Comme vous le savez déjà (parce que je passe mon temps à le répéter continuellement depuis deux mois), mon blogue fête son dixième anniversaire. Pour souligner l’événement, j’ai reçu une page de mon propre journal intime, telle que revue et réinterprétée par Britanny Cocket. «Mais qui donc est cette mystérieuse inconnue?», vous entends-je crier jusque dans mon demi sous-sol. Sachez que derrière ce pseudo aussi sensuel que coquet se cache une déesse des internets qui sème l’émoi et l’indignation partout où elle passe. Si vous êtes moindrement habile avec les Googles, vous finirez bien par savoir de qui il s’agit.
Comme tous les autres avant elle, Britanny a reçu une copie de Pr0nographe, le ebook dans lequel on retrouve tous les E que Perec n’a pas utilisé dans La disparition.
18 mars 1993, L’Épiphanie
Cher journal,
Tous les matins, on nous fait chanter la gloire de la nation en regardant le fleurdelisé se rabattre dans le ciel gris de l’automne. C’est beau comme une petite lanterne chinoise qui rayonne bleue sur nos voix d’effilochés. La thérapeute des AA de l’amour — Linda, celle que j’aime bien dans ses shorts rouges moulants et son cardigan jaune Ronald McDonald —, comble nos vides à coups de social-démocratie, des paquets cadeaux en forme de montgolfière touchent la voûte de nos idéaux irréalisables. J’ai hâte de pouvoir voter et je recommence à croire en la beauté. Si seulement je pouvais devenir une femme de tête, une première première ministre, et Manon Rhéaume me donne le courage de semer des graines sur les icebergs. Fuck that que la couche d’ozone est picottée à cause de mon toupet crêpé aux BPC en canne, j’ai fini de culpabiliser ma vie.
On va me réhabiliter. Je serai le cœur fondant de la masse pis ça va t’être beau. Je ne me peux plus d’avoir envie d’aimer Jacques Parizeau pis d’aller me branler sur le must du moment de la culture Québ : Agaguk en film, avec des gars suants pis des os de phoque en barnique. Brigitte Bardot peut bien hurler à l’horreur, je veux aller à Kuujjuaq me faire des mitaines. Je veux être belle comme Josée Chouinard après un double boucle piqué pis avoir des étoiles dans les yeux, fait qu’en attendant, je me suis achetée une casquette rose fluo humor design pour fitter avec le reste du peuple. Y a des haut-parleur partout sur le site pour nous convaincre d’écouter CKOI. J’ai compté, pis Runaway Train a joué quarante-trois fois aujourd’hui. Mais je m’en fous. J’aime ça, bon. Je suis tout le monde.
Bien à toi,
Anne Archet








(le 26 janvier 2013 à 4h32)
Anne,
Bonjour, je t’aime, dommage que nous soyons si loin …
bises partout
alain