Je venais tout juste d’appuyer sur la touche « publier » lorsque Simone débarqua sans crier gare dans le bureau.

— Tiens ? Tu es déjà rentrée ? Qu’est-ce que tu faisais ? me demanda-t-elle pendant que je me hâtais à fermer les fenêtres de mes logiciels.

— Rien, rien, répondis-je. J’écrivais.

— « Lubricités… Les Cahiers d’Anne Archet »… qu’est-ce que c’est que ça?

— Rien, je te dis. Je ne fais que raconter quelques trucs comme ça, sous le couvert de l’anonymat.

— Je ne savais pas que tu publiais tes textes…

— Publier, c’est un bien grand mot. Je ne fais que les placer là, sur le web.

— Tu ne veux jamais me faire lire tes carnets… et là je découvre que tu publies sur internet. Tu comptais me le dire bientôt?

Elle m’arracha la souris, puis cliqua sur « historique ».

— « Pr0nographe »… tu as fait une faute, là non?

— C’est du leet, le jargon des hackers. Laisse tomber, ce n’est rien d’important.

— Dans ce cas, tu ne vois pas d’inconvénient à ce que je lise, n’est-ce pas?

Si, j’en voyais. J’en voyais même des tas. Mais je jugeai qu’il valait mieux ne rien dire, serrer les dents et la laisser faire.

Lorsque Simone surprit Anne devant son ordinateur, elle ne s’attendait pas à découvrir que son amante avait écrit en cachette plus de cent soixante-dix courts textes érotiques où se décline le sexe sous tous ses tons, du rose tendre au rouge violent, de la douceur de l’innocence à la brûlure de la dépravation. Devant ce défilé de stupre et de débauche, une question se pose: peut-on aimer une pr0nographe?

Vous l’aurez deviné, ce qui précède est la description (je dirais la quatrième de couverture, si j’étais dans le business de vendre du papier) de Pronographe, mon tout premier ebook qui depuis hier est en vente sur Smashbooks et sur Amazon. Vous pouvez vous le procurer dans le format électronique de votre choix au coût imbattable de 4,99 $ — ce qui est moins cher qu’un sandwich de douze pouces chez Subway. Inouï! Mieux: puisqu’il s’agit d’un recueil de cent soixante-dix textes, chaque frisson voluptueux vous coûtera moins de 3¢… de nos jours, même se branler en feuilletant le catalogue Victoria’s Secret est plus cher. Alors encouragez votre pétroleuse nymphomane préférée, prenez et téléchargez le toutes et tous, car ceci est mon corps (virtuel), livré pour vous.

(Pour ceux et celles que ça intéresse, je fais en gros 3,50$ par livre vendu. Alors si vous ne voulez pas engraisser les distributeurs amerloques, envoyez-moi directement la somme et je vous le fais parvenir illico par courriel.)

J’oubliais: toutes les sommes récoltées seront versées à la Fondation Anne Archet pour l’achat de livres pornographiques précieux, anciens et introuvables qui chaque année, aide une écrivaine dans le besoin à passer de très bons moments en solitaire. Mon clitoris vous en remercie à l’avance.

Ce qu’ils en pensent…

Mélanie Robert: «Faire bonbon avec le texte»

Maëlle Lesbienne: «Le très grand honneur de ma courte existence est d’avoir effectivement baisé avec Anne Archet

Saby (Des yeux pour voir): «PrOnographe est un livre à « double-sens », on peut le lire du premier chapitre au dernier, mais aussi du dernier au premier, en sens inverse. »

Mouton Marron: «Un livre qu’on peut lire entre ami-e-s, tout haut, ou en toute intimité; quelques pages par jour