« Mais où es-tu quand j’ai vraiment besoin de toi, sale traînée? » m’écriai-je après avoir contemplé la blancheur immaculée de mon écran pendant deux heures.
C’est alors que j’entendis un drôle de son, un bruit mouillé et obscène provenant du fond de ma chambre. Elle était finalement apparue, vêtue d’un bustier tubulaire constellé de tâches d’origine suspecte et d’une microjupe noire. Affalée sur mon pouf, la pouffe doigtait négligemment sa fente en tirant une dernière bouffée de sa clope. Les cheveux ébouriffés, les seins pendants et le ventre strié de vergetures, elle me souriait méchamment sans se soucier de sa dent en moins et des mailles dans ses bas résille.
— Te voilà enfin, grognasse, lui dis-je sur un ton mal assuré. Mais de quoi as-tu l’air! Tu t’es regardée dernièrement dans le miroir? Comment suis-je censée être inspirée par ça?
— Si ma vue ne te plaît pas, va te faire voir! Je te ferais respectueusement remarquer que tu es loin d’être un sex-symbol toi-même, poupée… me dit-elle en prenant la gomme à mâcher qu’elle avait collé derrière son oreille, pour usage ultérieur.
— Ne sois pas vache, je t’en prie. Je reste assise nuit et jour devant cet ordinateur de malheur. Je viens de terminer une histoire. Je fais ce que je peux. J’écris.
— Tu as terminé ce petit texte il y a une semaine, pauvre gourde. Rester assise devant un clavier ne fait pas de toi une écrivaine. D’ailleurs, aussi bien t’annoncer moi-même la nouvelle avant que les autres s’en chargent: tu n’es même pas une écrivaine. Après avoir tartiné une page de niaiseries et de banalités, tu n’as plus rien à dire.
— Je te demande bien pardon, mais j’ai mon style. Il se trouve que…
— Ton style? Parlons-en, de ton style. Tu n’as pas décrit un personnage correctement depuis des mois! Et tes scènes de sexe sont si elliptiques qu’on se demande parfois si tu ne parles pas d’origami ou de décoration intérieure! La seule chose que tu sais faire, c’est des jeux de mots minables, du genre « pouffe sur un pouf ». C’est ça que tu appelles du style? Idiote! Raclure de cul! Même les trisomiques se moquent de ton fameux style!
— Donne-moi une chance, bagasse! pleurnichai-je. Dois-je te rappeler qu’il s’agit d’un partenariat? C’est toi qui en théorie doit me fournir l’inspiration. Je peux savoir à quel moment tu vas enfin te décider d’honorer ta part du contrat?
— Quatre mots pour toi, connasse : fermer XTube, ouvrir Word! cracha-t-elle en riant.
Elle disparut ensuite, dans un cri de ménade au bord de l’orgasme, ne laissant derrière elle qu’une vague odeur de marihuana, de sueur et de parfum bon marché, ainsi qu’un cerne huileux en forme de demi-lune sur mon pouf.








(le 14 février 2008 à 2h02)
J’adore la façon que l’autre l’a rambarre!
(le 14 février 2008 à 7h29)
si elle revient, après ça…venons-nous d’assister en direct au sabordage des Cahiers ?
non, sérieusement, bien sur qu’elle reviendra, ne serait-ce que pour te tourmenter.
(le 14 février 2008 à 7h45)
Plaisanterie :
Pour le travail d’ hardiesse et la hargne de ce couple saphique ; » Inspiration expirée « , utilisez un ordinateur et une bonne imprimante new génération et il sortira a l’ impression leur roman imagée traitant sexe, drogue et gaudriole !
(le 14 février 2008 à 8h41)
Où l’on découvre que, pour s’ouvrir à l’inspiration, la formule n’est pas » Sésame, ouvre-toi ! » mais » Sale trainée ! «
(le 14 février 2008 à 10h48)
Axelle: Zut alors ! pourriez prévenir quoi, je suis au taf moi …
(Quoique vu la synthaxe défaillante, j’aurai dû voir le coup venir).
(le 15 février 2008 à 10h53)
c’est quoi Xtube ?
(le 15 février 2008 à 18h49)
C’est comme Y**tube, version X… =D
(le 15 février 2008 à 18h52)
Héhé, voilà justement :
http://www.tmcm.com/comics/webcomics/tmcm080204
(le 16 février 2008 à 3h57)
pourquoi y a pas de trait d’union entre X et tube ??? ;-)
(yoni soit qui mâle y pense !)
(le 17 février 2008 à 15h42)
Vous étiez pas plutôt sur zootube365.com ?
(le 18 février 2008 à 1h35)
hi hi hi
Derrière tout portrait léché, surtout sur la toile, on rencontre du faux.
ou
Votre diamant est du tungstène sur un disque raillé.
Bonne semaine
(le 18 février 2008 à 3h01)
Si la raillerie touche les disque à présent !
(le 18 février 2008 à 3h02)
disques
(le 18 février 2008 à 12h10)
il faut bien CD
(le 18 février 2008 à 17h35)
J’aime beaucoup!!!! La muse dégoulinante de mépris charnel!!! Eh eh!!! Il faudrait peut-être penser à changer, en effet… au moins de source d’inspiration…
(le 18 février 2008 à 18h00)
Et Desporges d’ajouter:
Vous pouvez railler, mais n’oubliez jamais qu’un jour ou l’autre, c’est celui qui raille qui l’a dans le train.
(le 20 février 2008 à 8h12)
Et bien boutons en train…
(le 20 février 2008 à 9h31)
Dire que de mon temps les muses étaient des jeunes filles chastes et évaporées !…
« Poète, prends ton luth et me donne un baiser »
(le 20 février 2008 à 11h12)
Certes gente dame, j’en suis fort aise
Puisque vous permettez…que l’on vous baise
(le 29 février 2008 à 18h16)
Tout celà est foutrement tordant…
Longue vie à AA !
(le 23 mars 2008 à 3h36)
les vergetures. connaissais pas ce mot avant de la connaitre. les vergetures.
entre le temps ou on s’était rencontrés et celui ou on s’est quittés 2 ans plus tard, elle avait eu le temps de prendre 35 kilos et de le reperdre. et je déconne pas. c’était y’a 10 ans.
les vergetures.
depuis, je regarde les grosses avec un oeil éveillé. la souffrance des grosses qui ne s’estiment que par rapport à « l’attrait physique qu’elles inspirent selon les normes… », héhé. tain. moi, cette chair abondante, depuis, abondante et lisse, douce (quand c’est pas bouffé par la lèpre), ça me file des envies de faire des bébés.
me semble que c’est une bonne terre d’accueil, non seulement pour moi, et mon chibre, mais aussi pour la descendance, et toute la fertilité réconfortante qu’une chair bien garnie peut inspirer.
rien à voir avec ton truc, mé bon.
les vergetures.