Dialogues vénériens

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Petits fragments théâtraux à caractère scabreux.
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— Trésor, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te surprenais au lit avec une autre femme. Tu ne serais jamais capable de me tromper, n’est-ce pas?

— Hein? Bon sang mais qu’est-ce que tu me chantes?

— Olivier! Mais… mais… qu’est-ce que tu fais ici? Et où est…

— À Cornwall – enfin, je l’espère. À quoi veux-tu en venir?

— Mais c’est impossible, je…

— Quoi? Tu ne vas tout de même pas me faire ton numéro de vierge offensée, après tout ce que tu as fait cette nuit!

— Je… oh mon dieu!

— Ah, je vois… encore un de tes petits jeux… Vas-y, fais-toi plaisir, salope, ça me fait bander!

— Je t’en supplie, arrête, tu dois…

— Branle-moi, putain adultère. Avec ta main gauche, pour que je puisse bien voir ton alliance.

*  *  *

— Chérie, réveille-toi… je viens de faire un horrible cauchemar…

— Unnngh?

— J’ai rêvé que je te trompais. Avec un homme, par dessus le marché! Oh, Simone… tu es certaine que cette histoire de mariage est vraiment une bonne idée?

— J’en suis convaincue, ma belle. Dors, maintenant; demain la journée sera longue.

— Devine quoi: je vais me marier!

— Toi? Te marier? Mais avec qui?

— Tout est rigoureusement planifié dans les moindres détails. Les vœux seront échangés sous la pleine lune d’août. Je les ai rédigés moi-même! Il promettra de faire le ménage, de laver la cuvette, de faire la cuisine, d’aimer mes chats et de m’obéir au doigt et à l’œil, naturellement.

— Et qui est l’heureux élu?

— Tu devrais voir ma robe… un décolleté en organza festonné avec bustier baleiné perlé et traîne chapelle… et surtout une jupe évasée en bas du genou, pour bien mettre en valeur mes chaussures.

— Tes chaussures?

— Oui, mes chaussures. Tu vas crever de jalousie ma vieille! Des sandales scandaleusement argentées, avec des brides à paillettes, des plateformes gratte-ciel vertigineuses et des talons aiguilles si fins qu’ils vont sûrement perforer le parquet de l’église!

— Laisse tomber les chaussures! Dis moi qui est le marié, bon sang!

— Le marié? Pfff. Il n’y a que les chaussures qui importent, voyons.

— Siobhan et Iseult voudraient que tu sois leur garçon d’honneur.

— Ah oui? Tu leur diras que j’accepte avec joie. Être témoin à un mariage lesbien… voilà un truc qu’on ne se fait pas offrir tous les jours!

— Tu es la personne toute désignée: après tout, c’est grâce à ton séminaire de recherche qu’elles se sont rencontrées… oh, en passant, ce sera une cérémonie wiccan, ce qui veut dire que tout le monde sera skyclad.

Sky quoi?

Skyclad. Vêtu du ciel.

— Hein?

— Dévêtu. Déshabillé. Nu. À poil.

— Mais… je ne peux pas, voyons…

— Bien sûr que tu le peux, chéri.

— Tu ne comprends pas! Je serai dans une pièce avec une vingtaine de femmes nues! Je vais… tu sais… pointer vers le ciel.

— Ne t’en fais pas, trésor, elles ont déjà prévu le coup.

— Hein?

— Tu seras aussi le porteur des alliances.

Il se retourne vers elle et caresse son épaule nue. Elle lui tourne le dos et tire les draps contre elle en soupirant très fort.

– Allons, chérie…

Il caresse ses cheveux. Elle éloigne sa tête.

– Je suis sûr que tu vas aimer…

– Et moi je suis sûre que non.

– Ne sois pas si…

Elle se retourne et le fusille du regard.

– «Si» quoi?

Surpris, il s’éloigne un peu, instinctivement.

– Ne te mets pas en colère ma choupinette. Je me disais seulement que ça serait bien d’essayer, qu’on aurait du plaisir…

– Peut-être pour toi, salopard! Parce que ce ne serait pas toi qui te retrouverait avec un truc enfoncé dans le derrière, évidemment.

– Chérie… toutes mes ex aimaient l’amour anal.

– Je ne suis pas une de tes ex! Enfin, pas encore…

– Come on! On pourrait essayer une seule petite fois de rien du tout. Je vais y aller délicatement, je te le jure.

Elle soupire encore plus fort.

– Qui sait? Peut-être va-tu aimer, ma choupinette…

– Écoute-moi bien. Si j’aimais le sexe anal, je serais restée un homme. Maintenant, laisse-moi dormir.

Regarde Josée, je t’ai préparé ton dessert préféré. Des brownies tout chauds, à peine sortis du four… pour fêter le nouvel homme de ta vie!

Moi, fâchée? Ben voyons. Pour ton information, j’essayais de me débarrasser de ce salopard depuis des semaines. Quoi? Tu ne me fais pas confiance? Ça me fait de la peine, tu sais. Tiens, je vais prendre la première bouchée.

Miam. Que c’est bon.

Tu vois? Je t’avais bien dit qu’ils étaient délicieux. Allez, mange. Entre filles, il faut se faire confiance et s’entraider. D’ailleurs, tu cesserais de voir François si je te le demandais.

N’est-ce pas?

*  *  *

Une autre dispute avec François, n’est-ce pas? Ça tombe bien, je viens de finir de glacer ce gâteau triple-chocolat. Non, garde-le, c’est pour toi. J’insiste.

*  *  *

Il est treize heures… et tu es encore au lit? Que ce passe-t-il, ma chouette? Vous avez rompu? Il t’a traitée de grosse vache? Quel salopard! Ne t’avais-je pas dit que c’était un salaud et un menteur de la pire espèce? Crois-moi, c’est bien mieux ainsi. Cet enculé ne te méritait pas.

J’y pense! J’ai apporté un petit quelque chose pour te remonter le moral. Tes préférés! Non, je ne te crois pas. Je sais que tu en as envie. Si j’ajoutais de la crème glacée? Regarde, j’y mets même un peu de sirop de chocolat… On ouvre grand… fais-moi plaisir… allons, une bouchée pour Annie… Mmmm! Tu vois? C’est bon, pas vrai? Ne te sens-tu pas déjà mieux, ma jolie?

*  *  *

Tu ne devineras jamais ce que j’ai mitonné pour toi ce matin. Un tiramisu! C’est la première fois que je le réussis à ce point. Non, inutile de te lever; je vais te nourrir ma grande.

Ce que je fais? Ça fait six mois qu’il t’a quittée. Et crois-moi, je sais que ce n’est pas la même chose avec ses propres doigts. Détends-toi. Entre filles, il faut se faire confiance et s’entraider, tu te rappelles? D’ailleurs, tu es toute mouillée. Je sais que tu en as envie. Tu n’as qu’à te laisser faire, je m’occupe de tout.

C’est ça, C’est bien. Laisse-toi aller.

Chut. Shhhh! Moins fort, les voisins vont t’entendre! Ouvre grand, je vais fourrer le reste de ce putain de gâteau, peut-être vas-tu te taire… Ah! C’est mieux! Attends, tu t’en mets partout… qu’est-ce que tu peux être sexy! Tiens, lèche mes doigts. Allez-lèche!

*  *  *

Bonne fille! Reste couchée et laisse-moi m’installer sur toi comme un oreiller doux et soyeux. Regarde, je t’ai apporté quelque chose à manger!

Quoi? Salope! Tu n’avais pas l’air de te plaindre hier soir quand tu te tortillais sous mes doigts! Dans ce cas, va te faire foutre. On verra bien qui voudra d’une fille aussi obèse que toi.

Ne pleure pas Josée. Ne crains rien, je ne vais pas t’abandonner. Tiens, j’ai une idée. Il reste un peu de sirop de chocolat, ça devrait t’aider un peu. Voilà! Une chatte-dessert, juste pour toi! Miam miam!

Merde! Qui l’eut cru… te voilà, en train de me lécher la… Oui! C’est ça! Régale-toi! N’en laisse pas une miette! Oui! Plus haut… je…

Attends, je vais me relever. Tu disais?

*  *  *

Quoi? Hé ho, je te ferais remarquer que je t’ai branlée la semaine passée. Quoi? Désolée, je ne lèche pas de plotte. Je ne suis pas lesbienne, moi.

Toi non plus? Ben j’aurais jamais cru.

D’accord, connasse. Je m’en vais. T’auras qu’à trouver quelqu’un d’assez tordu pour te baiser, moi j’en ai rien à foutre.

Ah! Ben voilà! Je savais que tu finirais par être raisonnable. D’ailleurs, j’ai une surprise pour toi ce soir. Laisse-moi seulement le temps de retirer ma culotte et de m’asseoir sur ton visage… Ah! Ma puce! Ta langue est si agile, on dirait que as fait ça toute ta vie. Pas une lesbienne? Pffff. À d’autres!

Qu’est-ce qui ne va pas? Tu n’aimes pas ma surprise? Hé! Tu vas te taire, oui? Ta gueule! Tu te la fermes ou je pars pour de bon! Écoute-moi, c’est pas compliqué à comprendre. Tu as déjà été avec François, non? Tu as déjà été avec moi, n’est-ce pas? Alors cette fois, c’est la même chose. La seule différence, c’est que François a été avec moi juste avant. Ne pleure pas. J’ai dit ne pleure pas, merde, si l’une de nous deux devait être vexée, ce devrait être moi : je l’ai baisé pour toi, gros tas de saindoux!

Oh arrête, veux-tu? Je ne pensais pas ce que je viens de dire. Tu n’es pas grosse, juste… voluptueuse. Tu es très jolie, je t’assure.

Viens, mouche ce joli nez. Laisse les doigts d’Annie te consoler. Mais… c’est qu’elle mouille, la coquine!

Bon, tu sais ce que je veux. Allez… goûte un peu. Pour me faire plaisir. S’il te plaît? Bonne fille! Ce n’est pas si terrible, n’est-ce pas?

Quoi? Humiliant? Ben voyons. Dis-toi que c’est du… glaçage.

– C’est comme si la jeune Marlène Dietrich était revenue à la vie, lui dis-je, la voix tremblante d’émotion.

Elle venait d’entrer dans la galerie d’art de mon copain Louis, où j’avais accepté de donner un coup de main pour assurer les heures d’ouverture pendant les vacances estivales de son employée. Marlène se mit à rire d’une voix suraiguë qui me parut incongrue tant je m’attendais à la tessiture contralto de son illustre sosie.

– Les femmes comme toi me disent toujours la même chose.

– Les femmes comme moi ?

– Oui, les lesbiennes.

Je la regardai mâcher son chewing-gum en me demandant si mon orientation sexuelle était visible à ce point.

– Nous, les lesbiennes, savons apprécier la beauté dans ce qu’elle a d’éternel, lui répondis-je en prenant le parti d’afficher clairement mes préférences.

– T’inquiète, les hommes aussi me disent tous que je suis belle, dit-elle sur un ton absolument dénué de modestie.

– Ça se comprend. Votre profil est d’une perfection toute classique, osai-je ajouter.

– C’est parce que je me suis fait refaire le nez. Et aussi le menton l’année passée.

Je la dévisageai d’un air incrédule.

– Ne le dis surtout à personne… même si je sais que les cicatrices sont quand même assez évidentes, me dit-elle en pointant des marques rigoureusement invisibles.

J’attendis qu’elle fasse éclater la bulle démesurément rose qui gonflait devant son visage.

– Et qu’est-ce qui vous amène dans cette galerie d’art aujourd’hui, Madame Dietrich ?

– Ha ! Tu es trop drôle. Je passais devant et je me suis dit que l’air y serait frais. Marre de la canicule.

Je pouvais voir ses tétons poindre à travers sa blouse. Pas de doute, le climatiseur fonctionnait à merveille.

– Vous pouvez dans ce cas en profiter pour jeter un coup d’œil aux pièces exposées. Vous allez voir, certaines sont exceptionnelles.

Elle déambula lentement dans la galerie en faisant claquer ses talons sur le carrelage, puis s’arrêta devant une toile de Catherine Farish.

– J’aime bien celle-ci, dit-elle en la pointant du doigt. Elle est rouge comme mon vernis à ongle. Regarde : grenat borne-fontaine. Mais quand même, mille dollars… pffff !

– C’est hélas une des plus abordables, mademoiselle…?

– Épiphanie. Mais tout le monde m’appelle Fanny.

– Épiphanie… c’est plutôt inusité comme prénom.

– C’est le jour où mon vieux a mis ma mère en cloque.

– Et quelle est votre profession, Fanny ? lui demandais-je en tentant de rediriger la conversation vers un sujet moins prosaïque.

– Je suis danseuse au Sexxxpérience.

– Je suis sûre que vous êtes la première parmi les meilleures, lui soupirais-je avec toute la sincérité du monde.

– Wow ! Merci ! Tu est vraiment chill pour une lesbienne.

– Arrêtez, je vais rougir.

– Tu veux un spectacle privé ?

– Pardon ? Je…

– Allez, y’a personne ici. Pourquoi pas maintenant ? Je te le fais pour mille dollars.

– Mille dollars ! Mais c’est du vol de grand chemin !

– Du vol de quoi ?

– De rien. Et qu’est-ce que j’ai pour ce prix ?

– Tout.

– Tout ?

– Bien sûr. Et même plus.

– Plus… ?

Ce n’était pas Marlène Dietrich, mais bon dieu que ça s’en approchait.

– C’est que… je n’ai pas une telle somme.

– Y’a toujours ce tableau… me dit-elle en faisant éclater une autre bulle rosâtre.

J’allai donc verrouiller la porte en essayant de trouver une explication plausible, du moins suffisamment crédible pour que Louis puisse l’avaler sans trop grimacer.

– Une coquerelle, dit-elle en se grattant le nez.

– Hum…

– Un cancrelat… une blatte… un cafard si tu préfères. C’est ça ! Oui ! Cinq cent coquerelles, qui se promènent le long de ton dos !

– Ouf… soupira-t-il, en essayant de sourire.

– Oui… ou alors, un seau rempli de… hummm… poissons morts.

– Hum. Pfff.

– Euh… un seau rempli de poissons morts… laissés au soleil pendant des heures… Oh ! Avec des asticots !

– Pfff. Je crois que je vais…

– Non, attends ! Dix heures de shopping à la Plaza St-Hubert !

– Ah ! Je vais…

– Avec ma mère !

– Ahhhrrrg !

Elle tourna la tête et jeta un coup d’œil au réveil posé sur la table de nuit.

– Trois minutes dix secondes. Ton meilleur temps à vie, commenta-t-elle sur un ton bienveillant.

– La… prochaine fois… ffff… commence par… ta mère.

– Je te jure. Si mes parents voient une boîte d’Amazon-point-com, ils prennent pour acquis que c’est un livre. À peine s’ils me demandent ce que je lis en ce moment… Ils n’ouvrent jamais un seul colis et ne se doutent d’absolument rien. Ils me disent que la lecture, c’est bon pour moi !

– Cool !

– Mets-en. Je peux acheter tout ce que je veux sur Amazon. Par exemple : v… i…b…r…a…t…e…u…r… et puis je clique…

– Wow ! Qu’est-ce qu’il peut y en avoir !

– L’embarras du choix, ma vieille !

– Tiens, celui-là : la tige de vibration est de quatre centimètres de diamètre et de… quatre-vingt dix centimètres de longueur ? Ayoye ! À qui ça bien peut servir ? Aux juments ?

– C’est un vibrateur à béton, niaiseuse.

– Hi hi hi hi !

– Essaie « vibromasseur »… Tiens, en voilà un : Hitachi Magic Wand… tu vois, la greluche le tient contre sa joue, il est vraiment pour les humains !

– Ouais, mais regarde ici : « Neuf et usagé pour… »

– Ouache !

– Beurk !

– Dégueu !

– Mais tu sais, la plupart des gens les lavent après d’en être servis. Ce n’est pas parce que c’est un usagé qu’il va nous refiler la chtouille ou quelque chose dans le genre.

– Ouais… peut-être…

– Et quand on a espionné ta mère avec sa copine, t’as bien vu qu’elles glissaient des condoms sur leur gros dildo à deux têtes avant de mettre du KY, non ?

– Hum… où est-ce qu’on pourrait trouver des condoms ?

– Mon père en achète par paquet de trente-six. Je suis sûre que je pourrais en piquer quelques-uns sans qu’il ne s’en aperçoive.

– Tu pourrais le faire… maintenant ? Parce que… regarde ce que j’ai emprunté à ma vieille avec de venir ici…

Ne suivirent que rires étouffés, soupirs et chuchotements.

Allongée en travers des genoux de Simone, le popotin dénudé, j’attendais avec appréhension ma punition.

– Mademoiselle Anne sait-elle à quel point elle fut une mauvaise fille ? me demande-t-elle sur un ton sévère.

– Oui, maîtresse.

– Mademoiselle Anne sait-elle ce qui attend les chipies désobéissantes de son espèce ?

– Oui, maîtresse.

CLAC !

– Ça, c’est pour Suzie, la salope du collège.

CLAC !

– Ça, c’est pour les rendez-vous saphiques au vestiaire.

CLAC !

– Ça, c’est pour le week-end pervers chez les cousines lesbiennes.

CLAC !

– Ça, c’est pour l’éjaculation féminine au couvent.

CLAC !

– Eh oh ! Elle est pourquoi, celle-là ? lui demandai-je, surprise par cette dernière taloche immotivée.

– Elle est pour toutes les autres cochonneries que tu feras à l’avenir lorsque tu seras seule à la maison, dit-elle en laissant tomber la facture du câblodistributeur par terre.

– Évidemment, je vais continuer de séduire tous les hommes qui me plaisent.

– Évidemment.

– Lorsque je serai en retard, le soir, ça signifiera probablement que je me fais baiser par l’un d’entre eux. Faudra te faire à l’idée.

– D’accord.

– Autre truc. J’aime bien engager une escort-girl chaque jour de paie. C’est excitant et ça donne un coup de pouce à ces pauvres filles qui font un si dur métier. Je t’avertis, je n’abandonnerai pas les putes pour toi. Si ça se trouve, je les ramènerai à la maison, alors nous devrons faire chambre à part, à moins bien sûr que tu ne veuilles assister à nos ébats…

– Ça me va.

– J’oubliais. J’adore qu’on me lèche la chatte. Prépare-toi à le faire souvent. Disons chaque matin, après m’avoir apporté mon petit déjeuner au lit ? Car sans caféine et cunnilinctus, je suis d’humeur exécrable pendant toute la matinée…

– Okay.

– Je pourrai ramener mes copains gay à la maison ? Tu les suceras et tu les laisseras t’enculer pendant que je filme le tout avec ma webcam ?

– Oui.

– Dans ce cas, c’est oui, mon chéri. Oh ! Quelle bague magnifique ! Le diamant doit bien faire deux carats… non, tu peux rester à genoux…

– Allo ?

– Madame Archet ?

– Elle-même.

– Bonsoir Madame, je me nomme Julie et je représente Revêtement d’aluminium Boisvert et fils, une compagnie qui oeuvre dans la région depuis plus de dix ans. Si vous pouvez m’accorder quelques minutes, je vais vous expliquer comment vous pourriez ne plus avoir à repeindre votre maison…

– C’est que je suis occupée en ce moment.

– Je vois. Voulez-vous que je vous rappelle plus tard ?

– Non, ça… va. Vous pouvez… continuer…

– Vous me semblez à bout de souffle… Avez-vous couru pour répondre au téléphone ?

– Non, je suis tout simplement… oh !

– Madame Archet ? Tout va bien ?

– Je vais bien… vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point je vais bien.

– J’entends des bruits… seriez-vous en train de manger ? Parce que si j’ai interrompu votre repas, je…

– C’est mon mari qui mange en ce moment.

– Dans ce cas, Madame Archet, je vais…

– Je t’en prie, Julie, appelle-moi Anne.

– D’accord, Anne. Je vais vous rappeler plus tard…

– En réalité, il lèche bien plus qu’il ne mange.

– Il lèche… ?

– Mes seins. Oh ! Oui ! Juste ici…

– Et si je vous rappelais demain soir, à la même heure ?

– Non ! Ne raccroche pas. Je t’en prie, écoute-moi…

– Je ne crois pas que je devrais…

– Que portes-tu en ce moment, Julie ?

– Moi ? Je ne sais pas si…

– Oui ! Lèche-moi !

– Je dois vraiment vous quitter.

– Dis-moi ce que tu portes, Julie.

– Des jeans et un T-shirt.

– Et tes sous-vêtements, Julie ?

– Bon, ça suffit. Je vais…

– Oui ! Oui ! Il lèche ma chatte maintenant ! Oh ! Julie ! Je peux voir sa langue laper ma fente !

– Pour vrai ?

– Juré craché. Oh ! Il taquine mon clito du bout de son pouce !

– Un string noir et un soutien-gorge demi-bonnets en dentelle.

– Quoi ?

– Ce que je porte. Les sous-vêtements.

– Tu es seule en ce moment, Julie ?

– Non, je suis au travail. Mon bureau est fait de cloisons mobiles et…

– … et tes collègues peuvent voir ce que tu fais…

– Non. Pas vraiment.

– C’est bien, c’est bien… oh oui ! Suce-moi bien !

– Oh mon dieu.

– Julie ?

– Oui ?

– Où est ta main ?

– Elle est… Hum…

– J’entends ta respiration Julie. Où est-elle ?

– Elle est… en bas… entre mes…

– Est-ce que c’est humide, entre tes…

– Oh oui.

– N’est-ce pas agréable, avoir ses doigts à cet endroit ?

– Mon dieu ! Oui. Qu’est-ce qu’il te fait, maintenant ?

– Il écarte mes cuisses, Julie. Il va me baiser, Julie. Je peux le lire dans ses yeux. Il se prépare à me fourrer comme une dinde de l’Action de grâces.

– Est-ce qu’il est… dur ?

– Julie ! Il est long et dur comme fer. Tu devrais le voir. Il est large comme une cannette de Guinness. Peux-tu imaginer un tel engin dans ton petit minou ?

– Oh mon dieu non…

– Que ce passe-t-il, Julie ?

– Je crois que je vais… jouir… dis-moi ce qu’il te fait.

– Il…

– Dis-moi, je t’en supplie. Tu dois le faire, je suis si près de…

– Son gland bute contre ma chatte, Julie. Dois-je le laisser me le mettre ?

– Oui ! Oui ! Laisse-le te bourrer ! Laisse-le glisser dans ta fente ! Oui !

– Oh ! Julie ! Il me…

– Ah ! je… Oh !

C’est à ce moment que je décidai de raccrocher. De la cuisine, j’entendis Simone, restée assise devant la télé, qui me demandait :

– Qui c’était ?

– Encore quelqu’un qui voulait nous vendre de la foutue tôle d’aluminium, répondis-je sur un ton blasé.

Prof, Joyeux, Atchoum, Grincheux, Dormeur et Simplet choisirent le pauvre Timide pour lui poser la question, sachant qu’il n’oserait refuser.

– Heu… Bbbblanche Nnnneige ? PouPouPouPourquoi souris-tu toutoutoutoujours comme ça ?

– Parce que je suis heureuse, mon bon Timide. J’habite avec sept gentils petits hommes qui chassent, fendent le bois, font le ménage, la popote et la lessive pour moi, répondit-elle avec le plus charmant de ses sourires.

– Ah… dit-il tout simplement, ne sachant pas quoi ajouter, tout en regardant furtivement en direction de la porte du placard où les autres s’étaient planqués pour ne pas en manquer une miette.

– Je suis jeune, je suis belle et je suis très très très heureuse. C’est tout.

C’est à ce moment que sa longue robe blanche se souleva. La surprise fut telle que Timide bondit et tomba sur son arrière-train. Un huitième nain le regardait, hilare.

– Mais quiquiquiqui êtes vvvvvvous ? bégaya Timide.

– Je suis Lécheur, répondit l’étranger.

Au bureau de l’état civil, il était tout juste devant moi et nous attendions que le greffier daigne revenir de sa pause-café.

– Vous m’avez l’air bien excité monsieur.

– Et pour cause : je vais savoir demain si c’est une fille ou un garçon !

– Ah ! Toutes mes félicitations ! Vous ne vouliez donc pas être surpris ?

– Fiez-vous sur moi, ce sera toute une surprise. Sacha et moi, nous avons décidé d’attendre à notre nuit de noces.

– Attendre à votre nuit de noces pour savoir le sexe de votre bébé ?

– Non. Pour savoir le sexe de Sacha. C’est l’amour de ma vie…

– Parce que vous ne le savez pas ? Même si vous allez la… le… marier ?

– Bien sûr, me dit il avec un regard vaguement méprisant. Qu’est-ce que ça a à voir avec l’amour ?

– Mmmm.

– Quoi ?

– C’était un soupir de bonheur.

– Non. Juste avant. N’as-tu pas entendu ? Quelqu’un a dit « See me suck my sister’s tender nipples »…

– Vraiment ?

– Euh… il me semble bien…

– Tant mieux. Parce que c’est une description assez juste de ce qui était sur le point de se produire avant que tu te mettes à entendre des voix.

– Étrange, quand même.

– Puis-je te faire remarquer que les tendres mamelons de ta sœur commencent à se sentir négligés ?

– Oh ! Les pauvres ! Venez que je vous console !

– Ah ! Oui ! Regarde comme ils sont heureux maintenant !

FREE MPEGS ! SEE ME LICK MY SISTER’S THROBBING PUSSY WHILE SHE BEGS FOR MORE ! KINKY AND UNCENSORED !

– Tu as entendu ? Je ne suis pas folle !

– Pas folle. Juste anglophone et un tantinet vulgaire, mais ça fait partie de ton charme. Alors, tu joins l’acte à la parole ?

– Évidemment. Laisse-moi poser mes lèvres ici et…

– Ooooh.. J’ai tant rêvé de ce moment…

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– J’adore quand tu me parles comme un spammeur.

– Je te jure que ce n’est pas moi !

– Vas-y, mais seulement trois doigts pour commencer…

– Mais je t’assure…

– Oui ! Oui ! Là aussi ! Un doigt là aussi !

– Un doigt où ?

– Ooooh ! CLICK HERE ! CLICK HERE NOW !

Mes étudiants retournent en classe demain après de longues semaines de débrayage. Ceci est doublement emmerdant car non seulement je vais devoir recommencer à travailler pour mériter mon salaire (ce qui en soi est un scandale) mais je vais aussi devoir consacrer les prochaines heures à corriger les travaux que mes chers petits m’ont remis au début de la session. J’aurais évidemment pu le faire avant, mais j’étais trop occupée dans la rue à les aider à diversifier un peu leur répertoire de slogans.

Je me suis donc attelée à la tâche hier matin, me tapant des pages et des pages de gnangnans mal orthographiés entrecoupés de perles aussi invraisemblables que délirantes. Tenez, je vous en fais un florilège, histoire de partager avec vous ma douleur:

«… et Franklin qui entre autre est l’inventeur de l’électricité…»

«La déclaration d’indépendance a été écrit par Tomat Jeferson…»

«… le général virginial Georges Washington…»

«… tout ça pour finir par devenir des Américains…»

Et surtout, ma préférée d’entre toutes: «Il dit dans son texte que tout les homme sont égaux mais il oublie les mesures des esclaves noirs.»

Après dix heures, j’ai craqué. Avant de faire une bêtise, je me suis précipitée sur le téléphone pour appeler Louis, ancien colocataire et collègue au département d’arts plastiques.

— Allo ?

— Salut, c’est Anne. J’ai besoin d’une correction. Viens chez moi et punis-moi.

— Quoi ?

— J’ai passé la journée à corriger. Je deviens folle. Je vais tout envoyer valser! Je vais tous leur donner un E! Non, attends, je vais plutôt leur donner un F et je vais cracher sur toutes les copies!

— Ha ! Je t’avais bien dit que tu perdais ton temps en agitant des pancartes.

— Tu as raison! Je craque. Je grimpe dans les rideaux. Je suis une mauvaise fille; viens me donner la fessée que je mérite.

— Pfff… Demande à ta copine de le faire.

— Elle travaille à l’hosto toute la nuit.

— Je ne frappe pas les femmes.

— Je ne te demande pas de me battre. Je veux être corrigée, c’est tout.

— Pas question. D’ailleurs, je te ferai remarquer que je suis ton représentant syndical, pas Monsieur – mieux – que – rien – quand – Simone – est – trop – occupée – pour – venir – jouer – à – la – maison.

— Allez, sois solidaire d’une camarade. Viens me corriger.

— J’ai suffisamment de copies sur ma table de travail, merci.

— Dis… tu veux me voir avec mes socquettes blanches… seulement avec mes socquettes blanches ?

— Euh…

— Comme celles que je portais, le matin, à l’apart… avec mon vieux t-shirt et ma culotte de coton… tu te souviens, n’est-ce pas ?

— Je prends mon stylo rouge et j’arrive.

– La preuve que nous sommes damnés : tous les docteurs de l’Église s’entendent pour dire que l’adultère comporte en lui-même tous les péchés capitaux.

Je le regardai retenir son souffle en m’appuyant un peu plus profondément sur son sexe, mes seins baignés par la douce lumière du soir.

– Explique toujours, lui dis-je, même si j’aurais préféré qu’il se taise.

– Ça commence par l’avarice, me répondit-il, les yeux fermés. Convoiter la femme du voisin comme un trésor et vouloir la garder pour soi seul.

– Dans le cas qui nous intéresse, la femme de la voisine, lui objectai-je.

– Aux yeux de Dieu, c’est la même chose, voire bien pire. Ensuite, il y a l’envie. La désirer jusqu’à en détester son mari, pour se convaincre qu’il ne la mérite pas.

Je commençai à me bercer, en avant, en arrière, les muscles des cuisses tendus et ses mains sur mes seins.

– Il y a aussi la luxure… c’est au cœur de la chose. Seigneur ! Il n’y a rien de plus luxurieux que l’adultère. Le pécheur n’arrive plus à penser à autre chose que le corps désire, ses mains, son sexe… oh… plus vite… je t’en prie…

J’accélérai la cadence en me mordant les lèvres.

– L’orgueil, dit-il, haletant, en suivant mon rythme de ses hanches. La fierté coupable de commettre l’adultère et de s’en tirer sans châtiment, se sentir – oh mon dieu, oui, refais-ça encore ! – se sentir l’homme le plus malin de la création. Et puis… la paresse… qui vient avec la facilité du péché, qui fait qu’on laisse des indices qui finissent par nous perdre, ce qui mène à la colère… oh ! mon doux Jésus ! mon doux…

Et puis plus rien, il vint, il vit et fut vaincu, les yeux exorbités et les doigts enfoncés dans la chair impure de mes hanches pécheresses.

– Avarice, envie, luxure, orgueil, paresse, colère… ça fait six péchés capitaux. Quel est le dernier ? lui demandai-je en le regardant, peu de temps après, ajuster son col romain.

– La gourmandise, répondit-il, mais je n’ai jamais vraiment compris quelle était sa place dans l’adultère. Je me sauve, mes paroissiens m’attendent.

La prochaine fois, je lui enseigne à bénir une chatte de la langue même s’il faut que je l’attache au lit par le cou avec le cordon de sa soutane.

« Alors, que fais-tu en ce moment ? » me demanda-t-il après m’avoir embrassée.

— J’essaie d’intéresser une classe pleine de fans de Star Académie aux charmes sublimes de l’histoire du XXe siècle, lui répondis-je en enlevant mes chaussures.

— Je veux dire, qu’écris-tu en ce moment ?

— Un roman.

— Finalement, tu te décides ! Et ça parle de quoi, au juste ? me demanda-t-il en enlevant sa chemise.

— Je ne sais pas vraiment encore. Mais ce qui est sûr, c’est que ce sera un roman à sens double.

Il me rejoint derrière moi, m’attira vers lui et se mit à déboutonner ma robe.

« À double sens ? »

— Non, à sens double. Qu’on peut lire du premier chapitre au dernier, mais aussi du dernier au premier, en sens inverse.

Il bécota mon cou, mordilla mes oreilles puit fit passer ma robe par-dessus ma tête.

« Tu devrais choisir quelque chose de moins tordu pour commencer. Quelque chose dans tes cordes… un récit de tes turpitudes, par exemple » me dit il en tâtant mes seins à travers mon bustier.

Je me retournai et lui dit en défaisant la boucle de sa ceinture :

« Pour ce que j’ai à en dire, de mes turpitudes… Non, ce qui m’intéresse, c’est le développement. Je veux écrire une intrigue qui peut avancer dans un sens ou dans l’autre, pour aboutir à une chute qui peut être aussi une entrée-préface. »

Son short boxeur était déformé d’une façon si ridicule que je ne puis m’empêcher de pouffer. Je glissai mes doigts dans la fente pour chatouiller son petit sac poilu. Appréciant peu la taquinerie, il mit ses mains sous mes aisselles et me souleva pour m’embrasser.

« Tout ce que je dis, c’est que tout ça m’a l’air bien compliqué et surtout trop cérébral » me dit-il en besognant les agrafes de mon bustier. « Surtout venant d’une fille avec de si jolis nénés… »

Il se pencha pour embrasser mon épaule en caresser mes mamelons. Je fis mine de ne pas avoir entendu la dernière remarque pour profiter pleinement de la caresse.

« Ça n’a rien de cérébral. Ce n’est qu’une contrainte créative. Il faut que j’écrive de sorte que le dernier chapitre comme le premier soient la résolution de tous les autres. »

Je me retournai et accrochai mes pouces sous l’élastique de ma culotte. Il fit de même et retira son boxeur.

« Et tu crois vraiment pouvoir faire ça ? » me demanda-t-il, d’un ton sceptique, en me suivant jusqu’au lit.

Je me couchai sur l’édredon et écartai mes cuisses.

« Je peux tout faire, mon chou, tu sais bien… » lui répondis-je. « Imagine seulement la richesse, le mystère et l’ambiguïté d’un telle récit. Ce sera vrai… Oh… Oui… »

Sa langue chatouilla la pointe de mes seins, descendit en spirale du mamelon à l’aréole, puis entreprit une ballade en direction de mon nombril.

« Quoi qu’il en soit, j’espère bien pouvoir le lire un de ses jours… » me dit il en se relevant. Il m’embrassa longuement, une main derrière ma nuque et l’autre s’aventurant sur ma vulve.

— Inspire-moi bien fort et surtout, longuement. On verra bien !

À la façon qu’il glissa en moi, je sus immédiatement que la résolution serait à la hauteur de mes ambitions romanesques.

(La prêtresse et la moribonde sont assises sur un canapé et prennent le thé.)

LA PRÊTRESSE. — … et puis… je n’arrive pas à y croire… tu t’es plantée là, à moitié nue, en leur demandant s’ils étaient assez virils pour te faire jouir.

LA MORIBONDE. — Yep.

LA PRÊTRESSE. — Mais qu’est-ce qui t’es passé par la tête?

LA MORIBONDE. — Ça m’a valu cinq jolis orgasmes et des tonnes de rires. C’est libérateur, non?

LA PRÊTRESSE. — Ne vois-tu pas que ce n’est que du sexe mâle, vide et bête? Que du «vite – à – poil – que – je – te – saute – vite – fait – ça- y – est – ouf – merci – madame – à – un – de – ces – jours – peut – être – faut – que – je – me – sauve – y’a – un – match – à – la – télé – je – te – rappelle – promis».

LA MORIBONDE. — Voilà une façon bien méprisante de voir la chose. Surtout pour les hommes, d’ailleurs…

LA PRÊTRESSE. — Je suis sérieuse! Si nous devons changer le monde, si nous devons le sauver – car c’est finalement de quoi il s’agit – ce sera en leur faisant comprendre par notre exemple que le sexe est une affaire de rencontre, de relation, de partage, d’engagement, de tendresse…

LA MORIBONDE. — Et accessoirement, de plaisir ? Pffff. Si je comprends bien, je devrais enfiler un tablier et rester à la maison pour décorer mon petit nid d’amour et servir des petits plats à mon petit mari et pourquoi pas lui masser les pieds avant de me coucher sur le dos et ouvrir les cuisses en chantant l’hymne national? Désolée, très peu pour moi.

LA PRÊTRESSE. — Ce n’est pas du tout ce que je veux dire…

LA MORIBONDE. — La libération collective passe par la libération individuelle. Si je dois me plier bêtement à un code moral élaboré par je ne sais quelle représentante patentée et autoproclamée de mon sexe – opprimé, il va sans dire – je vois mal en quoi je contribuerai à la libération de mes sœurs . Et encore moins à la mienne… et c’est celle qui m’importe le plus.

LA PRÊTRESSE. — Tu veux faire ce que tu veux? Ma pauvre vieille! Ne comprends-tu pas que ce que tu penses «vouloir» est en réalité un conditionnement patriarcal? Les hommes te contrôlent à un point tel que tu prends leurs exigences pour tes désirs ! On ne s’en sort pas: nous devons agir selon nos vrais désirs, nos vraies natures!

LA MORIBONDE. — Et moi je dis que ce que tu penses être ta «vraie nature» est un conditionnement patriarcal – le plus vieux et le plus éculé d’ailleurs.

LA PRÊTRESSE. — Peuh.

LA MORIBONDE. — Pfff.

(Elles boivent un peu de thé.)

LA PRÊTRESSE. — On est vraiment baisées, hein?

LA MORIBONDE. — Dans tous les sens du terme, ma vieille.