Blogo-rallyes

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Donnez-moi un mot et je soulèverai le monde.
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Vous n’avez jamais vu de tepidariums dans l’arrière-cour des bungalows de banlieue? Honte à vous !

Masochiste, trichotétratomotechnique, stratosphère, transsubstantiation, inadvertance, weltanschauung, coloquinte, coprolalie, rococo, tepidarium, grenouille, aspic, conception, profondeurs, boucane

Un samedi infernal

Qu’auriez-vous fait à ma place? Vous joindre à une connaissance de fraîche date pour sombrer dans l’enfer de la luxure en copulant avec une entité sortie tout droit des profondeurs infernales, ou participer à un barbecue de banlieue en compagnie de votre mère, de votre beau-père et ses amis cathos (des purs, des vrais, avec tous les accessoires : transsubstantiation, immaculée conception, infaillibilité papale et petites chasubles mangeables)? Vous me connaissez, je ne suis pas masochiste. J’ai donc choisi… de ne pas faire de peine à ma mère et d’aller siroter mon cooler sans alcool près de son tepidarium. J’espère que l’incube avec qui j’avais rendez-vous n’est pas trop fâché de s’être fait poser un lapin!

Ce fut la fiesta la plus mémorable de ma courte existence. Après une longue heure consacrée à des discussions trichotétratomotechniques sur la chasse à l’orignal et la rénovation de sous-sol de bungalow, nous eûmes droit à une distribution commentée de photos de voyage à Calgary, gracieuseté d’une pimbêche au maquillage rococo qui fut jadis mon prof d’économie familiale. Une centaine de clichés mal cadrés plus tard, j’observai par inadvertance les charmants invités se gaver de chair grillée d’animaux divers pendant que je chipotais, nauséeuse, mon aspic aux tomates. Évidemment, j’eus à expliquer en long et en large les raisons de mon végétarisme, ayant à répondre à des questions hautement originales du genre «Mais comment fais-tu pour ne pas manquer de protéines?» ou «Qu’est-ce que tu manges en voyage?».

Après le dessert, nous trinquâmes (toujours sans alcool) à la santé du beau-père. Tant de modération, ajoutée à la boucane des cigarettes, finit par me faire tourner la tête… Quoi qu’il en soit, vint ensuite le moment tant attendu des cadeaux : après la cravate, l’agenda électronique, le disque de Gilles Vigneault, l’ensemble de tournevis et la coloquinte du Malabar, mon album de photos homoérotiques de Mappelthorpe eut le mérite d’égayer la soirée. Le visage de Jacques prit une jolie tinte rouge violacé. Antoine, qui a toujours exclu l’homosexualité de sa weltanschauung, faillit faire une syncope et bafouilla quelque chose au sujet d’actes contre-nature et d’outrage à Dieu. Et Ginette, la grenouille de bénitier de service, fut aperçue vers la fin de la soirée, en pleine crise de coprolalie, proférant des mots qui feraient rougir un séminariste en gardant les yeux rivés sur une jolie photo de fist fuck.

Évidemment, ma mère me sermonna vertement, mais elle eut tant de mal à réprimer son fou rire que je sais que ma présence ne sera pas requise la prochaine fois que Jacques et ses amis voudront s’envoyer dans la stratosphère.

Merci à michel, pHiLoGrApH, Nadine, Tartopom, Math, Jean, Jérémie, The8thone, Jean-Philippe, Lyne, Pete Nick, Jonas dans la baleine, Denis la Menace et François !

Lorsque je ressens le besoin de vous faire le récit sublime de ma pitoyable journée, je me dis toujours «pourquoi ne pas en profiter pour faire un blogo-rallye?»

Je vous rappelle le principe: je vous demande de me soumettre, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit. Je me servirai ensuite des quinze premiers mots soumis pour vous faire un récit tout aussi sublime de la même pitoyable journée en tâchant de rester rigoureusement cohérente dans mon délire.

Et je vous supplie de ne pas être trop méchants. Je suis déjà si éprouvée…

Un samedi infernal

Qu’auriez-vous fait à ma place Vous joindre à une connaissance de fraîche date pour sombrer dans l’enfer de la luxure en copulant avec une entité démoniaque, ou participer à un barbecue de banlieue en compagnie de votre mère, de votre beau-père et ses amis cathos? Vous me connaissez, je ne recule devant rien lorsque vient le temps d’expérimenter de nouveaux frissons. J’ai donc choisi… de ne pas faire de peine à ma mère et d’aller siroter mon cooler sans alcool près de sa piscine hors terre. J’espère que l’incube avec qui j’avais rendez-vous n’est pas trop fâché de s’être fait poser un lapin!

Ce fut la fiesta la plus mémorable de ma courte existence. Après quelques mondanités, où les amis de Jacques-mon-beau-papa ont discuté chasse à l’orignal et rénovation de sous-sol de bungalow, nous eûmes droit à une distribution commentée de photos de voyage à Calgary, gracieuseté d’une pimbêche maquillée au rouleau qui fut jadis mon prof d’économie familiale. Une centaine de clichés mal cadrés plus tard, j’eus le loisir d’observer les charmants invités se gaver de chair grillée d’animaux divers pendant que je chipotais, nauséeuse, mon assiette de courgettes farcies aux lentilles. Évidemment, j’eus à expliquer en long et en large les raisons de mon végétarisme, ayant à répondre à des questions hautement originales du genre «Mais comment fais-tu pour ne pas manquer de protéines?» ou «Qu’est-ce que tu manges en voyage?».

Après le dessert, nous trinquâmes (toujours sans alcool) à la santé du beau-père. Tant de modération finit par me faire tourner la tête… Puis vint le moment tant attendu des cadeaux: après la cravate, l’agenda électronique, le disque de Gilles Vigneault, l’ensemble de tournevis et la poterie mexicaine, mon album de photos homoérotiques de Mappelthorpe eut le mérite d’égayer la soirée. Le visage de Jacques prit une jolie tinte rouge violacé. Antoine, le curé défroqué devenu animateur de pastorale faillit faire une syncope et bafouilla quelque chose au sujet d’actes contre-nature et d’outrage à Dieu. Et Ginette, professeur de catéchèse, fut aperçue, vers la fin de la soirée, répétant sans cesse «Mais comment est-ce qu’ils font?», les yeux rivés une photo de fist fuck ma foi, fort artistique.

Évidemment, ma mère me sermonna vertement, mais elle eut tant de mal à réprimer son fou rire que je sais que je serai exemptée à peu de frais de la prochaine surboum familiale.

Mesdames et messieurs, veuillez applaudir l’artiste.

Curieusement, c’est le mot « cerf-volant » qui fut le plus difficile à caser…

oothèques, linéaire, solitaire, gamin, bienheureuse, adultère, diptère, deep-throating, phylactère, ambidextre, gingivite, aoriste, indolent, exotique, cerf-volant.

Récit linéaire d’un samedi indolent

Je rêvais, bienheureuse, à Russell Crowe lorsque la langue râpeuse de Bonnot, le chef de bande de mes chats, vint interrompre mon sommeil en frottant ma joue. Je compris que l’heure du Meow Mix avait sonné et me levai péniblement, non sans faire un détour vers les toilettes pour me plier au rituel du pipi matinal. Après avoir nourri tous mes anars félins, j’eus la permission de me sustenter moi-même en lisant le journal que mon voisin n’avait par miracle pas encore eu le temps de me voler. Je me rinçais la bouche avec du Peridex (pour soigner une gingivite causée par une pratique abusive du deep-throating) lorsque ma mère, toujours soucieuse de mes fréquentations, m’appela pour me demander des nouvelles. Après l’avoir assurée que je n’avais pas passé la soirée à lui faire honte en compagnie d’individus louches, je l’écoutai me raconter en détail le récit passionnant de la rénovation de son sous-sol. Avant de raccrocher, elle prit bien soin, comme c’est son habitude, de me rappeler subtilement que son ingrate de fille de vingt-six ans n’aura jamais de gamin parce qu’elle aime mieux faire la vie avec une lesbienne adultère plutôt que de se trouver un mari et un cottage en banlieue.

Après avoir passé la matinée à lire sur l’oothèque des diptères Blaesoxipha filipjevi Rohdendorf du Sahel ouest africain dans le National Geographic, je pris la résolution de faire un peu de ménage, mon appartement étant dans un état lamentable. Mes efforts se limitèrent toutefois à passer l’aspirateur en récurant l’évier de la cuisine (je suis ambidextre) et à changer la litière de mes minous. J’estimai avoir suffisamment sacrifié au culte domestique et décidai de me payer une petite bouffe exotique au resto. Un ragoût de seitan chinois et deux papiers de fortune plus tard, je dérivai jusqu’à la librairie où j’achetai L’homme aoriste de Benoît J. Suykerbuyk ainsi qu’une carte de souhaits pour l’anniversaire de mon beau-père ornée d’un phylactère où l’on pouvait lire «Bonne fête vieux croûton». Comme il faisait chaud, je m’offris une glace à la vanille en tentant de me convaincre que l’obsession de la minceur est une forme d’oppression patriarcale.

De retour chez moi, je travaillai un peu sur les plans de cours que je dois remettre lundi, puis fis une sieste jusqu’à ce que Simone me téléphone. Après moult «je t’aime» et «je m’ennuie», elle m’informa que son offre de mariage était toujours valide, et je lui répondis par des blagues idiotes, en trouillarde que je suis. Je me fis ensuite une omelette champignons-Oka en me disant avec une mauvaise foi évidente qu’il faudrait bien un jour devenir végétalienne.

Peu de temps après, ma copine Caroline m’invita à sortir en compagnie de sa nouvelle flamme (un Californien qui ne sait parler que de surf et de cerf-volant), mais l’envie de traînasser en solitaire à la maison était si forte que je feignis une migraine de cheval. Après un bain aussi parfumé que prolongé, je m’installai au lit avec un verre de rouge et les Exercices de style de Queneau et me disant « Tiens, et si j’inventais le concept de blogo rallye?»

Un gros merci à Jovette, Jean, T, le meilleur papa, ozoff, Rooxy, phuong, pHiLoGrApH, Oldcola, Yann, Marie-Marie, Michel, Jean-Philippe, Tom et culculine !

J’ai décidé de faire une petite Raymonde Quenouille de moi-même. Alors mesdames et messieurs, au mépris de la mort et du ridicule, je vais tenter devant vos yeux incrédules et ébahis la première expérience de blogo rallye de l’histoire du Web.

Le concept est simple. Je vais d’abord vous faire le récit sublime de ma pitoyable journée, puis je vais vous demander de me soumettre, via les commentaires de ce blog, le premier mot qui vous vient à l’esprit (un seul par personne et pas de triche, j’ai vos adresses IP !). Je me servirai ensuite des douze premiers mots soumis pour vous faire un récit tout aussi sublime de la même pitoyable journée en tâchant de rester rigoureusement cohérente (ou du moins, pas plus incohérente qu’à l’accoutumée).

Vous êtes prêts et prêtes ? C’est parti !

Un samedi rocambolesque

Je rêvais langoureusement à Russell Crowe lorsque la langue râpeuse de Bonnot, le chef de bande de mes chats, vint interrompre mon sommeil en frottant ma joue. Je compris que l’heure du Meow Mix avait sonné et me levai péniblement, non sans faire un détour vers les toilettes pour me plier au rituel du pipi matinal. Après avoir nourri tous mes anars félins, j’eus la permission de me sustenter moi-même en lisant le journal que mon voisin n’avait par miracle pas encore eu le temps de me voler. Je finissais mon bagel lorsque ma mère, toujours soucieuse de mes fréquentations, m’appela pour me demander des nouvelles. Après l’avoir assurée que je n’avais pas passé la soirée à lui faire honte en compagnie d’individus louches, je l’écoutai me raconter en détail le récit passionnant de la rénovation de son sous-sol. Avant de raccrocher, elle prit bien soin, comme c’est son habitude, de me rappeler subtilement qu’elle n’aura jamais de petits enfants parce que son ingrate de fille de vingt-six ans aime mieux faire la vie avec une lesbienne carriériste plutôt que de se trouver un mari et un cottage en banlieue.

Mon appartement étant dans un état lamentable, je pris la résolution, après avoir passé l’essentiel de la matinée étendue en robe de nuit à lire des magazines crétins sur ma causeuse crasseuse, de faire un peu de ménage. Mes efforts se limitèrent toutefois à l’aspirateur, au récurage de l’évier de la cuisine et au changement de la litière de mes minous. J’estimai avoir suffisamment sacrifié au culte domestique et décidai de me payer une petite bouffe au resto. Un ragoût de seitan chinois et deux papiers de fortune plus tard, je dérivai jusqu’à la librairie où j’achetai les Poésies complètes de Villon en format de poche ainsi qu’une carte de souhaits pour l’anniversaire de mon beau-père adoré. Comme il faisait chaud, je m’offris une glace à la vanille en tentant de me convaincre que l’obsession de la minceur est une forme d’oppression patriarcale.

De retour chez moi, je travaillai un peu sur les plans de cours que je dois remettre lundi, puis fis une sieste jusqu’à ce que Simone me téléphone. Après moult «je t’aime» et «je m’ennuie», elle m’informa que son offre de mariage était toujours valide, et je lui répondis par des blagues idiotes, en trouillarde que je suis. Je me fis ensuite une omelette champignons-Oka en me disant avec une mauvaise foi évidente qu’il faudrait bien un jour devenir végétalienne.

Peu de temps après, ma copine Caroline m’invita à sortir en compagnie de sa nouvelle flamme (un anar plateformiste de San Francisco), mais l’envie de traînasser à la maison avec un bon bouquin était si forte que je feignis une migraine de cheval. Après un bain aussi parfumé que prolongé, je m’installai au lit avec un verre de rouge et les Exercices de style de Queneau et me disant «Tiens, et si j’inventais le concept de blogo rallye?»