Pourquoi est-ce toujours à toi d’être en moi? N’est-ce pas profondément injuste?
Je veux me glisser sous ta peau, ramper à travers ta chair, me laisser couler lentement dans tes artères et taquiner ton cœur du bout de la langue. Je veux que nos os se calcifient et se soudent, que nos tendons s’entremêlent et que nos deux esprits fusionnent.
Je veux nager dans l’onde amoureuse de ton sang, boire la vie pulsante de ta semence, me regarder avec tes yeux pour comprendre enfin ce que tu vois en moi.
Je veux goûter le suc astringent de mon amour avec ta langue, sentir les plis humides de ma vulve sur le bout de tes doigts et ma cyprine poisseuse mouiller tes lèvres. Je veux sentir la caresse de mon sein avec la paume de ta main et les soubresauts de ma chatte en émoi au bout de ton gland.
Je veux sentir ce que tu ressens quand je prends ta virilité dans ma bouche, lorsqu’elle baigne dans ma salive brûlante. Je veux frémir comme tu frémis lorsque je fais vriller ma langue folle le long de la hampe, lorsque tu l’enfonces dans ma gorge dans un geste incontrôlé. Je veux ressentir la fièvre qui saisit ton corps lorsque tu cries mon nom, lorsque tu tires mes cheveux, lorsque tu t’effondres, tremblant, renversé par la jouissance.
Je veux sentir la douleur que provoque le fil glacé de ma lame étincelante lorsqu’elle fend lentement ta peau trop parfaite. Je veux ressentir le frisson que tu ressens lorsque je pose mes lèvres sur ta plaie et que je suce le flot écarlate de la vie qui fuit de tes veines, sentir l’adrénaline te posséder quand je m’accroche à ta chair déchirée. Je veux connaître la divine agonie de ma morsure sur ta gorge, m’entendre murmurer ton nom dans ton oreille, sentir autour de ta taille mes cuisses qui t’enserrent et qui te poussent à t’enfoncer toujours plus profondément en moi.
Je veux ressentir l’effet que produit en toi la violence de mes mots courroucés, la piqûre âcre de mes sarcasmes, la force souveraine de ma colère, la joie terrible de mes aveux et baigner, de l’intérieur, dans la cascade cristalline de ton rire. Mais je veux aussi sentir ton émoi lorsque tendrement tu me prends dans tes bras, lorsque tu caresses mon visage, lorsque je mouille tes joues de mes larmes.
J’ai besoin de savoir ce que tu ressens quand tu me désires, quand tu me possèdes.
Je veux savoir ce que tu ressens quand tu dis que tu m’aimes.
Je veux pénétrer en toi.








(le 26 novembre 2008 à 21 h 23 min)
Magnifique…
(le 27 novembre 2008 à 3 h 18 min)
T’hrrra j’allais le dire!
C’est très beau, l’un des plus beaux textes que j’ai lus sur ce site. Il est rare que je me contente de poser un commentaire si mielleusement approbatif, et, finalement, pauvrement élogieux, mais cette fois ci je n’y résiste pas. Bravo, et toute ma reconnaissance pour une journée bien entamée!
(le 27 novembre 2008 à 3 h 59 min)
Si seulement toute les femmes avaient votre talent pour la prose et les mots …
Un très beau texte en effet, de ceux que l’on reconnait au nombre de fois que l’on relis.
(le 27 novembre 2008 à 12 h 56 min)
Ce texte est sublime. J’en ai pleuré tellement il m’a touché.
(le 27 novembre 2008 à 13 h 34 min)
Chouette .. !
(le 27 novembre 2008 à 17 h 11 min)
…
cette avidité, on dirait une angoisse…
Tout est possible dans ce domaine: la peur d’être pénétrant(e), d’être pénétré(e), le désir de pénétration ou d’être pénétré(e).
La vie est parfois brutale, mais un peu de lubrifiant affectif aide beaucoup…
La tendresse ma bonne dame !
(le 27 novembre 2008 à 22 h 49 min)
Tiens! de la poésie érotique…
La petite démone….
(le 28 novembre 2008 à 16 h 49 min)
Je me reconnais tout à fait dans ce texte. Mais pourquoi j’l'ai pas écrit la première ???
(le 29 novembre 2008 à 9 h 43 min)
Tiens, un changement de ton : de la poésie, du sentiment. Pire, du lyrisme.
Et ça marche!
(le 30 novembre 2008 à 9 h 27 min)
Ben là, avec de tels moments de grâce et de plénitude pourquoi diable vous en faites-vous avec la famille dans un précédent billet ?
Votre passion m’inspire. Merci de la partager.
(le 6 décembre 2008 à 0 h 25 min)
Passionnante proze érotik. @ en perdre le souffle!
(le 6 décembre 2008 à 17 h 43 min)
Avec la salive brûlante
Ainsi le plaisir de l’ émoi
(le 8 décembre 2008 à 11 h 01 min)
ouah, c’est qui l’auteure? chaude comme la braise! c’est complètement anormal de diffuser cette sensualité explosive et pornographique, et de ne pas être là à la fin de la lecture pour une bonne pipe ou pour emmener le petit au cirque. Pourtant on voit ds ce texte une femme qui assume toutes ses responsabilités et même au delà, elle donne à son désir une vraie inscription charnelle et ne peut que susciter le vôtre. C’est automatique, vous lisez,vous bandez, c’est chouette, c’est la mort de l’érotisme esthétisant. Une vraie écriture pornographique féminine, c’est rare. Enfin une auteure qui sait s’occuper d’un lecteur et d’un bonhomme, qui vous remue les tripes et vous fait bander
(le 8 décembre 2008 à 17 h 38 min)
sans souffle… sans voix… avec les cuisses mouillées…
(le 13 décembre 2008 à 5 h 59 min)
Bon sang, quel texte puissant, un texte magistral. Le meilleur que j’ai jamais lu ici. Que dis-je, ce n’est pas un texte, ce n’est plus des mots, mais une oeuvre. Une merveille majeure.
(le 13 décembre 2008 à 11 h 35 min)
dix fois plus Tirésias
je reste de ce côté
(le 28 décembre 2008 à 3 h 25 min)
tout simplement sublime.
(le 21 janvier 2009 à 5 h 53 min)
merci de vos mots … ils m’ont parlé de moi.
(le 2 janvier 2010 à 16 h 26 min)
J’ai vécu ça tout à l’heure. Mais sans amour. Triste.
J’aimerai revenir poster le jour où je serai aimée…