Poésies licencieuses

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Ce ne sont que des mots...
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Vingt-deux

Thomas pouvait éjaculer dans le plus petit récipient sans renverser une goutte ;
Ce talent a fait de lui – sans qu’il ne le sache – le papa de ma fillette adorée.

Jacob a crié « chiche ! » quand j’ai refusé net de faire du ass-to-mouth avec lui ;
Pas de chance, je ne tombe plus dans ce genre de panneau depuis la maternelle.

Logan aimait que je lui ramone l’urètre avec des tiges en acier chirurgical;
Il les rangeait méticuleusement par ordre de grosseur dans un coffret de cuir fin.

Bob était un prospect des Bandidos – patch dans le dos et tatouages à l’appui ;
Sa visite précoce du fond du fleuve l’a empêché de faire de moi sa old lady.

Émile travaillait de novembre à décembre comme Père Noël au Carrefour Laval ;
Assise sur ses genoux, il m’appelait sa fée et me faisait voir des étoiles.

Noah était poilu comme un ours et venait pourlécher mes miches aux WC ;
Chaque fois que je vois un pot de beurre d’arachides Kraft, je pense à lui.

Loic a voulu se servir de mon corps nu comme autel pour une messe noire ;
Hélas, Satan n’a pas pris possession de mon corps – juste le tréponème pâle.

Edouard jouissait d’une réputation de monstre littéraire et d’écrivain-culte;
Il m’a talonné pour que j’ouvre ma cam et que je lui montre mon cul d’écrivain.

Élie m’amenait, les soirs de feux d’artifice, voir les mecs fourrer dans les buissons ;
Mon rôle était de tenir la lampe de poche et faire des « ooooh » admiratifs.

Xavier était philosophe autodidacte et la maïeutique lui a monté à la tête ;
Les flics l’ont arrêté quand en sortant sa bite il voulut faire un Diogène de lui-même.

Tony me faisait fondre avec sa gueule de fauve et sa grosse queue orange ;
Pourquoi le gestionnaire de communauté de Kellogg’s m’a bloquée sur Twitter ?

Mathias bandait mou parce que mon corps n’est pas celui des filles de Porn Hub ;
J’ai réglé le problème en scotchant son iPhone sur mon front pendant l’amour.

Zach a tenté de me séduire en me slammant des vers qu’il avait composés ;
Quand il a fait rimer «noune» avec «bisoune», je lui ai donné son congé.

Elliot était agent immobilier, alors imaginez toutes les maisons où j’ai vu sa pine ;
Croyez-moi, ce n’est pas la photo de la tronche que ses pancartes devraient arborer.

Justin avait conçu juste pour moi un amant d’acier à piston pneumatique ;
En bonne manager, je l’ai largué dès que j’ai su comment m’en servir.

Nicolas était sexy, vigoureux, infatigable et se pliait à tous mes caprices ;
J’ai regretté d’avoir quitté son papa quand je l’ai échappé dans l’escalier.

James était d’une élégance folle et m’a initiée aux joies du five o’clock tea :
Scones sur les seins, sandwichs aux concombres sur la chatte et de la crème partout.

Tristan m’a prise pour Iseult et était bien résolu à conquérir à l’ancienne ;
S’il n’avait pas confondu philtre d’amour et GHB, il ne serait pas en taule aujourd’hui.

Nolan, avec un clin d’œil complice, m’a invité chez lui pour un Netflix and chill ;
J’y suis allée en toute innocence – ce n’était pas encore un mème en 2013.

Jérémie se disait atteint de vampirisme et son teint m’a convaincu qu’il disait vrai ;
Par chance, le contenu de ma Diva Cup a suffi pour étancher sa soif.

Arnaud était presque diaphane, avec sa voix tremblante et sa peau de laiteuse ;
C’était plus fort que moi, je devais le lacérer jusqu’aux sang avec mes ongles.

Ethan n’aimait pas mes pipes et critiquait le moindre de mes gestes ;
Il a fini par me donner une leçon en allant sucer devant moi le voisin de palier.

15

Alain et Alan avaient la même coupe de cheveux et les mêmes chromosomes;
Je n’étais pour eux que le terrain neutre où ils exprimaient leur amour.

Geoff était mascotte bénévole au Bal de Neige et ça m’excitait terriblement;
Il a hélas refusé de porter sa tête de Glamotte pour me glacer la motte.

Charles m’avait prévenue: il avait une couronne perlée et ça le complexait;
Il m’a pourtant baisée comme un prince avant de gicler contre mon palais.

Serge tenait à ce qu’on fasse du phone sex et je regrette d’avoir dit oui;
Son iPhone 6 était vraiment trop large pour mon tout petit mimi.

Félix m’a fièrement montré sa coquette quéquette près de l’escarpolette;
Il a été déçu de constater que je bourrais mon soutif avec des kleenex.

Benoît aimait me lécher lorsque j’étais menstruée jusqu’à mi-cuisses;
Gamin, il prenait toujours soin de mettre une bavette avant de se mettre à table.

Olivier avait promis d’organiser un gang bang pour mon anniversaire;
Un seul mec s’est pointé, alors on a plutôt joué à Cards Against Humanity.

Hubert travaillait à Revenu Québec et sa voix me faisait craquer;
Quand il ne m’a mise en attente que dix minutes, j’ai sû que c’était réciproque.

Andy était en fauteuil roulant et je jure que ça ne me dérangeait pas du tout;
Une injection d’alprostadil dans le bras de vitesse et en voiture Simone!

Skipper se tenait dans les parcs, le jour comme la nuit, car c’était un spermophile;
Chaque fois que je le croisais, je lui lançais des arachides même si c’est interdit.

Marcel insistait pour me refiler du fric chaque fois que je tombais la culotte;
C’était le prix à payer pour qu’il obtienne enfin l’érection tant désirée.

Diego fut un candidat malheureux aux auditions à l’aveugle de La Voix;
Quand sur le trottoir j’aperçois son joli cul, je me retourne toujours.

Bertrand n’arrivait à jouir que lorsque j’acceptais de faire du poney play;
Je lui ai montré des photos d’équarrissage et ce fut un remède de cheval.

Grokzlak n’avait pas de tentacules, mais venait d’une planète exempte d’ITSS
– Du moins, c’est ce qu’il m’a raconté quand j’ai voulu lui mettre un condom.

Fred se pinçait tellement il rêvait de coucher avec une salope asiatique,
Mais il a débandé quand j’ai refusé de l’appeler sensei en uniforme d’écolière.

Les pieds d’Hugo Lemieux
Chaussés de brogues noirs impeccables
Qui font craquer la salope chintoque du bureau

Les yeux d’Hugo Lemieux
Qui déshabillent la salope chintoque du bureau
Chaque fois qu’il la croise

Les épaules d’Hugo Lemieux
Que la salope chintoque du bureau masse
Dans la salle des employés quand ils sont seuls

Les oreilles d’Hugo Lemieux
Que la salope chintoque du bureau mordille
Quand elle lui apporte un dossier

Le coude d’Hugo Lemieux
Enfoncé dans les côtes de la salope chintoque du bureau
Quand ils luttent et se chamaillent tendrement

Les doigts d’Hugo Lemieux
Qui pincent les mamelons de la salope chintoque du bureau
Devant la photocopieuse

Les lèvres d’Hugo Lemieux
Quand il embrasse la salope chintoque du bureau
Après le resto-ciné réglementaire

Les joues d’Hugo Lemieux
Qui rougissent quand, le lendemain,
La salope chintoque du bureau l’entraîne dans la salle de réunion

Les orteils d’Hugo Lemieux
Badigeonnés un à un
Avec la salive de salope chintoque du bureau

Le dos d’Hugo Lemieux
Qui se cambre quand la salope chintoque du bureau
Lèche son anus avec application

Les jambes d’Hugo Lemieux
Crispées quand la salope chintoque du bureau
Le ramone avec son gode-ceinture

Le torse d’Hugo Lemieux
Constellé de gouttes de sueur
Que lèche la salope chintoque du bureau

Le menton d’Hugo Lemieux
Couvert de la cyprine
De la salope chintoque du bureau

Le cul d’Hugo Lemieux
Qui se tortille drôlement en sortant de la réunion
Avec la salope chintoque du bureau

Les bras d’Hugo Lemieux
Qui poussent la salope chintoque du bureau
Le lundi suivant dans la toilette des hommes

La queue d’Hugo Lemieux
Enfoncée juste un peu trop loin
Au fond de la gorge la salope chintoque du bureau

Le poil pubien d’Hugo Lemieux
coincé entre les dents
de la salope chintoque du bureau

Le sperme d’Hugo Lemieux
Qui gicle et qui brûle
Les yeux de la salope chintoque du bureau

La pisse d’Hugo Lemieux
Qui coule en rigole au coin de la bouche
De la salope chintoque du bureau

Les dents d’Hugo Lemieux
Blanches comme des iceberg
Qui causent le naufrage de la salope chintoque du bureau

Le cœur d’Hugo Lemieux
Qui n’a pas vraiment de place en ce moment
Pour la salope chintoque du bureau

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Pavel devait prendre un avion et quitter le pays le lendemain matin ;
J’ai caché son passeport pour goûter sa peau quelques heures de plus.

Marius trompait sa femme avec moi un mercredi soir sur deux ;
Il insistait pour que je porte son jonc chaque fois que je le fistais.

Eliott me disait qu’il était majeur et j’espère sincèrement qu’il l’était ;
Il tirait plus vite que son ombre, mais rebandait aussi vite qu’il était venu.

Ilian ne pouvait pas bander sans être recouvert de latex de pied en cap ;
Je lui pompais la valve et m’imaginais être la fiancée du Bibendum.

Placide était énorme – non, pachydermique – et bougeait à peine au lit ;
Mes draps ressemblaient au saint suaire de Turin après son passage.

Guido m’enduisait toujours d’huile avant de me passer à la casserole,
Mais ne daignait jamais faire la vaisselle quand il avait fini.

Yvan aimait donner des surnoms ridicules aux organes génitaux ;
Il appelait son pénis « la bite-eulze » et ma chatte « John-la-noune ».

Alan avait l’obsession de m’envelopper dans du Saran Wrap ;
Je l’ai revu après quelques années – il m’a dit que j’étais bien conservée.

Johan ne m’a jamais rencontrée et ne m’a jamais adressé un seul mot ;
Ça ne l’empêche pas de m’envoyer chaque jour une photo de sa bite.

Adrien avait une idée fixe : me baiser debout contre un mur de ruelle ;
Dire que ce mufle a osé rire du « ƨɿuoɔɘƨ ɘb ɘiƚɿoƧ » imprimé sur mon cul!

Joe était vegan et faisait tout pour me transmettre son amour des bêtes;
J’ai toléré son zèle animalier jusqu’à ce qu’il me refile les morpions.

Clément pardonnait toutes mes incartades et mes infidélités ;
Ça m’emmerdait au point d’en perdre l’envie de me taper des inconnus.

Gael avait beau être asexuel, il était le plus passionné d’entre tous ;
En sa douce présence, je me branlais jusqu’à l’évanouissement.

Jean-Sébastien était athée militant et sévissait sur tous les internets ;
Il criait « OH MON DIEU » quand mon gode fouillait son fondement.

Jonathan a essayé de me baiser sans condom,
Puis il a joué au con en disant qu’il ne s’en était pas rendu compte.

Paul avait un scrotum gros comme un pamplemousse ;
Son foutre avait un goût d’agrume.

Sébastien a léché ma fente, à genoux dans les toilettes de la bibliothèque
En trempant son jeans dans la pisse du carrelage.

Alexandre fumait nonchalamment un cigarillo puant
Couché sur le dos, sur ma moquette, pendant que je le chevauchais.

Gabriel m’a surprise alors que je me branlais
Le cul calé dans mon fauteuil, le catalogue Ikea à la main.

Samuel avait la bite blanche et douce comme un petit pain
Et faisait mille manières avant d’accepter de l’enfourner.

Django voulait m’enseigner le chant en échange d’une fellation,
Mais il avait un prépuce interminable à dérouler, alors j’ai dit non.

Tristan était d’une érudition et d’une musculature parfaite,
Mais il ne bandait que pour le mec qui me prenait en levrette.

Louis était prêt à m’obéir au doigt et à l’œil,
Mais tout ce que je voulais, c’était un thé et un bouquin.

Arthur a promis de me montrer quelque chose d’extraordinaire,
M’a entraîné dans sa chambre et a fait de l’origami avec son sexe.

Simon n’était techniquement pas un nain, mais c’était tout comme ;
Sa queue monstrueuse avait la taille de son avant-bras.

Michael avait des fesses comme deux gâteaux au chocolat
Que j’avais la permission ni de toucher, ni de goûter.

Antoine a crié «Salope !» en baisant et «Maman!» en jouissant,
Puis s’est rué dans la douche après avoir taché mon drap de foutre.

Nathan m’a léchée avec gourmandise même si j’avais mes règles ;
Hélas, il m’a donné un faux numéro et ne m’a jamais rappelée.

Théo était mycologue et sa bite avait la forme d’un champignon
(Probablement pas, mais j’en étais quand même convaincue).

Alessandro m’a payé à boire, dans le but avoué de m’emballer ;
Il a fini la soirée en pleurant, dans mon lit, incapable de bander.

Quentin avait les traits épais, vulgaires et quelconques,
– Jusqu’à ce qu’une bite, dans sa bouche, le transforme en ange.

Romain m’a ramonée pendant une heure et n’a pas joui ;
Le lendemain matin, il y avait du sperme séché sur mon ordinateur.

Enzo m’a longuement draguée en me disant que j’étais belle
Et s’est contemplé dans le miroir pendant tout le temps qu’il me baisait.

William était charmant, mais il y avait un je-ne-sais-quoi qui clochait ;
En sortant une capote de son portefeuille, j’ai vu, horrifiée, sa plaque de flic.

Hồng Phúc était gentil, drôle et faisait bien la cuisine,
Mais c’est seulement à cause de son prénom que j’ai ouvert les cuisses.

André a trop vu de porn et a baisé ma bouche comme un lapin ;
Il porte sûrement encore la marque de mes dents sur sa quéquette.

Vincent avait une réserve inimaginable de smegma sous son prépuce ;
J’ai beau être un bon soldat, je souffre encore de choc post-traumatique.

Tom se vantait d’avoir l’imagination perverse du divin marquis ;
Je me suis endormie pendant qu’il me suçait les orteils.

Guillaume voulait que je lui fesse le popotin de toutes mes forces
Et s’est moqué de moi parce que je me suis foulée le poignet.

Yusef était effrontément viril, arrogant et machiste ;
Je l’ai vu se faire bourrer par douze queues bigarrées en une seule soirée.

Léo gardait son menton juste assez râpeux
Pour qu’en le frottant sur mon aine je perde toute contenance.

David, du haut de la chaise du maître-nageur, bandait en m’apercevant ;
Est-ce assez pour le compter parmi mes amants?

Maxime a insisté pour qu’on éteigne la lumière avant de se désaper ;
Depuis, il me réclame des photos de mes seins et de mon cul.

Julien a léché ma fente dans un sentier du Parc de la Gatineau
Et y a laissé du mélange du randonneur en purée.

Denis criait «Couché! Au panier!» à son malamute
Pendant que son épouse glissait dans ma bouche sa langue poisseuse de sperme.

Adam n’a jamais daigné m’adresser la parole ;
Sa copine m’a giflée parce qu’il ne parle que de moi pendant l’amour.

 

Il n’y a rien que je n’aime pas chez l’homme
J’aime l’homme au grand complet
Surtout s’il est grand
Et qu’il porte un complet

Quand je vois un homme
Dans une chemise habillée
Je veux m’approcher de lui
Derrière son dos
Mettre ma main
Sur son épaule
Et la laisser là
Pour un instant

Je pense à ses chaussettes
Comment il en a choisi une paire
Ce matin-là
Et les restantes qui sont
Encore à la maison
Dans un tiroir
Et ses chaussures —
Dieu que ces chaussures me tuent
Surtout si elles sont polies
Que fait-il pour qu’elles reluisent ainsi ?

Tout ce dont j’ai besoin
C’est une paire de chaussures noires
Pour qu’une vague de tendresse
Déferle se moi et me terrasse
Et les cravates qui reposent
Sur leur petit carrousel
J’imagine qu’il les a tenues
Devant le miroir en hésitant
J’ai des hallucinations
D’eau de Cologne
De cigarettes et de laine vierge
Qui pincent mes narines
Et me font tourner de l’œil

Homme au grand complet
Je veux te donner la langue
Je veux avaler ton foutre
Cachée dans le placard à balai
Te réciter des vers masturbatoires
Trempés dans le Tanqueray et tonic
Homme au grand complet
Je veux te voir au garde-à-vous
Nu et dressé devant moi
Te tenir dans ma paume
Comme ma petite chose
Pincer tes mamelons de rubis
Taquiner ton cul du bout de mon petit doigt

Homme au grand complet
Quand viendras-tu à moi?
Quand viendras-tu déposer
Ton pantalon de tweed
Sur le plancher de ma chambre?
Quand viendras-tu accrocher ton veston
Sur le ciel de mon lit?
Où es-tu ce soir?
Où es ta bite gonflée et sirupeuse?
Où sont tes couilles de marbre tendre?
Quand viendras-tu aimer
Chaque parcelle de mon corps?
Quand viendras-tu m’aimer
Au grand complet?

Tu es derrière le comptoir au Café Atmosphère
L’artiste du latté aux yeux d’azur
Le maestro du sandwich sur pain intégral
Au tablier taché de foutre en mayonnaise
À la beauté blanche, diaphane et fragile

Tu es si sexy avec ta viande froide
Et ta baguette de six pouces
Avec ton minois de minet sans défense
Que tu éveilles en moi des pulsions
Contre-nature de conquérante
(Si je me fie à ce que j’ai lu
Dans le dernier Cosmo.)

Laisse-moi être ton héroïne
Laisse-moi être ta guerrière viking
Laisse-moi t’emmener loin d’ici
Laisse-moi te sauver de ton boss bedonnant
Laisse-moi t’enlever en vélo
À défaut d’un blanc destrier

Tu es si suave et exquis
Si tendre et si vulnérable
Je veux être ton chevalier servant
Je veux être ta championne obligée
T’acheter des fringues hors de prix
Du parfum et des bijoux
Jeter ma veste dans la boue
Pour que tu puisses marcher sans salir tes pieds
Baiser ta main fuselée
Essuyer ton sexe avec mes cheveux
Passer mes mains dans tes boucles blondes
Jusqu’à ce que tu t’endormes

Ton prénom caresse mon oreille
Et suffit à lui seul à me faire mouiller
Oublie ce que j’ai commandé
Laisse tomber l’allongé-deux-crèmes
Viens chez moi viens dans ma chambre
Viens que je te lise des poèmes enflammés
Viens que je te présente à mes parents
Viens que je te passe la bague au doigt
Viens que je t’apprenne ce qu’est le plaisir
Viens que je chérisse chaque parcelle de ton corps

Je veux laisser courir mes ongles
Affutés comme des rasoirs sur ta peau
Je veux te voir à ma merci
Vêtu d’un short noir et rien d’autre
Ligoté sur une chaise de bois
Je veux arracher un à un
Les poils blonds et follets de ton ventre
Et les garder précieusement sur moi
Comme une sainte relique
Je veux oindre mon front
De ta salive et de ton sperme
Je veux te prendre par tous tes orifices
Faire de toi ma poupée de plaisir
Je veux te révéler à toi-même
Te faire connaître l’extase suprême
De ne plus t’appartenir
De n’être que pur objet de désir
De n’être plus qu’une idole de chair
Entièrement dédiée à ma vénération
Et mon envie folle de te posséder

Laisse-moi te sauver
Et sauve-moi par le fait même
De ce monde qui n’est fait
Que pour les demoiselles en détresse
Que pour les princesses en mal de délivrance
Laisse-toi devenir ma proie
Ô mon Adonis
Du Café Atmosphère

Quand je suis allumée, quand j’ai le feu au cul
Je suis excitée en ton honneur.
Quand je cours me cacher dans ma chambre
Pour soulager la tension du mieux que je peux
Je verrouille la porte en ton honneur.
Quand je passe mon t-shirt par-dessus ma tête
Je l’envoie valser à travers la pièce en ton honneur.
Quand je laisse tomber mon vieux jeans sur le parquet
Je fais glisser ma culotte en ton honneur.
Quand je sors ma copie de Passions saphiques au collège
Du tiroir où je cache mes plus obscures perversions
Je lis un passage bien juteux en ton honneur.
Quand je m’assois sur le lit, jambes écartées
Sur l’édredon – cul nu calé contre l’oreiller
Je fais courir deux doigts sur ma fente en ton honneur.
Quand je glisse une main sous mon soutif
Je pince un mamelon tout durci en ton honneur
Quand j’attrape mon vibro préféré
Celui qui gronde comme les cavaliers de l’Apocalypse
Je l’enduis généreusement de KY en ton honneur.
Quand je le frotte tout autour de mon clito
Et que des ondes délicieuses me transpercent
Transverbérée par la pureté de l’amour charnel
Je me laisse bercer par la houle en ton honneur.
Quand j’échappe et laisse choir mon bouquin
Que j’imagine tes flammes capillaires soyeuses
Caressant l’intérieur de mes cuisses
Mes orteils se crispent en ton honneur
Quand je me sens tanguer comme dans un bateau ivre
Quand je bascule dans l’abysse aveuglant du plaisir
Quand le plaisir en cascades vient épicer mon sang
Je détrempe et embaume mes draps en ton honneur.
Et quand tout est rangé, que le tiroir est refermé
Que j’ai repris à peu près forme humaine
J’essuie tout ce charmant désordre en ton honneur.

Ma peau est parée
De mille gouttes opalines
Nées de ton amour.

J’ai téléchargé
Un alphabet érotique
Pour t’écrire un mot.

Pourrais-tu m’attendre
Bâillonné et poing liés
Dans le lit nuptial?

Café à la main
Ta queue fourrée dans ma bouche
Tu bois et je suce.

Debout dans le bus
Ta bite contre mes fesses
Délicieux cahots.

Nul besoin de langue
Mes doigts sont toujours mouillés
Pour tourner les pages.

Tu dois me baiser
Et pas me faire l’amour
Car je t’aime trop.

N’éclos pas pour moi
Trouve une autre métaphore
Les fleurs m’indisposent.

Quand me feras-tu
Ces choses que je désire
Mais n’ose avouer?

Mamelon durci
Une baie rouge et bien mûre
Roule entre mes dents.

Tes secrets écrits
En lettres fines et sanglantes
Au bas de mon dos

Tu es de retour
Rouge à lèvre autour du gland
Pour bien t’accueillir.

Je voudrais tant boire
La cascade d’or qui coule
Le long de ta cuisse.

Je crie en jouissant :
« Salaud ! Satyre ! Ordure ! »
Et tu me souris.

Ce trou sur ton jeans
À l’entrecuisse, si près…
Que s’est-il passé?

Tes interjections
La nuit en disent plus long
Que tous tes discours.

Tu fais tant d’efforts
Pour me cacher ce que tu
Veux que je contemple.

Son con me bâillonne
Pour mieux entendre ma voix
Baise-moi plus fort.

Comptoir de cuisine
Un goût de miel sur tes lèvres
Gloire du matin.

Ces moues hésitantes
Et ces soupirs que tu fais
Avant d’acquiescer.

Quand tu me ligotes
C’est alors que je me sens
Enfin délivrée.

Va, trouve une veine
Place tes mots sur ma peau
Et pousse bien fort.

Tu me dévisages
Souriante, carnassière
En léchant tes lèvres.

Un complot machiste :
Plus ton phallus s’érige
Plus mon QI baisse.

Mes bonnes manières
À table vont à vau l’eau
Écarte tes cuisses.

Le miel et le lait
Par l’orgasme réunis
Fluides miscibles.

Ces  senryūs sont extraits de mon recueil intitulé Mille gouttes opalines, que vous pouvez télécharger en format pdf. 

Certaines me traitent de salope
Avoue : le suis-je vraiment?
Je ne m’intéresse qu’à une chose, pourtant
C’est ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Je voudrais voir mon nom brodé sur tes lèvres
À travers le coton baveux translucide
Cueillir la fleur qui ce matin avoit desclose :
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Certaines me traitent de traînée
C’est dans la boue qu’elles veulent me traîner
Mes envies sont modestes, pourtant :
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Je voudrais rester couchée sur le dos
Avec mon envie de mieux te connaître
Glisser un doigt, puis deux au cœur du saint des saints :
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans

Certaines me traitent de paresseuse
Parce que je ne fais que traînasser au lit
Pourtant, je ne fais qu’attendre que tu y ramènes
Ta culotte – et ce qui se trouve dedans.

Instituteur et écolière
Juge et accusé
Professeur et étudiant
Infirmière et malade
Aveugle et chien-guide
Starlette et chauffeur
Exorciste et possédées
Policier et délinquant
Cavalier et pur-sang
Rentier et bonniche
Inquisiteur et Cathare
Matricule 728 et carré rouge
Médecin et patient
Agent de probation et prostituée
Bonne sœur et orpheline
Livreur de pizza et adolescente
Tchékiste et makhnoviste
Tinkiwinkie et Laalaa
Imam et femme adultère
Fermier et vache laitière
Légionnaire et crucifié
Poule et colonel Sanders
Motard et biker chick
Samouraï et Geisha
Député et électeur
Dealer et junkie
Rockstar et groupie
Gynécologue et parturiente
Geôlier et prisonnière
Charcutière et saucisson sec
Notaire et secrétaire
Bouc et bergère
Maître-nageur et noyée
Cowboy et squaw
Macchabée et thanatologue
Fonctionnaire et contribuable
Photographe et mannequin
Vendeur de chaussures et cliente
Psychiatre et schizophrène
Sainte Thérèse d’Ávila et l’ange à la longue lance d’or

Tu m’as promis un cadeau d’anniversaire
Tu as juré que j’en tomberais sur le cul
Je suis tout excité, je bande à en perdre la tête
Mais voilà que je te trouve
Endormie sur ton derrière!

Bien sûr depuis l’aurore tu as torché la maison
Mais ça ne reste après tout que le train-train
Ça n’a rien d’extraordinaire
Tu avais promis – et pourtant tu es là
Endormie sur ton derrière!

Toute la semaine j’ai pensé à ce que tu me donnerais :
Une pipe à couper le souffle
La pipe la plus essoufflante de tous les temps
Suivi de ton visage visqueux de foutre
Mais en aucun temps je n’ai pensé que tu serais
Endormie sur ton derrière!

J’admets que la fête était agréable
J’admets que la bouffe était exquise
J’admets que tous mes amis étaient présents
Et je suis désolé que le lave-vaisselle soit mort
– Mais je n’ai rien dit quand tu m’as demandé d’essuyer
J’admets avoir vu les larmes couler sur tes joues
Mais ça n’explique pas
Pourquoi je te trouve la tête sous l’oreiller
Endormie sur ton derrière!

Je fais plus que ma part dans cette baraque
Je lis une histoire aux mioches une fois par mois
Je n’oublie presque jamais de sortir les ordures
Ni de remarquer chaque kilo que ton cul engrange
Et chaque nouveau ride qui creuse ton visage
Sans jamais te faire de commentaire
Ou presque
Je ne suis pas coureur de jupons
Je ne suis presque pas ivrogne
Je ne pète pas au lit
Et comment me remercie-t-on?
Je ne demande qu’un peu de succion
Et quelques gouttes blanches sur ton menton
Je me suis coupé les ongles d’orteil
Arraché les poils de nez
Et aspergé de Brut 33
Et pourtant, te voilà, bave au coin de la bouche
Endormie sur ton derrière!

Ma vie est un cirque
Une galerie des monstres
Où défilent nuit et jour

Femmes à barbe
Hommes canon
Hydrocéphales nains
Frères siamois bègues
Contorsionnistes obèses
Hercules aux biceps d’acier
Tatoués intégraux

Quant à moi, je suis
Leur avaleuse de sabres
La tailleuse de calumet
La scalpeuse de mohican
Qui humecte le bâton du berger
Et qui est à tu et à toi avec le pontife

On peut se mettre en bouche
Bien des choses en somme
Cigarette stylo bille brosse à dents
En-cas de quinze heures trente
Chewing-gum goyave-ananas-menthe
Cornet à pistons baryton

Mais rien ne demande autant
De dextérité et d’adresse
Que de prendre en gorge
Une arme d’estoc et de taille
Une longue et large rapière
De chair et de sang

Dès le début il faut
Que l’épée soit bien rigide
Alors, mieux vaut la travailler
Qu’elle soit chaude et flexible
Qu’elle réagisse au moindre mouvement
Au moindre souffle
Au moindre changement de pression
Lors de la prise en bouche

Avec un peu de succion
Le sabre enfle et se déploie
Bat au pouls du désir
Et pour rien au monde ne quitterait-il
La douceur de mon palais
Alors toujours plus profondément
Il avance vers ma gorge
Plongeant au plus profond de mon âme

Quand je le tiens mollement
Entre mes lèvres
La friction baveuse le rend
Plus rigide encore
Souvent je reste immobile
Pur réceptacle
À genoux et essuyant l’estocade
La tête renversée
Méditative et souveraine

Les épées se succédant
Allant et venant dans mon gosier
Jusqu’à l’apothéose finale
Que gourmande je déguste
Sous un tonnerre de cris
Et d’applaudissements.

Tes cheveux fous et notre amour
Nimbés par le mystère de cette nuit
Humide et luminescente
Dans le plus vieil hôtel de Montréal

Les gémissements des marches de l’escalier
Rythmaient ton soliloque halluciné
Où se bousculaient tous les spectres,
Des truands, victimes et assassins
Tous les complots, tous les drames
Qui s’y étaient déroulés
Et on croyait presque y entendre
L’écho étouffé, mais rauque
Des étreintes de tous les amants
Comme nous, unis
Clandestinement
Entre ces murs depuis
Leur érection
Il y a presque trois cents ans

Quelque chose d’impalpable
Dans l’air poussiéreux de la chambre
A libéré un démon dans ta chair
Lilītu, djinn, goule ou lamie
Une succube vorace
Au corps insatiable
Un puits sans fond de luxure
Le pertuis rose des gorges de l’enfer
Dont l’étreinte musquée et carnassière
Déchirait goulûment mon âme damnée
Jusqu’à ce que soudain
Le miroir se décroche
Et éclate sur le parquet.

Le braquemart blanc de Jean-Robert est géant et hétérosexuel
Le braquemart hétérosexuel de Jean-Robert est blanc et géant
Le braquemart géant et blanc de Jean-Robert est si… hétérosexuel
Le braquemart de Jean-Robert est si… si… géant et hétérosexuel
Son braquemart, le braquemart de Jean-Robert,
Est si géant et blanc
Et surtout si hétérosexuel qu’il semble encore plus géant.
Et blanc.
Qui l’eut cru ?

Qui eut cru que son braquemart géant et hétérosexuel
Serait si blanc ?
Je veux dire — Jean-Robert ?
Le Jean-Robert ?
Celui qui est hétérosexuel ?
Avec un braquemart hétérosexuel aussi blanc et géant ?
Incroyable ! Et pourtant…
De tous les braquemarts géants,
Blancs et hétérosexuels
Que j’ai pu admirer
Le braquemart blanc et hétérosexuel de Jean-Robert
Est le plus géant
J’oserais même dire que
De tous les hommes dotés
D’un braquemart géant,
Blanc et hétérosexuel
Celui de Jean-Robert est sûrement
Le plus blanc,
Le plus géant
Et le plus hétérosexuel.

Vous pensez connaître quelqu’un
Vous pensez le connaître intimement
Et puis un jour vous découvrez
Que son braquemart hétérosexuel, blanc et géant
Est le plus géant des braquemarts blancs
Qu’un hétérosexuel ait pu porter.

Jamais n’aurais-je cru
Jamais n’aurais-je su
Jamais n’aurais-je deviné
Que parmi tous les hommes hétérosexuels
Au braquemart géant et blanc
Jean-Robert serait celui dont le braquemart blanc
Est le plus hétérosexuel et géant.

Le Jean-Robert,
(Celui qui a un géant et blanc braquemart hétérosexuel
Qui se distingue par sa blancheur, son gigantisme
Et son hétérosexualité
Qui fait dire à toutes celles et à tous ceux qui l’on vu :
« Qu’il est géant, blanc et hétérosexuel, ce braquemart ! »)
Et bien, ce Jean-Robert est doté d’un braquemart hétérosexuel
D’une blancheur géante.

Je n’avais pas idée que Jean-Robert
Ait pu cacher un tel braquemart
Hétérosexuellement blanc et géant
Qui aurait pu le savoir ?
Certainement pas moi

Jean-Robert, si gigantesquement
Et hétérosexuellement blanc du braquemart
Que tous les autres braquemarts hétérosexuels
Semblent moins blancs et géants ?

Quelqu’un était au parfum ?
Quelqu’un était au courant
Que l’hétérosexuel et jean-robertien
Braquemart géant et blanc
Reposait dans le slip géant, blanc et hétérosexuel
De Jean-Robert ?

Pas moi, oh non, certainement pas moi.

J’écris de la pornographie.
        Pas de la littérature érotique
        Encore moins de la littérature tout court.

Certes, j’écris un tas d’autres choses
Des trucs sérieux, des trucs présentables
Des phrases avec des subordonnées relatives
Des textes que je fais lire à ma mère
Et que je signe avec mon vrai nom

J’écris aussi des textes moins présentables
— Du moins, que je ne fais pas lire à ma maman
Où je vocifère et je crie contre l’absurdité du monde
Contre tout ce qui soumet, méprise, écrase et opprime
De longues litanies exaltées nées de mon désir forcené
De vivre pleinement, dans l’extase sublime
Et la jouissance sans fins et sans entraves

J’en ai même écrit sur le sexe
        Pour que les gens parlent
        De sexe
        Pour qu’ils réfléchissent
        Sur le sexe
        Pour qu’ils mouillent et bandent en pensant
        Au sexe
        Et qu’ils admettent aimer
        Le sexe

Jusqu’ici, rien d’inavouable, me direz-vous
        Les progressistes
        Les féministes
        Les lesbiennes
        Et probablement toute la foutue gauche
        M’appuient avec un sourire complice,

Parce que voyez-vous il est de bon ton d’adopter une attitude décomplexée sur un aspect vous l’avouez on ne peut plus naturel et sain même si trop longtemps réprimé par les élites puritaines et hypocrites de notre condition humaine dans le cadre d’un mode de vie offrant la place qui lui convient à l’érotisme qui n’est-ce pas est le sel de l’existence et puis ce n’est plus comme avant on peut maintenant exprimer nos désirs légitimes nos envies et nos fantasmes sans passer pour une dévergondée après tout nous sommes entre adultes consentants et il y a moyen de faire tout cela d’une manière respectueuse de l’intégrité physique et morale des personnes et qui n’est pas dégradante et qui ne salit pas les draps vous prendriez bien un peu plus de thé très chère?

Mais la pornographie… par contre…
La pornographie, c’est une toute autre histoire.

La pornographie, ça n’a rien à voir avec
L’expression artistique de la sexualité
L’exploration littéraire de la sexualité
La psychologie sexuelle des personnages
Le style et la subtilité des mots du sexe

La pornographie n’a à voir qu’avec le sexe
Le sexe
Juste le sexe
Le sexe tout court
Mais la plupart du temps, très gros
Et très grossier

La pornographie c’est des queues, des cons et du foutre
— Non, c’est plutôt des graines, des plottes et de la dèche
La pornographie c’est tenir ses mains au dessus de sa tête
        Pendant qu’il la fourre
        Pendant qu’il lui bourre le cul
        Pendant qui lui enfonce la bite dans la bouche
        Avant de lui tartiner le visage de sperme
La pornographie c’est la baiser jusqu’à ce qu’elle soit épuisée
        Mais toujours dégoulinante et prête à se faire mettre
        Malgré ses quelques protestations de fausse mijaurée
La pornographie c’est ramasser un auto-stoppeur timide
        Et le soumettre bâillonné à une secte de harpies nymphomanes
        Qui l’enculent toute la nuit avec leurs godes-ceinture
        Jusqu’à ce qu’il éjacule en criant maman

La pornographie n’est ni éthique ni morale
La pornographie n’est pas un humanisme
La pornographie que j’écris
Ne sent pas l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Ne chante pas les transports de l’esprit et des sens
        Elle sent la pisse et le fauve
        Elle a la consistance gluante du KY merdeux
        Qui souille le gland hilare du sodomite
        Elle est plissée comme un scrotum
        Elle a la couleur d’une petite culotte tachée
        Elle se fout du consentement
        De l’union sacrée entre deux êtres
        Elle en a rien à branler
        De la dignité de la personne humaine

La pornographie mérite rarement mieux qu’un pseudonyme
Et reste la plupart du temps sans signature
Sans famille
Sans foi
Ni loi

La pornographie est un furoncle
Sur le visage du progrès et des droits humains
Les progressistes s’en détournent avec dégoût
Les féministes veulent en faire un autodafé
Les lesbiennes la lisent en cachette sous les draps
Et probablement toute la foutue gauche
Préférerait qu’elle n’existe tout simplement pas

Voilà le genre d’ordure que j’écris
Voilà le genre de saleté que je ne signe jamais
Voilà le genre de crasse que je produis pour de l’argent
Ce qui fait de moi rien de moins qu’une pute
Du genre qui baise n’importe qui
N’importe quoi, n’importe quand
S’il y a de l’argent à la clé
Même si sa plotte est sèche comme du bois

En réalité, sa plotte n’est pas sèche
Je mouille comme une vieille maquerelle
Je tortille mon cul sur ma chaise de bureau
En écrivant tous ces mots orduriers
Ces mots infréquentables
Dénués de toute prétention littéraire
Qui giclent de mon sexe
Surtout pour l’argent
Mais aussi pour
Le feu qui dévore
Mes entrailles

Je brûle de fièvre
J’ai les cuisses enduites
De mouille poisseuse
Je me consume de désir
Je meurs

Et c’est ce qui fait
Que ça en vaut
La peine.

Pas le son de ta voix
Pas les minuscules poils presque invisibles sur ta joue
Pas cette expression sur ton visage
      lorsque tu m’as dit « je t’aime » pour la première fois
Pas les Quatuors à cordes de Bartók
      qui te font grincer les dents
Pas tes chevilles sur le bord de la table à café
Pas l’odeur piquante de ton con repu d’amour
Ni le fin hâle de sueur sur ton épaule
      le matin quand tu dors encore
Ni ta timidité, ni tes audaces démentes
Ni même le velours de tes lèvres

Seulement le goût de tes larmes.