penn a presque été élu…
Ou la fois où Bush a été élu, quand à peine la moitié des États-Uniens ont voté.
Ou encore celle ou Harper a été élu.
(le 21 mars 2007 à 15 h 04 min)
PaPaSam » Le fait que vous habitiez en République démocratique du Congo ne fait qu’illustrer davantage mon propos. Et ce que vous décrivez à la fin de votre commentaire, ce n’est pas l’anarchie, mais l’anomie — ce qui est fort différent.
c » Évidemment, l’élection de tous ces sinistres personnages est l’unique responsabilité de ceux qui n’ont pas voté et surtout pas celle de ceux qui ont voté pour eux. Prenez la peine d’y penser quelques instants.
(le 21 mars 2007 à 16 h 00 min)
PapaSam : notre belle démocratie canadienne est soutenue et dirigée par les propriétaires de Barrick, Adastra, Heritage Oil et American Mining Company, les Mulroney, Clarke, Munk, Harper, Charest, Desmarais II, etc. Ça vous dit quelque chose, PapaSam ?!
La richesse des ces bonnes gens cravatés vous a été subtilisée directement à vous. Et vos morts ne sont pour nous, Canadiens, que des frais fixes, ne représentent qu’une vague comptabilité du département munitions. Lorsqu’on parle des souffrances de l’Afrique, dans nos journaux, il est question d’une centaine de morts dûs au Virus du Nil, de sida, de guerre tribales préhistoriques. Notre vision est encore aujourd’hui celle de Conrad.
Votre petit million de sacrificiés annuels ne fait pas le poids, n’arrive pas à attirer notre attention. Voyez-vous, c’est qu’ici, nous sommes tellement démocrates, tellement pacifistes, tellement bons, blancs et remplis de bonnes intentions qu’on a juste plus faim pour entendre vos plaintes. Le bon peuple se dit « ah la pauvre Afrique, sans ressources, faudrait aller les aider ».
Désolé de vous contredire, Anne, pour une fois, sauf votre respect (et la trique que je tiens à vous lire — surtout quand vous n’en parlez pas), vous vous pissez dessus. L’hécatombe Congolaise est effectivement démocratique, sauf que ses chefs d’état ne sont pas élus à Kinshasa, mais à Ottawa, Pretoria, et… Washington. Ils sont élus par l’assemblée d’actionnaires selon la règle la plus démocratsssique qui se puisse imaginer : au plus fort la poche.
PapaSam, pour ce que ça vaut, sachez que nous sommes quelques uns, ici, à savoir, à baigner dans la honte et l’indignation, et à hurler aux bancs de neige.
¡ Venceremos !
Que se vayan todos
É.
(le 21 mars 2007 à 18 h 36 min)
Globalement bien raisonné, ô chère sœur Anne, concernant les limites de la Démocratie.
Mais il faut aller plus loin et proposer des modes d’action à travers la Démocratie, puisque la Démocratie semble inéluctable. On peut déjà convenir que la Démocratie est le moins pire système que l’on connaît. En effet, sans Démocratie, Internet par exemple ne serait jamais apparu.
D’autre part, la Démocratie n’est pas une fin en soi. La Démocratie en effet n’a jamais prétendu gérer les rapports humains, mais propose une alternative qui consiste de prendre en compte d’abord les majorités politiques qui arrivent au pouvoir, puis les minorités politiques par le jeu des alliances politiques. Ainsi même les minorités finissent par s’exprimer. Ainsi on a vu en France apparaître les droits des femmes, puis récemment les droits des homosexuels.
La Démocratie ne propose donc pas un Paradis terrestre, mais une arme politique pour poser les revendications des uns ou des autres, même si les revendications des minorités arrivent toujours en retard par rapport aux revendications des majorités.
Mais la Démocratie n’exclue pas le mauvais jugement d’une majorité politique : ainsi les USA font-ils la guerre sur la planète un peu comme bon leur semble. On l’a vu pour l’Irak.
On pourrait dire alors que la Démocratie n’est pas un système parfait, mais le moins pire des systèmes, c’est à dire ni plus ni moins qu’un outil qui permet aux uns et aux autres de se réunir pour s’exprimer et agir politiquement.
Progressivement émerge des Démocraties l’idée des Droits de l’Homme. Et celle de la liberté de l’individu.
La Démocratie progresse lentement : elle assure certaines protections à l’individu, et laisse à ceux-ci le mérite personnel de conquérir les autres protections.
En un sens, la Démocratie est actuellement une demi-jungle, où règne toujours la loi du plus fort, mais où cette loi est tempérée par le loi, la justice, le social, la protection maladie.
La Démocratie actuelle n’est pas achevée. Il faudra encore de longues quêtes pour protéger les individus les plus faibles. Mais la Démocratie est avant tout un outil. Qui ne remplacera jamais le combat des femmes et des hommes pour leurs libertés. Mais cet outil est indispensable. Car la plus part des gens n’ont pas le niveau de conscience d’une sœur comme Anne Archet ou comme Grenouille de Bénitier.
(le 21 mars 2007 à 20 h 08 min)
Coluche disait:
La dictature: « Ferme ta gueule! »
La démocratie: « Cause toujours! »
et j’ajouterais…
L’anarchie: « Ferme ta gueule que j’te cause! »
(le 21 mars 2007 à 20 h 50 min)
Le blogue oblige en quelque sorte à toujours se répéter. Je pourrais toujours vous donner la réplique, mais je n’en ai guère envie, surtout que j’ai déjà exposé mes arguments en long et en large ici et ici.
(le 21 mars 2007 à 22 h 34 min)
Pour répondre, ma chère Anne au premier « ici » situé à gauche :
Je suis assez d’accord avec ton analyse de l’anarchisme, et de l’anarchie. Il y a une distinction : l’anarchisme qui est une pratique politique, et l’autre une aspiration philosophique.
Aussi d’accord sur la nécessité de développer une force motrice individuelle capable de remettre en cause l’ordre établi. Dans tout système, il faut un ordre et un désordre. D’ailleurs ils s’imposent d’eux-mêmes de façon purement naturelle. L’ordre chasse le désordre, et inversement. C’est l’histoire des révolutions.
Certes, il est difficile maintenant de localiser les formes de désordres actuelles. Bien sur il y a l’anarchie dont tu te revendiques.
Y a t-il d’autres formes de désordre ? Le libéralisme sauvage est par exemple cité par la plus part des économistes comme une forme de désordre, de désorganisation de l’économie. Et par opposition au système fortement centralisé du socialisme.
Maintenant, dire que le forme tribale humaine est à l’origine un état maximum de liberté, d’anarchie, est peut-être un peu aventureux. En effet, les tribus d’Amazonie par exemple sont centralisées par des sortes de prêtres qui communiquent avec le divin souvent grâce aux drogues hallucinogènes.
Un des groupes étudiés qui avait perdu son prêtre s’était adonné au suicide de façon importante, et laissait mourir de faim les vieillards qui ne pouvaient plus travailler.
Il ne faut donc pas retomber comme tu le dis si bien dans le mythe du « bon sauvage » de Rousseau.
Pour de nombreuses tribus, la vie était très dure, et il n’y avait souvent pas de pitié pour les faibles, les tribus étant organisés par un pouvoir religieux très simple, et très autoritaire.
Par contre, chez d’autres tribus en Afrique, cela se passait mieux. Mais on n’évitait pas les guerres et l’esclavage entre tribus.
D’un point de vue historique, je remarque que plus les sociétés sont fortement hiérarchisées, et moins il existe de violences physiques entre individus. Le nombre de guerres est en décroissance constante.
Par contre, je reconnais qu’une société avancée aliène aussi l’esprit comme le font les tribus.
Et elle aliène d’autant plus cet esprit que nous sommes plus conscients de cette aliénation, du fait de la progression de nos connaissances.
Si donc on supposait qu’Anne Archet ait vécu dans une société tribale, elle n’aurait pas souffert de l’aliénation physique et spirituelle, car elle n’aurait pas eu les connaissances modernes pour identifier ces aliénations.
A contrario, si Anne Archet vit dans une société évoluée, elle a les connaissances historiques et philosophiques pour identifier non seulement les aliénations du système, mais aussi peut-être identifier sa propre aliénation à son inné (la génétique), et à son acquis (ce qu’on apprend des autres et qui est déterminé aussi par les autres).
Prise entre ces deux aliénations, et consciente de ces aliénations, tu éprouves donc une douleur spirituelle, morale, psychique, qui te pousse à aller chercher des solutions (les tribus) qui ne sont peut-être pas des solutions.
Pris dans cet étau à deux mords, nous cherchons une solution, même désespérée.
Et si c’était de la nature de l’Homme d’être aliéné ? Indéfiniment aliéné malgré la progression des droits de l’Homme ? Et à l’Anarchie de constater indéfiniment cette aliénation sans rien pouvoir faire ?
Le réel et le possible. L’Anarchie étant le symbole du possible ? Possible-non-réalisable ?
(le 21 mars 2007 à 23 h 03 min)
Grenouille, voila un beau ramassis d’anthropologie à deux balles et de lieux communs. Beurk.
(le 21 mars 2007 à 23 h 11 min)
Ce que je reproche aux anarchistes (in)dignes de ce nom, c’est qu’aucun d’entre eux n’offre de système de remplacement une fois qu’ils ont foutu la « grosse méchante machine d’oppression » à terre. Foutaise. Enculeurs de mouches. D’après vous, lorsque notre maison repose sur un seul pilier, et que celui-ci montre des signes de fatigue, doit-on le soigner, le réparer, l’améliorer et l’entretenir, le renforcer, ou doit-on, si j’écoute les « conseils » des anarchistes, tout décrisser et dormir à la belle étoile ? Et je ne veux pas entendre de « Oh oui, c’est bien plus naturel de dormir dehors, l’environnement, blah blah blah. »
L’être humain s’est donné une structure de communauté qui remonte à la nuit des temps. Depuis la haute Égypte la société se divise en chefs et en petit peuple. Je ne suis pas du tout convaincu qu’on serait sortie de nos cavernes proverbiales si nous avions choisi l’anarchie pure et dure depuis le début.
Anne, si tu lis ceci, j’aimerais avoir ton plan de match pour le jour où les gouvernements du monde entier verront ta lumière et annihileront leur pouvoir, laissant la population mondiale se gérer elle-même. J’espère seulement ne jamais voir ce triste jour.
Pour tous les Québecois qui lisent ceci, allez voter le 26 mars. Peu de pays en ce bas monde offrent la chance à leur population de participer aux décisions importantes. Il y a deux ans, les gens d’Afghanistan risquaient leur vies pour aller voter. Vous ne devez que braver les files d’attentes. Combattre la machine ? Aidez plutôt à construire un pays fort. Impliquez-vous, donnez de votre temps à un organisme local. Apprenez à un enfant démuni à lire en donnant vos vieux livres. Organisez des rencontres sociales avec vos voisins dans votre cour. Cuisinez votre plat préféré et donnez-le à la mère célibataire que vous croisez devant le Tim Horton’s. Moi ? Je fais partie d’une chorale et nous organisons des levées de fonds pour les enfants pauvres. J’ai été famille d’accueil pour Jeunesse Canada-Monde 2 fois. Nous chantons dans les foyers de personnes âgées et centres de soins de longue durée. J’ai donné des instruments de musique et des partitions à l’école secondaire quand leur budget était écoulé et qu’ils préparaient un spectacle. Et je trouve que je n’en fais pas beaucoup.
L’anarchisme, c’est rien. C’est moins que rien, c’est un renoncement à quelque chose. C’est l’abandon de la vie avec les autres.
Dr Fléau
(le 21 mars 2007 à 23 h 18 min)
Peut-être que la thèse de maîtrise d’Anne est « La société érotique moderne aux prises avec l’anarchie » et nous prends comme cobayes. Tu peux me citer, mais je veux une copie de ta copie finale autographiée. Et une pipe.
Dr Fléau
(le 21 mars 2007 à 23 h 28 min)
Et les petits cons aspiro-intello comme Yonathan (kosséssa?) pullullent, malheureusement. Une société se fait avec des gestes concrets. Des actes, Des agissements. Pas avec des réflexions de nihilisme néo-moderne kafkaien bourgeois insipide. Tu vois, moi aussi je suis capable. Tu trouve que notre époque est une négation de la vie ? Crée-la. Invente la vie. Bouge, tabarnak !
Je cite: « J’ai besoin du vide pour marcher sur le fil. Ce qui me soutient c’est le vide, sans lui le fil est inutile. »
L’élément déclencheur est le vide, la négation. La réponse est le fil, l’action.
Allume-toi un gros spliff et jongle dans ta tête. Déguidine comme Zinédine Zidane
Dr Fléau
(le 22 mars 2007 à 1 h 39 min)
Je seconde Joko.
Et Pomme.
Et je donne (malgré les apparences) mon appui total à Mme Archet, qui représente un des derniers délices authentiques de ce monde en pleine sécheresse.
Grenouille, est un Fléau, et vice-versa.
Je vous dirai ceci, vous deux :
Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécéssiteux. (Châteaubriand). Qu’est-ce que de vieux réacs abonnés de LaPresse espèrent influencer ici ?! Avez-vous au moins regardé un peu autour avant de l’ouvrir si grande ?! Si vous connaissez pas Debord, allez ! Lecture ! On se reparle dans un an ou deux. Votre complaisance dessert votre propre cause. Votre anti-intellectualisme renforce celle de vos ennemis. Votre petit jeu du néophyte-donc-dans-le-vrai à la Laurent Saulnier n’a de valeur marchande que dans un Canadian-Fire près de chez vous.
Votre André Boistrouble, que je déteste moins que les autres blaireaux, en passant (ne serait-ce que pour sa fifure qui en fera grincer plus d’un), savez ce qu’il m’a répondu, quand je lui parlé en personne de ce truc dont j’entretenais PapaSam ci-haut ? Savez ce qu’il m’a fait ?! Il a dit (je cite) : « J’entends ce que vous dites. » Ensuite, il a tourné les talons et câlissé son camp. Voilà. Z’en ont rien à foutre. Changeront jamais rien. Aucun d’entre eux. Que se vayan todos.
Le système politique de la Gaule pré-romaine était très avancé, très humain, renseignez-vous ! Plusieurs incarnations des états Grecs aussi. L’empire romain a qualifié de barbares toutes sociétés exo-romaines. Pourtant, de nombreux modèles montraient des qualités de vie très élevées. Non, je conchie cette daube de blatte selon laquelle il n’y a qu’un seul système valable !
Il ne nous rend pas heureux. C’est déjà beaucoup.
Laissons-le s’effondrer. Reconstruire est préférable. Et la belle étoile, c’est pas pire non plus. Enfin, cette idée de la belle étoile, est la plus belle image de toute cette page de commz. Prononcée dans l’ironie, elle me permet de quitter au premier degré, la tête pleine de perséïdes, de souhaits, d’horizons, d’humilité.
É.
(le 22 mars 2007 à 5 h 55 min)
les interventions de ces internautes venus vider leur poubelle sur l’anarchisme et nous dire tout le mal, qu’ils en pensent, ne manquent pas de bouffonnerie. Car enfin, si ces messieurs (et pour l’honneur du sexe dit faible je note qu’il y a surtout des messieurs parmi eux) étaient un tant soit peu cohérents : alors ce n’est pas à un site comme celui-ci, qu’ils s’adresseraient !
(le 22 mars 2007 à 6 h 23 min)
Luke : ah !
Dis nous, dis nous où se trouve le vrai, le seul , l’unique anarchisme qui vaille…
(Mais avec les mêms yeux qu’Anne, si possible; ceci dit pour expliquer, en gros, la masculinité ambiante, suante et …).
(le 22 mars 2007 à 7 h 01 min)
Tock tu ne connais déjà que trop bien la réponse : le seul anarchisme qui vaille, est celui qui se trouve en toi (je l’espère), et non celui qu’autrui pourrait avoir la prétention de te dicter…
Quant à avoir… « les mêmes yeux qu’Anne » : tu me fais là un beau compliment ! Je m’en voudrais de me substituer à elle, toutefois.
(le 22 mars 2007 à 7 h 55 min)
Il est malheureux qu’un Joko ne puisse limiter ses argumentations qu’avec un « deux balles ». Comme l’a précisé Anne Archet dans son premier article « ici ..à gauche », l’anarchiste moderne est devenu ventripotent, bien nourri, et se pose un modèle de phantasme politico-individualiste rigide plutôt qu’un modèle d’action.
A nous demander si l’anarchisme, et non pas l’anarchie, ne relève pas plutôt d’un individualisme moderne : refus des contraintes de la collectivité, aversion névrotique à toute forme d’ordre. Le débat donc de l’anarchisme, sa phraséologie est devenue simpliste à l’extrême, car c’est par le simplisme qu’on pose toujours le meilleur modèle de consommation. Ainsi l’anarchisme est devenu une consommation contemporaine, comme d’autres consomment pour s’attribuer une identité politique, une identité philosophique : « je suis anarchiste, comme je serais de droite, ou de gauche ». Ainsi nous avons des discours étroits comme ceux de Joko, ou comme ceux de BoLeevar qui ajoute : « Grenouille est un fléau, et vice versa », alors qu’entre le discours de Grenouille et celui de Fléau apparaissent deux attitudes différentes devant l’anarchisme et l’anarchie.
Non seulement la phraséologie des débatteurs est devenue limitée à l’extrême, mais le débat est aussi réduit à son strict minimum : on crée un ennemi identitaire et globalisant, et contre le quel seul l’anarchisme peut vaincre le principe. Le discours devient alors un dogme, un dogme politico-religieux. On rejette, il n’y a pas de nuances, c’est blanc ou noir.
Quant au système de Gaule pré-avancé, dont je suis entre autre un descendant, la pré Gaule s’est fait écrasée par l’empire Romain, démontrant son incapacité à défendre son autonomie et sa culture. Et Vincingétorix a fini sa vie dans une cage en acier.
Même chose pour les Grecs, leur civilisation n’a pas survécu.
Enfin, la pré Gaule et la Grèce étaient des systèmes hiérarchisés, et non pas des systèmes tribaux.
En toute simplicité, et sans rancune.
(le 22 mars 2007 à 9 h 15 min)
Anne Archet dit :
Quelques mots en terminant sur la démocratie directe.
Les anarchistes ont la conviction qu’une société basée sur les relations non-médiatisées entre individus libres, sur l’absence de forces sociales coercitives et aliénantes et sur le droit universel et inaliénable de l’individu à sa propre autodétermination. Ces convictions mènent à différentes visions du monde, comme par exemple la fédération des communes libres et autogérées des anarcho-communistes et l’association limitée, informelle, ouverte et temporaire des anarchistes individualistes (qui vous l’aurez deviné a gagné ma préférence). Mais ce qui est certain, c’est que les principes chers aux anars ne pourront jamais s’incarner dans une démocratie. Même la démocratie directe à la sauce athénienne exige un abandon des volontés individuelles qui produit et assure la pérennité de la domination hiérarchique d’un groupe sur les individus, les séparant ainsi de leurs désirs et séparant leurs désirs de leur réalisation par l’action directe.
La démocratie directe reste un mode de gestion politique de l’État. En cela, elle restera toujours l’ennemie de la liberté individuelle.
Grenouille de Bénitier :
Je suis assez d’accord avec ton analyse sur les insuffisances de la Démocratie dans le « ici » à droite.
Mais l’aversion des anarchistes pour la Démocratie vaut aussi pour toute forme de collectivité centralisée.
Et de manière historique, on peut dire qu’il y a toujours eu conflit entre les intérêts personnels, et les intérêts collectifs. Et cela depuis l’aube des temps. On a pas attendu l’Anarchie pour le constater.
Toutes les formes de collectivités, y compris la Démocratie, aliènent l’individu.
La hiérarchisation commence avec la tribu familiale. Comment alors poser une Démocratie directe avec le poids de la famille et de la tradition, dans une société non hiérarchisée ? Cela me semble difficile. J’imagine que dans une société à Démocratie directe, nous allons retomber dans une nouvelle forme de hiérarchie, celle de la tribu familiale, avec les anciens qui portent le savoir, et celle de la tribu, organisée de la même façon. On a constaté cela en Afrique, et ailleurs. C’est en Afrique que les femmes reproduisent l’excision.
Là se pose alors un questionnement : pourquoi toujours retomber sur une hiérarchisation ? Probablement parce qu’il faut une division du travail par rapport à la technologie qui est employée par la tribu ou la société.
Il y a donc une nécessité inhérente au groupe de se structurer : l’un sera le chef, l’autre le cueilleur-pêcheur, l’autre le chasseur, l’autre le médecin ect…
Donc plus la technologie s’accumule avec le temps, et plus il faut hiérarchiser et complexifier la société, le groupe. C’est cet effet d’accumulation des technologies qui a créé nos structures actuelles.
Le moins pire des systèmes devient alors la Démocratie pour gérer cette complexité. La Démocratie devient alors aussi un à-valoir non objectif pour l’accumulation de la technologie.
Mais les individus ont de plus en plus de mal à s’orienter dans le groupe car le système devient de plus en plus complexe.
Nous passons donc alors dans un paradoxe : plus la technologie libère l’Homme, et plus il devient difficile à celui-ci d’analyser le système dans le quel il vit et qui se complexifie indéfiniment.
De la même manière qu’on a pas pu empêcher l’écriture et l’invention de l’imprimerie, il est probable qu’on arrêtera pas le progrès.
Comment l’anarchiste, qui est faiblement structuré, peut-il lutter directement contre les insuffisances de la Démocratie ?
Cela semble impossible d’agir politiquement ou économiquement, car je ne pense pas que l’anarchiste soit assez compétent sur le plan structurel pour gérer un parti politique, ou un système économique semi-autonome, comme celui des Mormonts par exemple.
Mais on peut lutter en faisant un site internet comme tu l’as fait. C’est pourquoi il ne faut pas le fermer. Mais il faut aussi écrire des livres, se servir des médias pour faire passer ses messages.
C’est par la prise de conscience qu’on élève les consciences. Il faut être Didactique.
Et réaliste : la Démocratie Directe reste à la base une Démocratie. Et présente le même piège que la Démocratie : présenter un système parfait dans le quel tout le monde adhérerait. Faire croire qu’un système est parfait est dangereux car il ôte à l’individu l’envie même de contester ce même système.
Personnellement, je préférerai l’absence de tout système, et l’avènement d’un enseignement scolaire sur au moins trente ans portant principalement sur les sciences humaines. Mais je sais qu’il faudrait quand même une organisation pour gérer.
Le mieux pour moi je pense, c’est de relire, et relire indéfiniment le Petit Prince, de Saint Exupéry…
(le 22 mars 2007 à 14 h 01 min)
Anonymous :
Merci d’intervenir. Vous écrivez bien.
Content de voir qu’il n’y a pas que moi qui bois.
Quand même, loggez-vous, je remonte mes manches.
Par souci de clarté, votre évaluation des systèmes politiques donne bien :
Rome 3 — Athènes 1
Rome 7 — Gaule 3
Rome 6 — Goths 6 (7) (victoire en fusillade, but d’Alarick)
Goths 1 — Rome 34 (match retour)
Despotismes nomades 218 — Rome 2 (relégation)
Perse 5 — Reste du monde 1
(…)
Monarchies coloniales (avec canons) 40 — Reste du monde (avec épées) 0
USA 1000 — Aborigènes 3
USA 10000 — Bisons 0
Tsarisme 3 — Ott-Austro-Hongrois 1
Ott-Austro-Hongrois 800 000 — Arménie 0
Britannia 10 — Ott-Austro-Hongrois 2 (dissolution du club)
(…)
Nazis(Wall Street) 14 — Reste du monde 2
Russie 4 — Nazis 4
Nazis 6 000 000 — Juifs 0
Russie-USA-UK 14 — Nazis 3
USA 140 000 — Hiroshima 0
USA 80 000 — Nagasaki 0
USA 1 000 000 000 — [Cambodge-Vietnam-Corée-Laos-Congo-Amérique latine] 0
End of History.
(…)
On peut aussi extrapoler :
Mafia 1 — Kennedy 0
Cancer 1 — Lévesque 0
Batteurs-de-femmes 3 000 000 000 — femmes 0
Tyson 1 — oreille 0
Humvee 8 — cycliste 1
Wow. C’est le fun.
Moi qui disais « au plus fort la poche », je croyais pas avoir besoin d’une aide aussi solide pour faire valoir mon point.
Gratitude, admiration, and all that jacking around.
É.
(le 22 mars 2007 à 17 h 46 min)
Touché. Cela pose néanmoins une question essentielle: Comment retire-t-on sa légitimité à l’État et ce de manière définitive?
(le 22 mars 2007 à 18 h 44 min)
Follow the money.
(le 22 mars 2007 à 18 h 55 min)
Sa légitimité n’a de légitime que l’ampleur de son auto-proclamation.
D’ailleurs quiconque a eu le moindre contact avec la Loi sait qu’elle n’existe nulle part.
La répression s’en sert tout juste comme ligne guide. Comme démarcation de la frontière des privilèges.
C’est le financement, qui pose problème.
S’attaquer de toutes les façons à ça, c’est le mettre en péril.
Passivement (ne plus payer, ne plus travailler, ne plus investir).
Activement (s’attaquer aux systèmes électroniques de gestion et conservation des données financières).
Militairement (détruire les institutions. Commencer par celles coupables de crimes contre l’humanité, les autres pourraient peut-être se réformer en caisses coopératives limitées).
N’oubliez pas que le capitalisme, de plus en plus virtuel, ne fonctionne que sur les marges. C’est à dire qu’on a pas à faire disparaître 40 milliards de dollars pour tuer une banque qui en vaut 40. Si sa marge est de 6%, la faire pâtir de 4 pendant deux ans emportera tout le reste. C’est profondément faisable.
(le 23 mars 2007 à 7 h 07 min)
Tock je veux pas esquiver ta question un peu ironique, où il est question de masculinité ambiante et suante. Il est certain qu’en première apparence les choix politiques (anarchiste, ou autre) ne sont pas une question-hommes femmes. Encore que, ces choix sont aussi le résultat de notre expérience personnelle (qui inclut notre masculinité ou notre féminité), et du regard que nous portons, sur la masculinité ambiante et le reste. D’autre part ce n’était pas le choix lui-même que j’évoquais, mais son expression. Or elle prend une forme qui est parfois différente, sinon entre « les hommes » -du moins certains d’entre eux-, et « les femmes ». J’en donnerai simplement l’exemple de la pipe. Non, pas ce à quoi tu penses, mais celle sur laquelle des bouffis tirent sentencieusement une bouffée, lorsqu’ils se livrent à leur apologie de l’ordre existant : eh bien c’est là un comportement qui est tout de même plus inhabituel, venant d’une femme. Et, pour en rester à ce qui m’amenait : je maintiens que le comportement de vidage-de-poubelle anti-anarchiste, est plutôt le fait de bipèdes masculins. Mais bon, laissons les mariner dans leur incurable pessimisme.
(le 23 mars 2007 à 12 h 18 min)
Luke, dans mes bras.
(le 23 mars 2007 à 12 h 39 min)
Luke ton exemple de la pipe en bois me laisse dubitatif…
Moi je me demandais juste ce qui attire ici… L’anarchisme d’Anne ou Anne ? La présence du male ici dépend de la réponse…
Si je te suis aussi, que diable viennent faire des males conservateurs ici ??? Si, ce n’est chasser… Car discuter, j’en doute.
(le 24 mars 2007 à 4 h 23 min)
Savoir ce qui est mâle ou pas, n’est pas toujours évident, avec l’usage des pseud… Bon allez, faut que j’te laisse, j’ai mon rimmel qui coule.
(le 24 mars 2007 à 11 h 36 min)
Ce qui m’attire ici, c’est la présence d’une étincelance littéraire.
(le 26 mars 2007 à 4 h 09 min)
Et ben. Je n’étais pas revenu ici voir ce que donnait cette discussion, et voilà qu’en repassant je vois que je me suis fait traiter de microcéphale radotant souffrant d’aigreur ridicule. Je crains de n’avoir échappé à une étiquette de macho priapique frustré que par chance. Il ne me manque plus que le dinosaure partouzeur de droite pour avoir un compte rond. Bref, dommage, mais ça m’apprendra. Ce que je peux être naïf parfois, je vous jure… Ca doit être d’ailleurs pour ça que je vote, cette confiance dans l’humain qui essaye tous les jours de me prouver que j’ai tort… allez, bonne journée Luke, contre lequel moi je n’ai rien du tout.
(le 26 mars 2007 à 6 h 27 min)
geo, moi non plus je n’ai rien contre toi, et même si peu… que j’ai été obligé de remonter à la source, pour voir ce qui avait pu me tourner le lait. Rien que de très anodin, en apparence, si ce n’est la facilité avec laquelle tu reprenais un cliché qui peut servir à justifier tout défaitisme : celui concernant « la-pureté-qui-n’est-point-de-ce-monde ». Autant dire, que sur une pareille base, il ne reste plus qu’à… aller nous coucher (sic) ! Quoi qu’il en soit, bonne journée à toi aussi, et même, bonne semaine.
(le 26 mars 2007 à 11 h 02 min)
On ne va pas épiloguer, mais ce que je voulais dire ça n’était pas qu’il fallait être défaitiste, c’était que trop de pureté, cela peut-être dangereux. Parce qu’il n’y a plus de gris, plus de nuances. Parce qu’il n’y a plus que deux camps à la fin. C’est tout, rien de plus et voila, sans rancunes Luke, fermez le ban, dodo.
(le 26 mars 2007 à 11 h 11 min)
bon sang… j’étais en train de dormir, tranquille… et voilà qu’il me réveille, avec ses accusations de sectarisme.
(le 26 mars 2007 à 18 h 34 min)
Croa, Croa, dixit la Grenouille. Ne croyez pas que je ne fréquente qu’ici, je partage ma présence aussi dans la réalité, gang de chanceux.
Peu importe ce que vous croyez de mes propos, je persiste et signe en disant que je ne vois toujours pas, des « anars » de service, de remplacement viable du système de société que nous avons actuellement, mais que des litres et des litres d’air chaud.
À la base, le communisme est un bon système, pas de pauvreté, tous égaux etc. Dommage qu’à chaque fois, c’est un capitaliste qui prend la tête du pays et réalise en effet le but premier du communisme : tout le monde est pauvre également. La monarchie ? HA! Revenez il y a 2 siècles avec votre monarchie. L’oligarchie ? Certains diraient que c’est ce que nous avons déjà, alors….
Dans l’attente d’idées neuves et révolutionnaires, je suis allé exercer un droit qu’au moins 40% de la population mondiale aimerait bien avoir, je suis allé voter.
Politico-religieusement vôtre
Dr Fléau
(le 27 mars 2007 à 11 h 21 min)
Luke : un semaine plus tard, je viens de comprendre ! … l’usage des pseudos. Toi, ton rimmel et « elle ».
Ah je suis déçu déçu… attrapé comme sur un vulgaire tchat !
En même temps, m’en tape un peu.
(le 27 mars 2007 à 15 h 56 min)
Tock je suis si navré de t’avoir déçu, que je n’en finis pas de m’interroger : qu’attendais-tu au juste, petit canaillou ? Mais bon, je crois bien que je vais donner ma langue au tchat.
PS. Sur le fond tu as raison, de t’en taper un peu. L’un des mérites de ce site, est d’utiliser un langage commun. Et à la limite peu importe de savoir qui porte culotte (ou n’en porte pas).
(le 28 mars 2007 à 4 h 05 min)
J’attendais un peu de complexité et de profondeur d’esprit … Un truc féminin, quoi.
Mais, finalement, ceux d’ici ne sont pas moins formaté que les autonomes de ma fac naguère … Ras sous le soleil.
On se roule des pelles entre soi et on se fight avec les autres de la droite d’en face. Au delà de ça , rien.
Je ne suis pas d’accord avec le language commun et la culotte. Tout est dans la différence; s’il n’y a pas de désir d’en savoir plus sur ces pseudos, s’il s’agit de dévellopper jusqu’à écoeurement les mots traditionnels de la vulgate anar, moi je repart lire télérama … Quand je dis que je m’en tape, c’est juste que je joue, en fait.
(le 28 mars 2007 à 4 h 54 min)
@Tock
Le poisson n’était pas frais au petit déjeuner ? Certes, tout est dans la différence… Mais, comme disait Paul Valéry : « enrichissons-nous de nos différences mutuelles ». Encore faut-il, pour cela, parvenir à : s’entendre. Et je comprends mal pourquoi soudain tu fais la fine bouche, Tock, compte tenu de la façon dont les choses se passent sur ce site.
(le 28 mars 2007 à 9 h 59 min)
Non non, je suis pas énervé et le poisson était pas si mal… comme je le disais, très sincèremment, je joue. Qu’ »elle » soit « il » m’amuse par exemple … Je joue sans méchanceté particulière mais avec un peu d’ironie peut etre. Simplement.
S’entendre ? A mais exactement… très difficile. Et je ne suis pas très doué.
Je fais la fine bouche ? Ben oui parce-que comme je disais, je suis un peu déçu. Je viens pas ici pour lire du « NiDieuNiMaître » et du « PolicepartoutJusticenullepart »… Ce qui fait j’ai tort suremment de venir.
Et je ne sais pas ce que tu entends pas « la façon dont les choses se passent sur ce site ».
(le 29 mars 2007 à 6 h 46 min)
@Tock
1) en ce qui concerne “la façon dont les choses se passent sur ce site” je voulais simplement dire, que dans l’ensemble, elles se passent gentiment. Et c’est là, chose suffisamment rare (sur Internet, du moins) pour être soulignée.
2) en un sens, l’objet de ta déception me rassure : elle n’est pas liée, au fait que je ne sois pas une Louise -et je ne peux tout de même pas me les couper pour te faire plaisir ! Cela dit, j’ai du mal à te suivre là où tu dis que tu ne viens pas ici pour lire du “NiDieuNiMaître” et du “PolicepartoutJusticenullepart” : je n’ai découvert ce site que récemment mais je n’ai pas eu l’impression, du moins jusqu’ici, que l’on s’y exprime sous forme de slogans.
(le 29 mars 2007 à 7 h 05 min)
(additif) excuse mon racourci de langage, là où il est question de se les couper : je ne voulais évidemment pas dire, qu’une femme est « un homme à qui il manque quelque chose »…
(le 29 mars 2007 à 9 h 49 min)
Le slogan “PolicepartoutJusticenullepart” n’a rien d’anarchiste : il repose sur l’idée, réformiste, qu’il pourrait y avoir une justice dans cette société.
(le 30 mars 2007 à 5 h 18 min)
Simplet : on peut faire raconter n’importe quoi à ce mot de Justice. Et c’est bien dommage.
(le 30 mars 2007 à 6 h 32 min)
C’est Simplet, qui a raison. Atchoum. On ne réussira pas à me faire croire que la Justice, atchoum, joue un rôle différent de celui de la Police, atchoum.
(le 21 avril 2007 à 5 h 37 min)
Oui, Atchoum, Simplet a raison. Et je dirai même plus, mais d’abord mouche ton nez : le projet de déployer la police « juste-là-où-il-faut », outre qu’il est réactionnaire par essence (boum!, répondit l’écho), est une absurdité dans son principe même. Car la police n’est jamais aussi utile à ceux qui l’envoient, que lorsqu’elle est présente même là où « il n’y a pas besoin d’elle » -et ce par la sensation d’omniprésence qui en résulte.