Dérobade

(aubade)

Pas le temps de sucer ta queue
Car j’ai des poèmes à écrire
Il y a tant de papiers griffonnés
Entre les pages que mon carnet
Bubon trop mur sur le point d’éclater
S’effrite comme un lépreux sur le sol

Tu peux étendre ton foutre sur mon pied nu
Pourvu que mes mains restent sèches
Je dois retranscrire les odes sanitaires
Composées sur les murs des toilettes
Pas le temps de me faire bourrer le cul
Bientôt ma muse n’aura plus d’orifice intouché

Pas le temps de me faire ligoter
J’ai des vers célèbres au bout des doigts
Qui gémissent les musiques funèbres
Des sonnets blonds sur mes nymphes rougies
L’encre bleue des mille complaisances sous les ongles
Et celle des promesses à la saignée du coude

J’aurais bien aimé que tu restes plus longtemps
J’aurais bien frotté ma fente contre ton menton
J’aurais bien goûté au suc amer de ta veine noueuse
Mais j’ai des hymnes de chair et de tendons à écrire
Des fatrasies ululantes sous la lune oestromane
Des églogues gluantes de mouille et de rosée lubrique

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3 commentaires pour “Dérobade”

  1. Prax ajoute:

    C’est donc cela une pulsion créatrice.

  2. ras ajoute:

    ululantes les fatrasies ?
    c’est beau une telle urgence….

  3. Cathy ajoute:

    Chère Anne Archet, je voudrais te publier encore (encore !) dans Nouveaux Délits, notamment quelques aubades du style et sirventes, oh comme ils sont bons, du style sirventès de l’ennemi
    si c’est ok je reviens vers toi pour le numéro d’avril (découvre toi et coupe tout tes fils)
    amicalement
    cathy

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