Poésies licencieuses

Ce ne sont que des mots...
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Quand je suis allumée...

Quand je suis allumée, quand j’ai le feu au cul
Je suis excitée en ton honneur.
Quand je cours me cacher dans ma chambre
Pour soulager la tension du mieux que je peux
Je verrouille la porte en ton honneur.
Quand je passe mon t-shirt par-dessus ma tête
Je l’envoie valser à travers la pièce en ton honneur.
Quand je laisse tomber mon vieux jeans sur le parquet
Je fais glisser ma culotte en ton honneur.
Quand je sors ma copie de Passions saphiques au collège
Du tiroir où je cache mes plus obscures perversions
Je lis un passage bien juteux en ton honneur.
Quand je m’assois sur le lit, jambes écartées
Sur l’édredon – cul nu calé contre l’oreiller
Je fais courir deux doigts sur ma fente en ton honneur.
Quand je glisse une main sous mon soutif
Je pince un mamelon tout durci en ton honneur
Quand j’attrape mon vibro préféré
Celui qui gronde comme les cavaliers de l’Apocalypse
Je l’enduis généreusement de KY en ton honneur.
Quand je le frotte tout autour de mon clito
Et que des ondes délicieuses me transpercent
Transverbérée par la pureté de l’amour charnel
Je me laisse bercer par la houle en ton honneur.
Quand j’échappe et laisse choir mon bouquin
Que j’imagine tes flammes capillaires soyeuses
Caressant l’intérieur de mes cuisses
Mes orteils se crispent en ton honneur
Quand je me sens tanguer comme dans un bateau ivre
Quand je bascule dans l’abysse aveuglant du plaisir
Quand le plaisir en cascades vient épicer mon sang
Je détrempe et embaume mes draps en ton honneur.
Et quand tout est rangé, que le tiroir est refermé
Que j’ai repris à peu près forme humaine
J’essuie tout ce charmant désordre en ton honneur.

Ma peau est parée

Ma peau est parée
De mille gouttes opalines
Nées de ton amour.

J’ai téléchargé
Un alphabet érotique
Pour t’écrire un mot.

Pourrais-tu m’attendre
Bâillonné et poing liés
Dans le lit nuptial?

Café à la main
Ta queue fourrée dans ma bouche
Tu bois et je suce.

Debout dans le bus
Ta bite contre mes fesses
Délicieux cahots.

Nul besoin de langue
Mes doigts sont toujours mouillés
Pour tourner les pages.

Tu dois me baiser
Et pas me faire l’amour
Car je t’aime trop.

N’éclos pas pour moi
Trouve une autre métaphore
Les fleurs m’indisposent.

Quand me feras-tu
Ces choses que je désire
Mais n’ose avouer?

Mamelon durci
Une baie rouge et bien mûre
Roule entre mes dents.

Tes secrets écrits
En lettres fines et sanglantes
Au bas de mon dos

Tu es de retour
Rouge à lèvre autour du gland
Pour bien t’accueillir.

Je voudrais tant boire
La cascade d’or qui coule
Le long de ta cuisse.

Je crie en jouissant :
« Salaud ! Satyre ! Ordure ! »
Et tu me souris.

Ce trou sur ton jeans
À l’entrecuisse, si près…
Que s’est-il passé?

Tes interjections
La nuit en disent plus long
Que tous tes discours.

Tu fais tant d’efforts
Pour me cacher ce que tu
Veux que je contemple.

Son con me bâillonne
Pour mieux entendre ma voix
Baise-moi plus fort.

Comptoir de cuisine
Un goût de miel sur tes lèvres
Gloire du matin.

Ces moues hésitantes
Et ces soupirs que tu fais
Avant d’acquiescer.

Quand tu me ligotes
C’est alors que je me sens
Enfin délivrée.

Va, trouve une veine
Place tes mots sur ma peau
Et pousse bien fort.

Tu me dévisages
Souriante, carnassière
En léchant tes lèvres.

Un complot machiste :
Plus ton phallus s’érige
Plus mon QI baisse.

Mes bonnes manières
À table vont à vau l’eau
Écarte tes cuisses.

Le miel et le lait
Par l’orgasme réunis
Fluides miscibles.

Ces  senryūs sont extraits de mon recueil intitulé Mille gouttes opalines, que vous pouvez télécharger en format pdf. 

Certaines me traitent de salope
Avoue : le suis-je vraiment?
Je ne m’intéresse qu’à une chose, pourtant
C’est ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Je voudrais voir mon nom brodé sur tes lèvres
À travers le coton baveux translucide
Cueillir la fleur qui ce matin avoit desclose :
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Certaines me traitent de traînée
C’est dans la boue qu’elles veulent me traîner
Mes envies sont modestes, pourtant :
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Je voudrais rester couchée sur le dos
Avec mon envie de mieux te connaître
Glisser un doigt, puis deux au cœur du saint des saints :
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Certaines me traitent de paresseuse
Parce que je ne fais que traînasser au lit
Pourtant, je ne fais qu’attendre que tu y ramènes
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans.

Instituteur et écolière
Juge et accusé
Professeur et étudiant
Infirmière et malade
Aveugle et chien-guide
Starlette et chauffeur
Exorciste et possédées
Policier et délinquant
Cavalier et pur-sang
Rentier et bonniche
Inquisiteur et Cathare
Matricule 728 et carré rouge
Médecin et patient
Agent de probation et prostituée
Bonne sœur et orpheline
Livreur de pizza et adolescente
Tchékiste et makhnoviste
Tinkiwinkie et Laalaa
Imam et femme adultère
Fermier et vache laitière
Légionnaire et crucifié
Poule et colonel Sanders
Motard et biker chick
Samouraï et Geisha
Député et électeur
Dealer et junkie
Rockstar et groupie
Gynécologue et parturiente
Geôlier et prisonnière
Charcutière et saucisson sec
Notaire et secrétaire
Bouc et bergère
Maître-nageur et noyée
Cowboy et squaw
Macchabée et thanatologue
Fonctionnaire et contribuable
Photographe et mannequin
Vendeur de chaussures et cliente
Psychiatre et schizophrène
Sainte Thérèse d’Ávila et l’ange à la longue lance d’or

Tu m’as promis un cadeau d’anniversaire
Tu as juré que j’en tomberais sur le cul
Je suis tout excité, je bande à en perdre la tête
Mais voilà que je te trouve
Endormie sur ton derrière!

Bien sûr depuis l’aurore tu as torché la maison
Mais ça ne reste après tout que le train-train
Ça n’a rien d’extraordinaire
Tu avais promis – et pourtant tu es là
Endormie sur ton derrière!

Toute la semaine j’ai pensé à ce que tu me donnerais :
Une pipe à couper le souffle
La pipe la plus essoufflante de tous les temps
Suivi de ton visage visqueux de foutre
Mais en aucun temps je n’ai pensé que tu serais
Endormie sur ton derrière!

J’admets que la fête était agréable
J’admets que la bouffe était exquise
J’admets que tous mes amis étaient présents
Et je suis désolé que le lave-vaisselle soit mort
– Mais je n’ai rien dit quand tu m’as demandé d’essuyer
J’admets avoir vu les larmes couler sur tes joues
Mais ça n’explique pas
Pourquoi je te trouve la tête sous l’oreiller
Endormie sur ton derrière!

Je fais plus que ma part dans cette baraque
Je lis une histoire aux mioches une fois par mois
Je n’oublie presque jamais de sortir les ordures
Ni de remarquer chaque kilo que ton cul engrange
Et chaque nouveau ride qui creuse ton visage
Sans jamais te faire de commentaire
Ou presque
Je ne suis pas coureur de jupons
Je ne suis presque pas ivrogne
Je ne pète pas au lit
Et comment me remercie-t-on?
Je ne demande qu’un peu de succion
Et quelques gouttes blanches sur ton menton
Je me suis coupé les ongles d’orteil
Arraché les poils de nez
Et aspergé de Brut 33
Et pourtant, te voilà, bave au coin de la bouche
Endormie sur ton derrière!

Ma vie est un cirque
Une galerie des monstres
Où défilent nuit et jour

Femmes à barbe
Hommes canon
Hydrocéphales nains
Frères siamois bègues
Contorsionnistes obèses
Hercules aux biceps d’acier
Tatoués intégraux

Quant à moi, je suis
Leur avaleuse de sabres
La tailleuse de calumet
La scalpeuse de mohican
Qui humecte le bâton du berger
Et qui est à tu et à toi avec le pontife

On peut se mettre en bouche
Bien des choses en somme
Cigarette stylo bille brosse à dents
En-cas de quinze heures trente
Chewing-gum goyave-ananas-menthe
Cornet à pistons baryton

Mais rien ne demande autant
De dextérité et d’adresse
Que de prendre en gorge
Une arme d’estoc et de taille
Une longue et large rapière
De chair et de sang

Dès le début il faut
Que l’épée soit bien rigide
Alors, mieux vaut la travailler
Qu’elle soit chaude et flexible
Qu’elle réagisse au moindre mouvement
Au moindre souffle
Au moindre changement de pression
Lors de la prise en bouche

Avec un peu de succion
Le sabre enfle et se déploie
Bat au pouls du désir
Et pour rien au monde ne quitterait-il
La douceur de mon palais
Alors toujours plus profondément
Il avance vers ma gorge
Plongeant au plus profond de mon âme

Quand je le tiens mollement
Entre mes lèvres
La friction baveuse le rend
Plus rigide encore
Souvent je reste immobile
Pur réceptacle
À genoux et essuyant l’estocade
La tête renversée
Méditative et souveraine

Les épées se succédant
Allant et venant dans mon gosier
Jusqu’à l’apothéose finale
Que gourmande je déguste
Sous un tonnerre de cris
Et d’applaudissements.

Tes cheveux fous et notre amour
Nimbés par le mystère de cette nuit
Humide et luminescente
Dans le plus vieil hôtel de Montréal

Les gémissements des marches de l’escalier
Rythmaient ton soliloque halluciné
Où se bousculaient tous les spectres,
Des truands, victimes et assassins
Tous les complots, tous les drames
Qui s’y étaient déroulés
Et on croyait presque y entendre
L’écho étouffé, mais rauque
Des étreintes de tous les amants
Comme nous, unis
Clandestinement
Entre ces murs depuis
Leur érection
Il y a presque trois cents ans

Quelque chose d’impalpable
Dans l’air poussiéreux de la chambre
A libéré un démon dans ta chair
Lilītu, djinn, goule ou lamie
Une succube vorace
Au corps insatiable
Un puits sans fond de luxure
Le pertuis rose des gorges de l’enfer
Dont l’étreinte musquée et carnassière
Déchirait goulûment mon âme damnée
Jusqu’à ce que soudain
Le miroir se décroche
Et éclate sur le parquet.

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert, est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant. Et blanc.
Qui l’eut cru ?
Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel serait si blanc ?
Je veux dire – Jean-Robert ? Le Jean-Robert ? Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable ! Et pourtant…
De tous les braquemarts géants, blancs et hétérosexuels que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés d’un braquemart géant, blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement le plus blanc, le plus géant
Et le plus hétérosexuel
Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs qu’un hétérosexuel ait pu porter
Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc est le plus hétérosexuel et géant
Le Jean-Robert, celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante
Je n’avais pas idée que Jean-Robert ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ? Certainement pas moi
Jean-Robert, si gigantesquement et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels semblent moins blancs et géants
Quelqu’un était au parfum ? Quelqu’un était au courant ?
Que l’hétérosexuel et jean-robertien braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel de Jean-Robert ?
Pas moi, oh non, certainement pas moi.

Idée fixe, lu par Izabull:

J’écris de la pornographie.
        Pas de la littérature érotique
        Encore moins de la littérature tout court.

Certes, j’écris un tas d’autres choses
Des trucs sérieux, des trucs présentables
Des phrases avec des subordonnées relatives
Des textes que je fais lire à ma mère
Et que je signe avec mon vrai nom

J’écris aussi des textes moins présentables
— Du moins, que je ne fais pas lire à ma maman
Où je vocifère et je crie contre l’absurdité du monde
Contre tout ce qui soumet, méprise, écrase et opprime
De longues litanies exaltées nées de mon désir forcené
De vivre pleinement, dans l’extase sublime
Et la jouissance sans fins et sans entraves

J’en ai même écrit sur le sexe
        Pour que les gens parlent
        De sexe
        Pour qu’ils réfléchissent
        Sur le sexe
        Pour qu’ils mouillent et bandent en pensant
        Au sexe
        Et qu’ils admettent aimer
        Le sexe

Jusqu’ici, rien d’inavouable, me direz-vous
        Les progressistes
        Les féministes
        Les lesbiennes
        Et probablement toute la foutue gauche
        M’appuient avec un sourire complice,

Parce que voyez-vous il est de bon ton d’adopter une attitude décomplexée sur un aspect vous l’avouez on ne peut plus naturel et sain même si trop longtemps réprimé par les élites puritaines et hypocrites de notre condition humaine dans le cadre d’un mode de vie offrant la place qui lui convient à l’érotisme qui n’est-ce pas est le sel de l’existence et puis ce n’est plus comme avant on peut maintenant exprimer nos désirs légitimes nos envies et nos fantasmes sans passer pour une dévergondée après tout nous sommes entre adultes consentants et il y a moyen de faire tout cela d’une manière respectueuse de l’intégrité physique et morale des personnes et qui n’est pas dégradante et qui ne salit pas les draps vous prendriez bien un peu plus de thé très chère?

Mais la pornographie… par contre…
La pornographie, c’est une toute autre histoire.

La pornographie, ça n’a rien à voir avec
L’expression artistique de la sexualité
L’exploration littéraire de la sexualité
La psychologie sexuelle des personnages
Le style et la subtilité des mots du sexe

La pornographie n’a à voir qu’avec le sexe
Le sexe
Juste le sexe
Le sexe tout court
Mais la plupart du temps, très gros
Et très grossier

La pornographie c’est des queues, des cons et du foutre
— Non, c’est plutôt des graines, des plottes et de la dèche
La pornographie c’est tenir ses mains au dessus de sa tête
        Pendant qu’il la fourre
        Pendant qu’il lui bourre le cul
        Pendant qui lui enfonce la bite dans la bouche
        Avant de lui tartiner le visage de sperme
La pornographie c’est la baiser jusqu’à ce qu’elle soit épuisée
        Mais toujours dégoulinante et prête à se faire mettre
        Malgré ses quelques protestations de fausse mijaurée
La pornographie c’est ramasser un auto-stoppeur timide
        Et le soumettre bâillonné à une secte de harpies nymphomanes
        Qui l’enculent toute la nuit avec leurs godes-ceinture
        Jusqu’à ce qu’il éjacule en criant maman

La pornographie n’est ni éthique ni morale
La pornographie n’est pas un humanisme
La pornographie que j’écris
Ne sent pas l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Ne chante pas les transports de l’esprit et des sens
        Elle sent la pisse et le fauve
        Elle a la consistance gluante du KY merdeux
        Qui souille le gland hilare du sodomite
        Elle est plissée comme un scrotum
        Elle a la couleur d’une petite culotte tachée
        Elle se fout du consentement
        De l’union sacrée entre deux êtres
        Elle en a rien à branler
        De la dignité de la personne humaine

La pornographie mérite rarement mieux qu’un pseudonyme
Et reste la plupart du temps sans signature
Sans famille
Sans foi
Ni loi

La pornographie est un furoncle
Sur le visage du progrès et des droits humains
Les progressistes s’en détournent avec dégoût
Les féministes veulent en faire un autodafé
Les lesbiennes la lisent en cachette sous les draps
Et probablement toute la foutue gauche
Préférerait qu’elle n’existe tout simplement pas

Voilà le genre d’ordure que j’écris
Voilà le genre de saleté que je ne signe jamais
Voilà le genre de crasse que je produis pour de l’argent
Ce qui fait de moi rien de moins qu’une pute
Du genre qui baise n’importe qui
N’importe quoi, n’importe quand
S’il y a de l’argent à la clé
Même si sa plotte est sèche comme du bois

En réalité, sa plotte n’est pas sèche
Je mouille comme une vieille maquerelle
Je tortille mon cul sur ma chaise de bureau
En écrivant tous ces mots orduriers
Ces mots infréquentables
Dénués de toute prétention littéraire
Qui giclent de mon sexe
Surtout pour l’argent
Mais aussi pour
Le feu qui dévore
Mes entrailles

Je brûle de fièvre
J’ai les cuisses enduites
De mouille poisseuse
Je me consume de désir
Je meurs

Et c’est ce qui fait
Que ça en vaut
La peine.

Pas le son de ta voix
Pas les minuscules poils presque invisibles sur ta joue
Pas cette expression sur ton visage
      lorsque tu m’as dit « je t’aime » pour la première fois
Pas les Quatuors à cordes de Bartók
      qui te font grincer les dents
Pas tes chevilles sur le bord de la table à café
Pas l’odeur piquante de ton con repu d’amour
Ni le fin hâle de sueur sur ton épaule
      le matin quand tu dors encore
Ni ta timidité, ni tes audaces démentes
Ni même le velours de tes lèvres

Seulement le goût de tes larmes.

Mon père, je m’accuse d’avoir eu des pensées impures.

Mon père, je m’accuse d’avoir pensé au corps de l’homme
     En prenant en bouche le corps du Christ.

Mon père, je m’accuse d’avoir caché
     Des cartes postales coquines dans mon missel.

Mon père, je m’accuse de m’être touché les parties honteuses
     Avec les gants blancs que je porte à la messe.

Mon père, je m’accuse d’avoir essayé de voir
     Sous le pagne du Christ en croix.

Mon père, je m’accuse d’avoir glissé des mots obscènes dans les cantiques.

Mon père, je m’accuse d’avoir rincé ma chatte dans le bénitier.

Mon père, je m’accuse d’avoir fourré mon chapelet dans mon cul
     Et de l’avoir retiré, grain par grain, en soupirant d’aise.

Mon père, je m’accuse d’avoir joué avec les cierges
     Leur donnant cette drôle d’odeur en lorsqu’ils brulent.

Mon père, je m’accuse d’avoir usé la patine du maître-autel
     En y frottant mon abricot.

Mon père, je m’accuse d’avoir sous sa soutane décalotté Monseigneur
     Pendant qu’il rajustait sa calotte.

Mon père, je m’accuse de m’être crossée avec sa crosse.

Mon père, je m’accuse d’avoir la gnougnougnaffé la noune de la nonne.

Mon père, je m’accuse d’avoir blasphémé l’immaculée conception
     En souillant ma vertu dans la nef sans contraception.

Mon père, je m’accuse d’avoir pissé dans le ciboire
     Pour que vous en preniez et que vous en mangiez-en tous

Mon père, je m’accuse d’avoir caché mon kotex dans le calice
     Car ceci est mon sang, livré pour vous.

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des prostituées
Toi qui t’abandonnas toute entière aux exigences impétueuses de la chair,
Toi qui connus toutes les joies sublimes et foudroyantes de la débauche,
Toi qui fus vierge, mère, maîtresse, mystique, putain et stigmatisée
Toi qui te fis refuser le voile parce que tu étais trop belle
Toi qui trouvas ton amant assassiné au pied d’un arbre
Fais que je sois toujours pleine de désir

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des érotographomanes
Toi qui, pour racheter tes errements, fis pénitence publique
En te promenant dans les rues, montée par un ânier
Qui dans les rues criait ton passé en n’omettant
Aucune impudeur, aucune obscénité
Apprenant ainsi aux bourgeois effarés
Une multitude de péchés délectables
Qu’ils n’auraient jamais eu la liberté
Ou même l’imagination de commettre
Fais que je puisse toujours crier mon désir

Amen.

(Haïkus du dimanche écrits à la demande de phroz et publiés en rafale sur Twitter.)

Larme au coin de l’œil
Et sur ma joue empourprée
Un peu de sperme.

La porte claque
Ne reste que dans les draps
Son parfum fauve.

Les traits convulsés
Et la chair de ses nymphes
Autour de mes doigts.

Après avoir joui
Serment d’amour éternel
Je sais qu’elle ment.

Le regard hautain
Mais l’entrejambe humide
Elle sera mienne.

J’aime sa nuque
Quand j’enfonce quatre doigts
Dans son fondement.

Lèche ma chatte
Même si près de ton lit
Le chat observe.

Tu m’as bien baisée
Contre ma cuisse attendrie
Ton foutre coule.

Mon cul modeste
Par ta pine orgueilleuse
Bourré de fierté.

Baise-moi encor
Sur ta peau moite d’amour
La lune brille.

Il la pénètre
Sur ma bouille les embruns
De leur jouissance.

Odeurs marines
Quand dans les plis de son con
Je glisse mon nez.

Ton foutre gicle
Tant et tant qu’il déborde
Par mes narines.

Cyprine salée
Ma tension artérielle
En a trop souffert.

Le galbe troublant
De tes seins improbables
Me rend démente.

La pine du chien
Enfoncé dans sa chatte
Cris et jappements.

Au téléphone
Pour mouiller ma culotte
Sa voix me suffit.

Elle fait claquer
Le martinet sur la chair
De son amante.

La solitude
Amère de se branler
Pendant une orgie.

La canicule
N’est jamais la vraie cause
De mes draps mouillés.

«Tige de jade»
Voilà comment je nomme
Ta queue d’Orient.

Ton coquillage
Couvert de rosée nacrée
Je veux y boire.

Voisins excédés
Par mes cris de jouissance
Frappent à ma porte.

Une lesbienne
Ne cesse de me texter
Ses mots graveleux.

Elle vend son corps
À un prix exorbitant
Un bijou précieux.

La ville en été
A l’odeur acidulée
D’un con détrempé.

J’appuie mes talons
Sur tes larges épaules
Enfonce ta queue.

Ta motte touffue
Tu peux lui faire tes adieux
Voici le rasoir.

Tes jolies fesses
Polies comme le marbre
Où est mon fouet?

Elle a joui si fort
Que son corps se contracte
Gicle la pisse.

Assez, je ne veux plus rien entendre
Je me fous des yeux noirs de ton fiancé de Vancouver
Rien à foutre que tu l’aies dans la peau, ce con
Épargne-moi les détails sur sa bite moisie

Ne me raconte pas les autobus, les gares, les trains
L’autostop les camionneurs aux aisselles de poulet frit
Tous les fuseaux horaires les frontières déflorées
Pour passer un jour de plus en son odieuse compagnie

Ni le grand lit de son loft de Yaletown
Où vous avez copulé comme des chiens sans collier
Et mangé des gaufres avec de la crème fouettée
Tu vas finir par me faire vomir sur le combiné

Épargne-moi tes pleurnicheries je sais je sais je sais
Que tu ne l’as pas vu depuis la Chandeleur ou la Trinité
Qu’il a des fesses à faire mourir un sourire à faire renaitre
Dis-moi plutôt : t’aime-t-il vraiment, cet enfant de salaud?

Irait-il jusqu’à boire le sang qui s’écoule de ton calice odorant
Quand la lune te transforme en femelle hululante?
Irait-il jusqu’à gratter du bout de la langue les sombres épices
Séchées sur le vortex hypnotique de ton anus astral?

Moi, oui.

Car je ne suis pas un jeune homme bien qu’on présente à sa mère
Je suis la catin invertie la chipie dégénérée hystérique
La tribade vénéneuse qui attend dans l’ombre immémoriale
Le moment propice pour aspirer par ton sexe le miel de ton âme

Irait-il jusqu’à offrir son cul à ta sainte main thaumaturge
Pour que tu puisses jusqu’au poignet voir s’il a du cœur au ventre?
Irait-il jusqu’à oindre tes pieds sublimes de ses sucs
Les essuyer avec ses cheveux pour te bénir, toi, femme christique?

Moi, oui.

Il est des offrandes terrifiantes, nécessaires, mais hors de portée
De ton petit monsieur propret gominé au sourire fluoré
Avec son phallus couvert de poussière de missel
Et de smegma puant le saint chrême des valeurs familiales

Lorsqu’il te délaissera pour ses copains de poker
Lorsqu’il se dira trop vieux pour embrasser ta fente
Lorsqu’il bandera mou à la vue de tes rides sublimes
Lorsqu’il préféra la télé à ta vulve angélique et bestiale

Donne-moi un coup de fil je te susurrai les horreurs que tu adores
Donne-moi un coup de fil je te murmurai les mots que tu veux entendre
Ou alors, laisse-moi un message bien vulgaire et bien tendre
Pour que je devine au premier souffle que c’est bien toi.

Le soir venu
La mer d’huile des trottoirs
Reflète des lèvres rougies par le stupre
Des seins à la pulpe licencieuse et dense
Et les promesses infinies
De jambes interminables
Pendant que le néon entre deux éclipses
Martèle un LIVE NUDE GIRLS
Qui réverbère le cri de tout ce qui crie grâce
De tout ce qui m’implore d’avoir la vie sauve
Dans la toundra de mon cœur

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?

Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

(aubade)

Pas le temps de sucer ta queue
Car j’ai des poèmes à écrire
Il y a tant de papiers griffonnés
Entre les pages que mon carnet
Bubon trop mur sur le point d’éclater
S’effrite comme un lépreux sur le sol

Tu peux étendre ton foutre sur mon pied nu
Pourvu que mes mains restent sèches
Je dois retranscrire les odes sanitaires
Composées sur les murs des toilettes
Pas le temps de me faire bourrer le cul
Bientôt ma muse n’aura plus d’orifice intouché

Pas le temps de me faire ligoter
J’ai des vers célèbres au bout des doigts
Qui gémissent les musiques funèbres
Des sonnets blonds sur mes nymphes rougies
L’encre bleue des mille complaisances sous les ongles
Et celle des promesses à la saignée du coude

J’aurais bien aimé que tu restes plus longtemps
J’aurais bien frotté ma fente contre ton menton
J’aurais bien goûté au suc amer de ta veine noueuse
Mais j’ai des hymnes de chair et de tendons à écrire
Des fatrasies ululantes sous la lune oestromane
Des églogues gluantes de mouille et de rosée lubrique

Cent plis au coin des yeux quand tu fronces les sourcils
À la vue de ma main sur sa bite furieuse et courroucée
Que j’ai enjôlée et ointe de mille promesses folles
Afin qu’elle prenne enfin l’ampleur et la forme de tes envies
Afin qu’elle lève la tête aux cieux de tes désirs carnés
Afin qu’elle soit prête pour toi, chipie boudeuse et angélique

Cent plis à la commissure de tes lèvres obstinément closes
Quand j’y frottai son gland épaté pour y forcer un passage
Jusqu’à ce que tu cèdes, mal lunée, mais complaisante
Lui abandonnant les clés du palais baveux et soyeux
Creusant les joues pour te faire petite, toute petite
Chair convulsée qui se noue au va-et-vient du nœud

Cent plis de peau où son odeur de foutre exhale
J’en lèche une perle sur ton oreille offerte comme un sexe
Et une longue coulure le long de ta nuque de traînée
Salope éblouissante tu transpire encore le mâle
Qui t’a ouverte et prise et couverte de rage
Qui t’a labourée et enduite de ses sucs vénéneux

Cent plis de putain orageuse où je sens sa présence
Laisse-moi m’y frotter longtemps à m’en brûler la langue
Laisse-moi m’infuser de ce poison viril qu’il t’a instillé
Qui a fait paraître ta chair rouge et comme enflammée
Ce soir ta peau encore en est tout embaumée
Laisse-moi en respirer sur toi l’odorant souvenir.