Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

Nom du fichier : conference01.wav

AA : Anne Archet, conférencière interrompue
LB : Louis Berthier, artiste subventionné
SB : Simone Bechara, lesbienne radicale

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Comment ça fonctionne, ce truc?

[Autres bruits de manipulation de micro.]

AA : Ok. « Individualisme, aristocratie et anarchie », par Anne Archet. Ébauche de conférence.

[Longue pause.]

AA : Ahem. Bon… On vient à l’anarchisme de diverses manières. Plusieurs y viennent en quittant le marxisme, dont l’échec historique n’est plus à démontrer. Ceux-là ont une conception de l’anarchisme influencée par leur ancienne foi : ouvriérisme, attachement à la révolution, appels constants à l’organisation des prol… non : des masses, oui, c’est mieux… Appels à la construction de fédérations, de groupes militants, bref, d’une organisation anarchiste spécifique qu’ils conçoivent comme l’outil qui servira à provoquer l’étincelle de la révolte et préparer le nouveau monde libertaire.

D’autres, plus rares, y viennent mûs par une soif impétueuse de liberté individuelle et sont viscéralement des « En Dehors », pour reprendre l’expression d’Armand. Ceux-là viennent à l’anarchie non pas par Marx, mais par Nietzsche et Stirner, ce qui est mon cas.

Je vous propose aujourd’hui d’explorer une façon différente d’envisager l’anarchie — différente des tendances traditionnelles héritées des « pères fondateurs » que furent Proudhon, Bakounine et Kropotkine. Je pense ici au communisme libertaire et l’anarcho-syndicalisme. Je vous propose de découvrir l’individualisme aristocratique et insurrectionnel.

[Bruit de feuilles froissées.]

Bon, c’est pas trop génial  comme introduction, mais disons que ça ira pour l’instant.

[Autre bruit de feuilles froissées.]

L’individualisme aristocratique se distingue par sa volonté d’élever l’individu au-dessus de lui-même en le rendant digne de sa liberté. Fortement marqué par la personnalité de Friedrich Nietzsche, cet individualisme uniciste préconise une affirmation intense et complète du moi qui doit conduire à l’épanouissement d’un individu supérieur à l’homme du troupeau. Par le libre développement de ses facultés, l’individu fort est appelé à devenir un homme supérieur.

[Une porte grince. On entend un bâillement.]

L’individu prôné par Nietzsche n’est ni le sujet cartésien, ni la personne kantienne, mais plutôt un centre de volonté de puissance.

[Bruit de chasse d’eau]

Ainsi, Nietzsche rejette le primat de la conscience et de la raison qui se trouve à la base de la philosophie occidentale. Pour lui, la conscience n’est que la traduction en termes grégaires de ce que nous sommes réellement. Le rationalisme de Descartes est donc pour lui une illusion : les forces qui agissent en l’individu et qui motivent ses actions ne sont pas conscientes.

[Une porte d’armoire claque, puis on entend des assiettes qui s’entrechoquent.]

Il s’agit plutôt d’instincts, de pulsions qui luttent en son sein et qui lui donnent son énergie. Ces pulsions tirent leur sens et leur unité de la volonté de puissance…

LB : Parlant de volonté, tu veux un café? Je m’en fais un.

AA : Non merci Louis, pas maintenant. Je prépare ma conférence.

LB : Ça parle de quoi, ton truc ?

AA : Des liens entre l’anarchie et l’individualisme aristocratique de Nietzsche.

LB : Ah.

AA : Tu m’excuses, je reprends.

LB : Fais comme chez toi, hein.

AA : Merci.

Bon, qu’est-ce que je disais… ah oui. Ces pulsions tirent leur sens et leur unité de la volonté de puissance. Ce concept de Nietzsche a souvent été mal interprété : il n’est pas volonté de dominer autrui, ni de se dominer soi-même comme le proposaient les stoïciens, mais plutôt pour l’individu la volonté de se surpasser soi-même, en laissant jouer librement ses instincts les plus forts et sans chercher à les soumettre à sa raison ou se laisser berner par la clarté illusoire de sa conscience.

Bref, la volonté de puissance pousse l’individu à aller au bout de lui-même, à réaliser les potentialités en ne se pliant qu’à ses propres nécessités.

LB : Comme hier soir : il a été nécessaire qu’on se plie pour que je te prenne par un bout de toi-même.

AA : Ha ha, très drôle.

LB : Mais pas exact, parce que c’est par tous les bouts que je t’ai prise, pas seulement un.

AA : Oui, oui, ce fut si divin que j’en ai le popotin encore sensible. Merci à toi, ô dieu du pieu pour tes largesses.

LB : Tout le plaisir fut pour moi, chérie.

AA : Je n’en doute aucunement. Tu me laisses travailler, maintenant?

LB : Je t’en prie, fais comme si je n’étais pas là…

AA : Faudrait être sourde, muette et aveugle pour accomplir un tel exploit !

LB : Ha, ha, ha.

AA : Ok. Où en étais-je? Stoïciens… hum… surpasser soi-même… réaliser ses propres nécessités.

Vous aurez compris qu’il est question ici d’égoïsme, un concept central dans la pensée de Nietzsche comme d’ailleurs celle de Stirner. Ces deux philosophes abordent l’égoïsme de façon très différente. Pour Nietzsche, l’égoïsme n’est pas une valeur en soi. Il est lié au nihilisme s’il n’est que souci de soi conscient en calculateur. Pour Nietzsche, l’égoïsme n’a pas pour centre l’ego conscient, mais plutôt le « Soi organique », formé de l’ensemble des pulsions et des instincts de L’individu, animés par la volonté de puissance.

Valeur relative, l’égoïsme est pour Nietzsche un symptôme…

LB : Oh-oh. Je crois que je bande. Est-ce que ça, aussi, c’est le symptôme de quelque chose…

AA : C’est le symptôme que tu es excité, dans le sens d’énervé et d’énervant. Tu peux arrêter de m’interrompre tout le temps? Il ne me reste que douze heures avant ma conférence et je commence à peine à me préparer…

LB : C’est pas ma faute, c’est la tienne. Je me lève le matin et qu’est-ce que je vois? Une fille presque à poil, assise le cul à l’aire à la table de ma cuisine, qui porte une de mes chemises et qui l’a si peu boutonnée qu’on lui voit les lolos chaque fois qu’elle bouge un peu. Pas surprenant que Monsieur Popol relève la tête et ait envie d’aller faire trempette.

AA : Comme c’est charmant! Serait-ce ici que le brave Monsieur Popol aurait envie de mouiller sa barbiche?

LB : Oh… mets-y un doigt… tu sais que je suis fou de ta chatte… tous ces petits plis roses et humides… on dirait des gouttes de rosée…

AA : Assez rigolé, j’ai du travail. Et puis, on a passé la nuit à baiser… tu devrais en avoir assez.

LB : Je n’en ai jamais assez.

AA : Tu devras quand même t’en contenter. Maintenant, laisse-moi, je dois vraiment terminer ceci.

LB : Ah la la, quelle torture…

[Froissement de feuilles.]

AA : Ahem… l’égoïsme a pour Nietzsche valeur de symptôme. Ainsi, l’intérêt personnel peut être diversement défini comme la conservation de soi, la quête des biens matériels, la gloire, le salut de l’âme, le bonheur, la sagesse, le dépassement de soi, le plaisir sensuel…

LB : Qu’est-ce que j’ai entendu?

AA : Couché, Médor! Je rongerai ton os plus tard.

LB : Grrrrrrr.

AA : Tous ces intérêts ne se valent pas et doivent être jugés non pas selon la morale, mais selon le critère de la volonté de puissance. Ainsi, une forme d’égoïsme est positive si elle va dans le sens d’un accroissement d’être, d’un dépassement de soi, d’un épanouissement. Mais une autre forme d’égoïsme peut être négative si elle va dans le sens d’une décadence ou d’un amoindrissement de l’individu, ce qui, il faut l’admettre, est bien souvent le cas de l’individualisme bour… hé !

LB : J’ai tellement accru que mon être dépasse de mon slip!

AA : Veux-tu bien me lâcher les seins? Qu’est-ce que tu es tache, quand tu t’y mets!

LB : Allez, Anne! J’ai vu ta petite fleur… elle est mignonne et éclose !

AA : Calme-toi, Ronsard. Non, c’est non.

LB : Ne me dis pas que tu n’en as pas envie!

AA : Louis, je suis occupée. Tu vas me laisser tranquille, à la fin? Trouve quelque chose d’autre à faire de ta bite… va finir un tableau, tiens.

LB : Ne ris pas de mon malheur! Je suis raide comme une barre! Faut que je me mette!

AA : Pas question. J’ai une conférence à préparer. Ouste.

LB : Sois gentille! Tu n’as qu’à te coucher sur la table et ouvrir les cuisses. Je vais les remonter juste assez pour que ta chatte bâille un peu, et puis j’aurai l’angle parfait pour…

AA : … pour froisser mes papiers et mêler mes notes. Laisse-moi travailler.

LB : Juste un quickie! Je te pistonne quelques minutes et on n’en parle plus.

AA : Oh, que c’est tentant. Laisse-moi y penser… non.

LB : Anne! Je me meurs!

AA : Mais tu ne lâches jamais!

B : Dis oui!

AA : Non!

LB : Juste un peu!

AA : Non, non, non et non !

LB : Juste une pipe, alors.

AA : Je prépare un exposé, pas une épreuve orale.

LB : Une petite pipe de rien du tout, ce n’est pas la mer à boire…

AA : Mais c’est toujours amer à boire, à la fin.

LB : Si tu me suces, je ne te demande plus rien, après.

AA : Tu me promets de me laisser tranquille?

LB : Promesse de scout.

AA : Juré craché?

LB : Juré, et tu peux même recracher.

[Bruit de fermeture à glissière.]

LB : Mais, qu’est-ce que tu…

AA : Tu le vois bien, je m’exécute.

LB : Comme ça, tout de suite… sans même me montrer tes seins?

AA : Je trouve Monsieur bien mal placé pour être exigeant.

LB : Je suis comme ça; j’ai besoin de contempler des lolos pendant qu’on fait monter ma crème.

AA : [Soupir.] Voilà, t’es content? Maintenant, sors-moi cette bite, qu’on en finisse.

LB : Voi…là. Madame est servie!

AA. Hum.

[Bruits de succion baveux.]

LB : Ouf! Oui… J’aime quand tu passes ta langue comme ça, le long de la veine… puis, autour du gland… je… Humm… oui… ta bouche est brûlante… et bien baveuse… Oh! Oui! Tu… c’est ça, contre le frein…

[Autres bruits de succion baveux.]

LB : Je… je vais baiser ta bouche… attends, laisse-moi prendre ta tête et… oui! C’est ça! Je te bourre le visage comme si… comme si c’était ta chatte…

[Bruits étouffés de strangulation.]

LB : Oh… je vais… je vais… laisse-moi venir sur ton… ton…

AA : Vas-y, asperge-moi le visage…

LB : Ahhh !

AA : Humm.

[Une porte ouvre, puis claque.]

SB : Allô Louis! Anne est là? Je vous ai apporté des croiss…

LB : Salut, Simone.

SB : Mais… Mais…

AA : Simone, ce n’est pas ce que tu…

SB : Et qu’est-ce que je crois, au juste?

LB : Cool. Un psychodrame lesbien dans ma salle à dîner !

SB : Toi, essuie-toi la bite et fous-nous la paix.

AA : Simone, n’en fais pas tout un plat. Tu es venue au mauvais moment, c’est tout.

SB : Tu parles! Il est même venu dans tes cheveux. C’est répugnant!

AA : Tu sais à quel point il est insupportable lorsqu’il a les couilles pleines. Il m’empêchait de travailler et…

SB : Et tu as décidé non seulement de mettre sa queue dans ta bouche, mais de le laisser venir dans ta face. Quelle présence d’esprit!

AA : Mon amour, tu sais que c’est seulement pour s’amuser… et puis…

SB : Et puis rien, je ne veux plus rien entendre! Tu sens le sperme à plein nez! On croirait une greluche qui tapine dans une ruelle près du port! Tu pues la pute!

LB : Hé hé hé ! Tu pues la pute… elle est bonne.

AA : Mais de quoi je me mêle! Tu ne peux pas nous laisser tranquilles deux minutes?

SB : N’essaie pas de changer le sujet de la conversation !

LB : Deux lesbiennes qui s’engueulent  dans ma salle à manger… on se croirait à Loft Story

SB : Ta gueule, pervers!

LB : Puisque ma présence indispose mesdames les gouines, je tire ma révérence.

SB : C’est ça, du vent!

AA : Calme-toi, Simone. Tu fais toute une histoire pour rien.

SB : Pour rien? J’arrive à l’heure dite rejoindre ma femme chez un ami commun et je la surprends en train de lui pomper le dard. Tu trouves que c’est rien?

AA : Je ne suis pas ta femme, nous ne sommes pas mariées.

SB : Belle excuse!

AA : Ne fais pas comme si tu ne savais pas que nous baisons ensemble, Louis et moi. Tu nous as même déjà vus le faire…

SB : Justement, j’étais là et je vous avais donné ma bénédiction. Là, c’est autre chose : je vais toujours me demander si tu n’es pas en train de sucer des queues dès que j’aurai le dos tourné.

AA : Tu sais que je suis bisexuelle et je ne t’ai jamais promis d’être fidèle. Je croyais que tu comprenais et que tu acceptais. Qu’est-ce qui se passe tout à coup?

SB : Il se passe que j’ai le feu au cul et mon amante est trop occupée à se faire baiser par le premier pouilleux venu pour s’occuper de moi!

LB : [Avec une voix qui vient de loin.] Hey! J’ai entendu!

AA : Tu sais mon trésor que c’est toi que j’aime. Et que c’est avec toi que je préfère être.

SB : Prouve-le.

AA : Tu vas voir, ce soir, à la maison, je vais…

SB : Pas ce soir. Tout de suite.

AA : Ici?

SB : Ici et maintenant.

AA : Et l’autre?

SB : Pffff. Qu’il aille se branler.

LB : [Avec une voix qui vient de tout aussi loin.] Ça aussi je l’ai entendu!

AA : Ok. Que veux-tu?

SB : Ta langue. Sur ma chatte.

AA : Ça peut s’arranger…

SB : Évidemment que ça peut s’arranger, petite trainée

AA : Lève ta jupe et retire-moi cette culotte.

SB : Tu veux voir mon cul, hein, dévergondée…

AA : Pose-le ici, sur la table devant moi, ton joli popotin, et écarte bien tes cuisses.

[Bruit d’une chaise qu’on déplace.]

SB : Comme ça?

AA : Miam, miam… Quelle jolie chatte… avec des lèvres si finement ciselées… et ce parfum si… si… enivrant que…

[Lapements.]

SB : Oh oui… c’est ça, descend le long… jusqu’à mon cul… oh! Ta langue est si pointue… humm…

[Soupirs et plaintes.]

LB : All right! Un show de lesbiennes dans ma cuisine!

SB : Oh… Oui! Oui!

AA : Qu’est-ce que tu fais? Tu te branles?

LB : Je ne fais que profiter du spectacle qui m’est si gracieusement offert.

SB : Oh… Oh… Hum…. Oui! Je…

LB : Humm…

[Soupirs de plus en plus marqués, puis cris de bonheur incontrôlés.]

[Fin de l’enregistrement.]