Blogo-rallyes

Donnez-moi un mot et je soulèverai le monde.
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Quand Annie Kikri
Subit l’enculade
Tout le monde fuit
Ses cris de ménade

Les plus légers
Montent au grenier
Les plus braves
Descendent à la cave
Les malins
Courent au jardin
Et puis le chien
Hurle dans son coin

architecture, aurochs, Black Bloc, cailloux, chaussette, colosse, croûte, enquiquiner, hamac, hoqueter, hymen, parousie, parfum, singe, stupre, superfétatoire, versatile.

– Anne… nous ne devrions pas être ici…

– Avoue que c’est excitant!

Émilie hocha la tête. Depuis son embauche au collège comme prof d’architecture, j’avais pris sur moi de l’entraîner toujours un peu plus loin sur la pente du stupre, l’initiant à des actes pervers qu’elle n’avait jamais osé imaginer commettre même dans ses rêves les plus fous, comme manger sa pizza en commençant par la croûte et porter des jeans ajustés le vendredi. Entrer nuitamment et par effraction dans le bureau du directeur des études représentant évidemment un pas supplémentaire et décisif sur le chemin de la rébellion – le dernier étant de se joindre au Black Bloc.

Voyant qu’elle hésitait à pénétrer dans cet antre où flottait le parfum de chaussette sale de notre supérieur hiérarchique, je la pris par la main et lui dit :

– Allons Émilie, tu sais que ce singe grotesque est un immonde salopard.

– Je sais qu’il ne cesse de t’enquiquiner au sujet de ton enseignement, mais… nous risquons toutes les deux d’êtres foutues à la porte, non?

– Tu t’inquiètes encore pour rien. Qu’est-ce que tu peux être godiche, chérie! Nous allons seulement jouer un peu à cache-cache avec ses accessoires directoriaux, c’est tout.

– Même quand j’étais à la petite école, je détestais ce jeu. J’étais toujours la première à me faire attraper.

– Émilie, c’est avec moi que tu joues maintenant. Impossible de perdre.

Je laissai ma main s’aventurer sur son flanc. Émilie frissonna et ferma les paupières en soupirant. Je fis sauter les deux derniers boutons de sa blouse pour me donner suffisamment d’espace pour caresser son ventre soyeux, puis ses seins aussi menus que des cailloux, si petits qu’ils rendent superfétatoire un budget trimestriel de fine lingerie. Tout en poursuivant mes explorations mammaires, je glissai ma main gauche entre ses cuisses et pinçai la couture double de l’entrejambe de son jeans. Émilie ouvre les yeux et me regarda d’un air désapprobateur, en hochant de la tête.

– Je sais que tu en as envie, lui dis-je tout simplement en parcourant du doigt la couture qui séparait, sous le tissu, les plis de sa chatte.

Elle referma les yeux, ce que je reçus comme un acquiescement à notre hymen. Je frottai ainsi vigoureusement la toile de hamac rude et souple de son jeans avec trois doigts, en accélérant la cadence, jusqu’à ce ses muscles se tendent, que son bassin s’agite.

– Tu vois? lui soupirais-je à l’oreille. Avec un bon plan, on accomplit toujours de grandes choses.

Émile se mit à hoqueter. Elle trembla, crispée, le souffle coupé et le visage écarlate, figée dans une parousie jubilatoire. Lorsque son corps se fut relâché, je lui demandai:

– Alors, l’architecte? Satisfaite de l’élévation?

–Ouf! soupira-t-elle pour seule réponse.

– Trêve de badineries, il est l’heure de jouer à chache-cache! ajoutai-je.

– Je te l’ai dit, je déteste ce jeu, commenta Émilie en reprenant son souffle.

– Pfff. Tu n’aimais probablement pas non plus dépasser les lignes dans ton cahier à colorier quand tu étais petite. Mais ne vois tu pas à quel point dépasser les bornes peut être agréable?

Émilie me sourit puis jeta un coup d’œil sur les bibelots du directeur. Des cornes d’aurochs. Une tour Eiffel en allumettes. Un colosse de Karnac en plastique. Elle attrapa le coupe-papier: sa poignée était longue, douce et épaisse — outil versatile s’il en est un.

– Je connais la cachette parfaite pour ce truc, me dit-elle en souriant malicieusement.

Compte tenu:

  1. Que le temps est tristounet et que la première neige vient de me tomber sur la tête ;
  2. Que la rédaction de la troisième partie de Notes sur l’Anarchie est plus longue et plus difficile que je l’avais escompté;
  3. Que quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime porte à mon attention mes «maladresses récurrentes, orthographe aléatoire, absence de véritable échange et commentaires à l’emporte pièce pour donner un semblant de change» et que la justesse de ce commentaire me déprime considérablement;
  4. Que les copies à corriger qui s’accumulent sur ma table forment une tour démoniaque qui menace à chaque instant de s’écrouler;
  5. Que Simone et Lou ne reviennent de voyage que vendredi prochain;
  6. Que j’ai une furieuse envie de perdre mon temps…

… je me dis:«pourquoi ne pas faire un petit blogo-rallye, histoire de changer un peu le mal de place?»

Le principe est simple: je vous demande de me donner, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour réécrire le texte de vendredi dernier en tâchant de rester rigoureusement cohérente avec moi-même, ce qui ne devrait pas être très difficile puisque je ne brille pas par ma cohérence en ce moment.

Mais je vous préviens: pas de néologismes, pas de noms propres et un seul mot par personne. Sinon, je ne joue plus, na!

La divine chaussette a raison, c’est si facile que ça finit par devenir lassant.

Circonvolutions, tarabuste, prégnante, mutine, lactifères, cucurbitacée, parapluie, réfractaire, démuseler, ploutocrate, bistourner, lacer, fusillade, colérique, sodomie, bâton.

Mon bras est autour de la hanche de mon amant, mais mes yeux ne peuvent quitter les quelques personnes agglutinées devant le bar. Un homme cagoulé, sanglé de cuir et tenu en laisse attend de se faire démuseler en guettant avec envie son scotch on the rocks. Debout à ses côtés, une vamp peroxydée aux appendices lactifères spectaculaires qui tente de se bistourner en dissimulant la bosse incongrue qui déforme sa robe au niveau de l’entrejambe. Devant elle, une brune mutine portant jarretelles et gode-ceinture qui tente de lacer elle-même son corset en riant. Accoudé au bar, un ploutocrate anglophile portant chapeau melon et parapluie qui exhibe nonchalamment le bâton de chair qui émerge tel une cucurbitacée de la braguette ouverte de son pantalon de tweed. Et derrière le comptoir, un échalas colérique qui frotte un verre avec acharnement en racontant à qui veut l’entendre la fusillade légendaire qui le laissa borgne et balafré.

Tous savent qu’une question prégnante tarabuste mes circonvolutions. Qui donc m’a fait l’outrage d’une sodomie pendant que, réfractaire, j’enveloppais de mes lèvres la queue de mon amant dans la salle adjacente ?

Merci à Philippe-A., Marie-Marie, Insomniaque, ess, LaJulie, Marf, alain, cycojesus, veline, Muscardin, Olive, Franz, Psyché, Philippe, LeMat et Marc.

Vous trouvez que le texte qui précède est faible ? Malhabile ?

Moi, je le trouve carrément nul.

Je vous invite donc à m’aider à l’améliorer en participant avec moi à un petit blogo-rallye. Je vous rappelle le principe : je vous demande de me donner, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour réécrire le texte d’hier en tâchant de rester rigoureusement cohérente dans mon délire.

Mais je vous préviens : pas de néologismes, pas de noms propres et un seul mot par personne. Sinon, je ne joue plus, na !

À vos marques, prêts… écrivez !

Ouf ! C’est un peu tiré par les cheveux (que je n’ai pas encore), mais j’y suis arrivée.

wabi-sabi, Troyennes, pain d’épices, ignominie, oculaire, dyslexie, virtuose, pithécanthrope, passériformes, gaudriole, longanimité, Sim.one, carnivore, Île de la Réunion, sorcellerie (puisque JG cède son mot).

Bonne Anne Née

Je sais qu’il est un peu tard, mais je m’en voudrais de ne pas vous offrir mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année, qui comme chacun sait sera remplie d’ignominie, de massacres et d’autres horreurs que je n’ose à peine imaginer. Je vous souhaite donc une année wabi-sabi, faite de cette beauté imparfaite, incomplète et impermanente — la seule qui soit possible dans notre pauvre monde.

Comme tout un chacun, j’ai pris quelques résolutions pour le nouvel an que je m’empresserai de ne pas respecter, puisque c’est l’usage.

1. Tenter de diversifier un peu les propos tenus dans ce journal. Comme plusieurs d’entre vous me l’ont fait remarquer, il n’y a pas que la gaudriole dans la vie. Il y a aussi la luxure.

2. Devenir une meilleure correspondante et répondre même aux pithécanthropes qui me proposent de coucher avec leur soeur ou avec Médor. Je commence… demain. Ou alors dans deux jours.

3. Terminer mon Guide taxonomique des oiseaux passéiformes d’Amérique et la soumettre à un éditeur. (Ha ha ha ! Si j’arrive vraiment à faire ça, je me rase le crâne et pars jouer Les Troyennes dans l’Île de la Réunion!)

4. Passer moins de temps devant mon ordinateur, même si ça va à l’encontre des résolutions précédentes. Je n’ai pas le choix… ma Simone n’est pas virtuelle, comme la Sim.one d’Al Pacino! Et c’est aussi une question de santé mentale : j’ai les globes oculaires qui dégonflent à force de fixer cet écran de malheur.

5. Rester fidèle à Simone, puisque tel est son vœu le plus cher. Ne riez pas! Par je ne sais quel acte de sorcellerie, je suis monogame depuis plus de six mois. Il ne me reste qu’à apprendre à faire le pain d’épices et je suis l’épouse parfaite! Et ne venez pas me dire que c’est parce que j’étais chauve en cancéreuse…

6. Passer plus de temps avec ma mère et tâcher de faire preuve de longanimité envers les bourdes de son crétin de mari. Oups! Désolée Jacques.

7. Devenir végétalienne. Je ne suis plus carnivore depuis des lustres, mais il y a toujours un pas supplémentaire à faire vers le nirvana de la granolitude. Pour le lait et les oeufs, ça ne sera pas tellement compliqué. Mais dire adieu au fromage, je sens que ça sera douloureux…

8. Reprendre mes cours de mandarin, parce qu’une Chinoise virtuose du joual, ça ne fait pas très sérieux.

9. Consultě dé specialis pou corrigé ma dyslexie.

10. Survivre jusqu’à 2005.

Quoi de mieux pour inaugurer la nouvelle année que de faire un petit blogo-rallye?

Je vous rappelle le principe: je vous soumets un petit texte de rien du tout, puis je vous demande de me donner, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour vous écrire le même texte en tâchant de rester rigoureusement cohérente dans mon délire.

À vos marques, prêts…

Bonne Anne Née

Je sais qu’il est un peu tard, mais je m’en voudrais de ne pas vous offrir mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année, qui comme chacun sait sera remplie d’exploitations, de massacres et d’autres horreurs que je n’ose à peine imaginer. Je nous souhaite donc de la traverser en un seul morceau!

Comme tout un chacun, j’ai pris quelques résolutions pour le nouvel an que je m’empresserai de ne pas respecter, puisque c’est l’usage.

1. Tenter de diversifier un peu les propos tenus dans ce journal. Comme plusieurs d’entre vous me l’ont fait remarquer, il n’y a pas que le cul dans la vie. Il y a aussi la bite.

2. Devenir une meilleure correspondante en tentant de répondre à la centaine de messages qui dorment dans ma boîte aux lettres. Je commence… demain. Ou alors dans deux jours.

3. Terminer mon Histoire de l’Amérique du Nord septentrionale et la soumettre à un éditeur. (Ha ha ha ! Si j’arrive vraiment à faire ça, je distribue tous mes dildos aux pauvres et j’entre au Carmel!)

4. Passer moins de temps devant mon ordinateur, même si ça va à l’encontre des résolutions précédentes. C’est une question de santé: j’ai les yeux qui débrident à force de fixer cet écran de malheur.

5. Rester fidèle à Simone, puisque tel est son vœu le plus cher. Ne riez pas, ça fait plus de six mois que je suis monogame. Il ne me reste qu’à apprendre à coudre et je suis l’épouse parfaite! Et ne venez pas me dire que c’est parce que j’étais chauve en cancéreuse…

6. Passer plus de temps avec ma mère et tâcher de rester gentille et aimable envers son crétin de mari. Oups! Désolée Jacques.

7. Devenir végétalienne. Pour le lait et les œufs, ça ne sera pas tellement compliqué. Mais dire adieu au fromage, je sens que ça sera douloureux…

8. Reprendre mes cours de mandarin, parce qu’une Chinoise qui ne sait que parler joual, ça ne fait pas très sérieux.

9. Faire un efford pour amélioré mon francai écri.

10. Survivre jusqu’à 2005.