Textes de la catégorie « Des nouvelles d'AA »

S’effacer ou disparaître

21 mars 2007

La seule idée que je puisse un jour devenir «célèbre» me glace le sang. Voilà pourquoi la tentation de disparaître avant d’être frappée par une telle malédiction devient de plus en plus irrésistible.

Legs

19 février 2007

Le grand-père maternel de Simone, qui vient de mourir, lui a légué pour tout héritage un couteau. Un couteau très particulier, extrêmement pointu, tranchant comme un rasoir. La lame, d’une finesse inouïe, a une forme ondulée, irrégulière. Et sur le manche, gravé en lettres d’or, on peut lire le mot «Miséricorde».

Un couteau pour tuer.

Schopenhauer, Marx et moi

5 février 2007

Pour ceux et celles qui ne lont pas encore lu, je viens de monter une version pdf de Schopenhauer, Marx et moi.

Attention: peut causer la nausée chez certains lecteurs.

Radio Canada is watching you

4 février 2007

Jeudi soir dernier, j’entendis, stupéfaite, mon nom prononcé à la radio.

La SRC a remarqué mon existence; je suis cuite.

Joindre les deux bouts

3 février 2007

Trois boulots cette session. Trois employeurs. Trois cartes syndicales. Je suis maintenant en moyens, mais sans juste milieu.

Quatre chandelles

12 janvier 2007

Les cahiers d’Anne Archet ont quatre ans aujourd’hui. Ce qui représente vingt-huit ans pour un chien et probablement cent ans pour un blog. J’hésite donc entre aboyer joyeusement ou trembler en râlant pour marquer l’événement…

Quatorze jours trop tôt

11 janvier 2007

Hier, Simone m’a trouvé un cheveu blanc. Mon premier cheveu blanc… il aurait pu au moins avoir la galanterie d’attendre mon trentième anniversaire avant de se manifester, ce mufle!

Maudit soit l’alcool

2 janvier 2007

J’avais écrit une version aussi trash que licencieuse de La Charlotte prie Notre-Dame mais je n’arrive plus à la trouver dans le champ de bataille post-festif qu’est devenu mon appartement. Maudits soient les lendemains de veille!

Iconoclastie

28 septembre 2006

À la lecture des commentaires des deux dernières notes, une conclusion s’impose : toucher à la démocratie, c’est jouer avec le feu. J’ai l’impression d’avoir caricaturé le prophète, d’avoir uriné dans le bénitier ou d’avoir écrasé une vache sacrée avec ma bagnole.

Je devrais avoir le temps de répondre à vos critiques et à vos objections pendant le week-end. En attendant, le débat se poursuit chez Oldcola et je vous invite à aller y mettre votre grain de sel!

De retour le 18 juillet

8 juillet 2006

– Allo ?

Une voix masculine, grave, gutturale, inattendue.

– Euh… Je suis bien chez Anne Archet ?

– Elle est prise en ce moment.

En bruit de fond, comme des cris étouffés.

Nouveaux Délits

6 juillet 2006

Date à marquer d’une pierre blanche : des poèmes à moi viennent pour la première fois d’être publiés dans une vraie revue, sur du vrai papier avec de la vraie encre. Émotion.

Ce n’est pas ma faute mais celle de Cathy Garcia qui a aimé mes oeuvrettes au point de les choisir pour l’édition de juillet de sa revue de poésie. Vous trouverez donc, dans le numéro dix-huit de Nouveaux Délits, six Versets de chair (Fugue, Restons au lit, Union nucléaire, Canicule, Extrémité nocturne et Adieu), quatre Papiers de fortune (Cauchemar, Monsieur serpent, De retour après la pause, 1999 et Simple constatation) et une Poésie licencieuse (la Ballade du minou d’Anne Archet). Tout ce que j’ai eu à faire, c’est écrire la présentation :

« Anne Archet, née le 25 janvier 1977 à Montréal de père chinois inconnu et de mère québécoise un peu trop connue au goût de sa fille, est une asociale et névrosée qui préfère fuir le mode extérieur et se réfugier dans son sous-sol où l’attendent sa précieuse collection de curiosa et ses quatre chats. Lorsqu’elle n’élabore pas des plans machiavéliques pour devenir impératrice de l’univers (et du Japon), elle écrit plein de petits textes cochons ou révoltés qu’elle publie sur son blogue, faute d’avoir l’épiderme assez résistant pour supporter le soleil pendant le trajet qui la mènerait vers un éditeur ayant pignon sur rue. Son amoureuse – car elle est invertie par-dessus le marché – vient de concevoir une jolie bambine grâce aux miracles de la biologie moderne, ce qui fait d’elle un genre de papa femelle… avec la tendance à fuir ses responsabilités en moins, évidemment. »

Maintenant que je suis une vraie-poétesse-qui-a-publié-pour-de-vrai-oui-ma-chère, il ne me reste plus qu’à mourir de faim, de consomption et d’incompréhension dans un taudis lugubre et mal éclairé. Yeah !

L’été c'est l’enfer

23 mai 2006

Premier projet pour les vacances : Mambo Miam Miam et la divine Maïa Mazaurette m’ont gentiment invitée à tenir chez eux jusqu’à l’arrivée officielle de l’été une chronique quotidienne sur la littérature érotique. Ne pas les décevoir.

Deuxième projet pour les vacances : Répondre à tous mes mails en retard et honorer toutes les promesses non tenues faites à tous ces charmants lecteurs depuis des mois. Ne pas les décevoir.

Troisième projet pour les vacances : Amener Simone et Lou à la mer dès que le sol dégèle en Gaspésie, c’est-à-dire vers la mi-juillet. Ne pas les décevoir.

Quatrième projet pour les vacances : Dans l’immédiat, aller boire jusqu’à rouler par terre en compagnie de quelques étudiants, pour fêter ma libération et me moquer une dernière fois de leurs copies mal foutues. Ne pas les décevoir.

Libération

Copies rendues. Moyennes calculées. Bureau vidé. Vive l’Anne Archet libre !

Procrastination

3 mai 2006

Pour illustrer ce que je viens de dire, je viens de passer trois heures à monter un fichier pdf qui contient l’ensemble des mes fragments érotiques publiés sur mon blogue dans la catégorie « Retailles d’hosties ». Alors si vous voulez une copie papier de mes oeuvrettes, prévoyez une cartouche d’encre de rechange ainsi qu’une bonne ration de papier, car il y a plus de cent trente pages…

Autre truc. J’ai commencé à numériser des illustrations d’ouvrages érotiques tirés de ma collection personnelle. Pourquoi ? Je ne sais pas. Ne posez pas la question, allez voir, c’est tout.

Annie en mai

2 mai 2006

Je déteste le mois de mai.

L’arrivée du printemps, les jours qui allongent et les jupes qui raccourcissent n’offrent qu’une mince consolation au cortège hallucinant des copies mal foutues des analphabètes fonctionnels qui me tiennent lieu d’étudiants. Évidemment, je finis toujours par dénicher quelques perles réjouissantes, mais ça ne suffit plus pour me motiver. D’année en année cette corvée me pèse de plus en plus. Une pile d’une vingtaine de centimètres trône sur ma table de travail et me dévisage d’un air hargneux depuis maintenant une semaine.

Et comme si ce n’était pas assez, je dois depuis des mois une photo de calbute à pHiLo, une préface à Jean Guylaine, sans compter les illustrations de Camille que je dois afficher sur mon blogue et les dizaines de messages à répondre qui encombrent ma boîte de courriels. Mais il y a pire : je suis, depuis maintenant trois mois et pour la première fois de ma vie, en panne sèche d’écriture. Et laissez-moi vous dire que ça me terrifie. Ce que vous avez pu lire ici depuis février n’est que vidage de tiroirs, qui heureusement sont assez garnis pour garder ce blogue en vie pour au moins les deux prochaines années. J’en arrive à croire que la petite Annie et sa petite vie rangée a fini par avoir le dessus sur Anne Archet qui, pour se venger, s’est enfermée dans un mutisme boudeur d’où elle ne semble pas prête de s’extirper.

Alors en attendant que le courage de corriger me revienne ou, mieux encore, que le don de l’écriture me soit redonné, je me vautre dans la procrastination, je remets ma vie à trois jours après le surlendemain. J’embrasse ma Simone qui émerge avec difficulté d’un baby blues qui s’étire. Je cajole ma Lou qui m’inquiète encore avec son faux croup. Je me laisse charmer par le talent de Sînziana ou les insanités de Zhom où je suis commentatrice en résidence.

En attendant que l’hiver de mai finisse.

Le menu des prochains jours

24 février 2006

Ha ! Je savais que finiriez par répondre n’importe quoi. Tant pis pour vous : je ferai comme bon me semble (ce que j’avais l’intention de faire depuis le début de toute façon, ce qui montre bien à quel point les consultations démocratiques ne riment à rien).

Adieux à la gauche est un texte fort long, alors je l’ai découpé en fines tranches. Et pour vous aider à l’avaler, j’alternerai avec des petits textes coquins, puisqu’il faut bien que le corps exulte, comme disait Jacques.

Je vous quitte, j’ai des couches à laver.

La parole est à vous

23 février 2006

Dire que j’ai osé écrire un jour que « dormir m’ennuie ». Après deux semaines de maternité, je n’ai qu’un seul fantasme : dormir plus de trois heures consécutives. Mais j’ai aussi écrit que « la famille est pour moi une source inépuisable d’épuisements », alors ça compense.

Comme vous le savez, les Cahiers d’AA sont en ce moment en mode recyclage de fonds de tiroirs. Dès que j’ai quelques minutes, je choisis, je transcrits et je poste. Le problème est que je suis un peu lasse de choisir. Alors vous allez m’aider en me disant ce que vous avez envie de lire : Patin de fantaisie, un court texte érotique de saison, ou Adieux à la gauche, un long essai tout aussi polémique que choquant (dans la mesure où vous faites partie de la clientèle électorale de la gauche, bien entendu).

Et comme ce n’est pas Loft Story, vous avez le droit de voter pour n’importe quoi d’autre, comme par exemple pour l’autodestruction du blogue ou sa transformation en site de rencontres pour manchots ambidextres.

Moi, je retourne me coucher.

Que faisait AA à l’état civil ? (bis)

12 février 2006

À la session d’information, donnée à l’hôpital, pour l’inscription de l’enfant à l’état civil.

LA PRÉPOSÉE : Et vous êtes la mère ?

LA MÈRE : Oui.

LA PRÉPOSÉE : Alors vous écrivez votre nom ici et…

LA MÈRE : C’est que dans cette case, c’est la le nom de la mère. Moi je suis la… mère.

LA PRÉPOSÉE : Hein ?

LA MÈRE (en soupirant) : La mère non-biologique.

LA PRÉPOSÉE : Euh…

LA MÈRE : La maman en second.

LA PRÉPOSÉE : En second ?

LA MÈRE (exaspérée) : Le papa sans testicules ! La lesbienne qui adopte !

LA PRÉPOSÉE : Oh. Je vois… Ok. Alors vous… euh…

LA MÈRE (en soupirant de plus belle) : Ne vous inquiétez pas, j’ai pris soin de m’informer avant la session d’information. Je n’ai qu’à écrire mon nom ici, biffer et écrire « mère ».

LA PRÉPOSÉE (visiblement soulagée) : Ah. C’est logique.

LA MÈRE (en faisant un clin d’oeil) : Ainsi vous saurez la prochaine fois que vous tomberez sur des erreurs de la nature !

*  *  *

Première journée à la maison en compagnie de Lou (qui a perdu à l’hôpital la moitié de son surnom). Malgré les boires aux trois heures et les difficultés de l’allaitement (Simone trouve cela inconfortable, voire douloureux et la petite s’endort après trente secondes à peine de tétée) nous sommes toutes deux euphoriques. Nous vous remercions toutes et tous pour vos mots gentils qui nous vont droit au cœur !

En ce qui me concerne, j’ai pris mes précautions et j’ai écrit tout plein de textes que je garde en réserve et que je vous présenterai régulièrement, lorsque la petite nous laissera un peu de répit. Comme ça, vous aurez à peine l’impression que je me consacre à temps plein aux joies de la paternité sans testicules !


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