Papiers de fortune

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Poésies sur feuilles éphémères...
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(Rédigé à l’endos d’une boîte d’Always Ultra.)

Je ne cesse de varier le contenu des représentations pour dégager l’essence des vélos hémophiles. Je me rends souvent à la piscine pour convaincre les filles carbonisées de couvrir leurs cuisses et envahir le Pérou. Les glanstrouphistes de Lotbinière ont les yeux fixés sur mon minou oignon les dents de sucre ma mère est vierge. Jamais jamais jamais je n’avale les envies vitreuses de Cyrille et Méthode, je cultive plutôt des adverbes dans mon nombril oh viens les sentir profond profond profond viens les sentir on me mitraille le joseliste et je les sens je les sens je les sens. Personne ne veut tourner ma page parce qu’elle est molle comme un durillon transversal sur l’ovule de mon coeur. Viens près de moi avec ta langue caillée, j’ai les veines comme du papier riz la + quand tu me présentes un rouleau bon marché avec tes ongles humides subsumant mes désirs.

J’ai des mots pour mille ans mais trop peu de secondes pour leur donner le sein. J’ai des phrases comme une papesse de petit lait, plein l’utérus avec un cordon hygiénique, mais elles ont goût de postface et tous les garçons sans corps s’en détournent. J’ai des paroles vraies et acides comme des peines d’amour mais il n’y a plus de souveraine dans les limbes.

(Rédigé au verso d’un vieux plan de cours.)

Je vais m’exiler en France sous un nom d’emprunt pour fuir les épiciers oh ma douleur pédiatrique j’ai trop lu Jules-Paul Tardivel il me pousse de panaris sur le clitoris les doigts de fée de la belle poupée Electrolux dans la glace ménagère des demi sous-sol de Rosemont ouest seulement trois comprimés avant ma migraine qui me chantent joyeux anniversaire avec un méat d’onguent qui traîne dans les urinoirs célestes de l’empire frigorifique sans aspartame mais je t’en prie pousse ta langue plus profond j’aime tes cils de phosphore quand la pluie rose mercantile s’élève vers le crédit agricole de nos aïeux empaillés sur le comptoir du snack en forme de poutine crapule ostentatoire bénie par le périnée de Michèle Richard métallique lisse et large taille unique prévoir huit jours de délais de livraison.

(poésie dont vous êtes le héros)

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(Rédigé sur une liste d »épicerie.)


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un jour dans le métro je lui ai dit « je vous demande pardon mais il faut absolument que je vous dise vous êtes la plus belle contribuable de mémoire de wagon » et sur ce je me suis atrustonnée la thlukpotine divuscute à deux doigts vingt-trois spirales dans ma régulière raie culière lui dirai foutons sur le futon deux rangs de culs rancuniers SEULS LES CHAUFFEURS EXERCENT un contrôle sur leur pensée Toulouse bec Toulouse bec Toulouse bec tout l’ouzbeque muse du métro CETTE FILLE qui sait s’entourer de mystère bien hâte de la revoir qui de mystère la revoir sait s’entourer une fille mais oui mais oui mais oui mais oui je mettrai ma robe rouge de viande blanche et la demanderai en mariage 1,2,3,4,5,6,7,8,9 dwiticukle glazmandru elle dira de la boire et je la gottmalinerai dans le troufflacteur à joujoitins récite récite récite je suis pleine de mots stavtontiques et je bois des paroles vénéneuses comme une brique de laine intersubjective.

(Rédigé sur une feuille lignée perforée de trois trous.)

Toutigué on nessan krootos stantifer justindre. Clontifrut cale mennne tipe cauterin carcos strutelicause une peu un peu illustrons l’ensemble de l’oeuvre flitiflitifliti trbune au profond composé signe sans référent melkri brigirt alle werde malilowinwin jamais lu sur le volet la grande ligne claton candinosimonde royimbw crontoncomptack métastases littéraires métastases littéraires la réalité est incertaine dardons la moelle sans aide le savon du fracas testilandry demetrasse denercouse ararpadacon novatale padacon resafo les mots m’épuisent je suis une crevasse possible le bleu meurtre capillaire critristateur métriquistord ya domi sorc trose

(Rédigé sur une serviette de papier.)

Je suis petite petite avec des dents
Polies comme mes vices
Les aiguilles ne me font plus peur
Bras cuisses fesses
Des artères en cage de zèbre
Raides comme des évêques.

Sucre roux englués poils de sérum chaud
Je suis infusée de doutes malléables
De rêves bulgares sur ma motte savonneuse
De miel d’ordures dans mes amours infibulées
Je suis blessée par le temps liquide
Qui coule au coeur putride de mes os.

Je ne suis rien et vous êtes tout. Quand le soi est vécu par procuration, il se dissout dans le néant. J’ai quitté le simulacre médical pour la contrefaçon numérique. J’ai quitté l’hôpital dépouillée de corps et d’âme et je suis toute à vous.

Plus rien n’a réellement lieu, ma vie comme ma mort n’est qu’une question de choix esthétique. Le mien ou le vôtre? Venez me rejoindre, je capitule et vous cède les lambeaux d’humanité qu’il me reste. Je ne suis plus que texte, donnez-moi texture. Pourquoi ne faites-vous rien? Faut-il que j’arrache ces vêtements qui effritent ma peau? Faut-il que je me bâillonne avec une bande adhésive? Voyez mes os perçants, je me déshabille, faites de moi ce que vous voulez. Je ne suis plus être mais sujet, je n’écris plus — je suis littérature. Couchée sur le dos, dans la poussière sèche technique, les jambes écartées, baisez-moi, arrachez mes rares cheveux, mettez-moi le feu, pissez sur moi, faites-moi parler, faites-moi taire, ignorez-moi, disputez-vous mes restes.

Abandonnez-moi un peu de votre substance avant que je ne disparaisse.