« Toute l’écriture est de la cochonnerie »

— Antonin Artaud, Le Pèse-Nerfs

J’ai les nerfs à vif, la cuisse tremblante et à la bouche ce goût métallique et animal qui annonce l’arrivée des copulations suintantes. Mon sexe est une bouche qui tète désespérément le vide qui l’entoure, il est une outre bordée de fines dentelles qui laissent s’écouler un filet d’encre chaude et dense qui trahit mon impatience. J’ai besoin de contacts appuyés, d’une langue conquérante capable de soumettre tous les plis de mon épiderme, capable de faire baigner de fluides tous mes engrenages. J’ai besoin de doigts frais comme des chairs d’enfants se déposant sur mes nymphes pour ensuite fouiller ma plotte et mon cul, mon arrière-train sans arrière-pensée, sans tenir rigueur de mes cris et de mes halètements. J’ai besoin d’une bite, d’une bite longue, noueuse et torturée comme un récit obscène, une queue dense et juteuse aussi effrayante que la pine odieuse de Lucifer, aussi impétueuse qu’une ode pindarique, un organe si démesuré qu’il serait capable à lui seul de faire basculer toute la civilisation dans la barbarie, dans la folie vénérienne et reptilienne, capable de dissoudre toute la littérature dans le flot acide de son suc séminal.

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3 commentaires pour “« Toute l’écriture est de la cochonnerie »”

  1. La guêpe ajoute:

    Que de mots pour une simple envie de baiser qu’un coït furtif gommera comme une empreinte que ma mer efface.

  2. Angélus ajoute:

    Comme c’est bouddhiste, tout cela. J’adore.

  3. Ras+ ajoute:

    Yes !

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