«Politics surely make strange bedfellows» se dit Samantha alors qu’on attachait les membres de son corps électoral aux montants du lit.

Sam avait réuni les candidats à la Chambre des représentants de son district pour un débat impromptu. Elle avait dû user de tous ses charmes, leur faire une cour assidue, mais le jeu en valait la chandelle puisqu’elle se retrouvait enfin nue, dans sa chambre basse, en compagnie d’un républicain, d’un démocrate, d’un libertarien et d’un indépendant qui se disputaient l’usage du whip et du paddle.

Le débat faisait donc rage et les esprits s’échauffaient au même rythme que les fesses de Sam, qui se couvraient de zébrures. Elle aurait bien voulu écouter leur baratin électoral, mais la volée de bois vert l’empêchait de se concentrer sur la langue de bois; elle se contenta donc de compter les coups sans contester, en espérant qu’il n’y ait pas dépouillement judiciaire. Et bien qu’elle se trouvât à leur merci, Sam leur avait tout de même bien fait comprendre que la baiser était hors de question, puisqu’elle s’était déjà suffisamment fait fourrer depuis le dernier mandat — et tous les autres qui lui ont précédé, d’ailleurs. Ils se contentèrent donc de secouer leur member of congress jusqu’à la discharge petition.

Le fier membre du Grand Old Party venait tout juste d’éclabousser le popotin liberal red de la pauvre électrice lorsque la porte s’ouvrit dans un déluge de flashes. Les quatre lascars, la mâchoire aussi pendante que leur bite, arborèrent alors leur rictus le plus idiot pour la caméra. Hilare et satisfait, le reporter détacha les liens de la registered voter et lui remit une énorme liasse de billets verts.

— Désolée mes chéris, mais il n’y a pas que les banques qui ont besoin d’un bailout, dit-elle avant de se sauver avec son slush fund.