Elle se plaint depuis des semaines devant le miroir. Elle se trouve moche, elle n’aime pas ses fesses, exhibe sous mon nez une culotte de cheval imaginaire, me dit qu’elle n’est plus d’un amas de capitons et de vergetures.

En désespoir de cause, je l’amène dans ce parc où, la nuit, des satyres aux sens enflammés hurlent à la lune et copulent entre eux dans les fourrés à défaut de pouvoir s’offrir la chair douce et rosée d’une femme complaisante. Dès qu’ils l’aperçoivent, ils se ruent sur elle, ils réduisent ses vêtements en charpie, la baisent, la traitent comme une chose et surtout l’enculent à répétition, vénèrent son cul et y reviennent sans cesse, jusqu’à la barre du jour, jusqu’à ce que les heures abolissent les sexes, abolissent les êtres, les transformant en magma sublime de chairs indifférenciées.

Rien ne sera plus comme avant. Elle est enfin libre, apaisée : son cul est devenu le centre de gravité de l’univers.