BDSM

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(Un court poème d’Anne Archet – avant qu’elle ne s’appelle Anne Archet, vers 1998.)

Allez, avoue-le donc

Tu le veux
Han ?

Dis-le
Que tu le veux

Tu veux ses bras autour de toi
Qui t’enveloppent
Quand la nuit resserre son étreinte

Tu veux être accueillie par son sourire
Qui dissipe les ténèbres
Quand dans sa chambre tu le rejoins

Tu veux ses mains sur tes cuisses
Qui font chavirer tous tes sens
Quand elles se glissent sous ta jupe

Tu veux ses yeux dans les tiens
Qui te transpercent jusqu’à l’âme
Quand tu le renverses dans son lit

Tu veux baigner dans son parfum
Qui remplit chacun de tes soupirs
Quand ton corps se mêle au sien

Tu veux la courbe affolante de sa queue
Qui coulisse à l’intérieur de toi
Quand tu juges qu’il a été assez obéissant

Tu veux les clés de son cœur
Tu veux celles de sa ceinture de chasteté
Tu veux tenir sa laisse
Tenir le manche du fouet
Allez, avoue-le donc

Dis-le
Que tu le veux

Tu le veux
Han ?

Pfff

Tant pis pour toi
C’est ma chose
C’est mon jouet
Pas le tien

Il est à moi

Connasse

— C’est fou tout ce qu’on peut trouver sur Craigslist.

— Outre les psychopathes et les tueurs en série?

— Oui. Écoute : « Équipement de BDSM à vendre, presque neuf. Cravaches, cannes anglaises, battoirs de diverses largeurs,  et autres instruments à percussion – Ha! On se croirait aux matinées symphoniques.

— C’est parce qu’ils font chanter des arias, c’est bien connu.

— Écoute la suite. « Aussi : articles fabriqués sur mesure comprenant menottes pour poignets et chevilles, martinet en daim et un banc de fessée artisanal rembourré en cuir noir avec garnitures nickelées fabriqué avec amour.»

— Oh! Avec AMOUR!

— Il me semble que c’est exactement la pièce d’ameublement qu’il nous manque pour le sous-sol. Tu crois que je devrais l’appeler?

— Certainement. Et profites-en pour lui demander si les menottes sont ajustables.

— Je me demande quand même pourquoi ce type se débarrasse de son équipement. Peut-être est-ce qu’il se rééquipe en neuf? Ou peut-être est-il maintenant veuf…

— C’est peut-être ça. Si jamais il t’arrivait malheur, je n’aurais plus rien à faire de tout ce bazar. Après tout, je peux difficilement me donner moi-même la fessée… ce serait comme si j’essayais de me faire rire en me chatouillant.

— Je doute que tu aies du mal à trouver des volontaires pour te corriger avec amour.

— Possible, mais il n’y a que toi qui saches y faire…

— Parlant de fer… si on le battait, pendant qu’il est chaud?

— Oui! Je me déculotte dans la chambre et j’attends que tu viennes me faire entonner l’air des bijoux, maestro.

— Je vais chercher ma baguette et je te rejoins.

Mark Shargool s’est mis dans la tête de traduire certains de mes petits textes polissons en anglais. Qui suis-je pour mettre un frein à tant d’enthousiasme, hein ? Voici sa traduction de Tu peux toujours rêver.

EDIT: Mark a l’air très motivé, alors j’ai décidé d’ouvrir un Tumblr que j’ai intitulé Exquisite lewdness pour publier ses traductions.

* * *

— In my dream, I cried. I screamed like a possessed woman. Do you know why? Because you made cum like crazy.

He’d been after me for months. First by email, then in person, during the dates I granted him stingily, whenever I had a whim to do so. But he was the persistent type, at least that’s what he always told me. Too bad for him; as much as I love to give myself immediately to the impatient, I also love to push the persistent ones to their last gasp. I had stood him up, kept him waiting, broken promises, he was my plaything, ready to crack. Seated next to me in the hotel bar, he fiddled nervously with his third gin and tonic while gazing at me with that hangdog look that I found endlessly amusing.

— Believe me, I can do it. You won’t regret it, he said, gazing at the cleavage that I left open with all the awareness of a real tease. I’ve got a room and…

— My dream first, I answered him with a smile, while caressing the back of his hand from the wrist to the fingernails. He sighed, rubbed his eyes with his thumb and index finger and started drumming impatiently on the counter.

— Ok, of course, your dream. Tell me.

— Well, first of all, you made me cum. But the next instant, you became cruel, menacing. You insulted me. With coarse, vulgar words I didn’t understand. You made me cry and that made you laugh. You made me crawl to up to you…

— I would never treat you like that.

— Will you let me finish? You made me crawl up to you, hacked off my clothes with your pocket knife, even the garter belt that I bought for you. Then, you bent my arm behind my back, threw me on the bed, tied my ankles to the bed legs, and you placed me like that, spread open, with my nose in the pillow, and my behind raised up on a cushion placed under my belly. Then, you took a cane and whipped my ass. I cursed you, I damned you, your ancestors and your descendents….

Anne, you know me now. Such a thing would never even enter my mind…

I saw him squirming on his bar stool, trying to get comfortable. I concluded that my little story, entering his mind, had had an effect. Looking down, with a false, prudish look, I continued.

— Tut tut tut. That’s not all. After a while, you left me like that, alone, sobbing, in that humiliating position, before coming back with some friends, I don’t know how many, but all as nasty as you. They smelled of sweat and cigarettes, they spit on their cocks when they got them out of their flies as they got hard while they laughed and you, you told they what to do, said to them “come on, fuck her up the ass” or “She’s going to suck you like a Goddess”. And that’s what I did, they worked me over one after the other, in the orifice of their choice, made me grind my teeth, made the bed squeak and groan…They didn’t give a damn about dipping their manhood into their buddies’ cum, even when they all made me taste it, until the flavors got mixed together and became one…

I raised my eyes. Beads of sweat had appeared on his forehead. His hand trembled. Finally, he was ripe.

— How could you think like that about me? I admire and respect you, I tell you that all the time! Come up with me, I’ll prove it to you.

It was time to pluck the fruit.

— Listen to me, I’m not going to tell you twice. I want you to make my dreams come true.

Dodo Berline
Sainte Catherine
Endormez-moi cette enfant
Quelle récupère de ses tourments

Ce soir on l’a fustigée
Pendue à l’envers par les pieds
Laissée à baigner dans sa pisse
Baisée par tous les orifices

Dodo Berline
Sainte Catherine
Endormez-moi cette enfant
Quelle récupère de ses tourments

Si l’enfant s’éveille
Coupez-lui l’oreille
Si l’enfant dort bien
Elle aura un gros câlin

— J’ai lunché avec Frédéric ce midi.

— Qu’avait-il à dire pour sa défense?

— Rien, mis à part qu’il a été complètement humilié. Cette fessée que tu lui as donnée…

— Il s’est présenté à cette soirée en toute connaissance de cause. On lui avait clairement expliqué les règles. Il était notre invité et son comportement de mufle a rejailli sur nous toutes. Je n’allais certainement pas le laisser nous faire un tel affront.

— Il n’a fait que tripoter le derrière de cette fille…

— Qui se faisait lécher et qui était au bord de l’orgasme. Tu crois que ça lui a fait plaisir de se faire agresser de la sorte? Fred va devoir apprendre ce qu’est le consentement et comment agir respectueusement envers les femmes.

— Même si elle est nue et qu’au moins cinq hommes lui sont passés dessus?

— Surtout si elle est nue et qu’au moins cinq hommes lui sont passés dessus.

— Tu n’y es pas allée de main morte, en tout cas.

— Pfff. Il adorait ça. Il bandait comme un âne.

— Et ce qu’on lui a fait faire, ensuite…

— Oui. Il était mignon comme tout, poings liés, le gode enfoncé dans le derrière…

— Quand je pense que Catherine qui lui a pissé au visage. C’est moche.

— Si elle pense qu’on va la réinviter, celle-là…

— Surtout qu’elle était trop saoule pour participer à la suite, quand on a installé Fred le ventre contre la table et qu’on l’a pris à répétition avec nos godes-ceinture.

— Sans compter tous les garçons qui étaient encore en état de servir… mais je ne sais même pas s’il s’en est aperçu. Est-ce qu’il t’a dit comment il s’est arrangé pour retourner à la maison?

— Deux types que je ne connais pas se sont offerts pour lui donner une ride, mais ils ont changé d’idée en cours de route. Ils l’ont enculé sur la banquette arrière de leur camionnette, lui ont barbouillé la figure de foutre, puis l’ont foutu dehors à grand renfort de coups de pied au cul avec juste assez de monnaie pour prendre l’autobus. Il a dit que trajet de bus fut l’épreuve la plus humiliante de toute son existence : il sentait le fauve à vingt mètres, sa chemise ne tenait qu’avec un bouton et il lui manquait une chaussure.

— Ah. Et puis ?

— Puis il a dit qu’il avait hâte à la prochaine fois et espérait être réinvité, maintenant qu’il a bien compris les règles.

1. Mes yeux sont bandés avec un foulard de soie. Attachée et sans défense, je mords mon bâillon. Toi aussi, tu mords : tu tiens mon mamelon entre tes dents, tu le tires, tu l’étires.

2. Je me tords de désir. Je te veux en moi.

3. Tu enlèves mon bandeau et le bâillon et je crie : «Baise-moi». Tu exiges que je te supplie, et j’obéis avec délectation.

4. Tu écartes mes cuisses, tu glisses lentement ta langue entre mes nymphes.

5. Tu te relèves, tu mordille le lobe de mon oreille et me susurres : «Tu es délicieuse».

6. Je me tortille à chaque contact de ta peau. Je fonds comme du beurre sous tes doigts.

7. Tu écartes mes cuisses davantage et j’en rougis délicieusement de honte. Ton gland glisse dans ma chatte juteuse; j’essaie de t’attirer vers moi comme je peux, toute entravée que je suis par mes liens.

8. Je répète: «Baise-moi», cette-fois ci avec un peu plus de fébrilité, avec un peu plus d’urgence dans la voix.

9. Tu te déplaces par-dessus moi en te délectant de la vue et de l’odeur de mon sexe humide et rougi.

10. Tu te rassois et tu te branles, ostentatoirement, pour contempler le spectacle et me faire mourir de désir.

11. Tu te rapproches enfin pour glisser ta queue en moi à nouveau. Tu me dis : «Je vais te baiser, maintenant», juste avant la première estocade.

Il leva les yeux et me regarda.

— Et ça continue encore comme ça au verso… ?

— Yup.

— C’est… détaillé.

— Je te ferai remarquer que c’est toi qui n’arrêtais pas de te plaindre que les femmes ne viennent pas avec un mode d’emploi.

— Ce n’était qu’une façon de parler, hein.

— L’étape suivante, c’est de vérifier si toutes les pièces sont dans la boîte, juste au cas où il en manquerait une. Comme tu peux voir, il y a le bâillon, le foulard, la corde… Je te laisse t’arranger avec tout ça : moi, je vais aller gentiment attendre l’assemblage dans le lit.