Textes de la catégorie « Poésies licencieuses »

Lettre à l′amant

14 février 2010

Tu resterais de glace si je te lisais Le con d’Irène en me limant le con avec une glace à la lime?

Tu lécherais jusqu’à l’orgasme mes larmes sur ma cornée?

Tu recruterais pour moi des légions d’étrangers sans visas et sans visages pour récolter un bain de foutre et m’y tremper?

Et si je badinais avec un aveugle, tu laisserais son chien me monter?

Tu m’accompagnerais, nu, bâillonné, tenu en laisse, à la manif du huit mars?

Tu éjaculerais ta morve sur mon palais si je suçais ton nez comme une verge?

Tu me servirais ton sang et ton sperme mêlés dans un calice, pour que j’y trempe les doigts qui fouilleraient ton fondement?

Tu me lierais à une table, jambes et bras écartés, putain absolue sans préférences ni états d’âme, pour me mettre à l’abattage?

Tu éclabousserais de foutre ton bulletin de vote pendant que je te lèche le cul dans l’isoloir?

Tu me laisserais agrafer ton prépuce à ton nombril et ton scrotum à tes cuisses?

Tu placerais des araignées sur ma chatte après m’avoir ligotée nue dans le jardin?

Tu me laisserais, moi fille de Loth, abuser de toi, plongé dans le sommeil de l’ivresse, pour te donner une postérité mâle?

Tu t’amputerais un doigt, celui qui te sert à me faire jouir, pour que je le vénère comme relique?

Tu téterais mes seins assez longtemps pour que je puisse t’allaiter, moi qui n’ai jamais enfanté?

Tu installerais un godemiché sur l’escarpolette du parc du quartier pour que je puisse au grand jour m’y amuser?

Tu m’expliquerais par l’exemple ce que veut dire le mot «bradycubie »?

Tu te ferais tatouer la phrase «j’ai léché Anne Archet» sur la langue?

Tu renierais ton dieu pendant que je me frotte la vulve sur le livre saint de ton choix?

Tu me laisserais placer ton cigare dans mon sexe pour que je puisse faire des ronds de fumée?

Tu viendrais boire le sperme de ton grand-père qui s’écoule de ma chatte surmenée?

Tu resterais raide et immobile sur la civière de la morgue pendant que je te chevauche éperdument?

Tu servirais à tes anciens camarades de classe le vin qui aurait servi à me faire un lavement?

Tu me laisserais te regarder pendant que tu te sers d’un trou dans un tronc d’arbre comme tu te serais servi de mes propres orifices?

Tu m’épierais pendant que je te trompe avec un bossu, une femme à barbe, un cul-de-jatte, un grand brûlé?

Tu me laisserais mordre ton gland pour que je puisse boire, au dernier moment, deux fluides vitaux plutôt qu’un seul?

Tu me construirais un Roméo mécanique sur lequel tu me ferai perdre la raison chaque soir entre dix-neuf et vingt heures?

Tu goûterais, accompagnés de caviar de beluga, mes excréments tartinés sur un craquelin de seigle?

Tu me laisserais vider mes glandes de Skene sur ton édredon de plumes d’eider ?

Tu m’achèterais un costume d’infirmière pour que je puisse aller sucer les cancéreux sur leur lit de mort?

Tu me laisserais t’accrocher le gland sur un hameçon pour que je puisse jouer à la pêche miraculeuse?

Tu me filmerais pendant que je débauche ta mère avec un gode ceinture?

Tu emballerais ton braque d’un savant kokigami pour que je puisse l’offrir à ma petite cousine pour son anniversaire?

Tu placerais une braise sur mon nombril pendant que je me masturbe, moi qui brûle d’amour?

Tu me laisserais insérer de petites billes d’acier dans ton urètre pour pouvoir ensuite les voir jaillir avec ton foutre?

Tu vendrais ton père, ta patrie et ton âme au diable pour que je jouisse une fois de plus, une seule fois?

Alors ne viens pas me dire que tu m’aimes.

Dérobade

14 décembre 2009

(aubade)

Pas le temps de sucer ta queue
Car j’ai des poèmes à écrire
Il y a tant de papiers griffonnés
Entre les pages que mon carnet
Bubon trop mur sur le point d’éclater
S’effrite comme un lépreux sur le sol

Tu peux étendre ton foutre sur mon pied nu
Pourvu que mes mains restent sèches
Je dois retranscrire les odes sanitaires
Composées sur les murs des toilettes
Pas le temps de me faire bourrer le cul
Bientôt ma muse n’aura plus d’orifice intouché

Pas le temps de me faire ligoter
J’ai des vers célèbres au bout des doigts
Qui gémissent les musiques funèbres
Des sonnets blonds sur mes nymphes rougies
L’encre bleue des mille complaisances sous les ongles
Et celle des promesses à la saignée du coude

J’aurais bien aimé que tu restes plus longtemps
J’aurais bien frotté ma fente contre ton menton
J’aurais bien goûté au suc amer de ta veine noueuse
Mais j’ai des hymnes de chair et de tendons à écrire
Des fatrasies ululantes sous la lune oestromane
Des églogues gluantes de mouille et de rosée lubrique

Cent plis de peau

16 juillet 2009

Cent plis au coin des yeux quand tu fronces les sourcils
À la vue de ma main sur sa bite furieuse et courroucée
Que j’ai enjôlée et ointe de mille promesses folles
Afin qu’elle prenne enfin l’ampleur et la forme de tes envies
Afin qu’elle lève la tête aux cieux de tes désirs carnés
Afin qu’elle soit prête pour toi, chipie boudeuse et angélique

Cent plis à la commissure de tes lèvres obstinément closes
Quand j’y frottai son gland épaté pour y forcer un passage
Jusqu’à ce que tu cèdes, mal lunée, mais complaisante
Lui abandonnant les clés du palais baveux et soyeux
Creusant les joues pour te faire petite, toute petite
Chair convulsée qui se noue au va-et-vient du nœud

Cent plis de peau où son odeur de foutre exhale
J’en lèche une perle sur ton oreille offerte comme un sexe
Et une longue coulure le long de ta nuque de traînée
Salope éblouissante tu transpire encore le mâle
Qui t’a ouverte et prise et couverte de rage
Qui t’a labourée et enduite de ses sucs vénéneux

Cent plis de putain orageuse où je sens sa présence
Laisse-moi m’y frotter longtemps à m’en brûler la langue
Laisse-moi m’infuser de ce poison viril qu’il t’a instillé
Qui a fait paraître ta chair rouge et comme enflammée
Ce soir ta peau encore en est tout embaumée
Laisse-moi en respirer sur toi l’odorant souvenir.

Viens jouer avec moi

10 mars 2009

Instituteur et écolière
Juge et accusé
Professeur et étudiant
Infirmière et malade
Aveugle et chien-guide
Starlette et chauffeur
Exorciste et possédées
Policier et délinquant
Cavalier et pur-sang
Rentier et bonniche
Inquisiteur et Cathare
Médecin et patient
Agent de probation et prostituée
Bonne sœur et orpheline
Livreur de pizza et adolescente
Tchékiste et makhnoviste
Tinkiwinkie et Laalaa
Imam et femme adultère
Fermier et vache laitière
Légionnaire et crucifié
Poule et colonel Sanders
Motard et biker chick
Samouraï et Geisha
Député et électeur
Dealer et junkie
Rockstar et groupie
Gynécologue et parturiente
Geôlier et prisonnière
Charcutière et saucisson sec
Notaire et secrétaire
Bouc et bergère
Maître-nageur et noyée
Cowboy et squaw
Macchabée et thanatologue
Fonctionnaire et contribuable
Photographe et mannequin
Vendeur de chaussures et cliente
Psychiatre et schizophrène
Sainte Thérèse d’Ávila et l’ange à la longue lance d’or

Sous mon bureau

24 février 2009

Personne ne t’avait vu te glisser
Sous mon bureau

Personne ne pouvait t’entendre
Sous mon bureau

Mais moi, je pouvais sentir ta présence
Sous mon bureau

Tu écartas lentement mes genoux
Sous mon bureau

Tu fis éclore mon sexe
Sous mon bureau

Tu chuchotas des mots indécents
Sous mon bureau

Doucement, tu doigtas ma fente
Sous mon bureau

Odieusement, tu y enfonças quatre doigts
Sous mon bureau

Avidement, tu lapas mon plaisir
Sous mon bureau

Voracement, tu mordis mon âme
Sous mon bureau

Brisée, je vins en tremblant
Sous mon bureau

Émue, je t’offris d’être promu
Sous mon bureau

En oubliant que j’étais trois paliers hiérarchiques
Sous ton bureau

Romance de cabine

31 janvier 2009

J’eus la permission de les regarder
Ils laissèrent la porte ouverte
Le plus jeune me tournait le dos

L’autre assis, pantalon aux chevilles
Il lui pompait le dard
Bave en filets gluants au menton

Et moi je me contentais de me branler
Spectateur con et coi, quoique…
J’aurais dû venir sur sa nuque

Ou éjaculer sur ses cheveux graisseux
Parquer mon cul nu sur le béton glacial
Pour lécher le sien, brûlant

Glisser mon gland entre ses lèvres
Pour lui faire goûter le suc amer
L’essence même de mon plaisir

Lécher sur sa joue râpeuse les traces
Du plaisir défunt de son amant
Lui demander son prénom, à tout le moins

Mais ils ont fui hilares et repus
Bien avant que j’eus le temps d’éponger
Le foutre bleu qu’ils ne purent voir jaillir

Je t’appelle Tony

29 octobre 2008

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony

Supplique

14 avril 2008

Assez, je ne veux plus rien entendre
Je me fous des yeux noirs de ton fiancé de Vancouver
Rien à foutre que tu l’aies dans la peau, ce con
Épargne-moi les détails sur sa bite moisie

Ne me raconte pas les autobus, les gares, les trains
L’autostop les camionneurs aux aisselles de poulet frit
Tous les fuseaux horaires les frontières déflorées
Pour passer un jour de plus en son odieuse compagnie

Ni le grand lit de son loft de Yaletown
Où vous avez copulé comme des chiens sans collier
Et mangé des gaufres avec de la crème fouettée
Tu vas finir par me faire vomir sur le combiné

Épargne-moi tes pleurnicheries je sais je sais je sais
Que tu ne l’as pas vu depuis la Chandeleur ou la Trinité
Qu’il a des fesses à faire mourir un sourire à faire renaitre
Dis-moi plutôt : t’aime-t-il vraiment, cet enfant de salaud?

Irait-il jusqu’à boire le sang qui s’écoule de ton calice odorant
Quand la lune te transforme en femelle hululante?
Irait-il jusqu’à gratter du bout de la langue les sombres épices
Séchées sur le vortex hypnotique de ton anus astral?

Moi, oui.

Car je ne suis pas un jeune homme bien qu’on présente à sa mère
Je suis la catin invertie la chipie dégénérée hystérique
La tribade vénéneuse qui attend dans l’ombre immémoriale
Le moment propice pour aspirer par ton sexe le miel de ton âme

Irait-il jusqu’à offrir son cul à ta sainte main thaumaturge
Pour que tu puisses jusqu’au poignet voir s’il a du cœur au ventre?
Irait-il jusqu’à oindre tes pieds sublimes de ses sucs
Les essuyer avec ses cheveux pour te bénir, toi, femme christique?

Moi, oui.

Il est des offrandes terrifiantes, nécessaires, mais hors de portée
De ton petit monsieur propret gominé au sourire fluoré
Avec son phallus couvert de poussière de missel
Et de smegma puant le saint chrême des valeurs familiales

Lorsqu’il te délaissera pour ses copains de poker
Lorsqu’il se dira trop vieux pour embrasser ta fente
Lorsqu’il bandera mou à la vue de tes rides sublimes
Lorsqu’il préféra la télé à ta vulve angélique et bestiale

Donne-moi un coup de fil je te susurrai les horreurs que tu adores
Donne-moi un coup de fil je te murmurai les mots que tu veux entendre
Ou alors, laisse-moi un message bien vulgaire et bien tendre
Pour que je devine au premier souffle que c’est bien toi.

Précisions

9 janvier 2008

Avec tes lèvres sur les miennes
Avec ta langue qui frôle mes dents
Avec la même qui plus tard glisse sur ma raie
Avec cet anneau doré sur tes nymphes
Avec tes cheveux noirs comme tes intentions
Avec ta peau secrète gravée de signes cryptiques
Avec ta culotte rouge qui flotte dans ma baignoire
Avec tes fesses comme des miches dorées dans mes mains
Avec tes fesses zébrées de rouge sous la jupe de tweed
Avec ton haleine sucrée de femme éthylique
Avec tes larges cuisses reptiliennes autour de mes hanches
Avec mes orteils doucement caressés par ta salive
Avec ta rivière de perles sur la table de nuit
Avec cette cicatrice violacée sur ton pubis
Avec la rosace tendre et sauvagine de ton cul
Avec les vergetures et les plis flasques de ton ventre
Avec ta logorrhée logarithmique quand je te lèche
Avec tes messages sibyllins sur le répondeur quand je te laisse
Avec ce sourire de starlette de porno moyen-oriental
Avec tes deux doigts qui butent contre ma matrice
Avec cette laisse et ce collier à clous autour de ton cou.

Message vocal

11 juillet 2007

Anne, c’est encore moi
Je t’en prie, si tu es là, décroche
Il faut que je te le dise
Je dois le raconter à quelqu’un
Mario Bodard veut me prendre par derrière

Il est si insistant
Que je lui ai donné mon numéro
Mais maintenant je regrette
Dieu que je regrette
Car jour et nuit il m’appelle pour laisser
Sur mon répondeur de propos orduriers
«Quand pourrai-je enfin t’embrocher?»
«Je veux te sucer la pine, joli cœur»
«Viens gruger ma viande jusqu’à l’os»
Anne, il me fout la trouille
Car jamais n’ai-je été fourgonné
Par un garçon boucher

Anne, si tu savais, lorsqu’il m’appelle
Pour me dire qu’il veut
Bouffer mon trou de cul
Pour me dire qu’il bande comme un taureau
Qu’il astique son outil en pensant à moi
Qu’il crie mon nom en fourrant deux doigts
Dans son intérieur de ronde
Pour se vanter d’être un animal
Une bête de sexe
Je ne peux m’empêcher de penser
À son visage de bovidé
À ses mains larges et poilues
À la moiteur de ses naseaux
Quand derrière le comptoir
Il enveloppe en souriant mes escalopes

Mario Bodard veut mon cul
Il dit qu’il peut pistonner des heures durant
Comme une enfileuse à saucisses électrique
Si seulement je pouvais décrocher le téléphone
Si seulement je pouvais lui dire «oui»
Il me prendrait là, sur son bloc à découper
Sur sa planche à enculer
Mais je ne retourne pas ses appels
Je ne suis pas celui qu’il croit
Pas question de le laisser lécher mes amourettes
Pas question de le laisser fourrer mon andouille
Pas question de le laisser attendrir mon aloyau

Devrais-je faire retracer ses appels?
Devrais-je changer de numéro?
Devrais-je appeler les flics?
Anne, je ne sais plus quoi penser
Je n’ose plus aller à la boucherie
Tâter les côtelettes et les saucissons
Samedi après-midi avec mon petit mari

Attends, je te rappelle
J’ai quelqu’un sur l’autre ligne.

Je veux lire

30 mars 2007

Léo
Léa
Léo et Léa
Le camion de Léo et Léa
La radio de Léo et Léa
Léa est l’amie de Léo
Léo est l’ami de Léa
Léa a la balle et le bâton de Léo
Léo a la poupée et la bicyclette de Léa
Léo a pelé la poire
Léa boit du lait
Léo et Léa ont lu le livre
La petite Léa a un tutu rose
Léa a la peau humide
Léo regarde Léa
Léa a le souffle court et rapide
Léo goûte la peau de Léa
La petite Léa a une jolie culotte
Léa caresse son minou
Le minou de Léa est une jolie petite bête
Les soupirs de Léa sont humides
Léo dépasse de son slip
Léo est bandé comme papa
Léo lèche le minou mouillé
Léa ouvre ses jambes et gigote l’index dans son anus

Léo suce les seins de Léa pendant qu’elle le branle et guide sa queue vers sa fente et puis Léo qui la pénètre d’un coup pendant qu’elle crie qu’il la met de plus en plus vite avec des clapotis visqueux plus qu’elle brame encore et oh oui et plus fort et plus profond et qu’il mord ses lèvres elle agite les jambes crispe les orteils et les ongles sur la peau de Léo et après elle jouit en hurlant et qu’il vient sur son ventre
sur sa poitrine
son menton
son nez

Le nez de Léa
La bouche de Léo
La bouche et le nez de Léa
Léo
Léa

Mue

29 mars 2007

Ma bouche cérémoniale
Une fellation en grandes pompes
Les violons funiculaires
Ceci n’est pas une pipe

On me déplace la frontière
Le long dos impensable
J’avale la beauté
Liqueurs de problèmes fixes

Cris des canines dans la vallée
Virgule-moi l’aréole entre les doigts
Bien ficelée sous lune obligée
Compte les gouttes dans la serrure sexuelle

Dans ma robe blanche, jeunesse en tresses
Lèvres noires et jeûne des frôlements
Les pieds nus tachés de boue bleue
Masturbée d’une main les arcanes

Amant improbable
Suant le désordre et la rédemption
Je suis ta fille perverse
Ton amante cruelle sous la faux

Pente douce

28 mars 2007

Nue dans la neige de juillet
Perdue
Éloignée des sangs verts
Complètement fist-fuckée
Par les bras froids techniques

L’horizon menstrué sous vide
Limée par un coin obséquieux
Assise dans le no-woman’s-land des âges
Avec la non-identité immobile

Vissée d’une preuve par l’absurde
L’esprit défloré dans le sang
Pinée comme un clou dans le mensonge
Au nord des tremblements

Assise au milieu de mes années noires
Le new deal des frissons pauvres
Grande dépression de la peau moderne
Au bout des nerfs, aux fenêtres

En plein calendrier
Tant s’use le temps usurier
En pente douce vers nulle part
En plein dérapage d’ardeurs
En pleine chute chaude
En plein ciel d’uranium

Donne-moi tes lèvres à boire

Prière de la pornographe

24 janvier 2007

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des prostituées
Toi qui t’abandonnas toute entière aux exigences impétueuses de la chair,
Toi qui connus toutes les joies sublimes et foudroyantes de la débauche,
Toi qui fus vierge, mère, maîtresse, mystique, putain et stigmatisée
Toi qui te fis refuser le voile parce que tu étais trop belle
Toi qui trouvas ton amant assassiné au pied d’un arbre
Fais que je sois toujours pleine de désir

Sainte Marguerite de Cortone
Patronne des érotographomanes
Toi qui, pour racheter tes errements, fis pénitence publique
En te promenant dans les rues, montée par un ânier
Qui dans les rues criait ton passé en n’omettant
Aucune impudeur, aucune obscénité
Apprenant ainsi aux bourgeois effarés
Une multitude de péchés délectables
Qu’ils n’auraient jamais eu la liberté
Ou même l’imagination de commettre
Fais que je puisse toujours crier mon désir

Amen.

Liste de choses à faire lorsque je serai seule

22 novembre 2006

Dissoudre mon vernis à ongles
Appliquer une couche de gloss sur mes lèvres
Faire ronronner le minou
Brosser ma permanente
Faire tremper mes cuticules
Beurrer mon muffin
Vérifier le niveau des fluides
Sonder les profondeurs
Prendre mon pouls
Tourner autour du buisson
Lisser la pelisse
Astiquer la lampe pour faire sortir le génie
Faire sortir la tête de la tortue de sa carapace
Travailler la pâte feuilletée
Aller à la pêche à la moule
Faire le tour de garde dans la tranchée
Glisser sur la pente savonneuse
Danser le ballet avec deux doigts
Double-cliquer le bouton de ma souris
Engourdir mon index
Faire dégorger l’abricot
Faire une promenade en forêt
Repasser mes rideaux
Faire de la peinture avec les doigts
Écosser le petit pois
Polir l’argenterie
Travailler sur moi-même
Frotter la tache sur ma moquette
Parfumer mes phalangines
Chercher la perle dans le coquillage
Jouer avec l’interrupteur
Gaver la chatte
Jouer un solo à l’archet
Faire de la plongée sous-marine
Faire de l’exploration minière
Huiler mes jointures
Fatiguer la salade au thon
Faire friser mes orteils
M’offrir des doigts de dame avec de la crème
Faire du pouce sur la Rive Sud
Presser la mangue
Faire épaissir la sauce
Passer en mode manuel
Colmater la brèche
Visiter le canyon rose
Jouer une partie de solitaire
Lire en braille
Faire chauffer le four
Sarcler mon jardin
Flatter mon amour-propre
Ramoner la cheminée
Brasser la soupe avant qu’elle ne déborde
Me perdre dans le triangle des Bermudes

Ce ne sont que des mots

17 août 2006

Avertissement aux mineurs
Le texte que vous lisez en ce moment
Contient des descriptions explicites
D’activités sexuelles, comprenant entre autres
Mais pas exclusivement
Des pénétrations vaginales, anales,
Ainsi que des relations orogénitales
Entre des hommes qui rougissent et soupirent
En manipulant leur verges rigides
Et des femmes au regard lubrique
Qui lèchent langoureusement leurs lèvres
Et caressent leurs seins en tremblant d’excitation
Tout en s’embrassant entre elles avec passion
Tout en caressant du bout des doigts
La fente éclose de leur voisine
Préparant ainsi leur sexe humide
À l’intromission des queues congestionnées
Luisantes de salive et de sueur
Des mâles ivres d’amour et de fornication

Que les parents soient avertis
On y retrouve aussi des mises en scène
Crues, vulgaires, au goût douteux
Et même franchement misogynes
Comme celle de la jeune femme en tailleur Chanel
Qui s’agenouille sur le plancher crasseux des toilettes
Devant un mécanicien rencontré cinq minutes auparavant
Et qui frotte son nez contre le polyester
De sa braguette odorante de mécanicien
Avant qu’il ne fasse glisser sa fermeture éclair
Et lui enfonce dans la gorge sa pine rancie
En s’accrochant à ses cheveux et en grognant
Avant gicler son foutre comme fruit trop mûr

Si vous, vos enfants ou votre confesseur
Êtes choqués par des mots décrivant
La couleur des zébrures sur les fesses rebondies
Et fustigées d’un garçon déculotté
Par trois grand-mères sanglées de cuir
Aux seins plissés pendant jusqu’à leur sexe
Ou encore par des phrases évoquant
Le délicieux tourment d’une nubile nymphette
Sauvagement montée par un grand alezan
Dont la bite longue comme le bras
Est guidée vers sa petite moniche
Par la main tremblante de sa propre maman
Alors nous vous prions, pour éviter tout traumatisme
De cesser immédiatement votre lecture
Avant d’atteindre la dernière ligne

Pouf sur canapé

6 août 2006

Ma copine France-qu’est-Française
M’a traité de pouf parce que j’ai sauté dans l’avion
Uniquement pour aller me faire sauter à L.A.
Uniquement pour que tu me foutes sur ton canapé
Mais je m’en fous même si maintenant je sais
Qu’elle ne me traitait pas de mobilier

Prendre un cochon par la queue

2 juillet 2006

(Chanson à répondre)

Pendre un cochon par la queue
Prendre Denis Cauchon par la queue
Siffler en astiquant, siffler en besognant
Prendre Cauchon par la queue
La la la la la, la la la la.

Prendre Denis Cauchon par la queue
Denis Cauchon qui dit un « Non ! » étouffé
Par la culotte sale enfoncée dans sa gorge
Ma culotte qui bâillonne Denis Cauchon
Assis sur le siège du passager
De la beetle soixante seize de ma mère
La queue de Denis qui palpite dans ma main
Pendant qu’il tente de se libérer
Pendant qu’il tente de se dépêtrer
De sa ceinture achetée chez Moores
La la la la la, la la la la.

Siffler en astiquant, siffler en besognant
Et prendre Denis Cauchon par la queue
Pour le porter à mes lèvres
Car je sais jouer de cet instrument
Porter la queue de Denis Cauchon à ma bouche
Pendant qu’il tortille sont petit cul
Et s’escrime avec sa ceinture pur cuir
Avec des han ! et des heu ! et des ouf !
Denis Cauchon pris par sa queue qui dégoutte
Quelques foutues gouttes de foutre dégoûtant
La la la la la, la la la la.

Avec des han ! et des heu ! et des ouf !
Denis Cauchon hulule et perd ses lunettes
Pendant que sa queue chatouille ma luette
Il ahane et de ses hanches avance son manche
Sa queue pointue de véritable Denis Cauchon
La queue de Denis Cauchon qu’enfin je suce
Caché, son vit tendu par les vitres teintés
Avec des han ! et des heu ! et des ouf !
Apeuré Denis Cauchon donne et crache sa purée
Giclée débordante gifle mon débardeur
La la la la la, la la la la.

Prendre un cochon par la bouche
Prendre Denis Cauchon par la bouche
Donner la langue et lui glisser en rigolant
Quelques foutues gouttes de foutre dégoûtant
La la la la la, la la la la.