Blogo-rallyes

Donnez-moi un mot et je soulèverai le monde.
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Quand Annie Kikri
Subit l’enculade
Tout le monde fuit
Ses cris de ménade

Les plus légers
Montent au grenier
Les plus braves
Descendent à la cave
Les malins
Courent au jardin
Et puis le chien
Hurle dans son coin

architecture, aurochs, Black Bloc, cailloux, chaussette, colosse, croûte, enquiquiner, hamac, hoqueter, hymen, parousie, parfum, singe, stupre, superfétatoire, versatile.

– Anne… nous ne devrions pas être ici…

– Avoue que c’est excitant!

Émilie hocha la tête. Depuis son embauche au collège comme prof d’architecture, j’avais pris sur moi de l’entraîner toujours un peu plus loin sur la pente du stupre, l’initiant à des actes pervers qu’elle n’avait jamais osé imaginer commettre même dans ses rêves les plus fous, comme manger sa pizza en commençant par la croûte et porter des jeans ajustés le vendredi. Entrer nuitamment et par effraction dans le bureau du directeur des études représentant évidemment un pas supplémentaire et décisif sur le chemin de la rébellion – le dernier étant de se joindre au Black Bloc.

Voyant qu’elle hésitait à pénétrer dans cet antre où flottait le parfum de chaussette sale de notre supérieur hiérarchique, je la pris par la main et lui dit :

– Allons Émilie, tu sais que ce singe grotesque est un immonde salopard.

– Je sais qu’il ne cesse de t’enquiquiner au sujet de ton enseignement, mais… nous risquons toutes les deux d’êtres foutues à la porte, non?

– Tu t’inquiètes encore pour rien. Qu’est-ce que tu peux être godiche, chérie! Nous allons seulement jouer un peu à cache-cache avec ses accessoires directoriaux, c’est tout.

– Même quand j’étais à la petite école, je détestais ce jeu. J’étais toujours la première à me faire attraper.

– Émilie, c’est avec moi que tu joues maintenant. Impossible de perdre.

Je laissai ma main s’aventurer sur son flanc. Émilie frissonna et ferma les paupières en soupirant. Je fis sauter les deux derniers boutons de sa blouse pour me donner suffisamment d’espace pour caresser son ventre soyeux, puis ses seins aussi menus que des cailloux, si petits qu’ils rendent superfétatoire un budget trimestriel de fine lingerie. Tout en poursuivant mes explorations mammaires, je glissai ma main gauche entre ses cuisses et pinçai la couture double de l’entrejambe de son jeans. Émilie ouvre les yeux et me regarda d’un air désapprobateur, en hochant de la tête.

– Je sais que tu en as envie, lui dis-je tout simplement en parcourant du doigt la couture qui séparait, sous le tissu, les plis de sa chatte.

Elle referma les yeux, ce que je reçus comme un acquiescement à notre hymen. Je frottai ainsi vigoureusement la toile de hamac rude et souple de son jeans avec trois doigts, en accélérant la cadence, jusqu’à ce ses muscles se tendent, que son bassin s’agite.

– Tu vois? lui soupirais-je à l’oreille. Avec un bon plan, on accomplit toujours de grandes choses.

Émile se mit à hoqueter. Elle trembla, crispée, le souffle coupé et le visage écarlate, figée dans une parousie jubilatoire. Lorsque son corps se fut relâché, je lui demandai:

– Alors, l’architecte? Satisfaite de l’élévation?

–Ouf! soupira-t-elle pour seule réponse.

– Trêve de badineries, il est l’heure de jouer à chache-cache! ajoutai-je.

– Je te l’ai dit, je déteste ce jeu, commenta Émilie en reprenant son souffle.

– Pfff. Tu n’aimais probablement pas non plus dépasser les lignes dans ton cahier à colorier quand tu étais petite. Mais ne vois tu pas à quel point dépasser les bornes peut être agréable?

Émilie me sourit puis jeta un coup d’œil sur les bibelots du directeur. Des cornes d’aurochs. Une tour Eiffel en allumettes. Un colosse de Karnac en plastique. Elle attrapa le coupe-papier: sa poignée était longue, douce et épaisse — outil versatile s’il en est un.

– Je connais la cachette parfaite pour ce truc, me dit-elle en souriant malicieusement.

Compte tenu:

  1. Que le temps est tristounet et que la première neige vient de me tomber sur la tête ;
  2. Que la rédaction de la troisième partie de Notes sur l’Anarchie est plus longue et plus difficile que je l’avais escompté;
  3. Que quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’estime porte à mon attention mes «maladresses récurrentes, orthographe aléatoire, absence de véritable échange et commentaires à l’emporte pièce pour donner un semblant de change» et que la justesse de ce commentaire me déprime considérablement;
  4. Que les copies à corriger qui s’accumulent sur ma table forment une tour démoniaque qui menace à chaque instant de s’écrouler;
  5. Que Simone et Lou ne reviennent de voyage que vendredi prochain;
  6. Que j’ai une furieuse envie de perdre mon temps…

… je me dis:«pourquoi ne pas faire un petit blogo-rallye, histoire de changer un peu le mal de place?»

Le principe est simple: je vous demande de me donner, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour réécrire le texte de vendredi dernier en tâchant de rester rigoureusement cohérente avec moi-même, ce qui ne devrait pas être très difficile puisque je ne brille pas par ma cohérence en ce moment.

Mais je vous préviens: pas de néologismes, pas de noms propres et un seul mot par personne. Sinon, je ne joue plus, na!

La divine chaussette a raison, c’est si facile que ça finit par devenir lassant.

Circonvolutions, tarabuste, prégnante, mutine, lactifères, cucurbitacée, parapluie, réfractaire, démuseler, ploutocrate, bistourner, lacer, fusillade, colérique, sodomie, bâton.

Mon bras est autour de la hanche de mon amant, mais mes yeux ne peuvent quitter les quelques personnes agglutinées devant le bar. Un homme cagoulé, sanglé de cuir et tenu en laisse attend de se faire démuseler en guettant avec envie son scotch on the rocks. Debout à ses côtés, une vamp peroxydée aux appendices lactifères spectaculaires qui tente de se bistourner en dissimulant la bosse incongrue qui déforme sa robe au niveau de l’entrejambe. Devant elle, une brune mutine portant jarretelles et gode-ceinture qui tente de lacer elle-même son corset en riant. Accoudé au bar, un ploutocrate anglophile portant chapeau melon et parapluie qui exhibe nonchalamment le bâton de chair qui émerge tel une cucurbitacée de la braguette ouverte de son pantalon de tweed. Et derrière le comptoir, un échalas colérique qui frotte un verre avec acharnement en racontant à qui veut l’entendre la fusillade légendaire qui le laissa borgne et balafré.

Tous savent qu’une question prégnante tarabuste mes circonvolutions. Qui donc m’a fait l’outrage d’une sodomie pendant que, réfractaire, j’enveloppais de mes lèvres la queue de mon amant dans la salle adjacente ?

Merci à Philippe-A., Marie-Marie, Insomniaque, ess, LaJulie, Marf, alain, cycojesus, veline, Muscardin, Olive, Franz, Psyché, Philippe, LeMat et Marc.

Vous trouvez que le texte qui précède est faible ? Malhabile ?

Moi, je le trouve carrément nul.

Je vous invite donc à m’aider à l’améliorer en participant avec moi à un petit blogo-rallye. Je vous rappelle le principe : je vous demande de me donner, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour réécrire le texte d’hier en tâchant de rester rigoureusement cohérente dans mon délire.

Mais je vous préviens : pas de néologismes, pas de noms propres et un seul mot par personne. Sinon, je ne joue plus, na !

À vos marques, prêts… écrivez !

Ouf ! C’est un peu tiré par les cheveux (que je n’ai pas encore), mais j’y suis arrivée.

wabi-sabi, Troyennes, pain d’épices, ignominie, oculaire, dyslexie, virtuose, pithécanthrope, passériformes, gaudriole, longanimité, Sim.one, carnivore, Île de la Réunion, sorcellerie (puisque JG cède son mot).

Bonne Anne Née

Je sais qu’il est un peu tard, mais je m’en voudrais de ne pas vous offrir mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année, qui comme chacun sait sera remplie d’ignominie, de massacres et d’autres horreurs que je n’ose à peine imaginer. Je vous souhaite donc une année wabi-sabi, faite de cette beauté imparfaite, incomplète et impermanente — la seule qui soit possible dans notre pauvre monde.

Comme tout un chacun, j’ai pris quelques résolutions pour le nouvel an que je m’empresserai de ne pas respecter, puisque c’est l’usage.

1. Tenter de diversifier un peu les propos tenus dans ce journal. Comme plusieurs d’entre vous me l’ont fait remarquer, il n’y a pas que la gaudriole dans la vie. Il y a aussi la luxure.

2. Devenir une meilleure correspondante et répondre même aux pithécanthropes qui me proposent de coucher avec leur soeur ou avec Médor. Je commence… demain. Ou alors dans deux jours.

3. Terminer mon Guide taxonomique des oiseaux passéiformes d’Amérique et la soumettre à un éditeur. (Ha ha ha ! Si j’arrive vraiment à faire ça, je me rase le crâne et pars jouer Les Troyennes dans l’Île de la Réunion!)

4. Passer moins de temps devant mon ordinateur, même si ça va à l’encontre des résolutions précédentes. Je n’ai pas le choix… ma Simone n’est pas virtuelle, comme la Sim.one d’Al Pacino! Et c’est aussi une question de santé mentale : j’ai les globes oculaires qui dégonflent à force de fixer cet écran de malheur.

5. Rester fidèle à Simone, puisque tel est son vœu le plus cher. Ne riez pas! Par je ne sais quel acte de sorcellerie, je suis monogame depuis plus de six mois. Il ne me reste qu’à apprendre à faire le pain d’épices et je suis l’épouse parfaite! Et ne venez pas me dire que c’est parce que j’étais chauve en cancéreuse…

6. Passer plus de temps avec ma mère et tâcher de faire preuve de longanimité envers les bourdes de son crétin de mari. Oups! Désolée Jacques.

7. Devenir végétalienne. Je ne suis plus carnivore depuis des lustres, mais il y a toujours un pas supplémentaire à faire vers le nirvana de la granolitude. Pour le lait et les oeufs, ça ne sera pas tellement compliqué. Mais dire adieu au fromage, je sens que ça sera douloureux…

8. Reprendre mes cours de mandarin, parce qu’une Chinoise virtuose du joual, ça ne fait pas très sérieux.

9. Consultě dé specialis pou corrigé ma dyslexie.

10. Survivre jusqu’à 2005.

Quoi de mieux pour inaugurer la nouvelle année que de faire un petit blogo-rallye?

Je vous rappelle le principe: je vous soumets un petit texte de rien du tout, puis je vous demande de me donner, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour vous écrire le même texte en tâchant de rester rigoureusement cohérente dans mon délire.

À vos marques, prêts…

Bonne Anne Née

Je sais qu’il est un peu tard, mais je m’en voudrais de ne pas vous offrir mes vœux les plus sincères pour cette nouvelle année, qui comme chacun sait sera remplie d’exploitations, de massacres et d’autres horreurs que je n’ose à peine imaginer. Je nous souhaite donc de la traverser en un seul morceau!

Comme tout un chacun, j’ai pris quelques résolutions pour le nouvel an que je m’empresserai de ne pas respecter, puisque c’est l’usage.

1. Tenter de diversifier un peu les propos tenus dans ce journal. Comme plusieurs d’entre vous me l’ont fait remarquer, il n’y a pas que le cul dans la vie. Il y a aussi la bite.

2. Devenir une meilleure correspondante en tentant de répondre à la centaine de messages qui dorment dans ma boîte aux lettres. Je commence… demain. Ou alors dans deux jours.

3. Terminer mon Histoire de l’Amérique du Nord septentrionale et la soumettre à un éditeur. (Ha ha ha ! Si j’arrive vraiment à faire ça, je distribue tous mes dildos aux pauvres et j’entre au Carmel!)

4. Passer moins de temps devant mon ordinateur, même si ça va à l’encontre des résolutions précédentes. C’est une question de santé: j’ai les yeux qui débrident à force de fixer cet écran de malheur.

5. Rester fidèle à Simone, puisque tel est son vœu le plus cher. Ne riez pas, ça fait plus de six mois que je suis monogame. Il ne me reste qu’à apprendre à coudre et je suis l’épouse parfaite! Et ne venez pas me dire que c’est parce que j’étais chauve en cancéreuse…

6. Passer plus de temps avec ma mère et tâcher de rester gentille et aimable envers son crétin de mari. Oups! Désolée Jacques.

7. Devenir végétalienne. Pour le lait et les œufs, ça ne sera pas tellement compliqué. Mais dire adieu au fromage, je sens que ça sera douloureux…

8. Reprendre mes cours de mandarin, parce qu’une Chinoise qui ne sait que parler joual, ça ne fait pas très sérieux.

9. Faire un efford pour amélioré mon francai écri.

10. Survivre jusqu’à 2005.

Vous n’avez jamais vu de tepidariums dans l’arrière-cour des bungalows de banlieue? Honte à vous !

Masochiste, trichotétratomotechnique, stratosphère, transsubstantiation, inadvertance, weltanschauung, coloquinte, coprolalie, rococo, tepidarium, grenouille, aspic, conception, profondeurs, boucane

Un samedi infernal

Qu’auriez-vous fait à ma place? Vous joindre à une connaissance de fraîche date pour sombrer dans l’enfer de la luxure en copulant avec une entité sortie tout droit des profondeurs infernales, ou participer à un barbecue de banlieue en compagnie de votre mère, de votre beau-père et ses amis cathos (des purs, des vrais, avec tous les accessoires : transsubstantiation, immaculée conception, infaillibilité papale et petites chasubles mangeables)? Vous me connaissez, je ne suis pas masochiste. J’ai donc choisi… de ne pas faire de peine à ma mère et d’aller siroter mon cooler sans alcool près de son tepidarium. J’espère que l’incube avec qui j’avais rendez-vous n’est pas trop fâché de s’être fait poser un lapin!

Ce fut la fiesta la plus mémorable de ma courte existence. Après une longue heure consacrée à des discussions trichotétratomotechniques sur la chasse à l’orignal et la rénovation de sous-sol de bungalow, nous eûmes droit à une distribution commentée de photos de voyage à Calgary, gracieuseté d’une pimbêche au maquillage rococo qui fut jadis mon prof d’économie familiale. Une centaine de clichés mal cadrés plus tard, j’observai par inadvertance les charmants invités se gaver de chair grillée d’animaux divers pendant que je chipotais, nauséeuse, mon aspic aux tomates. Évidemment, j’eus à expliquer en long et en large les raisons de mon végétarisme, ayant à répondre à des questions hautement originales du genre «Mais comment fais-tu pour ne pas manquer de protéines?» ou «Qu’est-ce que tu manges en voyage?».

Après le dessert, nous trinquâmes (toujours sans alcool) à la santé du beau-père. Tant de modération, ajoutée à la boucane des cigarettes, finit par me faire tourner la tête… Quoi qu’il en soit, vint ensuite le moment tant attendu des cadeaux : après la cravate, l’agenda électronique, le disque de Gilles Vigneault, l’ensemble de tournevis et la coloquinte du Malabar, mon album de photos homoérotiques de Mappelthorpe eut le mérite d’égayer la soirée. Le visage de Jacques prit une jolie tinte rouge violacé. Antoine, qui a toujours exclu l’homosexualité de sa weltanschauung, faillit faire une syncope et bafouilla quelque chose au sujet d’actes contre-nature et d’outrage à Dieu. Et Ginette, la grenouille de bénitier de service, fut aperçue vers la fin de la soirée, en pleine crise de coprolalie, proférant des mots qui feraient rougir un séminariste en gardant les yeux rivés sur une jolie photo de fist fuck.

Évidemment, ma mère me sermonna vertement, mais elle eut tant de mal à réprimer son fou rire que je sais que ma présence ne sera pas requise la prochaine fois que Jacques et ses amis voudront s’envoyer dans la stratosphère.

Merci à michel, pHiLoGrApH, Nadine, Tartopom, Math, Jean, Jérémie, The8thone, Jean-Philippe, Lyne, Pete Nick, Jonas dans la baleine, Denis la Menace et François !

Lorsque je ressens le besoin de vous faire le récit sublime de ma pitoyable journée, je me dis toujours «pourquoi ne pas en profiter pour faire un blogo-rallye?»

Je vous rappelle le principe: je vous demande de me soumettre, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour vous faire un récit tout aussi sublime de la même pitoyable journée en tâchant de rester rigoureusement cohérente dans mon délire.

Et je vous supplie de ne pas être trop méchants. Je suis déjà si éprouvée…

Un samedi infernal

Qu’auriez-vous fait à ma place Vous joindre à une connaissance de fraîche date pour sombrer dans l’enfer de la luxure en copulant avec une entité démoniaque, ou participer à un barbecue de banlieue en compagnie de votre mère, de votre beau-père et ses amis cathos? Vous me connaissez, je ne recule devant rien lorsque vient le temps d’expérimenter de nouveaux frissons. J’ai donc choisi… de ne pas faire de peine à ma mère et d’aller siroter mon cooler sans alcool près de sa piscine hors terre. J’espère que l’incube avec qui j’avais rendez-vous n’est pas trop fâché de s’être fait poser un lapin!

Ce fut la fiesta la plus mémorable de ma courte existence. Après quelques mondanités, où les amis de Jacques-mon-beau-papa ont discuté chasse à l’orignal et rénovation de sous-sol de bungalow, nous eûmes droit à une distribution commentée de photos de voyage à Calgary, gracieuseté d’une pimbêche maquillée au rouleau qui fut jadis mon prof d’économie familiale. Une centaine de clichés mal cadrés plus tard, j’eus le loisir d’observer les charmants invités se gaver de chair grillée d’animaux divers pendant que je chipotais, nauséeuse, mon assiette de courgettes farcies aux lentilles. Évidemment, j’eus à expliquer en long et en large les raisons de mon végétarisme, ayant à répondre à des questions hautement originales du genre «Mais comment fais-tu pour ne pas manquer de protéines?» ou «Qu’est-ce que tu manges en voyage?».

Après le dessert, nous trinquâmes (toujours sans alcool) à la santé du beau-père. Tant de modération finit par me faire tourner la tête… Puis vint le moment tant attendu des cadeaux: après la cravate, l’agenda électronique, le disque de Gilles Vigneault, l’ensemble de tournevis et la poterie mexicaine, mon album de photos homoérotiques de Mappelthorpe eut le mérite d’égayer la soirée. Le visage de Jacques prit une jolie tinte rouge violacé. Antoine, le curé défroqué devenu animateur de pastorale faillit faire une syncope et bafouilla quelque chose au sujet d’actes contre-nature et d’outrage à Dieu. Et Ginette, professeur de catéchèse, fut aperçue, vers la fin de la soirée, répétant sans cesse «Mais comment est-ce qu’ils font?», les yeux rivés une photo de fist fuck ma foi, fort artistique.

Évidemment, ma mère me sermonna vertement, mais elle eut tant de mal à réprimer son fou rire que je sais que je serai exemptée à peu de frais de la prochaine surboum familiale.

Mesdames et messieurs, veuillez applaudir l’artiste.

Curieusement, c’est le mot « cerf-volant » qui fut le plus difficile à caser…

oothèques, linéaire, solitaire, gamin, bienheureuse, adultère, diptère, deep-throating, phylactère, ambidextre, gingivite, aoriste, indolent, exotique, cerf-volant.

Récit linéaire d’un samedi indolent

Je rêvais, bienheureuse, à Russell Crowe lorsque la langue râpeuse de Bonnot, le chef de bande de mes chats, vint interrompre mon sommeil en frottant ma joue. Je compris que l’heure du Meow Mix avait sonné et me levai péniblement, non sans faire un détour vers les toilettes pour me plier au rituel du pipi matinal. Après avoir nourri tous mes anars félins, j’eus la permission de me sustenter moi-même en lisant le journal que mon voisin n’avait par miracle pas encore eu le temps de me voler. Je me rinçais la bouche avec du Peridex (pour soigner une gingivite causée par une pratique abusive du deep-throating) lorsque ma mère, toujours soucieuse de mes fréquentations, m’appela pour me demander des nouvelles. Après l’avoir assurée que je n’avais pas passé la soirée à lui faire honte en compagnie d’individus louches, je l’écoutai me raconter en détail le récit passionnant de la rénovation de son sous-sol. Avant de raccrocher, elle prit bien soin, comme c’est son habitude, de me rappeler subtilement que son ingrate de fille de vingt-six ans n’aura jamais de gamin parce qu’elle aime mieux faire la vie avec une lesbienne adultère plutôt que de se trouver un mari et un cottage en banlieue.

Après avoir passé la matinée à lire sur l’oothèque des diptères Blaesoxipha filipjevi Rohdendorf du Sahel ouest africain dans le National Geographic, je pris la résolution de faire un peu de ménage, mon appartement étant dans un état lamentable. Mes efforts se limitèrent toutefois à passer l’aspirateur en récurant l’évier de la cuisine (je suis ambidextre) et à changer la litière de mes minous. J’estimai avoir suffisamment sacrifié au culte domestique et décidai de me payer une petite bouffe exotique au resto. Un ragoût de seitan chinois et deux papiers de fortune plus tard, je dérivai jusqu’à la librairie où j’achetai L’homme aoriste de Benoît J. Suykerbuyk ainsi qu’une carte de souhaits pour l’anniversaire de mon beau-père ornée d’un phylactère où l’on pouvait lire «Bonne fête vieux croûton». Comme il faisait chaud, je m’offris une glace à la vanille en tentant de me convaincre que l’obsession de la minceur est une forme d’oppression patriarcale.

De retour chez moi, je travaillai un peu sur les plans de cours que je dois remettre lundi, puis fis une sieste jusqu’à ce que Simone me téléphone. Après moult «je t’aime» et «je m’ennuie», elle m’informa que son offre de mariage était toujours valide, et je lui répondis par des blagues idiotes, en trouillarde que je suis. Je me fis ensuite une omelette champignons-Oka en me disant avec une mauvaise foi évidente qu’il faudrait bien un jour devenir végétalienne.

Peu de temps après, ma copine Caroline m’invita à sortir en compagnie de sa nouvelle flamme (un Californien qui ne sait parler que de surf et de cerf-volant), mais l’envie de traînasser en solitaire à la maison était si forte que je feignis une migraine de cheval. Après un bain aussi parfumé que prolongé, je m’installai au lit avec un verre de rouge et les Exercices de style de Queneau et me disant « Tiens, et si j’inventais le concept de blogo rallye?»

Un gros merci à Jovette, Jean, T, le meilleur papa, ozoff, Rooxy, phuong, pHiLoGrApH, Oldcola, Yann, Marie-Marie, Michel, Jean-Philippe, Tom et culculine !

J’ai décidé de faire une petite Raymonde Quenouille de moi-même. Alors mesdames et messieurs, au mépris de la mort et du ridicule, je vais tenter devant vos yeux incrédules et ébahis la première expérience de blogo rallye de l’histoire du Web.

Le concept est simple. Je vais d’abord vous faire le récit sublime de ma pitoyable journée, puis je vais vous demander de me soumettre, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit (un seul par personne et pas de triche, j’ai vos adresses IP !). Je me servirai ensuite des douze premiers mots soumis pour vous faire un récit tout aussi sublime de la même pitoyable journée en tâchant de rester rigoureusement cohérente (ou du moins, pas plus incohérente qu’à l’accoutumée).

Vous êtes prêts et prêtes ? C’est parti !

Un samedi rocambolesque

Je rêvais langoureusement à Russell Crowe lorsque la langue râpeuse de Bonnot, le chef de bande de mes chats, vint interrompre mon sommeil en frottant ma joue. Je compris que l’heure du Meow Mix avait sonné et me levai péniblement, non sans faire un détour vers les toilettes pour me plier au rituel du pipi matinal. Après avoir nourri tous mes anars félins, j’eus la permission de me sustenter moi-même en lisant le journal que mon voisin n’avait par miracle pas encore eu le temps de me voler. Je finissais mon bagel lorsque ma mère, toujours soucieuse de mes fréquentations, m’appela pour me demander des nouvelles. Après l’avoir assurée que je n’avais pas passé la soirée à lui faire honte en compagnie d’individus louches, je l’écoutai me raconter en détail le récit passionnant de la rénovation de son sous-sol. Avant de raccrocher, elle prit bien soin, comme c’est son habitude, de me rappeler subtilement qu’elle n’aura jamais de petits enfants parce que son ingrate de fille de vingt-six ans aime mieux faire la vie avec une lesbienne carriériste plutôt que de se trouver un mari et un cottage en banlieue.

Mon appartement étant dans un état lamentable, je pris la résolution, après avoir passé l’essentiel de la matinée étendue en robe de nuit à lire des magazines crétins sur ma causeuse crasseuse, de faire un peu de ménage. Mes efforts se limitèrent toutefois à l’aspirateur, au récurage de l’évier de la cuisine et au changement de la litière de mes minous. J’estimai avoir suffisamment sacrifié au culte domestique et décidai de me payer une petite bouffe au resto. Un ragoût de seitan chinois et deux papiers de fortune plus tard, je dérivai jusqu’à la librairie où j’achetai les Poésies complètes de Villon en format de poche ainsi qu’une carte de souhaits pour l’anniversaire de mon beau-père adoré. Comme il faisait chaud, je m’offris une glace à la vanille en tentant de me convaincre que l’obsession de la minceur est une forme d’oppression patriarcale.

De retour chez moi, je travaillai un peu sur les plans de cours que je dois remettre lundi, puis fis une sieste jusqu’à ce que Simone me téléphone. Après moult «je t’aime» et «je m’ennuie», elle m’informa que son offre de mariage était toujours valide, et je lui répondis par des blagues idiotes, en trouillarde que je suis. Je me fis ensuite une omelette champignons-Oka en me disant avec une mauvaise foi évidente qu’il faudrait bien un jour devenir végétalienne.

Peu de temps après, ma copine Caroline m’invita à sortir en compagnie de sa nouvelle flamme (un anar plateformiste de San Francisco), mais l’envie de traînasser à la maison avec un bon bouquin était si forte que je feignis une migraine de cheval. Après un bain aussi parfumé que prolongé, je m’installai au lit avec un verre de rouge et les Exercices de style de Queneau et me disant «Tiens, et si j’inventais le concept de blogo rallye?»