Le 12 janvier 2003, j’écrivais :

« Je suis de retour! Nouvelle année, nouvelle page web, nouvel emploi: encore heureux que j’aime la nouveauté.

Pour ceux qui se demandent où j’étais passée… j’ai eu un accident qui m’a clouée au lit pendant plusieurs semaines, j’ai rompu et repris avec Simone, j’ai abandonné mes études doctorales et j’ai décroché un boulot de prof d’histoire dans un petit collège plutôt chouette. Je commence d’ailleurs dans une semaine et je suis morte de trouille.»

J’inaugurais ainsi le blog qui à l’époque s’intitulait Les Cahiers d’Anne Archet et qui est devenu Lubricités en 2009, suite à une opération de compartimentation thématique qui a donné naissance au Blog flegmatique, à Curiosa et à la Gazette endocrinienne. Depuis, pas mal d’eau a coulé sous les ponts. J’ai abandonné l’enseignement depuis belle lurette, Simone est définitivement devenue mon ex, mais je suis encore et toujours morte de trouille. J’ai eu une attaque musclée du crabe dont je me remets toujours péniblement (mes cheveux sont encore clairsemées, ce qui me donne un look de harpie pitoyable), je vis maintenant de petits contrats et de rapines diverses et surtout, est entrée dans ma vie une petite puce si maligne qu’elle réussit continuellement à embrouiller sa maman avec ses raisonnements de haut vol.

Dix ans de blog, vous avouerez que ce n’est pas rien. En 2008, j’avais pris l’habitude de me présenter comme un dinosaure de la blogosphère. Je suis ensuite passée à cœlacanthe et maintenant, je crois que je mérite mon statut d’éponge de mer de la blogosphère : après tout, ces bestioles sont dans le décor depuis six cent million d’années, ne font pas grand ’chose à part se nourrir de débris divers, mais  contribuent quand même à l’hygiène de tas de gens. Avouez que j’ai déjà participé au relâchement de certaines de vos tensions – allez, avouez-donc, juste pour me faire plaisir.

Pour souligner l’événement, j’ai décidé d’organiser un fabuleux concours incroyablement excitant. Écrivez-moi quelque chose, un texte d’opinion, une nouvelle, un poème, une analyse politique, une lettre d’insulte, bref, n’importe quoi, en autant qu’il y ait une référence à Lubricités, à ma petite personne ou encore au fait que je sois en réalité un homme, une menteuse, un robot d’indexation, un chien savant ou l’équipe olympique de waterpolo du Liechtenstein. Racontez-moi comment ce blog a accompagné vos froides et sombres nuits d’hiver alors que vous étiez gardien de nuit dans un parking souterrain. Racontez-moi cette fois terrible où votre papa vous a surpris, la main sur le manche, en train de lire un de mes textes, alors que vous n’aviez que treize ans. Racontez-moi les cochonneries que vous avez faites avec le clebs de la famille et dites-moi que vous l’appelez depuis Schopenhauer. Ou encore, racontez-moi ce que vous auriez envie de me faire si je me retrouverais à votre merci dans un coin sombre.

Je choisirai les cinq meilleurs textes, les publierai sur mon blog et chaque auteur finaliste se méritera une copie de Pr0nographe, le ebook qu’il faut télécharger pour pouvoir se vanter de l’avoir lu. J’organiserai ensuite un vote populaire et le gagnant ou la gagnante deviendra ma source d’inspiration officielle : je lui écrirai une retaille d’hostie mettant en scène le fantasme de son choix.

Vous avez jusqu’au 20 décembre pour me faire parvenir votre texte. Tous les participants auront droit à mes bises virtuelles, en plus de recevoir une confidence que je ne révèle qu’à mes proches les plus intimes. Les textes des cinq finalistes seront publiés la première semaine de janvier et le nom du lauréat sera dévoilé en grandes pompes le 12 janvier 2013, jour du dixième anniversaire du blog.

D’ici là, je vous embrasse tous et toutes tendrement… pour vous remercier d’être toujours avec moi depuis toutes ces années.