S’effacer ou disparaître

La seule idée que je puisse un jour devenir «célèbre» me glace le sang. Voilà pourquoi la tentation de disparaître avant d’être frappée par une telle malédiction devient de plus en plus irrésistible.

Tags:

23 commentaires pour “S’effacer ou disparaître”

  1. echos rejouissant ajoute:

    « Tout homme qui emprunte des chemins nouveaux et en a conduit de nombreux autres sur des chemins nouveaux decouvre avec etonnement a quel point ces nombreux hommes sont maladroits et pauvres dans l’expression de leur reconnaissance(…)La maniere dont un penseur en vient a percevoir l’effet de ses pensees et leur puissance de transforamtion et d’ebranlement est presque une comedie »
    Le gai savoir, second livre 100 Apprendre a rendre hommage
    (pardon pour l’absence d’accents)

  2. "-" ajoute:

    Les guillemets ne sont pas au bon endroit : « disparaître ».

  3. sheepyr ajoute:

    trop tard :)

  4. lesyeux ajoute:

    « célèbre » ça signifie quoi ?
    c ette notion ne pas change pas le reflet que vous renvoie votre miroir
    c’est un concept fourre tout, on y trouve le meilleur et le pire, l’insignifiant et le symbolique, le médiocre et le talent
    on peut être célébre pour tout et son contraire
    pas de quoi vous glacer les sangs, sinon à douter de la raison de la « célébrité  » qui est souvent une manipulation des médias et de ceux qui ont le pouvoir de mettre en scène, rarement un gage de valeur, il suffit d’ouvrir les yeux sur la scène des « célébrités »
    étrange de votre part….

  5. Anne Archet ajoute:

    Hier soir, j’ai tout effacé; il ne restait plus la trace du moindre petit fichier. Incapable de dormir, je me suis levée et j’a réinstallé le tout à partir d’une copie de sauvegarde.

    Je ne sais pas encore ce que je vais faire de ce blogue. J’ai une dizaine de textes qui vont être publiés automatiquement au cours des prochains jours — ça me laissera le temps de réfléchir.

    Ce n’est pas l’écriture qui m’embête, ni même la publication. Ce qui m’embête, c’est cet intérêt étrange et incompréhensible envers ma personne. Je commence de plus en plus à être sollicitée et même ennuyée par des journalistes, ce qui ne me plaît pas du tout. Il y en a même un qui a trouvé mon numéro de téléphone, c’est tout dire.

    L’écrivain doit s’effacer derrière son oeuvre, même si cette oeuvre reprend des éléments de sa vie. Si on me refuse un tel effacement, il ne restera que la solution de la disparition.

  6. Eguirdor ajoute:

    Qui sait? vous faites peut-être partie sans vous en rendre compte d’un
    plan anarchique et machiavélique à échelle planétaire?!
    Moi j’en rêve… qu’un jour chacun d’entre nous qui vous lit, parle et vous
    cite toute une semaine, afin que chacun se rende sur le site par un effet
    boule de neige et qu’alors tous les réseaux de la terre soient envahis
    de vos mots de plaisir et de désinvolture et que tout explose en
    un cri de jouissance innébranlable. POP! fin de ma bulle orgasmique réveuse.
    Non mais vous l’avez bien dit de toute manière, cette année, vous serez
    plus efficacement malhonnête… alors…
    Bon, imaginons… et si on préparait votre sortie, moi et mon écureuil ici
    présent, plusieurs scénarios:
    - A la Sinziana, vous partez en emportant tous vos écrits (et c’est quand même
    le drame), mais en même temps si vous laissez les archives, je suis d’accord avec
    Sheepyr, il est trop tard, comme un chanteur mort, vous serez encore plus vite
    célèbre.
    - Vous transformez le site en recettes de cuisine Thai ou conseils pour le scrapbooking tout
    en faisant quelques nouvelles totalement nulles sur le bien fondé du catholicisme.
    (interdit de vous mettre la croix où je pense cependant… soyez raisonnable sinon
    on va pas s’en sortir)
    - Vous dévoilez finalement que vous êtes bien ce garagiste/chauffagiste (je sais plus) moustachu
    qui veut se faire passer pour vous. Sourire
    Bref il y a tellement de façon de redevenir anonyme… (bien qu’en réalité vous l’ayez toujours été)
    Mais la grande question au fond c’est…
    … pourquoi écrivez-vous?
    L’avez-vous nous déjà dit?
    En tout cas, qu’importe je pense pour ceux qui vous lisent que vous soyez renomée ou pas…
    Et puis si vous l’êtes, c’est que finalement, le monde n’est pas si mal… au fond…

  7. BiereAuBeurre ajoute:

    Pour ceux qui vous admirent, sans vous aimer…
    … vous êtes belle et vous faites du bien…
    Comme disait Coluche, faut pas trop en vouloir aux médias,
    ça arrive parfois dans la vie d’avoir besoin de travailler…
    Bonne évasion de dix jours…

  8. Comme une image ajoute:

    Fais comme Staline, envoie un sosie en représentation !

  9. Zhom Manager ajoute:

    C’est pas le moment de faire une crisette de diva ma cocotte.
    T’es over-bookée cette semaine. N’oublie pas, quatre entrevues en ligne, une avec Christiane Charette, une avec Anne-Marie Losique, une autre avec un obscur pigiste de La Presse et une dernière avec cette tarte dont j’oublie le nom et qui travaille à Canal Vox. Reprends-toi un peu en main.

  10. kali ajoute:

    Qui cherche trouve… Non?

  11. Prax ajoute:

    L’exil, c’est peut être plus simple que la disparition. Anne Archet habite désormais en France, en Belgique, en Suisse, au Gabon …

  12. Nob ajoute:

    Etre célèbre pour de mauvaises raisons peut être un cauchemar. Etre reconnu(e) à juste raison (juste raison ignorée des humbles, bien entendu) engendre malgré soi des sollicitations inévitables. Alors, assumer (dur pour soi) ou pas (dur pour les autres) ?

  13. Grenouille de Bénitier ajoute:

    Très intéressante auto-analyse ô sœur Anne. Tu ne nous avais pas habitués à de telles confidences. Tu es à mi-chemin entre le Néant et la Gloire. Et la Gloire te fait peur. C’est naturel. Tu as peur que cette Gloire fasse enfler ton ego, et tu as peur d’être avilie.
    En même temps, tu te sais pleine de Qualités, et naturellement tu t’admires. Peut-être un peu trop, mais c’est peut-être parce que tu n’as pas assez confiance en toi : alors tu te concentres sur ton ego pour te rassurer, et tu as peur en même temps de la Gloire. Et puis si tout cela remontait à ton lycée ? Expulsion ?
    Ce n’est pas que tu aies peur de l’expulsion je pense, mais expulsée, tu serais obligée de t’assumer entièrement : c’est à dire devenir écrivaine, écrire de vrais livres, passer du plaisir du blog au travail fastidieux du livre. Passer du divertissement du blog au professionnalisme de l’écrivain…
    Je t’engage à poursuivre ton écriture. Tout simplement parce que ton talent doit s’exprimer. Tu as du talent. Il en va ainsi de tout artiste et de sa condition humaine.

  14. Ben ajoute:

    vous n’avez qu’à l’envoyer promener, ce journaliste, ou alors menacez de le poursuivre… utilisez le système contre lui-même.

    également, laissez choir les courriels que vous ne désirez pas (pas les indésirables, mais ceux qui vous invitent pour ci ou ça) et ne leur répondez pas.

    je suis un grand curieux de nature, et votre anonymat, le fait qu’on ne puisse pas vraiment vous identifier ni vous accrocher à une personne réelle, fait selon moi toute la force du site : la discrétion, le « underground », le petit titillement qui me dit que je lis quelque chose que je ne devrais pas lire…

    à mes yeux, votre anonymat glorieux est mille fois mieux (et encore plus mystérieux, attirant) – que n’importe quel livre ou autre que vous publieriez dans le « monde réel ».

    bon congé Anne, mijote bien… après tout, si tu écris, c’est pour toi et non pas pour des lecteurs… à ce que je sache tu as un emploi et j’espère que tu fais ce bloque par plaisir non par gentillesse.

  15. Bo Leevar ajoute:

    Pas de mes oignons, ce que vous faites, Anne Archet. Mais laissez-moi le temps de terminer ma lecture de toute votre oeuvre. Mistral a quitté tout en laissant traîner le cahier. Ça nous permet d’y retourner, de relire. Je refrissonner. Enfin. Pas de mes satanées affaires.
    Ça m’enlèverait quelque chose, personnellement. Je dois pas être le seul.
    Quant aux médias, si vous n’avez rien à vendre, pas touche ! Ils ne sont capables que de ça. Si le produit n’y est pas, ils vous vendront vous. Donc, ils mentiront jusqu’à ce que le mensonge de vous, amplifié, et applati, soit plus grand que le vrai de vous, pour l’écriture duquel vous vous soumettez à la torture. C’est pas si grave, mais quelle perte de temps.

    Buk est allé UNE fois à la télé.
    Mais quelle fois !

    Bises,
    É.

  16. lesyeux ajoute:

    la solution était alors d’écrire anonymement, sans mettre votre image, sur ce blog , sans répondre aux interviews, black out total, ni votre nom, ni rien,
    personne ne vous aurait ‘embêté » et vous auriez pu ne faire valoir que vos écrits
    des gens publient aussi comme ça
    sous anonymat
    je persiste à trouver ça curieux de se plaindre que l’on se fasse exposer ,…..quand on s’est offerte à cette exposition !

  17. Tock ajoute:

    Tiens pour une fois je suis d’accord avec les yeux…

    … m’enfin tant que tout ça est à peu près faux.

  18. lesyeux ajoute:

    tock, être en accord avec qq’un n’est pas une fin en soi
    on serait tous des clones, pensez comme ça serait réjouissant…

  19. Justine Miso. ajoute:

    Je vous comprends mais sachez que vous êtes essentielle à la vie de plusieurs d’entre nous… c’est vrai on vous suce et vous préférez être léchée; je peux l’entendre. Néanmoins, nous serons incapables d’être sevrés d’un coup d’un seul. J’espère que le journaliste saura vous laisser tranquille et que nous pourrons continuer à fantasmer.

    J’M.

  20. Ben ajoute:

    Selon moi aucune question de « sevrage » ni d »essentiel »… Si Anne ne se sent pas capable de continuer, libre à elle. Je ne vois pas pourquoi nous serions importants (et surtout très égoïstes) au point de faire changer la balance pour qu’elle écrive pour nous, comme une corvée.

    Non à la corvée, je refuse de me ranger du côté des gens trop égoïstes avec leur petite lecture, qui ne voient pas que l’auteure en a ras le ponpon de se faire vider, harceler, dévisager, suivre et je ne sais quoi encore.

  21. alexandre ajoute:

    Je comprends ta réaction vis à vis de la notoriété.
    Pour tout dire, elle doit même être difficile à avaler quand elle arrive trop vite.

    Moi même je tiens à jour un blog de type littéraire, et le fait d’être propulsé sur le devant de la scène sans y être préparé ne me plairait pas du tout.
    Je ne me suis réellement posé la question qu’à partir du moment ou la fréquentation journalière commençait à me donner le tournis.

    La notoriété, c’est une lame à double tranchant : d’un côté le fait d’être reconnu pour ce que l’on fait, et de l’autre, le sentiment de ne plus être libre.

    Il y’a une comparaison à faire …
    L’acteur inconnu s’engage dans tous les castings possibles et imaginables à la recherche du succès, alors qu’un bloggeur n’a rien demandé à personne, quand même il aurait préalablement divulgué son identité.

    De même, le fait d’être pétris de talent pour l’écriture ne signifie pas forcément que l’on souhaite être célèbre. (l’écriture ne représente souvent qu’un exutoire)

  22. sanieptia ajoute:

    Vous allez devoir vous y faire… (à la célébrité).
    En cas de problème, vous pourrez toujours appeler Philippe Sollers. Il se dit expert dans la façon de vivre caché tout en étant très exposé !

  23. jjd ajoute:

    Une merveilleuse surprise au coeur de la nuit – ce bloc de rage de tendresses et surtout d’écritures- qui permet à chacun et chacune tout en lisant de voir « en soi-même » selon une expression de Proust…

    « L’ouvrage de l’écrivain n’est qu’une espèce d’instrument d’optique qu’il offre au lecteur afin de discerner ce que sans ce livre il n’eût peut-être pas vu en soi-même. »

    Citation extraite d’un des derniers livres de Paul Ricoeur « Parcours de la Reconnaissance »…très long parcours qui fait confiance aux longs détours par les lectures édifiantes ou éphémères…

    Ou bien d’un de nos bon messager qui est allé dernièrement poursuivre ses conversations sur l’Olympe avec ses dieux familiers…

     » Pour être soi il faut se projeter vers ce qui est étranger
    se prolonger dans et par lui…
    Demeurer enclos dans son identité s’est se perdre et cesser d’être…
    On se connaît et se construit par le contact et l’échange
    le commerce avec l’autre
    Entre les rives du même et de l’autre… »

    Jean Pierre Vernant

L'envie de commenter vous tenaille ?