Textes de la catégorie « Retailles d’hosties »

Rapport au ministère de la Démographie et de la Famille

2 mars 2010

Tout a commencé lorsque les fonctionnaires du sous-secrétariat adjoint à la préparation des ébauches préliminaires de planification (SSAPEPP) ont constaté avec consternation l’échec des incitatifs fiscaux pour enrayer le déclin démographique de la nation. La population étant depuis plus de vingt ans composée essentiellement de célibataires, il fallait de toute urgence trouver un moyen plus efficace pour renouveler la main-d’œuvre active et assurer un bassin de contribuable adéquat au financement des activités de l’État. Les jeux de hasard ayant fait leurs preuves pour les autres services publics — comme, entre autres, la perception des taxes et des impôts, la distribution de l’aide sociale et la dispensation des soins de santé — il fut décidé, après une vaste consultation interministérielle de plus de trois ans, d’orienter les comportements reproducteurs des citoyens-bénéficiaires dans un sens plus bénéfique pour la société grâce à un dispositif de jeu en ligne portatif géré par la Société des loteries nationales (SLN).

Le programme, baptisé Lucky Sex, a d’abord été implanté auprès des 18-30 ans, une cohorte qui selon nos analyses est la plus encline à mener à terme des grossesses. Dès la phase initiale du projet, des appareils constitués d’un écran à cristaux liquides monté sur un brassard — nommés Lucky Boy et Lucky Girl — ont été commercialisés dans kiosques de la SLN, mais aussi dans les bars, les brasseries, les salons de coiffure et les cliniques de fertilité. Lorsque deux appareils sont mis en présence dans un rayon de dix centimètres ou moins, ils entrent en fonction, se mettent à clignoter et à émettre un signal sonore indiquant si une relation sexuelle a été gagnée ou non. Selon le hasard et le profil génétique et reproductif des individus tel que déterminé par les experts du ministère, cette relation peut aller de la simple poignée de main à la pénétration intravaginale avec éjaculation, en passant par le sexe oral, la masturbation, la sodomie et même les perversions acceptées par le ministère de la Santé et de l’Hygiène, l’enduisage des organes génitaux avec du Nutella, le rasage du pubis et le port de costumes de Star Wars.

(Remercions en passant nos commanditaires Ferrero Group, Gillette et Lucasfilms, sans qui le programme Lucky Sex n’aurait jamais pu être un succès.)

La priorité étant la multiplication des relations hétérosexuelles menant à la procréation, mais pour éviter toute accusation éventuelle d’homophobie (ou pire encore, des poursuites judiciaires invoquant la Charte des droits et libertés), la possibilité de gagner une relation avec un individu du même sexe a été publicisée et présentée comme possible, même si le logiciel a été programmé pour rendre la chose hautement improbable.

Selon le règlement de Lucky Sex, l’acte sexuel gagné devait être consommé dans les cabines Lucky Sex officielles. Stratégiquement placées à presque chaque coin de rue, ces cabines bâties et gérées en partenariat avec la chaîne hôtelière Starwood Hotels & Resorts  offraient le double avantage d’encadrer les comportements sexuels tout en s’assurant de la distribution des lots selon les normes définies dans l’artice 57 de la Loi sur les loteries de services publiques.

L’implantation puis la généralisation du programme Luck Sex furent soutenues par une campagne publicitaire d’une ampleur jamais vue. La stratégie la plus efficace fut de faire miroiter des possibilités d’accouplement avec des vedettes de cinéma, des stars du rock et des top-modèles qui avaient accepté de se prêter au jeu en porter un Lucky sex. Les cas de quelques gagnants furent d’ailleurs hautement publicisés grâce à une campagne virale sur Internet où on les voyait s’accoupler avec les vedettes de l’heure — vedettes qui, en réalité, portaient des Lucky Boy et des Lucky Girl programmées spécialement pour leur éviter de se frotter indûment à la masse.

Le but du programme Lucky Sex étant d’éviter les désordres liés à la sexualité tout en maximisant les grossesses, la masse des gagnants était formée d’individus sains, sans tare génétique décelable, en âge de procréer et dont la fertilité favorise la reproduction. Les individus classés dans la catégorie lambda, au potentiel procréateur limité, ne gagnaient habituellement qu’une bise sur la joue ou au mieux, une masturbation (avec port de gants de latex).

Les résultats immédiats dépassèrent largement tous les objectifs du ministère. Le taux de fertilité et ne natalité fit un bond stupéfiant en deux ans à peine; les résultats auraient d’ailleurs pu être encore plus spectaculaires si nous n’avions pas tardé à mettre sur pied le programme Loto-avortement. Selon les données les plus récentes du ministère de la Statistique sociale, plus de 70% des individus en âge de procréer sont en ce moment des joueurs et des joueuses inscrits à plein temps à Luck Sex. Nos prévisions nous permettent d’espérer un taux de participation qui frôle des 90% d’ici cinq ans.

Ceux et celles qui refusent encore aujourd’hui de porter un Luck Boy ou un Luck Girl le font surtout pour des raisons religieuses. Nous sommes d’ailleurs en négociations avec des cardinaux, des rabbins et des imams et sommes optimistes quant à la levée imminente des dernières barrières liées à la foi. Les autres — une minorité statistiquement négligeable — estiment que Luck Sex « tue l’amour, le romantisme et la spontanéité ». Mais comme l’a si bien dit Marie R., une de nos grandes gagnantes et mère de cinq enfants lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle : « Bien sûr, on a perdu un peu avec Lucky Sex, mais avouez que c’est bien mieux comme ça… »

La fonte des neiges

22 février 2010

Léa était la plus jolie fille du village. C’était une beauté gracieuse, délicate, presque irréelle, qui contrastait fortement avec son patelin natal, une campagne comme il en a tant où les hivers s’étirent à n’en plus finir. À la fin de février, alors que la neige a depuis longtemps perdu sa blancheur virginale et que la terre est enduite de cette souillure immonde et froide qui annonce — mais de loin seulement — le printemps, Léa n’avait qu’à paraître pour devenir le point focal de tous les regards, de toutes les attentions.

Ceci, évidemment, déplaisait au plus haut point à son père qui ne voyait pas d’un bon œil que tous les vauriens du canton rodent autour de son enfant chérie. Jaloux de la vertu de sa fille unique, il surveillait constamment ses fréquentations avec le zèle de celui à qui on aurait confié la garde des joyaux de la couronne. Il avait fait le serment qu’il la mènerait pure et sans tache à l’autel, le jour de son mariage; la seule pensée que son hymen puisse être abîmé de quelque manière que ce soit lui était tout simplement intolérable.

Voilà pourquoi il était si furieux ce jour-là, lorsqu’il frappa à la porte de son voisin.

— Tiens, bonjour Marcel… quel bon vent t’amène?

— Beaulieu! Ton fils est un salopard! Un dégénéré! Je t’avais dit de l’éloigner de ma fille! cria le papa courroucé, en guise de salutations.

— Mais… qu’est-ce qu’il a bien pu faire pour que tu te mettes dans un état pareil? demanda le voisin, soufflé.

— Il a écrit le prénom de ma fille en pissant dans la neige! Voilà ce qu’il a fait, ton cochon de fils!

— C’est tout? Mais voyons, Marcel, il n’y a pas de quoi en faire tout un plat! Ce ne sont que des jeux d’adolescent… une bêtise innocente, sans conséquence…

— Innocente? Innocente? Mais c’est l’écriture de ma fille! siffla-t-il, les dents serrées par la rage.

Fontaine…

4 février 2010

« Je n’embrasserai jamais une femme » me dit-elle, un an avant que sa langue, alourdie par le drambuie, ne glisse entre mes lèvres et sur mes dents.

« Je ne laisserai jamais une femme me caresser » me dit-elle, un an avant que je ne soupèse ses seins et pince ses mamelons sous son pull de laine.

« Je ne toucherai jamais le sexe d’une femme » me dit-elle, un an avant qu’elle ne fasse voler ma culotte à travers sa chambre.

« Je ne laisserai jamais une femme poser sa langue sur moi » me dit-elle, un an avant qu’elle ne me laisse goûter les sucs salins qui enduisaient ses lèvres vénériennes.

« D’accord, mais j’espère que tu ne t’attends pas à ce que je te rendes un jour la pareille » me dit-elle, un an avant que je ne caresse, entre mes cuisses, la cascade rousse et soyeuse de sa chevelure.

« Mon cul ? Pas question qu’une femme y touche ! Ni un homme, d’ailleurs : c’est trop sale » me dit-elle, un an avant d’agiter des hanches en soupirant pour que mon pouce fouille plus profondément son fondement.

« Range moi ce gode ceinture sur le champ. Je ne veux jamais plus entendre parler de ces trucs pervers de lesbienne dégénérée » me dit-elle, un an avant que je ne la besogne, le dos sanglant labouré par ses ongles fraîchement manucurés.

« Je ne cesserai jamais de t’aimer » me dit-elle, un an avant qu’elle ne parte avec la moitié des meubles de l’appartement.

« Toute l’écriture est de la cochonnerie »

15 novembre 2009

— Antonin Artaud, Le Pèse-Nerfs

J’ai les nerfs à vif, la cuisse tremblante et à la bouche ce goût métallique et animal qui annonce l’arrivée des copulations suintantes. Mon sexe est une bouche qui tète désespérément le vide qui l’entoure, il est une outre bordée de fines dentelles qui laissent s’écouler un filet d’encre chaude et dense qui trahit mon impatience. J’ai besoin de contacts appuyés, d’une langue conquérante capable de soumettre tous les plis de mon épiderme, capable de faire baigner de fluides tous mes engrenages. J’ai besoin de doigts frais comme des chairs d’enfants se déposant sur mes nymphes pour ensuite fouiller ma plotte et mon cul, mon arrière-train sans arrière-pensée, sans tenir rigueur de mes cris et de mes halètements. J’ai besoin d’une bite, d’une bite longue, noueuse et torturée comme un récit obscène, une queue dense et juteuse aussi effrayante que la pine odieuse de Lucifer, aussi impétueuse qu’une ode pindarique, un organe si démesuré qu’il serait capable à lui seul de faire basculer toute la civilisation dans la barbarie, dans la folie vénérienne et reptilienne, capable de dissoudre toute la littérature dans le flot acide de son suc séminal.

Pénitentiel

9 novembre 2009

(Tiré du Manuel des confesseurs et des directeurs de conscience des provinces ecclésiastiques de Montréal, Québec et Ottawa, édition de 1893.)

*   *   *

Êtes-vous une femme mariée, une veuve ou une vierge?

Avez-vous perdu votre virginité? Où et comment l’avez-vous perdue?

Avez-vous commis le péché des deux côtés?

Avez-vous déjà péché avec une femme?

Était-ce votre mère — celle qui vous a enfanté?

Avez-vous touché avec plaisir le sexe d’un homme en souhaitant commettre le péché?

Combien de fois avez-vous cédé à la tentation?

L’un d’eux était-il votre père, votre frère aîné, votre frère cadet?

Avez-vous déjà eu des gestes impurs envers vous-même?

Avez-vous déjà glissé un doigt dans votre intimité? Deux? Plus de deux?

Avez-vous touché votre orifice de derrière dans un but malhonnête, c’est-à-dire ne concernant pas l’hygiène?

Y avez-vous déjà glissé un doigt afin d’obtenir des sensations voluptueuses?

Avez-vous opéré une semblable manœuvre avec un cierge? Un légume? Un goupillon ou un ostensoir?

Vous êtes-vous déjà offerte de façon impudique à plusieurs hommes à la fois? À plusieurs femmes? À un groupe composé d’hommes et de femmes?

Vous êtes-vous adonnée à des copulations contre-nature avec un chien? Avec un bouc? Avec un adepte de la religion dite réformée?

Avez-vous forniqué avec un membre du clergé de notre sainte mère l’Église?

Auriez-vous envie d’essayer là, tout de suite?

Orange Cubes and Pink Flamingos

22 septembre 2009

Charlie était un amour ; j’en étais folle. Il était grand, il était beau, il était blond, il avait le corps d’un dieu grec qui se serait échappé des frises du Parthénon et avait des yeux outremer que je pouvais contempler pendant des heures sans discontinuer. Et quand je dis « des heures », ce n’est pas une simple figure de style, parce que Charlie n’avait que deux passions : l’acide lysergique et le conduit sodomique des demoiselles. Et puisque j’étais adepte à l’époque autant les psychotropes que l’amour anal, nous formions un couple joliment assorti, uni dans la débauche et le délire chimiquement induit. Nous nous donnions rendez-vous chaque semaine à son appartement ; nous décollions ensemble les yeux dans les yeux le samedi — et nous atterrissons ensemble le dimanche, lui derrière et moi devant.

Ce samedi-là, j’en avais pris beaucoup plus qu’à l’accoutumée… 150 ou 200 microgrammes si ma mémoire est bonne. Ce qui selon toute vraisemblance explique ce que j’ai pu voir par la fenêtre du salon…

— Fuck ! Charles ! Viens voir !

— Quoi ? Quoi ? Qu’est-ce qui se passe ? me répondit un Charlie phosphorescent avec une voix qui semblait provenir de l’intérieur de mon crâne.

— Les flamants roses !

— Les flamants roses ?

— Oui ! Sur la pelouse ! Ici !

— Je sais. C’est la concierge qui les a…

— Mais regarde ! Regarde donc ! Ils baisent !

— Anne, ils sont en plastique.

— Celui-ci la prend par-derrière ! Et celle-là le suce avec son énorme bec…

— Ha ha ha ! J’en connais une qui a eu les yeux plus gros que la panse ! Tu te limiteras à la dose que je te donne, la prochaine fois… conclut Charlie en retournant s’étendre sur le sofa.

Je ne sais pas combien de temps j’ai passé à me scandaliser des mœurs dépravées des flamants roses en plastique. Ils avaient tous plus ou moins des attributs humains  : certains avaient au bout des ailes des mains aux longs doigts filiformes dont ils se servaient pour titiller les seins ronds comme des melons des femelles qui étaient affublées de longs cils exagérément recourbés. Elles adoptaient des postures alanguies et complaisantes pour faciliter la pénétration des verges énormes de leurs volatils partenaires, des bites multicolores au gland noueux et congestionné qui crachaient à répétition un foutre épais et rose ressemblant à s’y méprendre à du savon liquide à vaisselle rose. Je vis un mâle, goguenard, qui branla son membre et vint asperger deux femelles qui, indifférentes à cette libation, continuaient de se faire minette avec des langues luisantes de cyprine. Je vis dix de ces échassiers s’aimer virilement en s’enculant mutuellement jusqu’à former un cercle particulièrement vicieux. Je vis même une de ces décorations de jardin en plastique chanter Tico tico et La vie en rose avec la voix d’Alys Robi pendant que ses deux amants la prenaient l’un dans le con et l’autre dans le cul.

J’étais si bouleversée par ce spectacle que j’en tremblais.

— Charles ! Charles ! Je te dis qu’ils baisent sur ta pelouse ! En public ! Fais quelque chose !

— Calvaire ! Là, ça suffit…

— Mais… mais… mais… qu’est-ce tu fais ? Ma jupe !

— Je vais t’enculer jusqu’à ce que tu te la fermes, bordel !

Avec son index, il fit descendre ma culotte, écarta mes fesses et je sentis son gland, humide de sperme et de KY, buter contre mon petit trou.

— Pas devant la fenêtre… non… les voisins… le suppliai-je.

— Aucun danger : ils sont tous occupés à regarder les flamants roses ! me répondit Charlie en enfonçant son pieu jusqu’à la garde dans mes entrailles.

(Ce texte a été publié dans le dernier numéro du magazine FA, avec trois illustrations de Thierry Labrosse. Courez vous le procurer : l’empire Quebecor a besoin de vos sous.)

11 septembre 2009

11 septembre 2009

— Combien de temps nous reste-t-il ? soupira-t-elle en tortillant les fesses pour faciliter la pénétration.

— Quelques minutes… hum… trois, peut-être… réussit-il difficilement à articuler, tant le fait de se faire chevaucher par sa maîtresse sur la pelouse devant son bungalow, au vu et au su des voisins paniqués, l’excitait.

Lorsqu’il aperçut dans le ciel la longue traînée blanche de fumée du missile, ses traits se crispèrent et tout son corps fut secoué par l’orgasme. Sentant le foutre couler sur son cul, elle leva les yeux au ciel et vit l’ogive tomber vers leur propre petit Ground Zero personnel. Elle ferma les yeux, serra les dents et attendit le big bang.

Une faible détonation se fit entendre, l’air autour d’eux se réchauffa légèrement… puis ils reçurent sur la tête un déluge de petits papiers blancs.

— Mais… mais… qu’est-ce que… bafouilla-t-elle en ouvrant timidement les paupières, la queue flasque de son amant entre les cuisses.

Il attrapa un des tracts et lut : « Repentez-vous, chiens d’infidèles ! La guerre sainte est déclarée ! »

— Merde ! Trois fausses alertes en deux jours ! Les gens du voisinage vont finir par croire que nous sommes de vrais obsédés ! maugréa-t-il en suivant son amoureuse qui courait se réfugier dans le garage.

Annelist.com

7 septembre 2009

Rencontres > Relations discrètes > Divers

Veuf, 72, plusieurs métastases, sous médication ch F 60/65 pour derniers plaisirs.
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Sœurs jumelles asiatiques ch apart Montréal semaine 14/09/09 au 20/09/09 pour marathon de gangbang. Record possiblement homologué. Offre participation en guise de paiement de loyer.
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H syphilitique ch F avec autre maladie pour partage intime. VIH bienvenu.
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À vendre  : godes tailles diverses, spéculums, martinets, colliers, laisses, cagoules, plugs, chaînes, menottes et machine à baiser électrique. Cause  : a fait vœux perpétuels chez Carmélites.
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MILF 57 ch dentier égaré durant fellation dans métro en panne 2/9/09. Récompense bien baveuse offerte.
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Retraitée hémiplégique donnerait bijoux et obligations d’épargne contre tendresse et câlins avec JH 18/30. Doit savoir changer les couches.
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Manuscrit écorné et jauni offrirait pages restées vierges pour noter quelques intrigues.
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Éleveur de porcs offre grosse cochonne pour saillie printanière. Races diverses recherchées pour meilleures chances de reproduction.
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Couple en instance de divorce ch toilettes de café pour coït avant procès.
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Famille inconsolable ch JF 18/25 à enterrer avec avec grand-père. Caveau restauré, agonie agréable.
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Pucelle venant de perdre sa dernière dent de lait ch biberon de semence à téter.
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En conformité avec l’arrêt du jugement du 18 juin 2009, Jean et Nicole Tremblay, reconnus coupables de grossière indécence, demandent pardon pour tous les problèmes et préjudices causés au service d’urologie de l’hôpital général de Montréal.
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H émasculé suite à un accident de presse hydraulique ch JF aimant la langue et les godes.
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FFF 28/30/31 ch sperme à profusion pour trois utérus impatients de s’étirer. Éjaculateurs éventuels doivent être circoncis.
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Lolita oubliant souvent de mettre une culotte recherche moniteur d’auto-école pour conduite accompagnée.
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Fœtus qui s’ennuie offrirait un peu du ventre de maman à une verge vigoureuse. Voie rectale exclue.
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JH conserve sperme au congélateur. Vente par cubes de 100ml. Fraîcheur garantie. Recettes disponibles sur demande.
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JF Afghane vierge 17 ans  ch H violent et dévot pour mariage. Pour connaître le prix  : écrire à ses frères.
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F 29 éternelle romantique ch cheval pour relation discrète. Disponible le lundi et le mercredi. Photo du pénis souhaitée.
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Étudiante nulle en algèbre échangerait cours particuliers contre fellation et + si obtention de la moyenne.
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F mûre ch H 50+ pour menus travaux et ménage dans donjon bien équipé. Doit avoir postérieur charnu.
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H 38 aveugle ch JF avec perçages génitaux pour lire sur ses lèvres. Doit aimer les chiens.
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Mère épuisée et démissionnaire souhaite marier fille capricieuse à H mûr et autoritaire. Possibilité d’essai d’un mois avant engagement.
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Chenil garde F. Tarifs à la semaine. Nourriture et toilettage en sus. Accouplements avec pensionnaires canins compris.
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Couple sans enfant ch baby-sitter 17/25 max pour monsieur. Salaire concurrentiel, frigo toujours plein.
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Mère (38) et fille (16) ch JF 18-20 pour jouer à la famille dysfonctionnelle. Attitude rebelle souhaitée. Doit pouvoir se déplacer.
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F 42 avec boucles blondes et tutu aimerait partir à l’école dans l’auto d’un papa gâteau. Arrêts pipi et caca prévus en route.
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F seule 22 ans très pieuse ch H maigre et barbu pour vacances de Pâques aux Philippines. Fouet, couronne d’épines, crucifixion et léchage de plaies prévus.
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Pompes funèbres excellente réputation depuis 1952 organise soirées dans son charnier. Nouvelles filles toutes les semaines. Conditions hygiéniques optimales. Préarrangements possibles.
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Parc zoologique offre soirées de rencontre interespèces chaque samedi d’automne de 15h à 20h. Infirmière disponible sur place.
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F 2 enfants ch JF 12 pour déniaiser fils 13 obsédé et masturbateur compulsif. Autorisation de l’autorité parentale exigée. Participation autre fils 18 + sa copine 15 + moi si désirée.
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H méticuleux obsessif compulsif souhaite ranger tous ses objets dans JF fétichiste.
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Couple 72 et 79 ch JF 20/30 max pour trio avant stade final de la maladie d’Alzheimer de madame. Doit avoir petits seins.
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Entreprise de matériel médical recrute JF et JH bonne santé pour tester implantation cervicale de puce à orgasmes. Cardiaques et épileptiques refusés.
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Famille vent photos érotiques de JF et singes s’accouplant. Aussi  : deux bonobos offerts en adoption.
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JH ne bandant que devant voitures accidentées ch JF polytraumatisée pour sexe oral. Rapport de police, constat à l’amiable ou compte-rendu d’assurances exigé.
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JH et JF pressés de se divorcer cherchent JF rousse, gros seins pour organiser flagrant délit. Pénétration anale non obligatoire, mais souhaitée.
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Couple 40aine sympathique et cannibale ch JF ou JH consentants. Abattage dans le plaisir. La victime choisit le menu l’accompagnant. Doit offrir ses os pour bouillon éventuel.
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Artiste ch JF à la peau claire pour scarifications esthétiques et peinture sanguines.
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JF 24 de Longueuil, tatouage de papillon sur la fesse droite libellule, participé à orgie en mai 2009, ch JH ou H responsable de sa grossesse.
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JF 23 porte 3 cadenas sur sa vulve supplie la maîtresse ayant les clés de donner signe de vie et de venir soulager son sexe délaissé.
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Épicerie fine fondée 1962 vend produits féminins du terroir  : urines diverses, sang menstruel, vomi, crachats, merde, lait. Aussi, congelé ou sous vide, tranches viande, os pour animal de compagnie.
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JF 22, employée précaire, exploitée, fatiguée, victime d’harcèlement, diplômes caducs et inutiles, offre corps et âme à relation paisible et valorisante avec patron juste et équitable. H ou F sans importance, peut être sévère pourvu qu’il y ait renforcement positif et avantages sociaux.
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JF fraîche comme la rosée mouillerait volontiers sur gland dur et volumineux.
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F frileuse, aime la laine qui se frotte sur ses seins nus, ch F qui tricote.
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H avec 2 gros chiens ch JF à quatre pattes. Paie vétérinaire, tatouage et stérilisation.
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J mére qui allaite, très grosses mamelles, propose tétées chaque mercredi. Fellation et pénétration moyennant un léger supplément.
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H ayant JF aux mœurs libres comme voisines loue ouvertures discrètes dans le mur mitoyen. Peut vous sucer pendant que vous regardez.
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Conducteur de rouleau compresseur propose d’écraser JF à quatre pattes dans le bitume. Ne demande que des photos pour toute rémunération.
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Maître-nageur musclé retirerait son maillot de bain pour JF aimant les sucettes glacées.Plusieurs parfums disponibles. Disponible immédiatement.
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F donne cours sur le bon usage des charcuteries pour atteindre la satisfaction sexuelle. La prochaine session commence le 14/9/2009. Quelques places encore disponibles !
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Sœurs jumelles ch désespérément frères siamois ayant deux pénis pour rencontres amicales et plus si affinité.
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JH 17 ch JH 30 max pour 1er baiser avec la langue.
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Second Chance Café Inc.

30 août 2009

Marie-Pier et Mathieu — joli couple, mais pas très doué pour la vie conjugale, si bien que six mois seulement après avoir échangé voeux et anneaux ils se séparèrent et prirent rendez-vous avec un avocat du centre-ville.

— On pourrait se rencontrer avant au Second Cup sur Saint-Denis, proposa Mathieu. Comme ça, on pourra arriver en même temps chez le médiateur….

— Toujours aussi formaliste et coincé, hein… siffla Marie-Pier avant de raccrocher.

En essuyant la moustache de crème laissée par sa dernière gorgée d’espresso con panna, Mathieu soupira :

— Au moins, le sexe était bon… ça nous laissera quelques bons souvenirs.

Marie-Pier sourcilla, croisa ses jambes et déposa son cappuccino sur la table.

— Pendant notre nuit de noces, je me suis levée alors que tu dormais. Je me suis assise dans un fauteuil et je me suis branlée en t’écoutant ronfler ; ce fut le meilleur orgasme de notre vie commune, dit-elle en souriant.

Les traits de Mathieu se figèrent. Il se leva, avala d’un trait le café de Marie-Pier, puis attrapa fermement sa main pour l’entraîner aux toilettes. Il releva sa jupe, fit glisser sa petite culotte, puis souleva son ex-épouse pour l’installer le cul sur la porcelaine froide du lavabo, les cuisses bien écartées. À genoux devant elle, il insinua sa langue entre ses nymphes, la fit vriller autour de son clitoris jusqu’à ce qu’il de raidisse et se mette à trembler, puis le prit délicatement entre ses lèvres pour le téter amoureusement.

— Non… je… Oui ! Lèche-moi… je veux ton doigt ! soupira Marie-Pier.

Ou était-ce « Laisse-moi, je ne veux pas » ? Peu importait Mathieu, puisque Marie-Pier se tordait le cul de plaisir. Lorsque ses cuisses se mirent à trembler, il la pénétra prestement et la prit avec tant de vigueur qu’ils en firent trembler la tuyauterie. Lorsqu’il fut sur le point de jouir, Mathieu déposa le cul nu de Marie-Pier sur le carrelage poisseux puis glissa sa bite entre ses lèvres pour qu’elle puisse avaler goulument sa crème.

— Alors là… Merde, je… ouf… si je m’attendais… dit-elle en léchant les gouttes qui perlaient sur les couilles de son ex-mari.

Il y a quarante-et-un cafés Second Cup dans la région métropolitaine de Montréal. Marie-Pier et Mathieu décidèrent de tous les visiter, l’un après l’autre, avant de discuter de l’opportunité ou non d’entamer des procédures de divorce.

GRC

23 août 2009

(Dossiers d’écoute électronique déclassifiés, tirés des archives de la Gendarmerie Royale du Canada grâce à la loi sur l’accès à l’information.)

Sujet : Ginette Lalonde
Affiliation  : Sympathisante du Front de libération du Québec
Date : 13 novembre 1969

… mais je m’en fous si maman s’en aperçoit, ou papa, ou mes sœurs, ou mon frère, je m’en fous je te dis… Pierre, je veux juste être avec toi, je veux être dans tes bras… je me sentais si bien, si en sécurité dans tes bras la nuit dernière, je me sentais comme si j’étais à des milliers de miles d’ici, dans un endroit merveilleux, loin de ce monde pourri… non, je ne pense pas qu’on m’a vue, non, j’en suis sûre… écoute, je veux te dire quelque chose, Pierre… non, il faut que je te le chuchote… je te veux encore à l’intérieur de moi… je me suis senti si près de toi, c’était si bon et je ne me suis jamais sentie aussi près de personne, même pas de Bernard… je te veux encore à l’intérieur de moi…

Sujet  : Fernande Beaulieu
Affiliation  : Militante du Front de libération des femmes
Date  : 6 mai 1970

… tu vas être fière de moi, Michel, ta petite pute a fait bien des progrès. On se rencontre à l’endroit habituel ? D’accord, je serai là dans une vingtaine de minutes… Quoi  ? Bien sûr… je vais aussi mettre ce soutien-gorge que tu aimes tant et aussi… oui, mais à condition que tu ne frappes pas trop fort. La dernière fois, tu as fait des marques et les filles du groupe de discussion les ont vues un peu, sur mes épaules… je leur ai dit que je m’étais fait ça en camping, avec les courroies de mon sac à dos… en plein milieu d’avril, dans la neige, tu parles si elles ne m’ont pas crues… oui, je l’ai fait, juste pour toi… oh oui, tu avais raison, il avait une belle grosse queue, il m’a vraiment fourrée comme un chef… il n’arrêtait pas… deux fois, même  ! D’ailleurs, je sens son sperme couler de ma chatte, ma culotte est une vraie tartine… tu vas te régaler, mon chéri…

Sujet  : Marcel Tremblay
Affiliation  : Militant de la Ligue socialiste ouvrière (trotskiste)
Date  : 20 septembre 1970

… Non, c’est une petite commande, cette fois-ci… Ok… faites juste mettre ça sur mon bill, je vais passer vous payer demain matin au plus tard. J’ai besoin dekleenex… un paquet de trois boîtes… de la vaseline… non, le grand format… des aspirines… ça n’a pas d’importance… ok… j’aurais aussi besoin de… vous savez le truc pour la constipation  ?… non, pas le médicament… c’est ça  ! Une poire à lavement… une boîte de cent gants de latex… un piqué de lit en coton doublé de vinyle… le dernier numéro d’Exercice et culturisme…et deux paquets d’Export A king size. C’est combien, en tout  ?… Ok, c’est bon… vous passerez vers quelle heure  ?… la sonnette ne fonctionne pas bien ; si je ne réponds pas, passez par derrière…

Sujet  : Annette Morin
Affiliation  : Actrice, soupçonnée d’être séparatiste et subversive
Date  : 16 octobre 1970

Daniel… Daniel… Calme-toi… Je ne comprends rien à ce que tu dis… Ben, je suis avec Thérèse… qu’est-ce que tu penses qu’on faisait  ? On a passé la soirée à se lécher la fente  ! Elle est arrivée un peu pompette à l’appartement et ça n’a pas été long qu’elle se mettait à me frencher, tu la connais… Quoi  ? Attend un peu, reprend ton souffle… tu fais juste souffler dans le téléphone et je comprends rien de ce que tu dis… en tout cas, si tu veux tout savoir, je lui ai mis la langue, et ensuite, quatre doigts dans la plotte et trois dans le trou de cul, après c’était mon tour alors elle a sorti un gros dildo de sa sacoche et… quoi  ? La loi des mesures de guerre  ?… depuis quatre heures du matin  ?… La police qui fait quoi  ?… Tu es certain  ?… Et Jean, ils ont arrêté Jean, aussi  ?… Incroyable… Je ne sais pas, elle dort encore… Attends une minute, je reviens, on frappe à la porte…

Sujet  : Aline Meunier
Affiliation  : Rédactrice à l’Agence de presse libre du Québec
Date  : 15 janvier 1971

… Pfff, si tu penses qu’ils me font peur… il y en a un qui s’est pointé au local, ce matin, avec sa grosse face de beu sale… ben tiens, je sais reconnaître un gros beu sale quand j’en vois un  ! Et celui-là, c’était tout un spécimen… du genre homme des cavernes avec un coat en prélart… sois pas naïf, mon chou, je suis sûre que ta ligne est tapée  ! Tu penses pas qu’ils ont ta photo depuis longtemps, avec toutes les manifs que t’as faites  ? Même le Montréal Matin t’a fiché, mon pauvre chéri… Ben si ils écoutent, ils faut que tu leurs dises des choses croustillantes pour mettre dans leur rapport  ! Vas-y, je te connais, tu sais comment dire des cochonneries… Allez, fais moi plaisir… Chicken ! Je vais te montrer comme on remet les poulets à leur place, écoute-moi bien aller. Hey  ! Les gros cochons sales de la GRC  ! Je suis une méchante séparatiste et je dis des choses pas fines. Pilule  ! Capote  ! Stérilet  !… Quoi ?… Hey… Hey… Hey, dis-en, toi, des horreurs, pour voir si t’es meilleur… Ha ! Pas facile, hein… Attends, j’essaie encore… Hey  ! Les polices montées  ! Y’a-tu des cheveaux pour vous monter, ou vous demandez à vos petits amis flics de le faire ?… Venez me lécher le cul, il est bien beurré parce que mon chum le felquiste vient de m’enculer avec son gros pénis de terroriste  !… Avant d’aller poser des bombes, il m’a mis de la dèche dans la face et ensuite, il m’a fait mettre par son chien pendant qu’il crossait son petit frère ! Et après… Maurice  ?… Maurice  ?… Ah ben tabarnak, il a raccroché, l’esti de pissou  !

Sujet  : Benoît Daigneault
Affiliation  : Membre de la commission politique du Parti Québécois
Date  : 10 juillet 1972

… pffffff mouha ha ha ha  ! Man, c’est tout un trip… Esti que je suis high… Dig it, criss, dig it… Nancy, je te trouve tellement plotte quand t’es stone… non, je suis tout seul… pis je suis bandé comme un câlisse d’âne !… non, j’ai juste rendez-vous avec Bernie demain au Montreal Pool Room… mais peut-être que tu pourrais venir ici  ?… Il m’en reste encore plein, en plus de quek’ caps… de quoi se faire du fonne en masse… oui, amène Linda avec toi… Ha ha ha ha  ! Oui  !… Avec un vibe pis de l’huile pour bébé, câlisse  !… Mets-en  !… oh, et les petites culottes sont optionnelles, if you know what I mean

Sujet  : Jacques Parenteau
Affiliation  : Militant de la Ligue communiste (marxiste-léniniste) du Canada
Date  : 20 mars 1973

… Marie, je n’ai pas le temps de te parler longtemps… j’ai dit aux camarades que j’allais distribuer La Forge à la sortie de l’usine… je sais que je t’avais promis de ne pas t’appeler mais… je sais ce que j’ai dit dans mon autocritique… je sais… je sais que ça t’a fait mal mais tu dois comprendre que je suis un révolutionnaire professionnel maintenant et… écoute, j’avais pas le choix, le secrétaire de ma cellule avait tout raconté au comité central… non  ! Ne raccroche surtout pas  ! Je voudrais juste… si tu pouvais… je sais, c’est décadent et contre-révolutionnaire… c’est sûrement le petit-bourgeois en moi qui me fait agir comme ça, comme une vipère lubrique… oh, j’ai honte, c’est certain… mais tu le fais si bien… et tu n’as pas à avaler, tu sais…

Sujet  : Monique Lessard
Affiliation  : Sympathisante de l’Organisation marxiste-léniniste du Canada En Lutte  !
Date  : 2 juin 1975

… non maman, je n’organise pas des matchs de lutte… c’est plus compliqué que ça… je sais que j’ai toujours détesté la lutte, surtout quand papa l’écoutait à la radio le samedi… je te dis que ça n’a rien à voir  !… c’est ça, c’est comme du communisme… non maman, ce n’est pas des Russes… des Cubains non plus… non… maman, je te dis que c’est correct, on ne fait rien d’illégal… promis… on essaie seulement de travailler avec les masses pour bâtir le parti des travailleurs en vue de la ré… quoi  ? Non maman, je suis toujours bien habillée… mes petites culottes sont toujours propres, comme tu me l’as toujours dit… non maman, on ne pratique pas la mise en commun des femmes… c’est un mensonge anticommuniste primaire, ça… je te dis qu’on ne fait pas ce genre de choses, on est très décents… c’est ça… oui… oui maman… c’est ça… heu… maman  ?… Tu sais si madame Lavigne fait toujours des avortements ?…

Vendredi

7 août 2009

Idée pour un roman. Elle vit seule sur une île déserte depuis des mois — non, des années. Pour ce qui est de l’abri et de la nourriture, ça peut aller. Mais pour le reste… elle se masturbe avec des bouts de bois, des cailloux, des poissons morts. Avec les os blanchis des autres naufragés, une seule fois, terrible. Ce qui lui manque le plus, c’est le shampooing.

Urine des songes

10 juillet 2009

Souvent je rêve que dans une forêt obscure ou une ruelle déserte, un homme à la voix d’outre-tombe m’ordonne de me dévêtir et de m’allonger par terre. Le sol comme l’air est froid, dur, terrifiant. Alors que, transie, je commence à grelotter, il sort une bite aussi longue que noire et m’arrose d’un jet de pisse qui n’en finit pas. Et moi, sans trop savoir pourquoi, je me contorsionne pour en recevoir sur les seins, le ventre, les fesses, les cuisses. C’est chaud, musqué, ça s’insinue dans tous les plis de ma peau, ça me rend folle.

Ce pervers urophile n’a pas de visage. Mais ce qui me surprend le plus — à part, bien sûr, le fait qu’il soit capable d’uriner des litres et des litres sans discontinuer —, c’est que ce salaud ne bande même pas de me voir ramper dans la boue et me trémousser en grognant de plaisir. « Quel mufle ! » me dis-je, le corps traversé de convulsions effroyables.

La nuit dernière, je me réveillai frissonnante et en nage, je me levai et marchai en titubant, hagarde, jusqu’aux toilettes. En pissant, je ne sais pas ce qui m’a prise, je plongeai la main entre mes cuisses, sous le jet chaud, puis je léchai longuement, jusqu’à la dernière goutte, dans une sorte d’urgence hébétée. Jamais n’avais-je fait un truc pareil ; ça ne m’avait jamais traversé l’esprit. Au moment de porter mes doigts à ma bouche, une vive émotion m’envahit, souffle coupé, seins durs.

Si j’étais un garçon, j’aurais bandé à en perdre l’esprit.

L'entraide est le lubrifiant des relations de bon voisinage

23 mai 2009

— Un instant, j’arrive !

Jeanne D’Arc Bédard déposa son plumeau sur la table, rajusta sa coiffure argentée et marcha d’un pas rapide vers la porte. Elle déverrouilla les deux serrures et les trois loquets et ouvrit : c’était la fille de la voisine.

— Noémie ! minauda-t-elle. Entre, ma chérie !

Jeanne d’Arc connaissait bien Pierrette, la maman de Noémie. Depuis son mariage, elle avait tant souhaité avoir une fille… ce qu’elle eut, après sa cinquième grossesse. « Comme elle a grandi ! » pensa Jeanne d’Arc en contemplant la mignonne et innocente fillette de treize ans qui se tenait devant elle, sur le pas de sa porte, les mains derrière le dos et la mine espiègle, avec ses boucles blondes, son chemisier blanc, sa jupe écossaise et son tablier rose.

— Bon après-midi M’dame Bédard, dit la gamine en souriant gentiment. J’pourrais vous emprunter un bâtonnet de beurre ?

— Mais bien sûr, chérie ! répondit la ménagère et lui indiquant du doigt le chemin de la cuisine. Tes parents sont déjà rentrés ?

— Non, madame. Grand-m’man va seulement avoir son congé de l’hôpital mercredi prochain, alors ils vont lui tenir compagnie encore trois jours. En attendant, je fais l’ménage pour que tout soit propre lorsque maman va revenir. Hier, j’ai passé le balai et j’ai récuré le bidet… et ce matin, j’ai brossé les tapis et battu les chiens.

— Voilà qui est tout à fait charmant ! Quelle grande fille tu fais ! Et tes frères, comment vont-ils ? Ils doivent vraiment être contents d’avoir une sœur aussi sage…

— Oh, j’espère bien ! C’est rudement gentil à eux de s’occuper de moi… c’est une grosse responsabilité, pour eux, vous savez.

Jeanne d’Arc fouilla dans le frigo, trouva le beurre et le tendit à Noémie.

— Voilà, ma grande. Tu es si mature, pour ton âge… le beurre, c’est pour préparer tes délicieux sablés pour tes frères ?

— Merci m’dame Bédard, dit Noémie en offrant à la vieille dame un sourire radieux et angélique. Non, c’est pas pour les biscuits — je les ai cuits avant le déjeuner et c’est pour ça que j’ai plus de beurre. J’en aurais bien acheté avec l’argent que maman m’a laissé, mais Martin Poirier s’est pointé à la maison avec une caisse de bière pour regarder le match à la télé avec mes frères et ils sont maintenant tous trop saouls pour conduire jusqu’au supermarché.

— Oh la la, comme c’est vilain. Tes frères sont bien chanceux d’avoir une petite sœur aussi sérieuse et dévouée que toi, qui est prête à tout pour prendre soin d’eux par dessus le marché. Tu es donc venue emprunter du beurre pour leur préparer une petite gâterie, n’est-ce pas ?

— Oh oui, madame, répondit, tout sourire, la fillette. C’est qu’voyez-vous,il ne reste plus de KY et les garçons veulent vraiment beaucoup beaucoup m’enculer !

Vanitas

21 avril 2009

Devant ma psyché, elle faisait sa poupée Barbie avec innocence feinte, une sorte de douce colère, et joignait à ses gestes une parole tranchante comme le fil d’un rasoir.

— Tu veux que je relève ma jupe ? C’est de la dentelle que tu veux ? Des rubans de soie ? Une petite culotte humide ? Inutile de nier, je te connais… tu veux que j’ouvre un peu les jambes… un peu plus ?

Tout cela sans même se donner la peine de me regarder, tout absorbée qu’elle était par le plaisir narcissique de se séduire elle-même, jusqu’à l’ultime frisson.

Phrase à utiliser dans mon premier roman

18 mars 2009

Elle est assise sur lui, sérieuse, concentrée, tout à son plaisir, les doigts enfouis dans les cheveux de la tête qu’elle tient entre ses cuisses, fixant le sang s’écoulant du cou fraîchement coupé.

Patin de fantaisie

12 mars 2009

Amateurs d’onanisme, bonsoir. Nous sommes en direct du boudoir d’Anne Archet, où les cérémonies d’ouverture de sa séance de masturbation viennent tout juste de prendre fin. Elle referme son roman pornographique ― je crois qu’elle lisait… oui, il s’agit bel et bien de Gamiani ou deux nuits d’excès, une valeur sûre et un excellent choix lorsque le stress se fait sentir. Elle se lève et se dirige vers le sofa, mesdames et messieurs !

Elle décide de placer ses fesses à l’extrémité du coussin. Stratégie intéressante… qui semble indiquer qu’elle passera sans tarder aux choses sérieuses. Sa main droite se glisse sous sa ceinture… et c’est le coup d’envoi ! Un coup magistral, sa main est maintenant entièrement dans son jeans, quelle vue magnifique ! Ce jeans est peut-être un peu trop serré, ce qui l’oblige à tortiller son cul et augmente le niveau de difficulté. Je crois toutefois qu’elle a atteint son but et que ses doigts ont atteint les replis humides de son sexe.

Anne passe maintenant à la figure imposée et retire son jeans. La fermeture à glissière est rapidement descendue… voilà le vêtement qui glisse sur ses hanches, l’exécution est parfaite… mais attendez ! Le jeans est entortillé autour de ses chevilles ! Va-t-elle tomber ? Elle vacille… elle se tord… donne un coup de pied… et… il est parti ! Le pantalon fait un vol plané jusqu’au fauteuil… voilà, c’est réussi : notre concurrente s’est dépêtrée de cette fâcheuse situation et se retrouve à nouveau bien en selle pour la suite de l’épreuve !

Maintenant, elle s’empresse visiblement de regagner le temps perdu et se caresse du bout des doigts à travers le tissu de sa culotte de coton. Sa tête est un peu penchée de côté… elle mordille les jointures de sa main gauche en émettant de brefs soupirs. Je crois qu’elle est maintenant prête pour le round suivant, mesdames et messieurs. Elle vient d’ailleurs tout juste de se départir de son sous-vêtement, ses deux mains sont sur sa vulve, elle écarte les lèvres de sa chatte… et quelle chatte, chers téléspectateurs ! On voit qu’il est bien humide, la dame est dans une forme splendide. Oh ! C’est la passe sur le clitoris !

Anne Archet a maintenant atteint sa vitesse de pointe, ses doigts travaillent son con à un rythme qui nous laisse présager un bon chrono. Ses hanches s’animent, elle mord sa lèvre inférieure… maintenant sa tête s’agite, je crois que c’est le sprint final… son bassin se soulève, il ne porte plus sur le sofa, son visage est cramoisi, elle est sur le point de… oui ! Elle jouit ! Un autre orgasme phénoménal pour Anne Archet ! Quelle prestation magistrale de la part de ce vétéran de la branlette qui cumule plus de vingt ans de pratique quotidienne et frénétique de frotte-minou en solitaire ! Pendant que les juges se consultent, voyons si nous pouvons obtenir quelques mots de notre championne…

Correspondances

19 février 2009

Je voudrais vraiment sentir ses doigts glisser dans ma chatte, sa bouche s’accrocher à mes seins, mais elle est tendue, fébrile et en manque ce soir, elle a quelque chose de trouble qui la tord au plus profond d’elle et qui a besoin d’être soulagé; voilà pourquoi je baigne dans la pénombre humide de ses draps, mes mains posées à l’intérieur de ses cuisses et ma langue fouillant les plis de son sexe, à la rencontre de son clitoris. Sous sa peau satinée, ses muscles se crispent; la saveur piquante et amère de son plaisir envahit mon palais alors que j’enfonce mon majeur et mon index jusqu’à sa matrice. Bientôt, elle sera mienne.

Je voudrais vraiment enfoncer ma queue dans son cul, l’immobiliser sur le lit en lui enfonçant la tête dans l’oreiller et me perdre dans ce sphincter hypnotique et délicieux, mais il est tendu, fébrile et en manque ce soir, il a quelque chose de trouble qui le tord au plus profond de lui et qui a besoin d’être soulagé; voilà pourquoi je suis à genoux sur la moquette, entre ses cuisses écartelées, sa verge palpitante et congestionnée glissant entre mes lèvres. De mon pouce et mon index, je fais un anneau qui enserre la base de son membre, juste au-dessus de ses couilles; je le presse et le pompe pendant que je le suce et que je taquine son gland du bout de ma langue. Il soupire, les muscles de ses cuisses se tendent. Bientôt, il sera mien.

Le serment du serrement

14 février 2009

Il savait que, lorsqu’il se masturbe, sa jouissance peut devenir beaucoup plus intense s’il serre fermement les muscles entre ses cuisses et s’empêche d’éjaculer pendant quelques secondes; le sperme est alors expulsé avec beaucoup plus de puissance et la force de l’orgasme est ainsi décuplée. Il ne le faisait toutefois jamais bien plus longtemps qu’une seconde ou deux, impatient qu’il fût de plonger une fois de plus dans les délices exquis de la félicité vénérienne.

Or, il se résolut une nuit à tenir le plus longtemps possible, faisant le serment solennel qu’il contractera ces fameux muscles jusqu’à ce que son corps capitule. (Il prononçait souvent ce genre de promesses en les tenant avec d’autant plus de sérieux et d’obstination qu’il devait rendre des comptes au plus impitoyable des témoins — lui-même.) Il s’allongea donc sur son lit avec une serviette humide et plusieurs mouchoirs de papier. Tout en faisant défiler dans sa tête le cortège des fantasmes qui le mènent toujours sur le chemin du plaisir, il se mit à se toucher en se promettant de se retenir coûte que coûte.

Plus tard, lorsque les convulsions se calmèrent, qu’il réussit à refermer sa bouche et que le monde reprit forme autour de lui, il resta longuement étendu, inerte, son cœur battant la chamade, en se demandant s’il osera un jour refaire ce truc.