Des nouvelles d'AA

Mais bon sang qu'est-ce qui peut bien lui arirver ?
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La conférence interrompue

«Commence une mélodie étrange, celle de l’amour à six. On dirait une pièce de musique concrète de Pierre Schaeffer : percussions rythmées produites par le matelas et le lit, grognements graves des hommes qui répondent aux plaintes flûtées des femmes. Le rythme fluctue, tout en accélérant. Les voix se tissent, se nouent et se défont autour de ce martèlement, jusqu’au cri final

* * *

Je suis en plein processus de réécriture de mes anciens textes. Ça peut sembler étrange, mais cela fait selon moi partie de l’auto-publication sur le web: il n’y a jamais de version définitive, chaque oeuvre est un chantier perpétuellement ouvert et ce n’est que lorsque je serai définitivement partie pour Croatan que ce que j’aurai écrit se fixera – ou sera atteint de rigidité cadavérique.

Je vous soumets donc aujourd’hui la seconde version de ce texte qui date de 2010. Intitulé La Conférence interrompue, il s’agit d’une pièce érotico-philosophique sous forme de transcription de fichiers audio (qui, vous vous en doutez bien, n’existent pas). La prémisse est la suivante : après une nuit passée chez son amant, une femme prépare une conférence sur l’anarchie qu’elle doit donner le soir même. Elle est toutefois continuellement interrompue dans son travail par une série de personnages dont le comportement, par inadvertance, vient illustrer le propos de la conférence – comme si la vie, foisonnante et incontrôlable, faisait irruption dans la théorie.

Pour cette deuxième version, j’ai corrigé une quantité stupéfiante de coquilles et de fautes, en plus d’ajuster un peu le vocabulaire pour le rendre un peu plus «oral» (même si personne ne parle comme ça, j’en suis bien consciente). J’ai aussi ajouté quelques répliques, histoire de rendre les transitions un peu plus naturelles.

Prenez et téléchargez-le tous, ceci est mon pdf, livré pour vous.

Ce soir a eu lieu le lancement du Carnet écarlate. Vous n’y étiez pas? Vous avez manqué quelque chose – je n’y était pas moi non plus et ce fut marvoulousse, croyez-moi sur parole. La divine poétesse Pascale Bérubé (envers qui je serai éternellement reconnaissante), qui avait été mandatée de me représenter, a lu un petit mot que je m’empresse de partager avec vous.

Dédicace

Bonsoir à tous et à toutes. Je m’appelle Pascale Bérubé et je suis Anne Archet. Depuis des années, à l’insu de mes proches, de mes amis, de ma famille, des forces de l’ordre, du petit Jésus et même de moi-même, je mène une double vie en perdant un temps incommensurable sur internet.

Bin Non. Je blague. Je ne fais que lire ce qu’Anne nous a écrit. Vous pouvez bien rigoler : je suis autant soulagée que vous. Parce que moi, je sais qui c’est et sincèrement, vous ne voudriez pas être coincée dans un ascenseur avec elle.

En tout cas. Le reste va comme suit :

«Chères amies, je vous présente toutes mes excuses. Encore une fois, je brille de la seule façon que je le peux – c’est-à-dire, par mon absence. Vous attendiez-vous vraiment à me voir ce soir? Vous pensiez qu’une petite chinoise maigre comme un jour de carême finirait par se pointer pour faire une crise de panique et d’incontinence urinaire live, devant vos yeux ébahis? Bien sûr que non. Allez, avouez que vous n’êtes pas surprises si j’ai préféré rester terrée dans mon mythique demi-sous-sol du vieux Hull, en compagnie de mes chats, de mon Hitachi Magic Wand modifié et de ma maladie mentale. Meilleure chance la prochaine fois. Tourlou, merci d’être venus, bonne soirée et portez-vous bien.»

Voilà. C’est tout ce qu’elle nous a écrit. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je trouve ça franchement irrespectueux envers nous tous. Une auteur a le devoir de se présenter devant ses lectrices pour dédicacer des livres, répondre aux questions des journalistes et faire semblant que Guy A Lepage est comique. C’est pour cela qu’après mûre réflexion, j’ai décidé ce soir de la démasquer. Vous voyez la femme qui est à l’arrière, à côté du rayon des nouveautés…? Oui, celle qui fait semblant que ce n’est pas elle et qui fait non de la tête. Eh bien, croyez-le ou non, Anne Archet, c’est ELLE. Allez, Anne! Viens me rejoindre, ne sois pas timide. On l’encourage par une bonne main d’applaudissement ! Mesdames et messieurs, ANNE ARCHET!

Ha, ha, ha. Évidemment, ce n’est pas vrai pantoute, je suis encore en train de lire la note qu’Anne nous a fait parvenir. Je ne contrôle absolument pas ce que je dis, c’est elle qui me met les mots à la bouche : noune, plotte, totons, clitorissse, pwel, fromage de batte, glaire cervicale. Yesss ! Je me sens comme une ventriloque TOUTE PUISSANTE ! Je suis DIEU ! Wooohooo! Je suis presque aussi omnipotente que Fabienne Larouche et juste une peu moins épeurante!

Trêve de gnéseries. Que peut-on dire au sujet du Carnet écarlate… Vous avez lu la quatrième de couverture? Je pense que tout est là : c’est «le meilleur de moi-même». Je suis une femme de peu de talents : j’aurais aimé savoir résoudre des intégrales quadruples, cuire un soufflé qui ne s’effouère pas lamentablement, trouver un vaccin contre la fièvre Ebola ou simplement être douée pour vivre comme une personne normale et saine d’esprit – vous savez, le genre qui se présente en personne dans les lancements pour grignoter des petits fours. Hélas, je ne sais que faire de l’esprit, si possible en mots de cinq cents mots. Vous avez donc entre vos mains le meilleur de moi-même, mon moi profond, l’essence de mon être – et je vous prierais de ne pas vous servir de mon moi profond comme sous-verre, mon âme est déjà assez tachée par le vice pour en plus se retrouver avec des cernes de boisson.

Le Carnet écarlate est une collection de petits textes érotiques écrits sur une très longue période de temps. Les plus anciens datent du siècle dernier, c’est dire à quel point ils sont old school. Depuis que je sais écrire en lettres attachées, je remplis des carnets avec tout ce qui me passe par la tête. Ma puberté ayant été fort précoce, ce qui me passe par la tête s’est mis assez rapidement à s’organiser autour d’un thème unique : ce qui se passe dans et autour de ma culotte. Lorsque les dynamiques et séduisantes éditrices du Remue-ménage m’ont demandé si j’avais quelque chose qui traînait dans mes tiroirs, j’ai pris une grande respiration et j’ai plongé dans cet océan de lambeaux de textes pour en extraire la substantifique moelle, celle que je vous invite aujourd’hui à sucer sans vergogne.

(Ha ! Je lui ai fait dire : «sucer sans vergogne!»)

Le Carnet écarlate parle de sexe et comme la sexualité humaine, il est parfois drôle, parfois tragique, parfois jouissif, parfois traumatisant, parfois tendre, parfois cruel – parfois érotique, tendre et angélique, parfois porno, crade et vulgaire. Je vous invite à l’aborder comme un catalogue inachevé et (dé)raisonné de l’amour physique entre femmes. Comme une boîte de chocolats assortis dont certains sont à la ganache et d’autres au poivre noir. Comme un écrin à bijoux contenant des perles et des œufs de cafard.

Je voudrais en terminant remercier toute l’équipe du Remue-ménage, en particulier Valérie Lefebvre-Faucher qui m’a fait bénéficier de ses conseils et qui m’a permis de rendre ce fouillis libidineux publiable. Aussi bien l’avouer, puisque c’est un secret de polichinelle : Anne Archet, en réalité, c’est elle. Je m’en voudrais de ne pas remercier Anne Migner-Laurin, sans qui le bouquin n’aurait jamais vu le jour et qui depuis si longtemps se cache derrière le pseudonyme d’Anne Archet. La coquine : comment être surprise? Un immense merci à Mélanie Baillargé, l’extraordinairement talentueuse illustratrice du Carnet écarlate; je dirais bien qu’elle aussi est Anne Archet, mais ça serait faire trop d’honneur à ma petite personne. Disons le franchement : Mélanie est Anne Archet, mais en beaucoup, beaucoup mieux. Je tiens aussi à remercier Stéphane Rivard, alias SS Latrique, alias Anne Archet, mon partenaire dans la terreur et dans le crime qui a tant travaillé avec Mélanie pour organiser ce lancement. Enfin, merci à la Librairie Le port de tête de nous avoir accueilli ce soir ; dorénavant, je ne volerai plus jamais de livres chez vous. Promis.

Bonne soirée. Je vous embrasse, tous autant que vous êtes.

Anne Archet

* * *

Le Carnet écarlate est en vente chez tous les bons libraires et même les mauvais, en format papier, epub et pdf.

— Qu’est-ce qu’il y a là-dedans? me demande-t-elle en feuilletant le carnet écarlate.

— Le meilleur de moi-même.

— Vraiment ? Alors je dois lui faire l’amour.

Elle lèche une page comme s’il s’agissait de mon sexe, effaçant petit à petit de sa salive tout ce que j’avais écrit, puis offre à ma bouche un petit bout de langue bleue.

Le carnet écarlate

Voilà, c’est enfin officiel : mon nouveau (et premier, du moins sur papier) bouquin sera disponible en librairie le 14 octobre prochain. Ça s’intitule Le carnet écarlate, c’est publié par les Éditions du remue-ménage et c’est constitué de très courts textes érotiques – certains aussi courts qu’une phrase – illustrés par la sublime (et esssstrêmement talentueuse) Mélanie Baillargé. Un gros cent quarante pages d’amour saphique décliné sur tous les tons.

Il y aura un lancement à Montréal, à la Librairie Le port de tête le 15 octobre à 18h00. Si vous faites partie de ce 123% de la population mondiale qui s’est inscrit sur Facebook, vous pouvez y trouver les détails. Ce sont Mélanie, le ténébreux SS Latrique et mes gentilles éditrices féministes qui l’organisent. Vais-je être présente? Qui sait… peut-être arriverai-je à y débouler en cassant un talon pour faire tout un scandale induit par la dose massive d’anxiolytiques que j’aurai préalablement ingérée pour me donner le courage initial de sortir de mon demi sous-sol.

Ou alors je trouverai une pulpeuse Anne Archet de rechange et je la chargerai de vous transmettre toute mon affection émoustillée.

On verra.

Ainsi se termine l’édition 2014 de la Nuit de la comptine. Un immense merci à tous ceux et celles qui ont mis des sous dans mon chapeau; vous êtes des amours en sucre d’orge.

Rendez-vous dans un jour ou deux pour télécharger la nouvelle édition augmentée des Comptines pour ne pas dormir, qui inclura des illustrations originales par votre athlète de la gnéserie cochonne préférée.

Comme le dit toujours mon agent de libération conditionnelle: c’est un dossier à suivre.

J’ai besoin de sortir de cette léthargie estivale et de me secouer un peu. Voilà pourquoi j’ai décidé, dans la nuit de vendredi à samedi, d’organiser la (cinquième? sixième? – j’ai perdu le fil, après toutes ces années…) édition de ma nuit de la comptine grivoise.

Le concept est simple: de vingt heures à huit heures, je vais écrire une comptine à l’heure et la publier ici, sur mon blog chéri d’un blanc virginal et immaculé. Au menu: rythmes bancals, rimes approximatives, gros mots, polissonneries immatures et pieds-de-nez divers. Pour vous donner une idée du résultat, téléchargez les comptines des nuits précédentes que j’ai regroupées dans mon recueil intitulé Comptines pour ne pas dormir.

Et si d’aventure cette performance esssstradinaire et flabergastante vous impressionne au point de vous donner l’envie d’encourager l’artiste en lui lançant quelques sous dans son chapeau, je me ferai un plaisir d’agiter sous votre nez le lien vers mon compte PayPal.

Comme le dit toujours mon psychiatre : c’est un rendez-vous.

La lettre Y ressemble trop à une noune

C’est aujourd’hui la Sainte-Marguerite de Cortone, patronne des prostituées et des pornographes* et pour célébrer dignement l’occasion, je vous offre en exclusivité et gratuitement (ce qui prouve que je suis moins pute que j’en ai l’air) la dernière version de mon recueil de poésies érotiques intitulé Ce ne sont que des mots, en format pdf.

À l’intérieur, vous trouverez, en plus d’une suite interminable de mots obscènes, quelques illustrations typornographiques de mon cru dont l’une d’entre elles vient de me valoir une suspension de vingt-quatre heures de mon compte Facebook. Il semblerait que représenter une relation sexuelle entre deux femmes en utilisant des lettres, des chiffres et de la ponctuation soit immoral… Qu’est-ce que ce sera, ensuite? Il vont censurer la lettre Y parce qu’elle ressemble trop à une noune? Et qui veulent-ils protéger, au juste? Les gamins de treize ans sur Facebook qui n’ont pas encore découvert YouPorn?

Je sais, je sais, c’est très facile de se moquer de la censure, mais pourquoi m’en priverais-je? La censure est, par essence, risible et surtout, presque impossible à pratiquer autrement que de façon bête et arbitraire. J’aligne des caractères sur un écran pour former des mots et il y en a qui suffoquent. Je les aligne alors de façon à ne pas former des mots et je les choque encore plus. Ne serait-ce pas plus simple de tout permettre et demander aux bonnes âmes de détourner simplement le regard quand elles se sentent offensées?

Ah la la, quelle triste époque. Je vais aller lire de la pr0n, tiens, pour me consoler. Les administrateurs de Facebook devraient en faire autant: c’est souverain contre la crispation anale.

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* Inutile d’aller vérifier, ce n’est même pas vrai: c’est le 22 février.

Joyeux Festivus à toutes et à tous ! J’ai un cadeau SUPERCALIFRAGILIS… (je ne me souviens plus du reste) à vous offrir: une copie extrêmement gratuite de Pr0nographe, le ebook qu’il faut télécharger pour pouvoir se vanter de l’avoir lu ! Pour l’obtenir, vous n’aurez qu’à:

  1. Devenir mon ami(e) Facebook (si ce n’est pas déjà fait — d’ailleurs, je me demande qu’est-ce que vous attendez… Allez! Zou!);
  2. Trouver le statut qui annonce la distribution Pr0nographe comme étrenne de Festivus et le partager sur votre mur;
  3. M’envoyer un message en pv sur Fessebouc me réclamant votre copie et me disant pourquoi Festivus est votre fête préférée.

Attention, il est très important que vous respectiez l’ordre des opérations. Si vous m’écrivez et que nous ne sommes pas encore unis par les liens sacrés de l’amitié Facebook, votre message tombera dans la boîte «Autre», celle que je ne vais JAMAIS lire (c’est dire à quel point je suis méta-snob).

Je vous embrasse toutes et tous autant que vous êtes et vous remercie d’être le meilleur lectorat de l’UNIVERS (et du Japon).

Chose promise, chose due (et chose trop mise, chose pue). Poursuivons le dépouillement du poteau d’aluminium de Festivus avec un autre cadeau INCROYABLE. Il s’agit de la dernière mouture de Lambeaux de chair, un recueil de très courts textes érotiques qui vont d’une phrase à une page. Les gens qui me suivent sur Twitter (vous remarquez à quel point je fais de l’auto-promo, n’est-ce pas?) reconnaîtrons plusieurs de ces textes de cent quarante caractères que j’ai rédigés par manque de caractère – cette paresse ignoble qui m’empêche d’écrire le roman génial qui me permettrait de remporter le Nobel de littérature (ou le Goncourt, à la rigueur).

Le bouquin compte pour le moment 119 pages et je compte n’arrêter que lorsqu’il sera trop lourd pour être envoyé par courriel (c’est-à-dire, jamais). Même si c’est un work in progress, rien ne vous empêche de le télécharger et de vous en vanter lors de votre prochaine réunion de famille; selon tous les chroniqueurs mondains, c’est tellement tendance en ce moment que la galerie sera non seulement épatée, mais aussi aveuglée par l’éclat de votre bon goût.

Oh, et n’oubliez pas de revenir ici demain: je vous réserve une jolie surprise pour Festivus.

Ho ho ho-ld your breath, la distribution des cadeaux se poursuit ! Je vous offre maintenant la dernière version de mes Sirventès. Il s’agit d’une forme poétique fixe héritée du Moyen âge,  un poème à caractère satirique, politique ou moral que chantaient en Provence les troubadours des XIIe et XIIIe siècles. Les miens (trente huit en tout) en reprennent davantage l’esprit que la forme: j’y parle d’anarchie, d’individualisme, de liberté et de Riot dog. En prime, on y trouve un lien vers l’un des sirventès que Rodrigue a mis en musique sous le titre Le Quai Voltaire.

Ne partez pas trop loin, hein. D’autres surprises vous attendent.

Je devrais faire le ménage plus souvent. Lasse de provoquer l’explosion d’un nuage de poil de chats chaque fois que je posais mon délicat popotin sur le divan, j’ai pris mon courage à deux mains et l’aspirateur de l’autre (j’ai autant de bras de Kali la noire) et j’ai frotté comme une folle jusqu’à ce que mon salon ne puisse plus spontanément passer à la télé-réalité Hoarders. Ce faisant – ô miracle – je suis tombée sur une clé usb qui s’était glissée entre les coussins et qui y était restée cachée depuis… probablement 2007 et sur laquelle se trouvait Versets de chair, un recueil de petits poèmes en prose que j’ai écrits il y a fort longtemps, quand j’étais jeune, romantique, pleine d’espoir et que je croyais à l’amour. Qu’est-ce qu’on change en quinze ans, hein.

Prenez et téléchargez-la tous, ceci est mon oeuvre de jeunesse, livrée pour vous.

Vous savez ce dont le monde a vraiment besoin? Un recueil de textes érotiques en format pdf mêlant religion, mythologie, dieu, messie et vin de messe. Heureusement, j’y travaille depuis un bout de temps déjà! Voici donc, en grande primeur, la première version de Retailles d’hosties, qui regroupe (pour l’instant) une quinzaine de récits et poèmes profanes et blasphématoires.

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Prenez et téléchargez-le tous, car ceci est mon pdf, livré pour vous.

Comme vous le savez déjà (parce que je passe mon temps à le répéter continuellement depuis deux mois), mon blogue fête son dixième anniversaire. Pour souligner l’événement, j’ai reçu une page de mon propre journal intime, telle que revue et réinterprétée par Britanny Cocket. «Mais qui donc est cette mystérieuse inconnue?», vous entends-je crier jusque dans mon demi sous-sol. Sachez que derrière ce pseudo aussi sensuel que coquet se cache une déesse des internets qui sème l’émoi et l’indignation partout où elle passe. Si vous êtes moindrement habile avec les Googles, vous finirez bien par savoir de qui il s’agit. 

Comme tous les autres avant elle, Britanny a reçu une copie de Pr0nographe, le ebook dans lequel on retrouve tous les E que Perec n’a pas utilisé dans La disparition.

* * *

18 mars 1993, L’Épiphanie

Cher journal,

 Tous les matins, on nous fait chanter la gloire de la nation en regardant le fleurdelisé se rabattre dans le ciel gris de l’automne. C’est beau comme une petite lanterne chinoise qui rayonne bleue sur nos voix d’effilochés. La thérapeute des AA de l’amour — Linda, celle que j’aime bien dans ses shorts rouges moulants et son cardigan jaune Ronald McDonald —, comble nos vides à coups de social-démocratie, des paquets cadeaux en forme de montgolfière touchent la voûte de nos idéaux irréalisables. J’ai hâte de pouvoir voter et je recommence à croire en la beauté. Si seulement je pouvais devenir une femme de tête, une première première ministre, et Manon Rhéaume me donne le courage de semer des graines sur les icebergs. Fuck that que la couche d’ozone est picottée à cause de mon toupet crêpé aux BPC en canne, j’ai fini de culpabiliser ma vie.

On va me réhabiliter. Je serai le cœur fondant de la masse pis ça va t’être beau. Je ne me peux plus d’avoir envie d’aimer Jacques Parizeau pis d’aller me branler sur le must du moment de la culture Québ : Agaguk en film, avec des gars suants pis des os de phoque en barnique. Brigitte Bardot peut bien hurler à l’horreur, je veux aller à Kuujjuaq me faire des mitaines. Je veux être belle comme Josée Chouinard après un double boucle piqué pis avoir des étoiles dans les yeux, fait qu’en attendant, je me suis achetée une casquette rose fluo humor design pour fitter avec le reste du peuple. Y a des haut-parleur partout sur le site pour nous convaincre d’écouter CKOI. J’ai compté, pis Runaway Train a joué quarante-trois fois aujourd’hui. Mais je m’en fous. J’aime ça, bon. Je suis tout le monde.

 

Bien à toi,

Anne Archet

Les célébrations se poursuivent avec la contribution de Zhom, alias Kayou, alias Aleksi K. Lepage, alias Luigi «pas le même que l’autre». Longtemps la rumeur a couru que Kayou était Anne Archet et inversement; maintenant qu’elle s’est essoufflée comme un quinquagénaire ayant fait la résolution de se mettre au jogging pour le nouvel an, on peut conclure que nous sommes des jumeaux cosmiques qui aiment vomir allègrement la même nourriture (des croquettes Winster’s). Comme Latrique et Hardcore avant lui, Monsieur Lepage s’est mérité une copie de Pr0nographe, le ebook qui faut lire pour pouvoir se vanter de l’avoir lu.

* * *

Que le temps passe! Anne Archet célèbre cette année son 10e anniversaire d’expositions au Salon des métiers d’art de Montréal, et compte bien présenter ses créations au Salon de Limoges en automne. Sa spécialité : les sous-plats. Mais elle adore également fabriquer des vases décoratifs, des cruchons, des cocottes. Archet nous a accordé un bref entretien, dans les toilettes de la Place Bonaventure.

Dix ans de céramique

Pour Anne, la céramique ne relève pas de l’artisanat, un mot qu’elle trouve rabaissant, vaguement péjoratif. Elle préférera l’expression art du feu : ¨La céramique est considérée comme le premier art du feu de toute l’histoire de l’humanité, bien avant la métallurgie, et même avant l’invention du verre, explique-t-elle en changeant de tampax. ¨Travailler avec ces matériaux, qu’ont utilisé pendant des siècles les artistes des premières civilisations, est une expérience qui ne cesse de me fasciner. Rendez-vous compte! À une époque lointaine, des gens pratiquaient le même métier que moi. C’est hallucinant! C’est un voyage dans le temps! Rendez-vous compte! Vas-tu t’en rendre compte? Là, tout de suite! Rends-toi-en compte! Maintenant, ça presse! Rends-toi-en compte! VITE!¨

Archet se méfie de la hiérarchisation des arts et ne voit aucune différence fondamentale entre une cruche et la Chapelle Sixtine ; ¨Quand on y pense bien, la céramique procède de la même expérience de création que la construction d’un temple. Donc, une cruche ou n’importe quoi, c’est pareil. C’est identique. Une hostie de cruche ou n’importe quoi, c’est la même chose, objectivement. Un crisse de sous-plat ou une cathédrale, c’est PAREIL Il faut que tu t’en rendes compte! VITE!¨, hurle-t-elle en moulant un bronze.

Quant au Salon de Limoges, Anne y réalisera un rêve. ¨Limoges est en quelque sorte le chef-lieu de la céramique. Il y existe même la célèbre ENSCI, L’École Nationale Supérieure de Céramique Industrielle. On ne réalise pas à quel point la céramique fait partie de nos vies quotidiennes et de nos environnements ordinaires. La céramique est partout. Partout. Ne cherchez pas la céramique, la céramique viendra à vous. La céramique viendra en toi. Elle viendra en toi. Oui, la céramique viendra en toi. Que tu le veuilles ou non. Veuille-le. Rends-toi-en compte et veuille! VITE ¨, clame-t-elle en fuyant subitement vers son destin.

Le texte suivant m’a été offert par le seul et unique Ed Hardcore, prince des ténèbres de Terreur!Terreur! et personnage délicieusement non-recommandable. Comme tous les autres participants (et parce qu’il occupe une place bien spéciale dans mon coeur de midinette),  il s’est mérité un exemplaire de Pr0nographe qu’il m’a promis de lire dès qu’il aura terminé de démembrer le corps de sa dernière victime dans son sous-sol.

* * *

On était saouls, on était visqueux, la morve facile à cause de la coke cheap, on avait de la misère à marcher, mais on est finalement arrivés chez elle. Aussitôt la porte débarrée, j’ai mis en branle mon projet de la violer, je l’ai accotée dans le portique, je l’ai agrippée solide à’ gorge a’ec ma grosse patte droite pis j’ai vissé mes yeux dins siens.

— Anne…

— J’m’appelle pas A…

Claque !

— Là, maintenant, tu t’appelles Anne. Capitche ?

— Oui mon chou, je m’appelle Anne.

J’ai planté profond ma langue dans sa yeule pis j’y ai liché la luette en guise de french. J’ai fait glisser ma patte gauche sous sa camisole pis j’y ai plotté les boules. Des crisse de grosses boules, du stock de pro ! Elle a détaché mes jeans, sorti ma graine pis elle a commencé à me crosser a’ec frénésie.

— Oh, Anne…

J’y ai ortroussé sa jupe, arraché sa culotte pis j’ai aussi commencer à lui crosser son hostie de gros batte.

— Oh, Ed…

Joyeux anniversaire, ma belle !

Ed.Hardcore

xXx

The Left Hand of Satan

Pour célébrer le dixième anniversaire de Lubricités, j’ai décidé de vous faire un petit cadeau: mon nouveau ebook en format pdf intitulé Lambeaux de chair.

Il contient de 122 pages de très courts textes érotiques – d’une toute petite phrase à quatre paragraphes – certains inédits, d’autres déjà publiés sur mon compte Twitter et d’autres trouvés dans mes fonds de tiroirs. Il s’agit d’un oueurkinprogresse; la version finale aura à peu près 250 pages.

Bonne fête à moi !

Mesdames, messieurs (ainsi que tous les autres qui refusent d’être catégorisés dans ces viles catégories contraignantes et hétéronormées), c’est dans la joie et l’allégresse que je lance officiellement les festivités soulignant le dixième anniversaire de Lubricités – Les cahiers d’Anne Archet.

AAniversaire

Comme vous le savez sûrement, j’ai organisé un concours littérrrrâireu pour souligner l’évènement  dans le but non-avoué (mais facile à deviner) de me faire couvrir d’hommages gratinés. Le résultat fut au-delà de mes espérances les plus intoxiquées, puisque vous fûtes nombreux et nombreuses à me faire parvenir vos textes. Commençons avec celui du sexe et magistral SS Latrique, mon partenaire dans le crime qui a eu l’inconscience d’écrire avec moi l’horrible Décamoron sur Terreur!Terreur!. Dans un revirement de situation dont lui seul a le secret, il a décidé d’organiser un concours à l’intérieur de mon concours. Comme c’est métatextuel !  Mais qui osera répondre à un tel appel…

* * *

Cher lectorat, je dois t’avouer une chose, une toute petite, c’est humiliant, mais voilà… c’est que, vois-tu, je suis salement en pâmoison devant l’invisibilité d’Anne Archet; son absence me fait durcir depuis qu’on s’aime sur internet. Quand elle m’a demandé de lui écrire un texte pour l’anniversaire de son brontosaure de blogue, j’ai fait un trou dans le mur de mon salon pour y faire aller et venir ma grosse graine, mais ça n’a pas marché fort. Je suis redevenu mou en deux secondes. C’était poche. J’étais gêné. Je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à cracher ma purée dans mon glory hole imaginaire et je n’ai rien déniché dans mon inconscient pouvant me déculpabiliser. J’étais un nul. C’était clair.

Je me suis couché dans mon lit et j’ai braillé ma race, j’ai regardé le remake de Blanche-Neige, j’ai trouvé Kristen Stewart à chier, le chasseur encore pire, je pensais mourir, et j’ai eu une illumination :

Lui organiser le plus puissant gang-bang virtuel qu’on puisse concevoir.

Pour les dix ans d’Anne (remarque qu’elle est plissée dans la vraie vie, une MILF qui aime vagabonder à Terrebonne, vraiment vraiment vieille, en fait – je te parle donc ici de ses dix ans symboliques –), Latrique file doux, il ne va pas l’insulter, même pas lui cracher dessus, mais je sais pertinemment qu’on va bien s’occuper d’elle, la célébrer.

J’ai besoin de toi parce que c’est toi qui décideras de l’issue, de la mort peut-être, d’un éventuel meurtre live en forme de snuff littéraire, pourquoi pas?!

Latrique est exténué et il ne peut pas avoir les mains sales, pas maintenant, sa trique doit rester dans ses shorts propres, pas d’excès qui vienne de lui, pas de niaisage, juste l’envoi du coup qui pourrait éventuellement faire juter Archet dans la bouche d’un prêtre chauve et puant, ou, encore, name it, on est dans le dropping d’idées, Anne pourrait finir scalpée avant d’être fourrée jusqu’à ce qu’elle panique de jouissance à force de se faire limer par une queue énorme, trop grosse pour sa p’tite chatte qui ne se montre jamais le minou en public, une bite sculptée à même sa propre chair préalablement séparée du reste de son immondice de corps, Anne pourrait me tuer, elle pourrait accoucher, finir six pieds sous terre encabanée en dessous de la tombe pourrie d’un Gildor Roy préalablement noyé dans du jus de pute après avoir été hué jusqu’à ce que ses oreilles saignent et que l’archange Gabriel vienne le sauver de la honte à coups de machette, Latrique ne veut rien de mal pour Anne, sa marquise, il l’aime, il lui veut du bien, il la frenche dans ses rêves, mais bon.

SS Latrique veut donner un beau gros cadeau à sa belle, mais il ne sait pas quoi. Je veux que tu m’aides. Sois notre héros glamour d’amour, lecteur, sois notre slut enragée Queen of the porno sale, lectrice. Deviens Chuck Palahniuk ou Bret Easton Ellis, ou Duras si tu veux te faire désirer, à ta guise, pète la gueule d’Anne Archet ou la mienne, rien à foutre, mais il faut que ce soit beau.

En gros, c’est comme un match d’impro ou une raclette en famille qui vire en bordel; tout le monde peut s’en mêler parce qu’on l’aime ou on la déteste, la pulpeuse Archet, elle ne laisse personne s’en branler dans le vide, anyways, c’est ça que je veux dire.

Le gagnant ou la gagnante de ce concours se verra attribuer une place dans un projet ultra-secret que je suis en train de monter (peut-être en collaboration avec Anne, qui sait…) où tout sera grandiose. Et, bien sûr, le texte sera mis en ligne.

Alors, je commence l’histoire. Tu peux continuer. Issue libre. Thème : Anne Archet. Longueur : rien à battre. Deadline : le 23 janvier. (Tu as exactement dix jours pour pondre ton œuvre.)

Pour participer, envoie ton texte en pièce jointe dans un message privé à Latrique et Anne Archet, en commun; on va reluquer ça ensemble. Nous trouver sur fessebouc, c’est facile. Si on n’accepte pas de devenir tes amis, ne le prends pas mal.

Go!

Je commence.

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À 19 ans, Anne Archet s’est ramassée dans les AA de l’amour parce qu’elle n’en pouvait plus d’haïr tout le monde sauf ceux et celles qui acceptaient ses avances – ceux qui lui léchaient la motte derrière les arbres à côté du poulailler chez feu son grand-père cochon comme un vautour; celles qui, parce qu’elles avaient peur de se faire frotter la face sur l’asphalte de la cour du Cégep si elles ne se laissaient pas pogner, se faisaient rentrer n’importe quelle affaire pas catholique pour deux cennes dans tous les orifices du corps, entre autres.

Éprise d’une forte attirance envers Louise Deschâtelets, avant qu’elle ne se lance dans ses fabuleux courriers du cœur – qui allaient devenir une véritable bombe, un succès international sur les ondes de Terreur! Terreur! –, la libidineuse Anne n’en pouvait plus de ne pas se sentir près de sa Loulou; se laisser embarquer dans lesdits AA ne fut donc qu’une façon pas trop sordide, crissement efficace, afin d’arriver à ses fins : s’instruire et, éventuellement, devenir LA réplique parfaite de son idole de jeunesse.

Anne Archet, l’anarchiste foudroyante en devenir, celle qui quelques années plus tard se verrait populariser le terme controversé d’urnophilie sur les réseaux sociaux, était bien loin de se douter qu’elle se rendait vers Dieu en allant aux AA.

Cette période sombre fut enfermée. Jamais elle ne fut effleurée, discutée, divulguée. Le traumatisme inhérent à cet épisode le reléguant au statut de tabou, l’innommable fit sa job; Anne Archet l’oublia pratiquement elle-même. Cette année-là, elle fit également la rencontre du coquin SS Latrique, qui devint SA propriété, SA bite. Nul besoin de vous dire que cette période doublement sombre changea à jamais la vision du monde de notre chère fêtée.

Il y a quelques jours, un précieux trésor a refait surface… Un extrait de journal signé par Anne Archet se prenant pour Anne Frank… Une juteuse tranche de vie.

(Alors, voilà. C’est ici que tu commences. Tu as l’honneur de nous écrire des mots écrits par Anne Archet dans son journal. N’oublie pas de dater.)

Noune chance!

Très cordialement,

SS Latrique.

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