— C’était pas mal, comme film. Pour une fois, je ne me suis pas ennuyée.

— « Pour une fois, je ne me suis pas endormie », tu veux dire.

— Je ne fais que reposer mes yeux.

— Une chose est certaine : tu ne te reposais pas les yeux pendant la scène où le gars donne une fessée à l’héroïne.

— Ouais… c’était rigolo.

— Rigolo ? Tu étais assise sur le bout de ton siège et tu dévorais l’écran des yeux. Sans en manquer une miette.

— Mais non.

— Je crois que tu as envie d’une fessée.

— Arrête ! Moi…vouloir une fessée ? T’es folle.

— À la façon que tu glousses en disant ça, je sais que tu penses le contraire.

— Je ne glousse pas, je pouffe.

— De nous deux, c’est moi la pouffe. En principe, c’est à moi de pouffer et à toi de glousser.

— Ha ha ha ! Tu es bête.

— Blague à part, je suis certaine que tu as envie que je te donne une bonne fessée.

— Ce n’est que notre deuxième rendez-vous, tout ce que nous avons fait, c’est nous embrasser et tu veux maintenant me donner une fessée ?

— Je crois que nous en sommes arrivées à cette étape de notre relation, ma toute belle.

* * *

— Alors ? Tu vas laisser choir cette jupe ou tu vas continuer à l’agiter devant mon museau comme un matador ?

— Il y a quelque chose que je dois d’abord t’avouer, Anne.

— Tu es hétérosexuelle ?

— Non. J’ai… un tatouage.

— Big Deal. Comme à peu près 95% de l’humanité. Laisse-moi voir…

— Il est sur ma fesse gauche.

— Voyons cela… HOLY SHIZZLE !Tatouage de Valérie

— C’est le portrait de Valérie, mon ex…

— Et aussi la mienne, en quelque sorte. Wow, c’est… criant de vérité.

— Quoi ? Vous avez… toutes les deux…?

— C’est une longue et vieille histoire.

— Elle ne m’a jamais parlée de toi, pourtant.

— Disons simplement que nous ne nous sommes pas quittées en très bons termes.

— Tiens, toi aussi?

— Elle a quand même réussi à te convaincre de te faire graver sa face sur la foufoune. C’est tout un exploit.

— Je suis sincèrement désolée… Je sais que le tatouage est moche, en plus. J’espère que ça ne te traumatise pas. J’avais peur de te le montrer.

— Tu sais quoi ? Je crois que c’est parfait.

— Parfait ?

— Oui. Tu as envie d’une fessée et j’ai quelques comptes à régler avec Valérie. On va pouvoir faire d’une pierre deux coups — peut-être même plusieurs coups, si tu le désires.

— Tu veux dire…

— Viens sur mes genoux.

— Oh… chérie.

— Alors ? Tu as été une vilaine fille ?

— Oui ! Et Valérie aussi !

[S’en suivent claquements, soupirs, cris et volupté. ]