Textes de la catégorie « Poésies licencieuses »

Fièvre (encore)

28 avril 2003

Les murs coulaient lentement comme sous la flamme de la chandelle.

Nos jambes liées par des draps d’épiderme, tu me lisais le Pervigilium mortis de ta voix d’Orient. Et je pleurais, silencieuse, le nez dans ta nuque, je pleurais la beauté comme le font toutes les filles des chambres vagues, celles dont tu tais les noms inventés.

Maintenant sans toi ni toit, nue, perdue, nubile, immobile, je lis ta lettre, je croque tes mots, qui éclatent sous mes dents comme des billes de verre. Les gencives lacérées, mon sang épais perce tes mensonges, ils sont si beaux qu’ils ne peuvent qu’être vrais. Tu es ma colère rayonnante, mon puits d’ire aveuglante, tu fracasses mes illusions comme d’autres fardent leurs paupières.

Laisse-moi retourner à l’origine du monde. Je reste telle que tu m’as laissée, debout dans la pluie froide, ange en miettes sur mon roc, les cheveux fendus dans l’air électrique. Reviens.

Derrière le voile

14 mars 2003

Je jouis boudeuse de tes larmes de sucre
Tes cils prodigues contre ma tempe
Sang renversé et désordre textile

Reste immobile encore oui un peu
La chaleur des algues étourdit mes narines
Je te sais muette et pourtant de ta bouche
Fuient des mots étranges périls en osmose

Ton rire est trop pur pour tes gestes souillés
Fichée sur ton doigt j’attends l’incendie
Oh laisse-moi donc guider ta main
Où ma peau s’achève et mes rêves commencent.

Prends-moi par la main avec tes veines corrompues comme des seringues bibliques

28 janvier 2003

Prends-moi par la taille avec tes bras reptiles comme le roc aux yeux mi-clos.
Prends-moi par la main avec tes tresses mauves comme le félin glacé.
Prends-moi par les épaules avec tes moues d’uranium comme les visions d’archanges.
Prends-moi par les cheveux avec tes songes osseux comme les grincements verts des angles sonores.
Prends-moi par les seins avec ton souffle d’émeraude comme une débauchée aux ongles de bravoure.
Prends-moi par le sexe avec tes doigts de grammaire comme une étoile aux pensées volcaniques.
Prends-moi par le cul avec ta langue de terre chaude comme une huître aux paraboles catholiques.
Prend-moi par le cœur avec tes mots de rasoir comme l’amante cartésienne aux larmes fatales.


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