Après avoir envoyé des centaines de CV à la con, après avoir fait le pied de grue comme une dinde au salon de l’emploi, je n’ai pas été convoquée à la moindre entrevue. Maintenant, il ne me reste que trente dollars en banque et huit semaines d’assurance emploi. Après, ce sera l’aide sociale, le pawnshop et la banque alimentaire. Mais en attendant, je me réveille la main sur sa queue, bien au chaud dans les draps propres du lit que je n’ai pas encore fini de payer. Il est censé se réveiller dans cinq minutes, alors j’enlève l’alarme du réveille-matin et je laisse traîner mes doigts le long de son sexe si doux et si familier, pour le sentir s’éveiller et durcir.

Si j’avais un job, je ne serais pas aussi déprimée, je vous l’accorde. Mais d’un autre côté, je n’aurais pas le loisir de rester au lit, de soulever la couverture et de profiter un peu de cette matinée froide et obscure d’hiver, alors disons que ça s’égalise – enfin, c’est ce que je me dis. Il est à moitié bandé et endormi, c’est ma chance de profiter un peu de ce que la crise économique mondiale a de meilleur à offrir. Je presse mon nez contre son sexe et je me vautre dans le parfum de queue somnolente. Ensuite, je le suce un peu pour couvrir son gland de salive, jusqu’à ce qu’il soit si dur qu’il ne puisse pas pisser même s’il trouve le courage de se lever et de se rendre aux toilettes. Certains matins, lorsque je lui saute dessus avant qu’il n’ait eu le temps d’aller faire sa petite affaire, une minuscule goutte perle de son méat. Traitez-moi tordue si ça vous chante, mais moi, j’adore ça. Rien ne m’excite plus qu’un peu de pisse coulant sur ma langue; il faut savoir apprécier les joies simples de la vie quand on est cassée comme un clou.

Ma chatte est humide, elle a besoin d’amour, d’attention et de friction. Elle est si en chaleur qu’elle ronronnerait presque. Je décide donc d’adopter une position de haute voltige qui me satisfera autant que lui. Je place sa queue entre mes seins et je me penche un peu. Dans cette position, je peux enfourcher sa jambe et me donner un peu de plaisir en le branlant. Le tout demande de la coordination : un coup de bassin pour moi, un coup de poitrine pour lui. Je lui donne même quelques coups de langue occasionnels sur le gland, histoire de lui faire perdre la boule. Je suis douée pour les chorégraphies amoureuses complexes en j’en suis fière; je l’ai même écrit dans la section «autres intérêts personnels» de mon curriculum vitae.

Un sourire se dessine sur son visage pendant que je caresse son ventre. Nous savons tous deux qu’il fait semblant de dormir, ce qui fait de moi une complice dans le crime qui se déroule dans ma chambre à coucher et qui mènera à son arrivée en retard éventuelle au boulot et peut-être, avec un peu de malchance, à son renvoi. Mais pour l’instant, je m’en fous. Qu’il le perde, son job; peut-être acceptera-t-il enfin de venir vivre avec moi lorsque nous partagerons le même malheur… J’adore la sensation de mes mamelons qui frottent contre ses cuisses quand j’étire le cou pour prendre sa bite dans ma bouche. J’emploie un max de salive pour la rendre bien glissante, puis je la replace bien au chaud entre mes seins. Je frotte ma fente contre sa jambe, d’abord lentement, puis plus vite. Fuck! Qu’est-ce que c’est bon… je vais jouir bientôt et il faut absolument qu’il vienne lui aussi.

La mission est moins simple qu’elle en a l’air. C’est qu’il est vraiment doué pour se retenir, c’est sûrement pour cela qu’il a encore un job. Je n’ai hélas pas ce talent et c’est peut-être pourquoi j’ai perdu le mien. Je n’ai aucun self control en présence d’un joli garçon et ça me fait faire des bêtises. Quand il me touche, je décolle comme une fusée jusque dans la stratosphère en moins de temps qu’il ne le faut pour crier «noune». Bizarrement, quand il est parti travailler et que je suis seule à la maison en compagnie du site web d’Emploi Québec, je deviens une peine-à-jouir qui se fait vibrer jusqu’à l’engourdissement pour s’arracher un petit orgasme de rien du tout. La vie est aussi cruelle que le marché de l’emploi.

Cette fois-ci, il me laisse faire tout le travail, ce qui, vous l’avouerez, est le comble pour une chômeuse. J’y mets donc tout le zèle dont je suis capable et je bave comme une gamine affamée sur son sucre d’orge. J’écarte mes cuisses tout juste assez pour pouvoir frotter mon clito contre sa peau. Je sens alors sa main sur ma tête. Il ne fait plus semblant de dormir, le salopard. Ce simple toucher est tout ce qui me manquait pour me faire basculer dans l’orgasme. Je jouis en éclaboussant sa jambe de ma mouille.

Visiblement, monsieur n’a pas conscience d’être désormais définitivement et irrémédiablement en retard. Il me bascule le dos et m’enconne sans ménagement, en  plantant dans mes yeux un regard dur de mâle alpha, aussi dur que l’outil qu’il fait aller et venir en moi. Le matelas grince et le lit craque. Quand je pense qu’ils appartiennent aux trois quarts à la Mastercard… Son rythme s’accélère, il me besogne consciencieusement, ses traits se crispent, plus il jouit en ahanant.

Le calme après l’éjaculation est de courte durée. «Shit! J’ai manqué mon bus!» crie-t-il en sautant hors du lit avant même de débander. Je l’entends courir d’un bout à l’autre de l’appartement en se plaignant de la tempête de neige et du manque de lait dans le frigo. Qu’il aille au diable, ce prolétaire. En ce qui me concerne, je vais laisser traîner mon derrière d’assistée dans l’édredon encore une heure ou deux, peut-être trois. Ensuite, je me branlerai en regardant YouPorn, si mon accès internet n’a pas encore été coupé. Les temps sont durs pour les filles comme moi.