Anne Archet

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Héroïne sans emploi, pétroleuse nymphomane, Pr0nographe lubrique, anarcho-verbicruciste, poétesse de ses fesses, Gîtînoise terroriste (et menteuse, par dessus le marché). Si j'étais vous, je me méfierais, car elle mord jusqu'au sang.
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Vous avez lue la «version améliorée» du Devoir? Voici la version originale, pour fins de comparaison.

* * *

Chaque année je me promets que ce sera la dernière. Je jure devant dieu et les hommes que je ne serai plus jamais le dindon de la farce grotesque de Hallmark, qu’on ne m’y prendra plus à participer à cette arnaque rose fluo qu’est la Saint-Valentin. Et portant, encore une fois, j’ai succombé. Prise de sueurs froides en regardant le calendrier, je me suis arrangée pour avoir un rendez-vous le soir du 14 février. Vous viendrez ensuite me raconter que le libre-arbitre est autre chose qu’une chimère.

J’ai donc réactivé en soupirant mon compte sur Okcupid dans l’espoir un peu fou de me trouver une date pas trop pitoyable, qui s’est présentée en la personne d’un certain Mathieu de Masson-Angers. Ses messages étaient exempts de fautes d’orthographe, alors je me suis dit qu’il méritait une chance. Je l’ai donc laissé choisir le restaurant où il m’attendait, à la date et à l’heure dite, une rose à la main. Sa photo de profil ne mentait pas : il avait la trentaine dégarnie du toupet et bien garnie du bide, le complet d’un correspondant parlementaire et le sourire 3D White. Quant à sa conversation, elle était aussi intéressante qu’une soirée passée à zapper entre des info-pubs et des reprises du Jour du Seigneur. De l’entrée au dessert, il a été pédant, satisfait de lui-même – et à la fin, carrément insupportable.

Alors qu’il finissait de gober sa crème caramel en parlant la bouche pleine, je me suis dit qu’il fallait que je saute de ce navire en perdition. J’ai donc ramassé ce qui me restait de dignité et je me suis levée. Me voyant faire, il a bredouillé :

— Euh… Anne ? Tu…

— Je pars, mais je dois d’abord faire un arrêt au petit coin. Ça te dirait de m’accompagner ?

Il est devenu soudainement pâle comme un drap.

— C’est que… je ne fais jamais l’amour au premier rendez-vous.

— D’accord, mais baiser au dernier, pas d’objections ?

Il était trop tétanisé pour répondre. J’ai donc fait quelque pas en direction des toilettes ; quand je me suis retournée, j’ai vu qu’il laissait des billets sur la table en tentant de camoufler la bosse dans son pantalon. Lorsqu’il a poussé la porte, je retouchais mon rouge à lèvres, penchée au-dessus du lavabo. Il s’est approché, hésitant. Je l’ai attrapé par la cravate et l’ai entraîné dans une cabine. Nous nous sommes embrassés avec empressement et j’ai défait sa ceinture pendant qu’il s’escrimait avec les boutons de mon chemisier. Dès que sa bite s’est pointée de son caleçon, ce fut trop pour lui : il a éjaculé à grands traits en éclaboussant ma jupe.

— Anne je m’excuse, c’était juste trop… euh… tu sais… a-t-il bredouillé, d’un air franchement contrit.

— Ça va, ne t’inquiète pas, c’était une mauvaise idée.

Il s’est rebraguetté à la hâte et a fui sans demander son reste (ou mon numéro de téléphone). Encore une Saint-Valentin qui tournait en poisson d’avril.

* * *

Je suis donc retournée dans mon demi-sous-sol en soupirant, car je savais exactement ce qui m’y attendait.

En ouvrant ma porte, j’ai d’abord aperçu, alanguie sur mon fauteuil préféré, une rousse filiforme à la peau laiteuse constellée de taches de rousseur. Elle avait les cuisses largement écartées et se taquinc8ait le clito avec ma brosse à dents vibrante. Il faudra d’ailleurs que je pense à la remplacer. Juste à côté, un homme incroyablement poilu et obèse portant une cagoule rose en latex se faisait fister jusqu’au milieu de l’avant-bras par un minet au au regard angélique. Sur le divan, une beauté sombre au bord de l’apoplexie allaitait deux barbus rondouillards et bandants qui semblaient enfin avoir trouvé leur bonheur. Le tout dans une pénombre fleurant le fauve et remplie par les cris de ménade des partouzeurs.

Dans la cuisine, il y avait la dame de la bibliothèque qui léchait la fente recouverte de crème fouettée de ma conseillère municipale. C’est bon de constater de visu à quoi servent nos taxes foncières. À côté d’elles, un échalas se branlait en sacrant comme un humoriste de la relève. Préférant ne pas rester au premier rang (pour ne pas me faire arroser), j’ai enjambé tant bien que mal les corps enlacés qui encombraient le couloir pour me rendre jusqu’à la porte entrouverte de ma chambre.

Au son des craquements du lit et des halètements, j’ai su que j’allais surprendre Jessica, mon amoureuse, en pleine séance de pince-mi pince-moi. Je n’ai pas été déçue : elle était couchée sur le dos au sommet d’un monticule d’oreillers et se faisait fourgonner la voie sodomique par le camelot du Devoir. De chaque côté d’elle, le voisin d’en haut et celui d’en face relevaient ses genoux pour faciliter la pénétration. Le visage de Jess était écarlate et luisant se sueur; de sa bouche crispée sortait une série de cris en staccato, entrecoupés de hoquets étouffés. Autour du lit, une demi-douzaine de quidams à poil zieutaient la scène et attendaient sagement leur tour. Ils se polissaient nonchalamment la trique en échangeant propos grivois et épithètes fleuries.

Jess a joui lorsque je me suis arrivée près du lit. Retenue fermement par mes deux voisins, elle s’est tordue de plaisir, le dos voûté, dans une longue plainte hululante.  Elle s’est ensuite effondrée, entraînant avec elle ses camarades de jeu pour former un tas informe de chair collante et repue. Je me suis approchée d’elle et, dégageant de mon index les cheveux humides de son front, je lui ai susurré à l’oreille :

— Allô ma chérie, je suis de retour.

Elle a ouvert les yeux et m’a souri faiblement, puis, après avoir repris son souffle, a annoncé à la ronde :

— Ok tout le monde. Pause pipi !

Les mâles ont un peu ronchonné, mais l’ont quand même aidé à se relever. Elle s’est rendue en claudiquant à la salle de bain où elle m’a fait une bise aussi tendre que parfumée de foutre avant de me demander :

— Alors, mon amour, le grand rendez-vous romantique ? Ça s’est bien passé ?

— Pas trop. Il était ennuyeux comme la pluie et éjaculateur précoce par-dessus le marché.

Elle a fait cette moue boudeuse qui me fait toujours craquer et, toute de miel, m’a dit :

— Ne t’en fais pas, trésor, tu vas finir par le rencontrer, le prince charmant qui t’amènera sur son blanc destrier souper chez ta mère.

Le cœur qui chavire et une larme au coin de l’œil, je l’ai embrassée de nouveau, avant de lui dire :

— Ma chérie, c’est vraiment toi la dernière des romantiques.

C’était un jeudi après-midi comme les autres. Comme à mon habitude, je me beurrais nonchalamment le muffin en regardant de la pr0rn mongole sur YourtePorn quand Anne, ma charmante (et homonyme) éditrice au Remue-ménage m’a contactée sur Fessebouc avec un message qui a immédiatement titillé mon intérêt – comme si j’étais quelqu’un qui avait besoin d’être titillée, hein.

«Y’a une demande un peu particulière qui vient d’arriver… qui ferait de toi une véritable star interplanétaire.»

Je n’ai pas vraiment envie d’être une star sur la Terre, mais comment résister à la perspective d’en devenir une sur Uranus? J’ai donc répondu :

«Le pape veut que je chante Une colombe au Stade ?»

Et bien non, c’était beaucoup, beaucoup plus étrange que cela – et pas mal moins glamour, aussi. La personne responsable du cahier Livres du journal Le Devoir que je ne nommerai pas (appelons-la Catherine) me sollicitait, via mon éditrice, pour que je lui écrive un texte de la Saint-Valentin qui «idéalement ferait faire une crise cardiaque aux lecteurs du journal, mais sans les faire crever.»

Peut-être que vous êtes un lecteur ou une lectrice du Devoir et que, par conséquent, vous savez exactement quel est le niveau de tolérance à la ribauderie de cette crowd. Moi, par contre, je suis si blasée que contempler un chanoine se faire joyeusement trousser à répétition par une troupe de boyscouts me fait au mieux réprimer poliment un bâillement. Dans ces conditions, comment éviter que l’infarctus ne soit létal ? Il fallait que je teste la longueur de ma laisse. J’ai donc envoyé un Nimelle à la personne dont je tairai le nom (appelons-la Catherine) en lui disant : « Pour choquer le lectorat du Devoir, je pense qu’il faudrait que j’écrive une nouvelle BDSM gay mettant en scène René Lévesque et Claude Ryan », dans l’idée qu’elle pousse les hauts cris et me dise exactement ce que je peux et ne peux pas faire. Or, à peine quelques minutes plus tard, voici ce qu’elle m’a répondu :

«Je serais game, pour Ryan & compagnie. Et puis c’est le jour de sortie du film Fifty Shades of Grey. Il y aura assez de bluettes dans l’air, ne faites pas trop joli par pitié !»

Comme dirait Philippe Couillard, je venais de recevoir un mandat clair pour y aller à la hache.

La tentation fut forte de décrire comment Ryan aurait pu faire usage de la main de Dieu dans le fondement coquet et nicotiné de Lévesque, mais je ne suis pas femme à cracher sur les monuments sacrés de la nation – en tout cas, pas devant un public qui ne connaît pas mes manies de crottée anarchiste. Je me suis donc appliquée à rédiger un récit juste assez polisson pour effrayer les âmes sensibles, tout en restant dans les limites consensuelles de la bienséance post-révolution sexuelle. Pour dire les choses platement, je me suis fiée à ce que les Éditions TVA étaient capables de tolérer, à l’époque où elles daignaient encore me commander des petites histoires pour leur magazine de soft-porn. Pas descriptions trop détaillées. Les fluides corporels en quantité minimale. Pas de joual pour décrire les organes génitaux (je sais, ça sonne «complexe du colonisé», mais je vous jure que c’est un critère incontournable).

Lorsque la gentille responsable du cahier Livres que je ne nommerai pas (appelons-la Catherine) a reçu le texte, elle a eu l’air assez contente du résultat, bien qu’elle m’ait confiée que la scène de fist fuck et celle du camelot baiseur du Devoir dépasserait probablement les bornes. Après consultation avec ses patrons, le verdict fut tout autre : «Trop porno.» m’a-t-elle écrit, en ajoutant «Je sais, je sais, la limite entre le porno et l’érotique est floue, mais on me rétorque qu’on est un journal grand public.»

Libre de penser (lol)

Alors là, moi, je me suis vraiment mise à rigoler. Parce que :

  1. Anne, ma charmante éditrice anonyme, s’est mise à capoter en apprenant la nouvelle – et elle est tellement cute quand elle n’est pas contente.
  2. Distinguer pornographie et érotisme? ¸Êtes-vous sérieuse? Come on! Nous ne sommes plus en 1971, je pense que la discussion est close depuis un sacré bail. C’est la MÊME QUERISSE D’AFFAIRE, bordel !
  3. Si Le Devoir, cette petite feuille nationaliste vaguement progressiste et interlectuelle qui est sur le point de faire faillite depuis 1910 est grand public, alors le Journal de Montréal, c’est quoi? Un journal giga-public inter-planétaire – Uranus compris?
  4. Ryan qui fouette et encule Lévesque, c’est ok, mais de la crème fouettée sur la noune d’une conseillère municipale, ça ne l’est pas? Je me demande qui est la plus tordue d’entre nous, sans blague.
  5. N’aviez-vous pas une petite idée à qui vous avez demandé de « ne pas avoir peur de choquer » ? Je sais que je ne suis pas passée à Tout le monde en parle et que vous n’avez probablement pas eu le mémo, mais je ne suis pas Sœur Marie-Paule Ross, hein.

La journaliste que je ne nommerai pas (appelons-la Catherine), triste et déconfite, n’osait pas me demander de réécrire. Je la comprends : quelqu’un d’autre que moi (genre Sœur Marie-Paule Ross) l’aurait immédiatement envoyée se faire voir – ou pire, l’enjoindre de déguster un plat préparé par Christian Bégin. Or, je ne suis pas une artiste, une écrivaine ou – Satan m’en garde – une poétesse, moi. La littérâââture, je m’en branle. Elle n’a rien de sacré pour moi; en fait, absolument rien n’est sacré pour moi. Javelliser une nouvelle érotique pour ne pas faire bobo aux queneuils des lecteurs du Devoir, why not? L’occasion était trop belle pour publier la version originale de mon côté et inviter mes lectrices et lecteurs adorés de jouer au jeu des vingt différences. Et rire un peu, tant qu’à y être, de cette pauvre, pauvre élite intellectuelle québécoise, qui est si mal en point que je me sens mal d’y prendre autant de plaisir.

Comprenez-moi bien : si j’écris ce texte, ce n’est ni pour m’indigner de la censure, ni pour jouer les victimes, ni pour attirer la pitié, ni pour crier «Je suis Charlie» en brandissant dans mes mains ensanglantées le cadavre de mes libertés bafouées. Si vous croyez (sans rire) qu’il existe vraiment ici un droit à la libre expression naturel et inaliénable, je suis vraiment triste pour vous et votre douce naïveté. Tant qu’il y aura des propriétaires, les idées ne seront que des marchandises comme les autres et ce sont ceux qui les vendent – et qui ont les moyens de les acheter – qui auront toujours le dernier mot. Non, qu’on me refuse un texte rédigé exactement comme on me l’a commandé me semble «normal» dans le contexte social qui est celui dans lequel je suis condamnée à vivre. Ça fait partie de la proverbiale game. Et puis, franchement, je ne suis quand même pas une blogueuse saoudienne qui reçoit mille coups de fouet par tranches de cinquante coups hebdomadaires; ça, c’est plutôt ce que je pratique comme loisir dans l’intimité de mon foyer.

Si j’écris ce texte, c’est pour vous rappeler une banalité de base que moi-même j’avais depuis longtemps oubliée, isolée que j’étais dans ma bulle de radicalisme (et dans mon demi-sous-sol) : les mots de la sexualité, encore en 2015, restent puissants. Malgré tout ce qu’on en dit, malgré cette culture soi-disant hypersexuée, malgré la pr0n accessible gratos à toute heure du jour et de la nuit, malgré qu’ils existent dans la langue française depuis des siècles, malgré qu’ils soient restés les mêmes depuis des siècles, malgré qu’on les répète depuis des siècles et malgré que nous les ayons tous et toutes entendus mille fois depuis la cour d’école jusqu’à l’hospice, la puissance incroyable des mots cochons ne s’est pas encore émoussée. Ils brûlent encore la rétine et transpercent encore les tympans. Ils ont encore le pouvoir de remuer les sangs et de mettre le rouge au front.

Et ça, je dois vous avouer que ça me procure un indicible bonheur.

Dans la pornographie mainstream hétérosexuelle, l’éjaculation se fait normalement sur le visage, allez savoir pourquoi. Les pornocrates anglo-saxons ont donc dû inventer un mot pour décrire la pratique – rare et tordue – de l’éjaculation dans le vagin des médames (les enfants, n’essayez pas ça à la maison; utilisez un condom) et ce mot est cream pie. Évidemment, tarte à la crème, ça fait un peu tarte et beaucoup trop comédie burlesque, alors du haut de mon incontestable autorité morale, je suggère tartine comme traduction officielle et patentée, comme dans l’expression: «Il m’a bien tartinée de sauce blanche, ce salopard». J’espère que l’Office de la langue française est à l’écoute, hein.

Quoi qu’il en soit, nous avons un gagnant : Pierre C, qui en plus d’avoir été adoubé Grand chacal en rut du très Noble et Ancien Ordre Lubrique des Masturbatrices et Masturbateurs Compulsifs lors d’une cérémonie secrète tenue dans mon demi sous-sol, recevra une copie dédicacée du Carnet écarlate, le livre qui non seulement échappera au pilon, mais ira en réimpression, selon ma charmante éditrice (ouaou!). Tous les autres fieffés coquins et gourgandines qui m’ont fait parvenir la solution ont reçu une copie électronique de l’ouvrage.

On se revoit en février pour une autre grille débordant de crème chantilly !

— C’était pas mal, comme film. Pour une fois, je ne me suis pas ennuyée.

— « Pour une fois, je ne me suis pas endormie », tu veux dire.

— Je ne fais que reposer mes yeux.

— Une chose est certaine : tu ne te reposais pas les yeux pendant la scène où le gars donne une fessée à l’héroïne.

— Ouais… c’était rigolo.

— Rigolo ? Tu étais assise sur le bout de ton siège et tu dévorais l’écran des yeux. Sans en manquer une miette.

— Mais non.

— Je crois que tu as envie d’une fessée.

— Arrête ! Moi…vouloir une fessée ? T’es folle.

— À la façon que tu glousses en disant ça, je sais que tu penses le contraire.

— Je ne glousse pas, je pouffe.

— De nous deux, c’est moi la pouffe. En principe, c’est à moi de pouffer et à toi de glousser.

— Ha ha ha ! Tu es bête.

— Blague à part, je suis certaine que tu as envie que je te donne une bonne fessée.

— Ce n’est que notre deuxième rendez-vous, tout ce que nous avons fait, c’est nous embrasser et tu veux maintenant me donner une fessée ?

— Je crois que nous en sommes arrivées à cette étape de notre relation, ma toute belle.

* * *

— Alors ? Tu vas laisser choir cette jupe ou tu vas continuer à l’agiter devant mon museau comme un matador ?

— Il y a quelque chose que je dois d’abord t’avouer, Anne.

— Tu es hétérosexuelle ?

— Non. J’ai… un tatouage.

— Big Deal. Comme à peu près 95% de l’humanité. Laisse-moi voir…

— Il est sur ma fesse gauche.

— Voyons cela… HOLY SHIZZLE !Tatouage de Valérie

— C’est le portrait de Valérie, mon ex…

— Et aussi la mienne, en quelque sorte. Wow, c’est… criant de vérité.

— Quoi ? Vous avez… toutes les deux…?

— C’est une longue et vieille histoire.

— Elle ne m’a jamais parlée de toi, pourtant.

— Disons simplement que nous ne nous sommes pas quittées en très bons termes.

— Tiens, toi aussi?

— Elle a quand même réussi à te convaincre de te faire graver sa face sur la foufoune. C’est tout un exploit.

— Je suis sincèrement désolée… Je sais que le tatouage est moche, en plus. J’espère que ça ne te traumatise pas. J’avais peur de te le montrer.

— Tu sais quoi ? Je crois que c’est parfait.

— Parfait ?

— Oui. Tu as envie d’une fessée et j’ai quelques comptes à régler avec Valérie. On va pouvoir faire d’une pierre deux coups — peut-être même plusieurs coups, si tu le désires.

— Tu veux dire…

— Viens sur mes genoux.

— Oh… chérie.

— Alors ? Tu as été une vilaine fille ?

— Oui ! Et Valérie aussi !

[S’en suivent claquements, soupirs, cris et volupté. ]

Comme vous le savez peut-être, la journée la plus déprimante de 2015 est sur le point de se terminer. Pour tous ceux et celles qui n’ont pas en ce moment la tête dans le four ou qui ne balancent pas au bout d’une corde, voici un petit quelque chose pour vous rasséréner et – qui sait ? – vous remonter le moral: ma légendaire grille de mots croisés. Vous pouvez dès maintenant la télécharger en format pdf ou docx.

La grille !

Ouaou ! Je suis si excitée que j’ai fait un rond humide sur mon fauteuil ! Aon !

Encore ce mois-ci, la première personne qui me fera parvenir la soluce (par courriel ou en inbox sur Facebook) recevra un exemplaire papier gratos du Carnet écarlate, le livre qui ne sera jamais mis en vente à côté des barils de vingt-cinq litres de ketchup chez Costco. Et comme si ce n’était pas assez, j’offrirai une copie électronique à tous les autres vicelards et gourgandines qui me feront parvenir ladite soluce avant que je ne la rende publique – probablement jeudi ou vendredi. De plus, tous ces joyeux drilles seront intronisés au sein du très Noble et Ancien Ordre Lubrique des Masturbatrices et Masturbateurs Compulsifs, avec tous les honneurs et privilèges que ça comporte.

Amusez-vous bien ; moi, je pars finir cette journée de chiotte dans mon lit.

Joyeux Festivus à toutes et à tous ! C’est maintenant une tradition établie: j’ai un cadeau SUPERCAFRILI… SUPERFRACILA… FRAGILIS… INCROYABLE à vous offrir. Que diriez vous d’une copie extrêmement gratuite de Pr0nographe, le ebook qu’il faut télécharger pour pouvoir se vanter de l’avoir lu ? OUAOU ! C’est un miracle de Festivus, à n’en point douter.

Pour l’obtenir, vous n’aurez qu’à:

  1. Devenir mon ami(e) Facebook (si ce n’est pas déjà fait — d’ailleurs, je me demande qu’est-ce que vous attendez… Allez! Zou!);
  2. Trouver le statut qui annonce la distribution Pr0nographe comme étrenne de Festivus et le partager sur votre mur, en formulant un grief – dites-nous de quelle façon 2014 fut une déception pour vous;
  3. M’envoyer un message en pv sur Fessebouc me réclamant votre copie en m’indiquant si vous préférez un pdf ou un epub.

La formulation des griefs

Attention, il est très important que vous respectiez l’ordre des opérations. Si vous m’écrivez et que nous ne sommes pas encore unis par les liens sacrés de l’amitié Facebook, votre message tombera dans la boîte «Autre», celle que je ne vais JAMAIS lire (c’est dire à quel point je suis méta-snob). Ne vous en faites pas si je ne vous réponds pas dans la seconde; l’an passé, j’ai distribué une centaine de copies. Alors soyez patients, j’ai beau être magique, je ne suis pas la Mère Festivus, quand même.

Et n’oubliez pas: cette offre est d’une durée limitée et se terminera dès la fin de Festivus. Les miracles ne durent qu’une saison, alors enlevez vos doigts de votre nez et allez en profiter !

Je vous embrasse toutes et tous autant que vous êtes et vous remercie d’être le meilleur lectorat de l’UNIVERS (et du Japon).

Audrey gloussa lorsque David passa ses bras autour d’elle.

— Hé, laisse, je suis en train de décorer le gâteau de Festivus, dit-elle.

— Ouais, je sais, murmura-t-il à son oreille. Placer des M&M sur un gâteau McCain… ce n’est pas comme si toute ton attention et tes facultés psychomotrices étaient sollicitées, hein.

Joyeux Festivus !

Elle remua ses fesses contre le pubis de son amant.

— Nous étions au lit à faire des galipettes il y a moins d’une heure…

— Et alors ? J’ai toujours envie de toi.

Elle appuya sa tête sur le côté pour qu’il puisse renifler son cou.

— Arrête ! Tu me fais faire n’importe quoi… je vais mettre du glaçage partout !

— Je vais lécher tout ce qui déborde, c’est ma spécialité.

— Nono !

Elle rit puis fit mine de se consacrer toute entière à son gâteau. Il glissa une main l’intérieur de sa robe de chambre.

— Je ne peux pas me concentrer si tu passes ton temps à me tripoter.

— J’ai besoin de pratique… pour trouver ton clito dans la noirceur. Après tout, c’est la nuit la plus longue…

Lorsqu’il l’eut trouvé, elle n’eut d’autre choix que de lâcher la pâtisserie pour prendre appui, des deux mains, sur le comptoir.

— J’aimerais tellement être assez habile pour pouvoir te faire jouir comme ça, soupira-t-il.

Elle caressa sa main.

— Tu me touches toujours de belle manière… et puis ta langue n’a jamais failli à la tâche.

— N’empêche. Ta main sur ma queue suffit toujours à me faire voir des étoiles. Ça me laisse avec un sentiment d’injustice très désagréable… Hey, si on faisait un vœu?

— Les vœux, ne faut-il pas les faire près de la perche en alu, juste avant la formulation des griefs ?

— Il n’y a pas de mal à en faire un là, tout de suite.

— Dans ce cas, il faut que ce soit un vœu secret.

— Tope là, mon adorée.

« Je fais le vœu d’apprendre à te toucher exactement comme tu le désires », pensa David en fermant les yeux.

« Je souhaite que tu sois aussi fou de désir que je le suis envers toi », se dit Audrey dans sa Ford intérieure.

J’ai rencontré une pornstar une fois chez Moca Loca (c’est le café au bout de ma rue) j’étais assise à la table comme d’habitude et je regardais refroidir mon espresso puis il y a ce jeune homme surgi de nulle part (ou peut-être juste du comptoir je ne portais pas attention hein) qui vient s’asseoir près de moi et qui commence à me parler et comme ça de fil en aiguille j’apprends qu’il gagne sa vie comme acteur de vidéos pornographiques moi j’étais drôlement surprise parce qu’il ne ressemblait pas tellement à une porn star (mais d’un autre côté à quoi ressemble une pornstar masculine quand elle est habillée franchement j’en ai aucune idée) il m’a dit que peut-être je l’avais déjà vu sur YouPorn et j’ai dû lui avouer que je ne suis pas très physionomiste surtout pour les visages et lui a dit qu’on ne filmait pas souvent son visage (hu hu hu franche rigolade) je lui ai demandé si c’était payant comme boulot il m’a dit que non pas tellement à moins de faire de la porn gay alors je lui ai demandé s’il en faisait et il a répondu qu’il fallait bien vivre et moi ça m’a plu (c’est le genre que je préfère) j’aime beaucoup la pornographie quand je ne suis pas impliquée de force ça me donne l’impression d’être une reine tyrannique qui exerce son droit de cuissage sur ses sujets un genre de Catherine de Russie qui oblige la roture à forniquer pour son amusement c’est un de mes plaisirs inavouables et franchement j’en ai un peu honte quand j’y pense mais c’est comme ça et lui il m’a écouté lui déballer tout ça et m’a dit que j’étais bizarre et je lui ai dit peut-être que oui à bien y penser alors il m’a demandé si je voulais allez chez lui pour fourrer et j’ai répondu pourquoi pas de toute façon mon café est maintenant froid et imbuvable alors je l’ai suivi à pied son appart était juste à côté le trottoir était glissant j’ai failli tomber et il m’a rattrapé c’était comme une scène dans une comédie romantique tellement que je lui ai demandé s’il avait l’ambition de jouer dans autre chose que de la porno et son visage s’est assombri il a seulement dit qu’il ne voulait pas en parler enfin bref c’était bien chez lui propre et moderne et tout et tout on a fait voler nos vêtements il était plutôt bon lécheur de fente et un baiseur correct mais sans plus et quand ce fut fini nous fixions le plafond tous les deux allongés nus sur son lit c’est à ce moment qu’une idée bizarre m’a traversé l’esprit je lui ai demandé est-ce que je suis censée te donner de l’argent ou quelque chose et il a répondu non c’est correct mais peut-être que tu pourrais retourner au Moca Loca et me ramener un café avec beaucoup de crème et c’est drôle parce que je sentais la sienne couler entre mes fesses

C’était, évidemment, la définition la plus facile et celle qui vous a permis de résoudre cette grille en moins de temps qu’il ne le faut pour crier «cul» !

Charmants pervers et gourgandines, nous avons trois gagnants! Ce mois-ci, une Québécoise, une Belge et un Français remportent tous les honneurs – avouez que ça sonne comme un concept de talk-show à TV5 (ou une mauvaise blague de taverne, c’est selon). C’est un miracle de Festivus ! WOOO-HOOO !

J’ai donc l’honneur de vous annoncer que Margaret Ann Buckley a été officiellement adoubée Grande Licorne en stainless du très noble et très ancien Ordre des Masturbatrices et Masturbateurs compulsifs. Sophie Judith de Champagne, notre deuxième gagnante, a quant à elle reçu la rosette de l’Ordre en tant que Sous-lieutenante des roulements à bille (deuxième classe). Enfin, Antoine (juste Antoine, pas l’autre qui rafle d’habitude tous les honneurs), qui ferme la marche des lauréats, portera dorénavant avec fierté le titre de Capitaine Crouche extra-fibres-sans-sucre-ajouté (première classe).

Nos trois champions se mériteront, tels que promis, une copie dédicace du Carnet écarlate, le bouquin qui est maintenant scruté à la loupe par l’institution universitaire, au grand dam de son auteure qui préfèrerait que son lectorat se limite aux amateurs de manuélisation auto-érotique (malgré que, entre vous et moi, les études littéraires entre probablement dans cette catégorie).

Vous pouvez évidemment aller jeter un coup d’œil à la soluce si le cœur vous en dit.

On se voit en 2015 pour la suite de nos folles aventures cruciverbistes !

Itsse ze ♫ most ♪  Ouonne-deur-foule ♪  taille ♫ mauve ♩ désir !

Plus que vingt-et-un minuscules petits jours avant Festivus ! Avez-vous sorti votre perche d’aluminium de votre sous-sol? Avez-vous préparé votre liste pour la formulation des griefs ? J’en suis convaincue, bande de charmants coquins et gourgandines.

Pour souligner le début de cette saison féérique, quoi de mieux qu’une grille de mots croisés? (À part de l’alcool et des calmants en doses massives?) Je vous l’offre en format pdf et en format docx, toute chaude sortie du four et garnie de fruits confits (beurk). Et puisque j’ai le cœur à la fête, j’offrirai aux trois individus splendides – et aux capacités intellectuelles supérieures – qui me feront parvenir leur solution en premier (par courriel ou en inbox sur Facebook) une copie dédicacée du Carnet écarlate, le célébrissime bouquin de sexe saphique qui ne sera jamais souillé par les mains gluantes de Blaise Renaud ! Ils et elles seront aussi, naturellement, intronisés au sein du très Noble et Ancien Ordre Lubrique des Masturbatrices et Masturbateurs Compulsifs, avec tous les honneurs et privilèges que ça comporte.

Wooo-hooo ! Avouez que ça vous troue le cul, hein.

♪Dèque ♫ze halls♪ witbotse ♫ovo-lit fa la la♫ la♪ la !

Elle essaie de lire dans le bus. L’homme qui est assis à côté d’elle agit en homme, c’est-à-dire qu’il écarte les jambes comme si ses couilles étaient le centre de l’univers, comme si tout l’espace du monde lui appartenait. Leurs cuisses se touchent. Chaque secousse de l’autobus fait frotter le tissu du pantalon de l’homme contre la chair nue de sa jambe ; chaque contact fait parcourir une décharge électrique à travers son corps. Elle fait semblant de lire, mais ses yeux restent rivés sur l’espace où leurs corps sont réunis. Elle reste parfaitement immobile, jusqu’à ce que tout malentendu soit dissipé, jusqu’à ce que ce soit évident qu’il fait exprès, que ce contact est délibéré, que tout cela était calculé, prévu et joué d’avance.

Elle se tourne donc vers lui et le toise, une expression de défi au visage. Il se jette alors dans ses bras si passionnément qu’elle en échappe son bouquin et que sa tête vient heurter la fenêtre. Elle ne ressent aucune douleur, qu’une excitation aiguë qui la tend comme un arc. Il l’écrase de tout son poids. Son sac va rejoindre son livre, sur le plancher. Elle jette une jambe sur le dossier du banc pendant qu’il s’empêtre dans sa ceinture. Elle tire sa jupe assez pour exposer son sexe déjà humide au regard des passagers du bus. Ceux-ci se sont tous approchés. Ils déchirent leurs tickets et leurs correspondances pour en faire des confettis. Certains applaudissent, d’autres font des « Oh! » et des « Ah! » admiratifs. Le bus tremble comme un vieillard et s’arrête. Il s’enfonce profondément en elle. Elle crie. Il gémit. Les confettis pleuvent sur eux pendant qu’ils jouissent à en perdre l’âme.

C’est peut-être ce qu’il s’imagine qui va se passer, ce connard. Or, tout ce qu’il a accompli, c’est lui faire regretter encore une fois d’avoir eu l’audace folle d’avoir mis le nez hors de chez elle. Elle s’agrippe donc à son roman comme à une bouée, elle se fait toute petite, toute menue et espère que chaque arrêt soit le sien, qu’il sonne la cloche de la délivrance et déguerpisse pour la laisser, enfin, en paix.

La conquête de l’espace, c’est un petit pas pour l’homme et une sacrée enjambée interminable pour la femme.

Ne venez pas me dire que cette définition ne vous a pas fait rire au point de recracher une alvéole pulmonaire noirâtre dans votre gruau matinal.

Il est temps maintenant d’annoncer en grande pompe le nom de nos deux gagnantes! Car, encore une fois, ce sont les dames qui se sont distinguées : parmi les seize solutions reçues, douze furent envoyées par des individus s’identifiant comme des médames! OUAOU ! GEURLE PAWOUEUR !

En première position : Lynda Forgues, cruciverbiste d’élite, qui a été adoubée Commanderesse bardée de cuir du très Noble et Ancien Ordre Lubrique des Masturbatrices et Masturbateurs Compulsifs. À ce titre, elle recevra un exemplaire dédicacé du Carnet écarlate, le seul livre de l’univers dont la couverture est différente de celle annoncée dans le titre. Lynda fut suivie de près par Hélène Tisseur dont le cerveau musclé et juteux lui a permis de décrocher le titre enviable (et envié) de Maîtresse vibrante à trois vitesses du susnommé très Noble et Ancien Ordre. Elle recevra aussi son exemplaire dédicacé de mon bouquin, dès que ma petite culotte aura assez séché pour que je puisse courir au bureau de poste sans risquer d’attraper un rhume de cerveau.

Quant aux autres participantes et participants, ils ont reçu comme prix de consolation, en plus d’une de mes fameuses remarques sarcastiques et avilissantes, une copie du Carnet en version électronique. Avouez que vous regrettez de ne pas avoir tenté votre chance.

Entéka. Pour ceux et celles que ça intéresse, voici la soluce :

La soluce de novembre 2014

Restez à l’écoute, car on remet ça en décembre, juste à temps pour vos emplettes de Nowel. AON !

Jonathan a essayé de me baiser sans condom,
Puis il a joué au con en disant qu’il ne s’en était pas rendu compte.

Paul avait un scrotum gros comme un pamplemousse ;
Son foutre avait un goût d’agrume.

Sébastien a léché ma fente, à genoux dans les toilettes de la bibliothèque
En trempant son jeans dans la pisse du carrelage.

Alexandre fumait nonchalamment un cigarillo puant
Couché sur le dos, sur ma moquette, pendant que je le chevauchais.

Gabriel m’a surprise alors que je me branlais
Le cul calé dans mon fauteuil, le catalogue Ikea à la main.

Samuel avait la bite blanche et douce comme un petit pain
Et faisait mille manières avant d’accepter de l’enfourner.

Django voulait m’enseigner le chant en échange d’une fellation,
Mais il avait un prépuce interminable à dérouler, alors j’ai dit non.

Tristan était d’une érudition et d’une musculature parfaite,
Mais il ne bandait que pour le mec qui me prenait en levrette.

Louis était prêt à m’obéir au doigt et à l’œil,
Mais tout ce que je voulais, c’était un thé et un bouquin.

Arthur a promis de me montrer quelque chose d’extraordinaire,
M’a entraîné dans sa chambre et a fait de l’origami avec son sexe.

Simon n’était techniquement pas un nain, mais c’était tout comme ;
Sa queue monstrueuse avait la taille de son avant-bras.

Michael avait des fesses comme deux gâteaux au chocolat
Que j’avais la permission ni de toucher, ni de goûter.

Antoine a crié «Salope !» en baisant et «Maman!» en jouissant,
Puis s’est rué dans la douche après avoir taché mon drap de foutre.

Nathan m’a léchée avec gourmandise même si j’avais mes règles ;
Hélas, il m’a donné un faux numéro et ne m’a jamais rappelée.

Théo était mycologue et sa bite avait la forme d’un champignon
(Probablement pas, mais j’en étais quand même convaincue).

Alessandro m’a payé à boire, dans le but avoué de m’emballer ;
Il a fini la soirée en pleurant, dans mon lit, incapable de bander.

Quentin avait les traits épais, vulgaires et quelconques,
– Jusqu’à ce qu’une bite, dans sa bouche, le transforme en ange.

Romain m’a ramonée pendant une heure et n’a pas joui ;
Le lendemain matin, il y avait du sperme séché sur mon ordinateur.

Enzo m’a longuement draguée en me disant que j’étais belle
Et s’est contemplé dans le miroir pendant tout le temps qu’il me baisait.

William était charmant, mais il y avait un je-ne-sais-quoi qui clochait ;
En sortant une capote de son portefeuille, j’ai vu, horrifiée, sa plaque de flic.

Hồng Phúc était gentil, drôle et faisait bien la cuisine,
Mais c’est seulement à cause de son prénom que j’ai ouvert les cuisses.

André a trop vu de porn et a baisé ma bouche comme un lapin ;
Il porte sûrement encore la marque de mes dents sur sa quéquette.

Vincent avait une réserve inimaginable de smegma sous son prépuce ;
J’ai beau être un bon soldat, je souffre encore de choc post-traumatique.

Tom se vantait d’avoir l’imagination perverse du divin marquis ;
Je me suis endormie pendant qu’il me suçait les orteils.

Guillaume voulait que je lui fesse le popotin de toutes mes forces
Et s’est moqué de moi parce que je me suis foulée le poignet.

Yusef était effrontément viril, arrogant et machiste ;
Je l’ai vu se faire bourrer par douze queues bigarrées en une seule soirée.

Léo gardait son menton juste assez râpeux
Pour qu’en le frottant sur mon aine je perde toute contenance.

David, du haut de la chaise du maître-nageur, bandait en m’apercevant ;
Est-ce assez pour le compter parmi mes amants?

Maxime a insisté pour qu’on éteigne la lumière avant de se désaper ;
Depuis, il me réclame des photos de mes seins et de mon cul.

Julien a léché ma fente dans un sentier du Parc de la Gatineau
Et y a laissé du mélange du randonneur en purée.

Denis criait «Couché! Au panier!» à son malamute
Pendant que son épouse glissait dans ma bouche sa langue poisseuse de sperme.

Adam n’a jamais daigné m’adresser la parole ;
Sa copine m’a giflée parce qu’il ne parle que de moi pendant l’amour.

Qu’entends-je?  Seraient-ce les sanglots longs des violons de l’automne qui blessent mon cœur d’une langueur monotone? Suis-je en train de rêver? Sommes-nous déjà en novembre ?

Et bien oui, lectrices et lecteurs adorés, accortes gourgandines et charmants vicelards! Et vous savez ce que ça signifie? Je vous le donne en mille : c’est le temps d’une autre stupétrissssssante grille de mots croisés ! WEOW et OUAHOU !

Pour vous y mesurer, rien de plus simple : vous n’avez qu’à la télécharger en format pdf ou en format docx.

Cette fois-ci, je vais remettre non pas un, mais bien DEUX exemplaires dédicacés du Carnet écarlate aux deux individus magnifiques et solaires qui me feront parvenir en premier la solution. Et comme si ce n’était pas assez, ils seront officiellement intronisés au panthéon du très Noble et Ancien Ordre Lubrique des Masturbatrices et Masturbateurs Compulsifs. THAT’S INCRÉDIBEULE !

Parlant du Carnet écarlate, on commence tranquillement à en parler, ce qui à la fois m’excite et me terrifie. Caroline Allard en a parlé de façon éloquente à la radio publique et Édith Paré-Roy l’a critiqué fort justement sur Les Méconnus. Sans oublier Le Devoir qui en a glissé un mot. Je vais finir par croire qu’il vaut la peine d’être lu, ce bouquin.

 

Il n’y a rien que je n’aime pas chez l’homme
J’aime l’homme au grand complet
Surtout s’il est grand
Et qu’il porte un complet

Quand je vois un homme
Dans une chemise habillée
Je veux m’approcher de lui
Derrière son dos
Mettre ma main
Sur son épaule
Et la laisser là
Pour un instant

Je pense à ses chaussettes
Comment il en a choisi une paire
Ce matin-là
Et les restantes qui sont
Encore à la maison
Dans un tiroir
Et ses chaussures —
Dieu que ces chaussures me tuent
Surtout si elles sont polies
Que fait-il pour qu’elles reluisent ainsi ?

Tout ce dont j’ai besoin
C’est une paire de chaussures noires
Pour qu’une vague de tendresse
Déferle se moi et me terrasse
Et les cravates qui reposent
Sur leur petit carrousel
J’imagine qu’il les a tenues
Devant le miroir en hésitant
J’ai des hallucinations
D’eau de Cologne
De cigarettes et de laine vierge
Qui pincent mes narines
Et me font tourner de l’œil

Homme au grand complet
Je veux te donner la langue
Je veux avaler ton foutre
Cachée dans le placard à balai
Te réciter des vers masturbatoires
Trempés dans le Tanqueray et tonic
Homme au grand complet
Je veux te voir au garde-à-vous
Nu et dressé devant moi
Te tenir dans ma paume
Comme ma petite chose
Pincer tes mamelons de rubis
Taquiner ton cul du bout de mon petit doigt

Homme au grand complet
Quand viendras-tu à moi?
Quand viendras-tu déposer
Ton pantalon de tweed
Sur le plancher de ma chambre?
Quand viendras-tu accrocher ton veston
Sur le ciel de mon lit?
Où es-tu ce soir?
Où es ta bite gonflée et sirupeuse?
Où sont tes couilles de marbre tendre?
Quand viendras-tu aimer
Chaque parcelle de mon corps?
Quand viendras-tu m’aimer
Au grand complet?

— Oh! Oh! Ok, ça suffit… je ne suis plus capable d’en prendre.

— Mais… tu avais dit que tu aimais le sexe oral !

— Bien sûr ! Sauf que… si je jouis ne serait-ce qu’une seule autre fois, je pense que je vais tomber dans le coma.

— Ben là… je ne faisais que commencer.

— Commencer? Ça doit faire une heure que tu me dévore le bonbon comme une ex-gréviste de la faim dans un Dairy Queen !

— J’ai commencé à trois heures.

— Et alors ?

— Il est seulement trois heures six.

— Ben là…

— Je peux continuer ?

— C’est le changement d’heure, nounoune! Tu m’as léché la fente pendant le passage à l’heure normale!

— Slurp slurp slurp !

— Oh! Oh!

La conférence interrompue

«Commence une mélodie étrange, celle de l’amour à six. On dirait une pièce de musique concrète de Pierre Schaeffer : percussions rythmées produites par le matelas et le lit, grognements graves des hommes qui répondent aux plaintes flûtées des femmes. Le rythme fluctue, tout en accélérant. Les voix se tissent, se nouent et se défont autour de ce martèlement, jusqu’au cri final

* * *

Je suis en plein processus de réécriture de mes anciens textes. Ça peut sembler étrange, mais cela fait selon moi partie de l’auto-publication sur le web: il n’y a jamais de version définitive, chaque oeuvre est un chantier perpétuellement ouvert et ce n’est que lorsque je serai définitivement partie pour Croatan que ce que j’aurai écrit se fixera – ou sera atteint de rigidité cadavérique.

Je vous soumets donc aujourd’hui la seconde version de ce texte qui date de 2010. Intitulé La Conférence interrompue, il s’agit d’une pièce érotico-philosophique sous forme de transcription de fichiers audio (qui, vous vous en doutez bien, n’existent pas). La prémisse est la suivante : après une nuit passée chez son amant, une femme prépare une conférence sur l’anarchie qu’elle doit donner le soir même. Elle est toutefois continuellement interrompue dans son travail par une série de personnages dont le comportement, par inadvertance, vient illustrer le propos de la conférence – comme si la vie, foisonnante et incontrôlable, faisait irruption dans la théorie.

Pour cette deuxième version, j’ai corrigé une quantité stupéfiante de coquilles et de fautes, en plus d’ajuster un peu le vocabulaire pour le rendre un peu plus «oral» (même si personne ne parle comme ça, j’en suis bien consciente). J’ai aussi ajouté quelques répliques, histoire de rendre les transitions un peu plus naturelles.

Prenez et téléchargez-le tous, ceci est mon pdf, livré pour vous.

Gainsbourg et la Mélodie du bonheur qui se côtoient dans la même grille : pas mal, non ? Je ne suis pas trop mécontente de cette grille, même si elle est un peu lourde côté cases noires, puisque pour une fois, j’ai une belle potence et j’ai évité les chevilles.

(Votre devoir pour ce soir: allez vérifier ce qu’est une potence et une cheville quand on parle mots croisés.)

Une cruciverbiste m’a fait remarquer qu’il est maintenant usuel d’écrire anulingus plutôt qu’anilinctus comme en 2.1.v. Je lui ai répondu que c’est toutefois le terme utilisé dans la plupart des manuels de sexologie et dans le Dictionnaire des fantasmes et des perversions de Brenda B. Love, faque hého, hein, tsé. Enfin, pour ceux et celles qui ne savent toujours pas à quoi h.11.1 fait référence, je vous déconseille fortement de vous frotter à l’oeuvre psychopathe, anthropophage et franchement misogyne de Dolcett.

* * *

Toujours est-il que nous avons une championne ! Lison Beaulieu a été la première à me faire parvenir la solution et a été intronisée, lors d’une cérémonie privée, dans le très Noble et Ancien Ordre Lubrique des Masturbatrices Compulsives à titre d’Amazone des dortoirs, deuxième classe, avec tous les honneurs et privilèges dus à son rang – dont une copie dédicacée du Carnet écarlate, le livre dont tout le monde parle (du moins, c’est ce que font les voix dans ma tête).

Rendez-vous le mois prochain pour une autre grille… et une autre copie dédicacée à gagner !