Dialogues vénériens

Page 5

Petits fragments théâtraux à caractère scabreux.
81 articles in category Dialogues vénériens / Subscribe

Assise à la table près de la fenêtre, j’écrivais depuis une vingtaine de minutes lorsque Midori osa finalement quelques paroles :

– Anne, j’aurais une question…

Les yeux bandés, ligotée, le ventre sur le dos du canapé, le torse reposant sur un traversin, elle avait réussi à lever la tête suffisamment pour parler. Je me levai et m’approchai en silence pour ensuite m’agenouiller devant elle, prendre son visage à deux mains et l’embrasser longuement sur les lèvres.

Midori gémit doucement, son corps nu frissonnant sur le capitonnage.

– Tu es censée demander la permission avant de parler, lui répondis-je en me relevant.

– Est-ce que je peux parler ?

Dans la rue, une alarme de voiture retentit.

– Tu peux.

Assise sur le bras du canapé, je caressai nonchalamment son dos dénudé.

– Je croyais – je veux dire cette histoire de soumission, ça ne devait pas être …

– Être quoi ?

– Tu sais… sexuel ?

– Ne crois-tu pas qu’être attachée sans défense dans mon salon, ton joli petit popotin en l’air, est suffisamment sexy ? lui répondis-je en pouffant de rire.

Midori soupira. À moins qu’elle ne gémit…

– Bien sûr, je t’assure, c’est vraiment très…

Son visage devint écarlate.

– Parce que tu es… ?

Midori gémit. À moins qu’elle ne soupira…

– Oui ! Je mouille, je brûle ! Je deviens folle… est-ce que tu vas finir par…

Je glissai un doigt entre ses cuisses, question de vérifier si elle était suffisament attendrie, à point.

– Patience ma chérie, patience…

Je me relevai et déboutonnai lentement mon chemiser.

– Anne, tu dors ?

– Plus maintenant.

– J’ai froid aux pieds.

– Va mettre des bas de laine et laisse-moi dormir.

– Je déteste porter des chaussettes au lit.

– Tant pis.

– J’ai froid aux pieds.

– Tu veux une autre couverture ?

– Non. J’ai seulement froid aux pieds.

– …

– Anne ?

– …

– Je peux mettre mes pieds entre tes cuisses ?

– Tu vas me laisser dormir ?

– Bien sûr.

– Vas-y.

– Merci !

– Tout le plaisir est pour moi. Bonne nuit.

[…]

– Simone… tu dors ?

– Plus maintenant.

– J’ai les mains froides. Je peux les mettre entre tes cuisses ?

—is, tu joues un jeu avec moi ?

Son regard s’allume.

— Quel genre de jeu?

— Tu me racontes une histoire érotique… et c’est toi la fille.

— Tu veux que j’enfile tes sous-vêtements de dentelle?

— Ne fais pas l’imbécile! Je veux une histoire d’un point de vue féminin. Tu me dis ce que tu ressens… en tant que femme. Mais attention: je veux que ça soit crédible. Et surtout sexy. Selon toi, qu’est-ce qui allume une fille?

—— Hum… ça pourrait être amusant… «Je suis la fille»… tu veux vraiment que je le fasse? Dans le fond, c’est toi la spécialiste de l’histoire cochonne…
— Tu ne sais pas à quel point je trépigne d’impatience!
— Parfait! Alors je me lance. Je m’appelle Monica et…

— Minute! Puisque en réalité, la fille, c’est moi, je me réserve le droit de frapper le gong.

— Frapper le gong?

— Oui, pour te remettre sur le droit chemin si jamais ton récit devient invraisemblable, ou tes fantasmes trop masculins…

— Je ne vois pas de gong dans ta chambre, Anne.

— Je me contenterai de dire «bong»…!

— C’est complètement idiot…

— Allez allez, tu vas voir, on va rigoler!

— Bon. Comme je disais, je m’appelle Monica. J’aime passer mes doigts dans ma longue chevelure et tortiller une mèche en contemplant, mélancolique, la lune pendant un doux soir d’été…

— Pas mal ! Un peu plus et je me reconnais…

— Attends la suite. Tu veux savoir ce que je porte?

— Évidemment.

— Je porte une minijupe et des talons de six pouces. Je suis blonde, j’ai vingt cinq ans et mes mensurations sont 36-24…

— BONG!

— Quoi?

— Tu pourrais faire un effort, quand même…

— Tu veux une histoire sexy, non?

— Sexy pour moi, oui.

— Hé, je veux avoir du plaisir, moi aussi. Et comme par hasard, je suis une fille qui adore porter des minijupes qui mettent en valeur ses courbes parfaites…

— Pfff. Je peux savoir les tiennes?

— Les miennes?

— Tes mensurations. Quelle est la taille de ta poitrine?

— On s’en fout ! Je ne suis pas une fille. Ce que j’ai l’air n’a aucune espèce d’importance…

— Et c’est pour ça que tu t’entraînes au gym trois fois par semaine et que tu n’es toujours pas satisfait de…

— Bon d’accord, je suis maigrichon. Et alors?

— Et alors? Je veux que tu sois maigrichonne! Disons 26-26-26…

— Ça y est, elle est une planche à repasser!

— Tu veux dire «JE suis une planche à repasser»…

— Je n’ai aucune envie d’être faite comme un manche de pioche.

— Tu devrais alors fréquenter ton gym avec plus d’assiduité, mon cœur…

— Oh la ferme. Ok… je m’appelle Monica, j’ai vingt huit ans… et je garde en permanence des boules de geisha dans mon con…

Silence.

— Tu ne frappes pas le gong?

— Non, j’aime bien ce détail.

— Bordel! Dans ce cas, je n’ai rien dans le vagin — je ne fais que me passer le doigt sans arrêt, même en public!

— Si ta stratégie est de faire délibérément retentir le gong, tu vas devoir faire mieux que ça! Quelles sont tes mensurations, déjà?

— Laisse tomber les mensurations Je ne veux pas être maigre! J’ai besoin de mes gros seins pour tirer un peu de plaisir de ce jeu idiot!

— Louis, mon loup, quand tu te regardes dans la glace, est-ce que ça te fait bander?

— Jamais de la vie! Je ne suis pas une moumoune!

— Je me disais aussi… hi hi hi hi!

— Ne sois pas si vache avec moi!

— Bon d’accord. Si je comprends bien, tu veux être la fille pour t’habiller comme une greluche et ainsi exciter l’homme que tu es réellement. C’est plutôt tordu, non?

— TU voulais que je sois la fille. Tiens, puisque madame Archet est si intelligente, qu’elle me dise quel genre de vêtements, quelles mensurations et quelle couleur de cheveux une femme trouve sexy.

— Écoute Louis, ne sois pas vexé. Si j’ai bien compris, tu ne te trouves pas tellement sexy, non? Tout ce que j’essayais de te faire comprendre, c’est que pour les filles, c’est la même chose.

— Je croyais que tu étais bisexuelle…

— Ça n’a rien à voir. Je parle de l’effet que je me fais moi-même. Si tu te donnes de gros lolos, ton histoire me laisse en plan. Je ne me déguise pas en pétasse pour me branler devant le miroir, comme toi d’ailleurs. Ce qui m’allume, c’est que quelqu’un d’autre me trouve sexy.

— Tout ça est d’un ennui mortel et débandant.

— Ennui mortel? Va te faire foutre!

— Ça va, ça va, je te demande pardon. C’est juste que, être une fille réelle, pas un fantasme, ça me coupe l’inspiration…

— La contrainte est la mère de la créativité, non? Allez, soit chic, et parle-moi un peu de la femme que tu es…

— Bon d’accord, mais je m’ennuie quand même des talons aiguille… hé ! Si je suis maigrichonne, je ne veux probablement pas parler de mes mensurations, parce qu’elles ne sont pas importantes…

— Ah! Voilà une fille intelligente!

— Donc, comme je disais avant d’être cavalièrement interrompu…

— Un peu mégère, quand même…

— La ferme! Je m’appelle Josiane et je vis seule. Je porte surtout des blouses à manches longues qui cachent mes bras maigres comme des cure-dents. Mais jamais de minijupe, alors ça non, parce qu’on pourrait voir mes genoux osseux et mes cuisses larges comme des allumettes. Après mon boulot à la bibliothèque municipale, je retourne chez moi et je regarde Canal-Vie en bouffant une salade sans vinaigrette. Ensuite, je vais me coucher dans mon grand lit vide. Étant si incroyablement maigre, je ne me sens pas sexy pour un sou. En fait, je suis comme un garçon maigrichon avec de longs cheveux qui se masturbe beaucoup. Fin.

Il se met à bouder.

— Allons, les filles maigres peuvent aussi être sexy.

— Pas pour moi. Si je n’ai pas de gros totons, je ne peux pas me sentir sexy!

— Et bien mon vieux, tu est le seul gars que je connaisse qui fantasme d’être une bibliothécaire frigide…!

— Fuck you!

— Tu viens de te décrire comme ça!

— J’abandonne! Tu as gagné.

— N’abandonne pas si vite! Tu ne le sais pas, peut-être que moi aussi, je fantasme sur les bibliothécaires frigides…

— T’as fini de te foutre de ma gueule J’ai compris, tu as inventé ce jeu à la con uniquement pour rire de moi…

— Mais non voyons. Rire de toi n’est qu’un plaisir supplémentaire…

— Tu vois, tu continues…

— Cesse de bouder… tu sais que je t’aime bien, mon gros bêta…

— Je ne suis pas ton gros bêta. Tu viens de me le dire, je suis un maigrichon…

— Tu es mon bêta de taille moyenne! Juste assez gros pour me prendre dans tes bras… juré.

— Juré?

— Juré. Et je ne te demanderai plus de faire la fille — du moins jusqu’à demain. J’ai besoin d’un homme, ici, tout de suite…

— Même s’il n’a pas la moindre idée de ce qui est sexy pour une femme?

Je prends alors sa tête et la pousse vers le bas du lit.

— On n’est jamais trop vieux pour apprendre, chéri…

— Aie! Non, pas comme ça! Enlève-la et essaie encore, lui dis-je, excédée.

Il était si nerveux qu’il en tremblait. Fougue et inexpérience de la jeunesse…

— Mais j’ai peur de vous faire mal…

— Tu ne me feras pas mal si tu t’y prends correctement. Tu la rentres délicatement, lentement, sans te presser…

Nouvelle tentative hésitante.

— Aie! Écoute, ça ne va pas du tout. Changeons de position. Si on essayait par derrière? Ça sera peut-être plus facile pour toi…

Il acquiesça, soucieux de me plaire. Hélas, toute la bonne volonté du monde ne suffit pas toujours.

— AIE! Ça suffit! Et puis la pause est presque terminée. Donne-moi ça, je m’arrangerai toute seule.

Je repris ma broche et la rangeai dans mon sac pendant qu’il retournait, tout penaud, s’asseoir avec les autres étudiants.

Ma copine Jovette n’est pas seulement ma meilleure amie. Elle est la gardienne officielle de mes minous — et une thérapeute qui pratique toute une panoplie de médecines alternatives toutes plus bizarres les unes que les autres. Évidemment, ça fait hurler Simone, qui est plus positiviste qu’Auguste Comte. C’est pourquoi j’attends qu’elle soit partie travailler pour inviter Jovette à la maison. (Hé, y’a pas de mal à mettre toutes les chances de son côté, non?)

— Pour commencer, m’a-t-elle dit, tu dois apprendre à te détendre. Dans ton état, le contrôle —du stress, c’est primordial.

— Évidemment. Qu’est-ce que je dois faire?

— Tu pourrais apprendre à méditer. Tiens, faisons-le ici, tout de suite. Commençons par nous déshabiller…

— Nous déshabiller? Pourquoi?

— Pour exacerber l’éréthisme sexuel et ainsi mieux capter les vibrations cosmiques.

— Ah. Ça me semble complètement idiot… mais après tout, c’est toi la spécialiste…

— Tu vas voir, ça te fera un bien énorme. Assieds-toi en tailleur devant moi… non, ce pied-ci sous ta cuisse… c’est ça.

— Aie. J’ai pas l’habitude. Ça ne tiendra jamais.

— Maintenant, la respiration. C’est le plus important. La respiration doit être régulière. Alors tu concentres toute ton attention. Inspire… un… deux… trois… et à cinq, expire… un… deux… trois… quatre… cinq…

— Fffffffffffffffff…

— Ohmmmm… fit-elle, les yeux clos

— C’est quoi ça?

— Un mantra. Ohmmmmm…

— Ohmmmm… répondis-je, sans trop de conviction.

— Ohmmmm… Ohm? Qu’est-ce que tu fai ? me demanda Jovette sans ouvrir les yeux.

— Mon pied a glissé. Oh! Mais tu mouilles!

— Ohmmmmm… Anne, j’ai dit: on se concentre sur la respiration.

— Je veux bien, mais tu sens la cyprine jusqu’ici.

— Ohmmmmm…

— Je peux te passer l’orteil pendant que nous méditons?

— Non. Ohmmmmm…

— Doucement… comme ça…

— Ohmmmm… non… Anne… Oh! Ffffffff…

— Tu vois, moi aussi je suis experte en pratiques alternatives…

— Ohmmmmm… Oh! non… arrête! Oh… non! Anne! Je…

— Tiens, on change de mantra, maintenant?

— Anne… Oh! je… Oh! oui… oui… OUI! OUI!

— Bon, ça y’est. L’éréthisme sexuel est exacerbé. Quand est-ce qu’elles viennent, les vibrations cosmiques?

Charlie était un amour; j’en étais folle. Il était grand, il était beau, il était blond, il avait des yeux outremer que je pouvais contempler pendant des heures. Et quand je dis des heures, ce n’est pas une figure de style… parce que Charlie n’avait que deux passions: l’acide lysergique et le conduit sodomique des demoiselles (asiatiques de préférence). Ainsi, nous décollions ensemble les yeux dans les yeux le samedi — et nous atterrissons ensemble le dimanche, lui derrière et moi devant.

Ce samedi là, j’en avais pris beaucoup plus qu’à l’accoutumée… 150 ou 200 µg si ma mémoire est bonne. Ce qui selon toute vraisemblance explique ce que j’ai pu voir par la fenêtre du salon.

— Fuck! Charles! Viens voir!

— Quoi? Quoi? Qu’est-ce qui se passe? me répondit un Charlie phosphorescent avec une voix qui semblait provenir de l’intérieur de mon crâne.

— Les flamants roses!

— Les flamants roses?

— Oui! Sur la pelouse! Ici!

— Je sais. C’est la concierge qui les a…

— Mais regarde! Regarde donc! Ils baisent!

— Anne, ils sont en plastique.

— Celui-ci la prend par derrière! Et celle-la le suce avec son énorme bec…

— Ha ha ha! J’en connais une qui a eu les yeux plus gros que la panse! conclut Charlie en retournant s’étendre sur le sofa.

Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à me scandaliser des mœurs dépravées des flamants roses en plastique. J’étais si bouleversée que j’en tremblais.

— Charles! Charles! Je te dis qu’ils baisent sur ta pelouse! En public! Fais quelque chose!

— Ça suffit calvaire…

— Mais… mais… mais… qu’est-ce tu fais? Ma jupe!

— Je vais t’enculer jusqu’à ce que tu te la fermes, bordel!

— Pas devant la fenêtre… non… les voisins…!

— Aucun danger: ils sont tous occupés à regarder les flamants roses.

— Si tu pouvais faire n’importe quoi, en ce moment, que ferais-tu?

Coup d’adrénaline. De mon lit, je pouvais voir ses lèvres gonfler, devenir humides et luisantes — le moment de vérité. Je me devais d’être à la hauteur du défi.

— Je te déshabillerais avec mes dents, sans même froisser tes vêtements.

— Et puis?

— Ma langue et mes doigts visiteraient chaque pli de ton corps, chaque cellule nerveuse, jusqu’à la fracture, jusqu’à la folie.

— C’est tout?

— Non. Je mêlerais ma cyprine à la tienne jusqu’à ce que le plaisir nous terrasse, jusqu’à ce que nos larmes de sang prennent parfum d’orchidée, jusqu’à ce que nos os liquéfiés se réduisent en cendres, jusqu’à ce que nos cris annoncent la fin des temps.

Sa poitrine rougissante se soulevait de plus en plus rapidement. Et sa main s’agitait toujours dans son pantalon.

— Je savais bien que tu me désirais. La réponse est non. Et cesse de sonner, tu n’es pas la seule patiente de l’étage.

Ces nouveaux modèles de plafonds suspendus sont vraiment magnifiques. Rien à voir avec les salles d’attente des dentistes! Les rails ont un joli fini cuivré, et les tuiles acoustiques sont joliment découpées, avec une texture intéressante. Si seulement j’avais un sous-sol à décorer…

Je me demande combien il peut y avoir de petits trous d’aération sur cette tuile… vu d’ici, pas facile de compter. Un, deux, trois, quatre… quinze, seize… euh… non. Je recommence. Un, deux, trois… vingt-deux, vingt-trois… quarante-cinq, quarante-six… hum… disons une cinquantaine par tuile. Ça fait combien de trous pour un plafond entier ? Une, deux, trois quatre, cinq, six rangées. Et une, deux, trois quatre, cinq, six, sept colonnes. Donc, il y a six fois sept… quarante-deux tuiles, moins les deux tuiles du coin, ça fait quarante, plus les six tiers de tuile du dernier rang, on revient à quarante-deux tuiles…

— Oh! Anne! Je vais jouir, oh, oh…

— Non, attend-moi mon chou, continue, continue…

Donc, cinquante trous fois quarante deux… deux fois zéro, zéro… deux fois cinq, dix…

Simone se retourne, puis me dit simplement: «Tu mens».

— Il n’y a pas de vie sans mensonge, dis-je, tout aussi simplement.

— Tu mens avec tout. Avec tes mots. Avec tes sourires. Avec ton corps. Avec tes regards.

— Ma seule certitude, ma seule vérité, c’est la mort. Je veux la vie. Alors je mens.

Les yeux rougis, elle essuie une larme du revers de la main.

— Qu’est-ce que tu leur raconte, à tous ces hommes?

— J’improvise.

— Je sais ce que tu penses d’eux!

— Je n’en pense rien. Ils me baisent quand j’en ai envie, c’est tout.

— Mais si ce n’est que ça, alors pourquoi mens-tu? Pourquoi es-tu toujours en train de mentir?

— Je ne te mens jamais, à toi.

— Mais à eux? Pourquoi?

— Tu veux le savoir? Parce qu’ils s’attendent tous à ce qu’une fille comme moi leur mente.

Elle s’effondre et pleure, la tête enfouie dans l’oreiller.

— Tu n’es qu’une pute. Tu as le sang d’une pute.

*  *  *

Plus tard.

— Tu mens, je le sais.

— Mais enfin, qu’est-ce que tu me reproches? Tu as toujours exigé la vérité, je te l’ai toujours offerte. Qu’est-ce que ça peut te faire, ce que je leur raconte

Elle contemple le mur, assise sur le lit, serrant ses jambes repliées contre sa poitrine.

— Et qu’est-ce que tu leur dit? finit-elle par me demander.

— Je leur dit baise-moi, ou laisse-moi te baiser, rien d’autre.

Elle se lève, s’habille en silence, puis me dit:

— Dans ce cas, leur mensonge est ma vérité.