Poésies licencieuses

Ce ne sont que des mots...
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(Senryūs érotiques)

Cheveux détrempés
Des flaques sur l’édredon
Dimanche pluvieux.

Trois amants ce soir
Qui sont venus me sceller
Hermétiquement.

J’ai rêvé à toi
Il n’y avait que ta bouche
Assez pour m’étreindre.

Privée de ta peau
De la moiteur de ton sexe
Je suis en exil.

Pourquoi hurles-tu
« Merci Jacquie et Michel ! »
Pendant nos ébats ?

Musc, ambre et cumin
Un voyage en orient
Le nez dans ton string.

Un doigt et puis deux
Pour finir toute la main :
Je suis fière de toi.

Il a demandé
Ma main lors d’une soirée
Au club échangiste.

Vibro dans la chatte
Plug et bâillon enfoncé
Chaque chose à sa place.

Siroter du rhum
En regardant vingt marins
Passer sur ton corps.

Matin glacial d’hiver
Sous le drap microclimat
Tropical humide.

Tu t’es assoupi
Je me glisse hors de ton lit
Et vais sur Tinder.

Derrière la porte
Cris, soupirs, chuchotements
Qui est avec toi ?

Ce n’est pas ma faute
Si ta femme a vu mes seins
Sur ton téléphone.

Tu brûles de fièvre
Mais tu bandes néanmoins
Chevauchée torride.

Tu veux te taper
Un beau livreur de pizza
That’s so seventies.

J’aime à voir deux mecs
Prendre leur douche ensemble
Étreintes viriles.

Je veux que tu sois
Constamment entre les lèvres
Fixation orale.

Elle aime un peu trop
Ces jeux qu’elle sait d’avance
Qu’ils vont mal finir.

J’ai un maître-queux
Qui sait apprêter ma chair
Attendrie, farcie.

Zip-a-Dee-Doo-Dah
Fredonne-t-il guilleret
En me besognant.

Quelques poils pubiens
Dans une enveloppe blanche
Souvenir de toi.

Tes coups de boutoir
Implacables et réguliers
Comme un métronome.

Tu as joui trop fort
Ton sperme mouille mon cou
Et tes larmes aussi.

Si ta queue se dresse
Reviens j’habite toujours
À la même adresse.

  1. Combien de poèmes sur la glaire vaginale qui tache fond de ma culotte puis-je soumettre à la fois?
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J’admets que la première fois que je t’ai vu
J’ai tout de suite eu envie de sucer ta queue
J’admets que c’est moi qui ai tâté ton cul
Quand tu avais le dos tourné à ton lancement
J’admets que j’ai ensuite volé ton foulard
Et que je l’ai humé aux toilettes en me branlant

Circonstances atténuantes :
Mes amies n’arrêtaient pas de parler de toi
Elles qui admirent ton génie poétique
Et qui ne cessaient de vanter ta forte personnalité
Ta personnalité qui porte à gauche
Ta très très grosse personnalité

Comment une femme peut-elle résister à ça ?
Je suis donc allée, curieuse, garer mon cul
À la fucking Maison de la Culture de mes deux
Pour t’écouter déclamer nonchalamment
Tes strophes pétries d’immondices
Tes épouvantails à honnêtes citoyens

Quand tu as parlé de douches romaines
Je me suis mise à fondre
Comme le passage du Nord-Ouest
Et quand tu as parlé de Dirty Sanchez
Ça m’a frappé dans le ventre
Comme mes premières règles


Hélas, tu as femme, bungalow et enfants
Alors je ne peux partager avec toi
Mes propres vers orduriers
Alors je les écris juste pour moi
Pour les relire avec ta voix dans ma tête
Pour les relire en me roulant la bille

J’admets rêver de te prendre en Amazone
Quand je pense au rose de tes mamelons
Sous ta chemise Arrow immaculée
J’admets rêver de te lécher sous les couilles
– Est-ce que les épouses des poètes
Leur mangent la raie du cul?

J’avoue t’avoir suivie jusqu’à chez toi
Mais je te jure que je ne suis pas entrée
Sinon je me serais roulée dans ton linge sale
J’aurais frotté ton oreiller sur ma plotte
J’aurais enfoncé ta brosse à dents dans mon cul
Comme Boucle d’or chez les trois ours

Les coups de fil au milieu de la nuit
Les lamentations et le souffle oppressé
Ça j’avoue que c’est bel et bien moi
Mais je sais que je ne dérangeais pas ton sommeil
Tout occupé que tu étais sûrement
À taquiner ta muse, cette pouffiasse

C’était moi la culotte sur la poignée de porte
C’était moi les seins nus dans ton inbox
C’était moi le mot obscène sur le parebrise
C’était moi le «SALOPE» sur la photo de ta femme
Voilà tu le sais alors inutile d’en faire tout un plat
Pas besoin de demander une injonction interlocutoire

Réglons ceci comme des adultes raisonnables
Laisse-moi me faufiler derrière toi
Laisse-moi te secouer la trique
En blottissant mon nez dans ta nuque
Jusqu’à ce que tu craches ton joli foutre
Et quittons-nous ensuite en bons termes

Cher collègue
Suite à notre dernier entretien
Je suis dans l’obligation de vous informer
Que je n’ai jamais eu à votre égard
La moindre pensée déplacée

Je veux que vous sachiez
Que je n’ai jamais envisagé de m’accoupler avec vous
Que je n’ai jamais eu le moindre béguin
Ni aucune envie irraisonnée de vous épouser
Et que l’idée de vous offrir des fleurs
Ou de glisser dans le tiroir du haut de votre classeur
Ma culotte ornée de mon prénom
Et de mon numéro de téléphone
Ne m’a jamais traversé l’esprit

Je vous assure que je n’ai jamais souhaité
Vous embrasser ou caresser vos charmantes mèches noires
(Je dis charmantes pour être polie
Et non pour exprimer
La moindre attirance envers vous)
Parce que vous savez aussi bien que moi
Que mon éthique professionnelle m’empêche
De vous imaginer sans votre chemise

Vous êtes un collègue
Et aucun collègue au torse glabre
Ne hante mes fantasmes
Ce n’est qu’une simple question de déontologie

Vous devez donc être conscient
Qu’il ne m’arrive jamais de me demander
Quelle est la taille de votre verge
Et encore moins d’essayer de deviner
Si vous êtes circoncis ou non
Il est clair que cela ne me regarde pas

C’est d’ailleurs pour cette raison
Que je n’ai jamais contemplé votre derrière
Lorsque vous marchez devant moi
Même si vous l’agitez de façon si suggestive

Mieux : je n’ai jamais eu envie
De vous voir gambader dans l’herbe folle
Sous le soleil de juillet
Avec pour seul vêtement
Une paire de chaussettes blanches
Qui donc aurait des envies aussi ridicules ?
Certainement pas moi
Je peux vous en assurer

Je vous prie donc de croire
Que je n’ai jamais eu envie
De me jeter dans vos bras
Que je n’ai jamais espéré
Votre bite dans ma chatte ou sur mes lèvres
Ni votre langue sur mon clito

Ce n’est pas parce que j’aime
Ficeler et bâillonner les hommes
Que je rêve de vous voir à ma merci
Ce n’est pas parce que
J’aime lécher de la crème glacée
Sur le cul de mes amants
Que je rêve de vous enduire
De gelato praline et beurre
Ou que je rêve de verser de la cire brûlante
Sur votre gland pour pouvoir
En apaiser le feu avec ma salive

Je ne pense pas à vous
Lorsque je me caresse le soir
Seule dans mon lit
Je n’ai jamais prononcé votre prénom
Lorsque mes doigts s’insinuent
Entre les lèvres humides de mon sexe
Je ne m’imagine jamais
Assise sur le photocopieur
Pendant que vous me fourgonnez
En immortalisant notre union
Sur du papier format légal
Je ne vous imagine jamais
Étendu sur votre bureau
Auréolé de post-it
Le visage transfiguré par l’orgasme
Pendant que vous vous répandez dans ma bouche
Je n’ai jamais imaginé
Le laveur de vitres dans sa nacelle
Nous espionnant en s’astiquant le manche
Pendant que vous me prenez en levrette
Sur la grande table de la salle de réunion
Je ne pense jamais
À vos épaules larges
À vos bras puissants
Me basculant sur les sacs de courrier interne
Pour me saillir avec vigueur et passion

Je ne pense pas à vous lorsque je jouis
En fait, je ne pense jamais à vous
Hors des heures de travail réglementaires
Définies par notre convention collective

En espérant
Que tous les malentendus
Seront ainsi dissipés
Je vous prie de croire
Cher collègue
En l’expression
De mes sentiments
Distingués

Je te cherche dans les collines et les greniers
Je te cherche sur l’ourlet de ma vulve
Je te cherche dans mes draps souillés de rêves
Je te cherche au Caire et à Paris
Je te cherche dans les placards du siècle
Je te cherche dans les rayons de poussière
Je te cherche sous la tranchefile
Je te cherche engluée au plafond
Je cherche ton poignard palpitant
Dans la nuit et dans la pluie

Je cherche ton sexe de crabe
Je cherche les chats vérolés
Qui se nourrissaient à tes mamelles vertes
Je cherche les machinations aveugles de tes mains
Sur mes seins frissonnants
Je cherche ta peau séchée par la fumée des passions
Je cherche tes bas qui raffermissaient tes jambes
Ton corset qui soutenait ton corps tremblant
Tes rides tes seins ballants ton air affamé
Et tes robes qui sentaient ton corps pourri
Je cherche ton ventre pour me nourrir
Je cherche tes cheveux pour me rassasier
Je cherche tes reins et ta tête rasée
Je cherche ta langue qui perce mes yeux
Et qui les remplit de salive triomphante

Je te cherche aussi auprès des femmes
De ces femmes que tu voulais fuir
Ces femmes aux mains grasses
Qui caressaient tes seins nus
Et qui crachaient leur urine dans ta soupe
Je te cherche chez les femmes intempestives
Aux ongles de désert cisaillant
Aux aisselles de forêt ruisselante
Je te cherche chez les passantes
Qui ajustent effrontément leurs bas
Avant de vaporiser leur lymphe dans mon cœur

Je te cherche aussi dans les vices des hommes
Car ils étaient ton domaine
Je te cherche dans leurs plaies – tes doux gâteaux
Je te cherche dans leurs viles pensées
Que tu aimais tant mâcher
Je te cherche dans leurs cratères
Qui crachaient leur sperme froid de fantôme
Je te cherche sous leurs prépuces rances
Sur le papier bible de leur prétention
Dans leur ignorance de ton pouvoir

Je te cherche dans la laideur
Où tu trouvais toute ta beauté
Te trouverai-je assise devant une table cassée
La mort dans le ventre et rien dans l’armoire
Fatiguée de tout même de tes souvenirs ?
Te trouverai-je dans les mots d’enfants
Que tu as murmurés en mourant ?
Te trouverai-je près du phallus qui a sonné le glas
Le jour où tu t’es mise à dormir ?
Te trouverai-je enfin
Dans le désespoir de mes songes ?
Car tes désirs d’hier
Sont mes rêves de demain

Remets-moi tout ça immédiatement
Tu ne peux pas te déshabiller ici
Tu ne peux pas étaler sur ce tapis
Tes seins ta motte ton cul pour la caméra
Éteins-moi ce cigare il est interdit de fumer
Non ce n’est pas le temps de prendre un bain
Mais vous êtes tous devenus fous ma parole
Tu ne peux pas te raser les couilles dans la cuisine
Et laisser des poils sur le carrelage
Ce n’est pas le moment de se branler
Mais qu’est-ce qui te prends de te branler
Comment peux-tu te branler à un moment pareil
Mais qu’est-ce que c’est que ça
Tu ne peux pas rester ici avec un doigt dans la chatte
Ce n’est pas le moment de se passer le doigt
Quelle est cette odeur
Ne lui mets pas ta langue à cet endroit
Ne lui tâte pas les fesses
Ne lui mets pas un doigt en astiquant son manche
Tu as des mailles dans tes collants
Arrête tu fais des mailles dans tes collants
Remets ton t-shirt cesse de les tâter personne ne veux les voir
Et toi, ne laisse pas ton slip taché dans le bol à fruits
Qu’est-ce que c’est que ça
Tu ne peux pas apporter ça ici
Remets-le dans ton sac
Éloigne ce truc de moi
Ils vont revenir d’une minute à l’autre
J’entends leurs pas dans l’escalier
Leur voix derrière la porte
N’approche pas ou je crie
Ne me touche pas
Non je

J’eus la permission de les regarder
Ils laissèrent la porte ouverte
Le plus jeune me tournait le dos

L’autre assis, pantalon aux chevilles
Il lui pompait goulument le dard
Bave en filets gluants au menton

Et moi je me contentais de me branler
Spectatrice conne et coite, quoique…
J’aurais dû m’approcher d’eux

Passer mes doigts dans ses cheveux
Parquer mon cul nu sur le béton glacial
Pour lécher le sien, brûlant

Frotter ma chatte sur ses lèvres
Pour lui faire goûter le suc amer
L’essence même de mon plaisir

Lécher sur sa joue râpeuse les traces
Du plaisir défunt de son amant
Lui demander son prénom, à tout le moins

Mais ils ont fui hilares et repus
Me laissant seule, rouge aux joues
Cuisses inondées, corps incendié