Des nouvelles d'AA

Mais bon sang qu'est-ce qui peut bien lui arirver ?
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Vous trouvez peut-être que Lubricités, mon blogue chéri que je porte sur mon cœur depuis quatorze ans a des airs de ville fantôme dernièrement. C’est que je me consacre depuis quelques mois à un nouveau projet – et il est plus que temps que je vous mette au parfum, puisque j’en suis au centième épisode.

Intitulé Vie de licorne, il s’agit d’un feuilleton (très) vaguement basé sur ma vie amoureuse. Les personnages principaux (Elle, Lui et Moi) forment une triade polyamoureuse et pratiquent le BDSM, le sexe de groupe et les mauvais jeux de mots. Illes forment aussi une famille reconstituée avec leurs enfants, leur ex, leurs amoureux et amoureuses et leurs métamours. Le tout sous forme de dialogues, de conversations téléphoniques, de textos et de messagerie Facebook. Vous pouvez commencer la lecture au début ou consulter la liste des épisodes. On y retrouve aussi un lexique plus ou moins sérieux des mots particuliers et bizarroïdes utilisés dans le web-feuilleton. Enfin, vous pouvez acheter des t-shirts et de la merch, juste pour le lulz.

Je vous retrouve là-bas. À tout de suite !

Alors voilà, mon deuxième bouquin est en librairie aujourd’hui, ce qui fait de moi officiellement une écrivaine si je me fie aux lignes directrices de Wikipedia (n’allez pas me créer un article pour autant, de toute façon vous ne saurez pas quoi y mettre). Ça s’intitule Amants et comme pour Le carnet écarlate, c’est publié par les (féministes et légendaires depuis plus de quarante ans) Éditions du remue-ménage. Si vous avez envie d’en acheter une copie, rendez-vous sur leur site plutôt que d’engraisser Blaise Renaud.

Amants est un livre que je n’avais pas prévu écrire; il s’est en quelque sorte présenté de lui-même. Au commencement, je ne faisais que m’amuser sur Facebook en racontant des histoires invraisemblables avec des contraintes simples : la première ligne devait commencer par un prénom masculin, la deuxième devait contenir une chute rigolote, la troisième ligne ne devait contenir que le hastag #Amants et la longueur des lignes devait tenir dans la fenêtre des statuts de Facebook sans être brisées. À ma grande surprise, non seulement les gens qui me suivent sur Facebook ont tout de suite apprécié, mais illes se sont mis(es) à me confier leurs propres anecdotes pour que je les passe à la moulinette et les transforme en #Amants. J’ai ainsi reçu presque deux cent confidences qui sont devenues la base du bouquin, la majorité provenant de personnes s’identifiant comme femmes – et au moins le tiers par des personnes s’identifiant comme hommes. Comme la narratrice est toujours une femme, j’ai dû inverser les genres dans ce dernier cas et franchement, ce fut beaucoup plus facile que je ne l’aurais cru – comme quoi le genre, ce n’est peut-être pas si important que cela quand raconte des histoires de fesses. Le reste des #Amants (parce qu’il y en a 741) est constitué de mes expériences personnelles, de pures inventions ou encore sont des prétextes à jeux de mots idiots – parce que franchement, à part le chocolat et l’orgasme, il n’existe rien de meilleur au monde que les jeux de mots idiots.

Lorsque j’ai abordé les filles du remue-ménage avec le projet de publier un recueil de ces histoires en deux lignes, le problème qui s’est immédiatement posé fut : « Combien d’amants devrais-je inclure dans le livre? ». Trois-cent soixante-cinq, pour en avoir un par année? Six-cent soixante-six, parce que c’est le chiffre de la bête? Mille et un, parce que whatever? Il me fallait une raison à cette accumulation et cette raison est venue avec la structure que j’ai choisie pour organiser le tout.

<SPOILER ALERT>

Amants est un acrostiche géant. La première lettre de tous les prénoms masculins forme le poème Il n’y a pas d’amour heureux d’Aragon – amputé de la dernière strophe patriotarde, comme le chantait Brassens. Voilà pourquoi je n’ai cessé de me plaindre de la rareté des prénoms commençant par la lettre U, voyelle on ne peut plus utile pour écrire de la poésie. Le dernier vers de chaque strophe (« Il n’y a pas d’amour heureux ») forme les premiers mots de chaque interruption et aussi du récit qui clôt le livre – les coïts interrompus et la déprime post-coïtale. Le résultat, c’est que la structure porte un message tragique qui contredit l’humour souvent niais du texte et cette contradiction à mon sens reflète l’essence des relations humaines : une tragédie immense, vécue à coup de banalités et de niaiseries parfois rigolotes, parfois tendres, parfois sublimes, parfois lamentables ou même horribles.

</SPOILER ALERT>

Si j’avais à critiquer mon propre bouquin, voici ce que j’écrirais :

Amants est un curieux objet littéraire. L’objet est l’hétérosexualité telle qu’on la vit en 2017 et le portrait qu’en fait l’auteure n’est pas réjouissant, malgré le recours constant à l’humour. Le constat est clair : il n’y a pas d’amour heureux, la chair est triste et j’ai lu toutes les contrepèteries. Chaque anecdote est une pénétration, la première ligne étant le IN, la seconde ligne étant le OUT. Ces pénétrations forment quatre coïts qui sont interrompus et conclus par quatre textes où on s’interroge sur le  consentement, l’amour, la violence et le caractère érotique ou non des rhinocéros. Ne vous attendez toutefois pas à y trouver une moralité, un sens ou des valeurs pour guider votre vie. Amants est amoral et l’accumulation martelée d’anecdotes finit par tuer le désir et l’amour. C’est un voyage au bout de la nuit qui débouche sur le néant et le désespoir – et vous vous demanderez pourquoi vous avez ri à ce point. ★ ★ ★ ☆ ☆

N’étant pas critique, je vais plutôt me contenter de vous inviter à vous en procurer une copie – ou alors attendre quelques jours et tenter de solutionner la prochaine grille de mots croisés, pour en obtenir une copie dédicacée gratuite !

Mille gouttes opalines

La saison du ebook se poursuit avec la nouvelle version de Mille gouttes opalines, qui comporte maintenant quatre-vingt-un senryūs érotiques. «Mais Anne, qu’est-ce donc qu’un senryū ?», me demandez-vous. Au risque de passer pour une japoniaiseuse, je résumerai grossièrement la chose en disant que c’est la même querisse d’affaire qu’un haïku, sauf que les thèmes abordés concernent les humains plutôt que la nature. Les miens (sans surprise) parlent de sexe, de sexe et de sexe et sont maintenant téléchargeables en pdf et en epub.

ebooks

Oyez oyez, bande de fieffés vicelards et d’accortes gourgandines! Je suis en train de mettre à jour mes ebooks et c’est à vous (oui, VOUS) d’en profiter! Vous pouvez en ce moment télécharger les nouvelles versions (en pdf et en epub) de:

  • Commentaires désobligeants, une compilation stupétrissante d’aphorismes précédemment publiés partout sur le web (et même sur le site du Journal de Montréal, c’est dire);
  • Ce ne sont que des mots, mon recueil de poésies érotiques qui comporte tout plein d’illustrations typornographiques;
  • Fait divers, des tas et des tas de nouvelles insolites véridiques (*touse tousse*), vérifiées et versifiées.

La saison se poursuivra en octobre et en novembre avec Mille gouttes opalines, Sirventès, Paroles d’une flegmatiqueContre-feux et Comptines pour ne pas dormir (dont seulement les anciennes versions sont pour le moment disponibles en téléchargement dans la section «Mes bouquins»). Restez à l’écoute!

Parlant de vieux textes, je viens de mettre à jour Faits divers, mon recueil de nouvelles insolites (et scabreuses) versifiées. J’ai dû réécrire beaucoup des plus anciens quatrains, car visiblement j’avais encore de la difficulté en 2009 avec la diérèse et la synérèse. J’avais aussi une prédilection pour les rimes pauvres, manie dont je me suis heureusement départie depuis (ouf). Quelques-unes d’entre elles sont des fumisteries avérées; je les ai identifiées dans les notes en bas de page sans toutefois les retirer du recueil – ça m’aurait fait trop mal aux seins au cœur.

Vous pouvez télécharger le tout en format pdf. Je vous préparerai un epub dès que les piles de mon vibro seront mortes.

C’était un jeudi après-midi comme les autres. Comme à mon habitude, je me beurrais nonchalamment le muffin en regardant de la pr0rn mongole sur YourtePorn quand Anne, ma charmante (et homonyme) éditrice au Remue-ménage m’a contactée sur Fessebouc avec un message qui a immédiatement titillé mon intérêt – comme si j’étais quelqu’un qui avait besoin d’être titillée, hein.

«Y’a une demande un peu particulière qui vient d’arriver… qui ferait de toi une véritable star interplanétaire.»

Je n’ai pas vraiment envie d’être une star sur la Terre, mais comment résister à la perspective d’en devenir une sur Uranus? J’ai donc répondu :

«Le pape veut que je chante Une colombe au Stade ?»

Et bien non, c’était beaucoup, beaucoup plus étrange que cela – et pas mal moins glamour, aussi. La personne responsable du cahier Livres du journal Le Devoir que je ne nommerai pas (appelons-la Catherine) me sollicitait, via mon éditrice, pour que je lui écrive un texte de la Saint-Valentin qui «idéalement ferait faire une crise cardiaque aux lecteurs du journal, mais sans les faire crever.»

Peut-être que vous êtes un lecteur ou une lectrice du Devoir et que, par conséquent, vous savez exactement quel est le niveau de tolérance à la ribauderie de cette crowd. Moi, par contre, je suis si blasée que contempler un chanoine se faire joyeusement trousser à répétition par une troupe de boyscouts me fait au mieux réprimer poliment un bâillement. Dans ces conditions, comment éviter que l’infarctus ne soit létal ? Il fallait que je teste la longueur de ma laisse. J’ai donc envoyé un Nimelle à la personne dont je tairai le nom (appelons-la Catherine) en lui disant : « Pour choquer le lectorat du Devoir, je pense qu’il faudrait que j’écrive une nouvelle BDSM gay mettant en scène René Lévesque et Claude Ryan », dans l’idée qu’elle pousse les hauts cris et me dise exactement ce que je peux et ne peux pas faire. Or, à peine quelques minutes plus tard, voici ce qu’elle m’a répondu :

«Je serais game, pour Ryan & compagnie. Et puis c’est le jour de sortie du film Fifty Shades of Grey. Il y aura assez de bluettes dans l’air, ne faites pas trop joli par pitié !»

Comme dirait Philippe Couillard, je venais de recevoir un mandat clair pour y aller à la hache.

La tentation fut forte de décrire comment Ryan aurait pu faire usage de la main de Dieu dans le fondement coquet et nicotiné de Lévesque, mais je ne suis pas femme à cracher sur les monuments sacrés de la nation – en tout cas, pas devant un public qui ne connaît pas mes manies de crottée anarchiste. Je me suis donc appliquée à rédiger un récit juste assez polisson pour effrayer les âmes sensibles, tout en restant dans les limites consensuelles de la bienséance post-révolution sexuelle. Pour dire les choses platement, je me suis fiée à ce que les Éditions TVA étaient capables de tolérer, à l’époque où elles daignaient encore me commander des petites histoires pour leur magazine de soft-porn. Pas descriptions trop détaillées. Les fluides corporels en quantité minimale. Pas de joual pour décrire les organes génitaux (je sais, ça sonne «complexe du colonisé», mais je vous jure que c’est un critère incontournable).

Lorsque la gentille responsable du cahier Livres que je ne nommerai pas (appelons-la Catherine) a reçu le texte, elle a eu l’air assez contente du résultat, bien qu’elle m’ait confiée que la scène de fist fuck et celle du camelot baiseur du Devoir dépasserait probablement les bornes. Après consultation avec ses patrons, le verdict fut tout autre : «Trop porno.» m’a-t-elle écrit, en ajoutant «Je sais, je sais, la limite entre le porno et l’érotique est floue, mais on me rétorque qu’on est un journal grand public.»

Libre de penser (lol)

Alors là, moi, je me suis vraiment mise à rigoler. Parce que :

  1. Anne, ma charmante éditrice anonyme, s’est mise à capoter en apprenant la nouvelle – et elle est tellement cute quand elle n’est pas contente.
  2. Distinguer pornographie et érotisme? ¸Êtes-vous sérieuse? Come on! Nous ne sommes plus en 1971, je pense que la discussion est close depuis un sacré bail. C’est la MÊME QUERISSE D’AFFAIRE, bordel !
  3. Si Le Devoir, cette petite feuille nationaliste vaguement progressiste et interlectuelle qui est sur le point de faire faillite depuis 1910 est grand public, alors le Journal de Montréal, c’est quoi? Un journal giga-public inter-planétaire – Uranus compris?
  4. Ryan qui fouette et encule Lévesque, c’est ok, mais de la crème fouettée sur la noune d’une conseillère municipale, ça ne l’est pas? Je me demande qui est la plus tordue d’entre nous, sans blague.
  5. N’aviez-vous pas une petite idée à qui vous avez demandé de « ne pas avoir peur de choquer » ? Je sais que je ne suis pas passée à Tout le monde en parle et que vous n’avez probablement pas eu le mémo, mais je ne suis pas Sœur Marie-Paule Ross, hein.

La journaliste que je ne nommerai pas (appelons-la Catherine), triste et déconfite, n’osait pas me demander de réécrire. Je la comprends : quelqu’un d’autre que moi (genre Sœur Marie-Paule Ross) l’aurait immédiatement envoyée se faire voir – ou pire, l’enjoindre de déguster un plat préparé par Christian Bégin. Or, je ne suis pas une artiste, une écrivaine ou – Satan m’en garde – une poétesse, moi. La littérâââture, je m’en branle. Elle n’a rien de sacré pour moi; en fait, absolument rien n’est sacré pour moi. Javelliser une nouvelle érotique pour ne pas faire bobo aux queneuils des lecteurs du Devoir, why not? L’occasion était trop belle pour publier la version originale de mon côté et inviter mes lectrices et lecteurs adorés de jouer au jeu des vingt différences. Et rire un peu, tant qu’à y être, de cette pauvre, pauvre élite intellectuelle québécoise, qui est si mal en point que je me sens mal d’y prendre autant de plaisir.

Comprenez-moi bien : si j’écris ce texte, ce n’est ni pour m’indigner de la censure, ni pour jouer les victimes, ni pour attirer la pitié, ni pour crier «Je suis Charlie» en brandissant dans mes mains ensanglantées le cadavre de mes libertés bafouées. Si vous croyez (sans rire) qu’il existe vraiment ici un droit à la libre expression naturel et inaliénable, je suis vraiment triste pour vous et votre douce naïveté. Tant qu’il y aura des propriétaires, les idées ne seront que des marchandises comme les autres et ce sont ceux qui les vendent – et qui ont les moyens de les acheter – qui auront toujours le dernier mot. Non, qu’on me refuse un texte rédigé exactement comme on me l’a commandé me semble «normal» dans le contexte social qui est celui dans lequel je suis condamnée à vivre. Ça fait partie de la proverbiale game. Et puis, franchement, je ne suis quand même pas une blogueuse saoudienne qui reçoit mille coups de fouet par tranches de cinquante coups hebdomadaires; ça, c’est plutôt ce que je pratique comme loisir dans l’intimité de mon foyer.

Si j’écris ce texte, c’est pour vous rappeler une banalité de base que moi-même j’avais depuis longtemps oubliée, isolée que j’étais dans ma bulle de radicalisme (et dans mon demi-sous-sol) : les mots de la sexualité, encore en 2015, restent puissants. Malgré tout ce qu’on en dit, malgré cette culture soi-disant hypersexuée, malgré la pr0n accessible gratos à toute heure du jour et de la nuit, malgré qu’ils existent dans la langue française depuis des siècles, malgré qu’ils soient restés les mêmes depuis des siècles, malgré qu’on les répète depuis des siècles et malgré que nous les ayons tous et toutes entendus mille fois depuis la cour d’école jusqu’à l’hospice, la puissance incroyable des mots cochons ne s’est pas encore émoussée. Ils brûlent encore la rétine et transpercent encore les tympans. Ils ont encore le pouvoir de remuer les sangs et de mettre le rouge au front.

Et ça, je dois vous avouer que ça me procure un indicible bonheur.

Joyeux Festivus à toutes et à tous ! C’est maintenant une tradition établie: j’ai un cadeau SUPERCAFRILI… SUPERFRACILA… FRAGILIS… INCROYABLE à vous offrir. Que diriez vous d’une copie extrêmement gratuite de Pr0nographe, le ebook qu’il faut télécharger pour pouvoir se vanter de l’avoir lu ? OUAOU ! C’est un miracle de Festivus, à n’en point douter.

Pour l’obtenir, vous n’aurez qu’à:

  1. Devenir mon ami(e) Facebook (si ce n’est pas déjà fait — d’ailleurs, je me demande qu’est-ce que vous attendez… Allez! Zou!);
  2. Trouver le statut qui annonce la distribution Pr0nographe comme étrenne de Festivus et le partager sur votre mur, en formulant un grief – dites-nous de quelle façon 2014 fut une déception pour vous;
  3. M’envoyer un message en pv sur Fessebouc me réclamant votre copie en m’indiquant si vous préférez un pdf ou un epub.

La formulation des griefs

Attention, il est très important que vous respectiez l’ordre des opérations. Si vous m’écrivez et que nous ne sommes pas encore unis par les liens sacrés de l’amitié Facebook, votre message tombera dans la boîte «Autre», celle que je ne vais JAMAIS lire (c’est dire à quel point je suis méta-snob). Ne vous en faites pas si je ne vous réponds pas dans la seconde; l’an passé, j’ai distribué une centaine de copies. Alors soyez patients, j’ai beau être magique, je ne suis pas la Mère Festivus, quand même.

Et n’oubliez pas: cette offre est d’une durée limitée et se terminera dès la fin de Festivus. Les miracles ne durent qu’une saison, alors enlevez vos doigts de votre nez et allez en profiter !

Je vous embrasse toutes et tous autant que vous êtes et vous remercie d’être le meilleur lectorat de l’UNIVERS (et du Japon).