BDSM

27 articles tagged as BDSM

Mark Shargool s’est mis dans la tête de traduire certains de mes petits textes polissons en anglais. Qui suis-je pour mettre un frein à tant d’enthousiasme, hein ? Voici sa traduction de Tu peux toujours rêver.

EDIT: Mark a l’air très motivé, alors j’ai décidé d’ouvrir un Tumblr que j’ai intitulé Exquisite lewdness pour publier ses traductions.

* * *

— In my dream, I cried. I screamed like a possessed woman. Do you know why? Because you made cum like crazy.

He’d been after me for months. First by email, then in person, during the dates I granted him stingily, whenever I had a whim to do so. But he was the persistent type, at least that’s what he always told me. Too bad for him; as much as I love to give myself immediately to the impatient, I also love to push the persistent ones to their last gasp. I had stood him up, kept him waiting, broken promises, he was my plaything, ready to crack. Seated next to me in the hotel bar, he fiddled nervously with his third gin and tonic while gazing at me with that hangdog look that I found endlessly amusing.

— Believe me, I can do it. You won’t regret it, he said, gazing at the cleavage that I left open with all the awareness of a real tease. I’ve got a room and…

— My dream first, I answered him with a smile, while caressing the back of his hand from the wrist to the fingernails. He sighed, rubbed his eyes with his thumb and index finger and started drumming impatiently on the counter.

— Ok, of course, your dream. Tell me.

— Well, first of all, you made me cum. But the next instant, you became cruel, menacing. You insulted me. With coarse, vulgar words I didn’t understand. You made me cry and that made you laugh. You made me crawl to up to you…

— I would never treat you like that.

— Will you let me finish? You made me crawl up to you, hacked off my clothes with your pocket knife, even the garter belt that I bought for you. Then, you bent my arm behind my back, threw me on the bed, tied my ankles to the bed legs, and you placed me like that, spread open, with my nose in the pillow, and my behind raised up on a cushion placed under my belly. Then, you took a cane and whipped my ass. I cursed you, I damned you, your ancestors and your descendents….

Anne, you know me now. Such a thing would never even enter my mind…

I saw him squirming on his bar stool, trying to get comfortable. I concluded that my little story, entering his mind, had had an effect. Looking down, with a false, prudish look, I continued.

— Tut tut tut. That’s not all. After a while, you left me like that, alone, sobbing, in that humiliating position, before coming back with some friends, I don’t know how many, but all as nasty as you. They smelled of sweat and cigarettes, they spit on their cocks when they got them out of their flies as they got hard while they laughed and you, you told they what to do, said to them “come on, fuck her up the ass” or “She’s going to suck you like a Goddess”. And that’s what I did, they worked me over one after the other, in the orifice of their choice, made me grind my teeth, made the bed squeak and groan…They didn’t give a damn about dipping their manhood into their buddies’ cum, even when they all made me taste it, until the flavors got mixed together and became one…

I raised my eyes. Beads of sweat had appeared on his forehead. His hand trembled. Finally, he was ripe.

— How could you think like that about me? I admire and respect you, I tell you that all the time! Come up with me, I’ll prove it to you.

It was time to pluck the fruit.

— Listen to me, I’m not going to tell you twice. I want you to make my dreams come true.

Dodo Berline
Sainte Catherine
Endormez-moi cette enfant
Quelle récupère de ses tourments

Ce soir on l’a fustigée
Pendue à l’envers par les pieds
Laissée à baigner dans sa pisse
Baisée par tous les orifices

Dodo Berline
Sainte Catherine
Endormez-moi cette enfant
Quelle récupère de ses tourments

Si l’enfant s’éveille
Coupez-lui l’oreille
Si l’enfant dort bien
Elle aura un gros câlin

— J’ai lunché avec Frédéric ce midi.

— Qu’avait-il à dire pour sa défense?

— Rien, mis à part qu’il a été complètement humilié. Cette fessée que tu lui as donnée…

— Il s’est présenté à cette soirée en toute connaissance de cause. On lui avait clairement expliqué les règles. Il était notre invité et son comportement de mufle a rejailli sur nous toutes. Je n’allais certainement pas le laisser nous faire un tel affront.

— Il n’a fait que tripoter le derrière de cette fille…

— Qui se faisait lécher et qui était au bord de l’orgasme. Tu crois que ça lui a fait plaisir de se faire agresser de la sorte? Fred va devoir apprendre ce qu’est le consentement et comment agir respectueusement envers les femmes.

— Même si elle est nue et qu’au moins cinq hommes lui sont passés dessus?

— Surtout si elle est nue et qu’au moins cinq hommes lui sont passés dessus.

— Tu n’y es pas allée de main morte, en tout cas.

— Pfff. Il adorait ça. Il bandait comme un âne.

— Et ce qu’on lui a fait faire, ensuite…

— Oui. Il était mignon comme tout, poings liés, le gode enfoncé dans le derrière…

— Quand je pense que Catherine qui lui a pissé au visage. C’est moche.

— Si elle pense qu’on va la réinviter, celle-là…

— Surtout qu’elle était trop saoule pour participer à la suite, quand on a installé Fred le ventre contre la table et qu’on l’a pris à répétition avec nos godes-ceinture.

— Sans compter tous les garçons qui étaient encore en état de servir… mais je ne sais même pas s’il s’en est aperçu. Est-ce qu’il t’a dit comment il s’est arrangé pour retourner à la maison?

— Deux types que je ne connais pas se sont offerts pour lui donner une ride, mais ils ont changé d’idée en cours de route. Ils l’ont enculé sur la banquette arrière de leur camionnette, lui ont barbouillé la figure de foutre, puis l’ont foutu dehors à grand renfort de coups de pied au cul avec juste assez de monnaie pour prendre l’autobus. Il a dit que trajet de bus fut l’épreuve la plus humiliante de toute son existence : il sentait le fauve à vingt mètres, sa chemise ne tenait qu’avec un bouton et il lui manquait une chaussure.

— Ah. Et puis ?

— Puis il a dit qu’il avait hâte à la prochaine fois et espérait être réinvité, maintenant qu’il a bien compris les règles.

1. Mes yeux sont bandés avec un foulard de soie. Attachée et sans défense, je mords mon bâillon. Toi aussi, tu mords : tu tiens mon mamelon entre tes dents, tu le tires, tu l’étires.

2. Je me tords de désir. Je te veux en moi.

3. Tu enlèves mon bandeau et le bâillon et je crie : «Baise-moi». Tu exiges que je te supplie, et j’obéis avec délectation.

4. Tu écartes mes cuisses, tu glisses lentement ta langue entre mes nymphes.

5. Tu te relèves, tu mordille le lobe de mon oreille et me susurres : «Tu es délicieuse».

6. Je me tortille à chaque contact de ta peau. Je fonds comme du beurre sous tes doigts.

7. Tu écartes mes cuisses davantage et j’en rougis délicieusement de honte. Ton gland glisse dans ma chatte juteuse; j’essaie de t’attirer vers moi comme je peux, toute entravée que je suis par mes liens.

8. Je répète: «Baise-moi», cette-fois ci avec un peu plus de fébrilité, avec un peu plus d’urgence dans la voix.

9. Tu te déplaces par-dessus moi en te délectant de la vue et de l’odeur de mon sexe humide et rougi.

10. Tu te rassois et tu te branles, ostentatoirement, pour contempler le spectacle et me faire mourir de désir.

11. Tu te rapproches enfin pour glisser ta queue en moi à nouveau. Tu me dis : «Je vais te baiser, maintenant», juste avant la première estocade.

Il leva les yeux et me regarda.

— Et ça continue encore comme ça au verso… ?

— Yup.

— C’est… détaillé.

— Je te ferai remarquer que c’est toi qui n’arrêtais pas de te plaindre que les femmes ne viennent pas avec un mode d’emploi.

— Ce n’était qu’une façon de parler, hein.

— L’étape suivante, c’est de vérifier si toutes les pièces sont dans la boîte, juste au cas où il en manquerait une. Comme tu peux voir, il y a le bâillon, le foulard, la corde… Je te laisse t’arranger avec tout ça : moi, je vais aller gentiment attendre l’assemblage dans le lit.

Comme vous pouvez le voir, nous avons lié leurs poignets à la barre au-dessus de leurs têtes, assez haut pour qu’ils ne puissent pas tout à fait poser leurs talons sur le sol et qu’ils doivent utiliser continuellement les muscles de leurs pieds et de leurs jambes pour soulager leurs bras qui tremblent sous l’effort.

Ne sont-ils pas ravissants ?

Oui, allez-y, vous pouvez les toucher, ils sont là pour cela. Ils adorent, je vous l’assure; c’est pour eux l’occasion rêvée de s’exhiber, d’être admirés. Voyez comment ils sourient gentiment. Je voudrais pouvoir vous montrer leurs yeux, mais vous savez, le règlement, c’est le règlement et ils devront garder leur bandeau en tout temps. Je crois que vous admettrez comme moi que c’est mieux ainsi pour tout le monde.

Ne soyez pas timides mesdames, tâtez-moi cette fesse. Sentez-vous comme elle est ferme, nerveuse, mais si douce et si tendre? Tous les clichés de vos romans préférés miraculeusement devenus réalité sous vos yeux ébahis! Regardez tous ces muscles saillants s’étirer et se gonfler dans leurs bras, dans leur dos, dans leurs jambes longues et élégantes entravées par leurs liens.

Je vous en prie, faites comme chez vous et faites roulez délicatement les testicules de celui-ci entre vos doigts, prenez son pénis dans votre main et caressez-le comme un petit animal familier : ils n’attendent tous que cela. Embrassez un de ses mamelons, prenez sa queue dans votre bouche… vous voyez avec quelle rapidité elle durcit ? Faites glisser un de vos doigts entre ses fesses. Ne vous en faites pas s’il couine un peu: il adore et en redemande, le salaud.

Je vois que ça vous plaît. Impressionnées ? Il y a de quoi. Des corps nus, suspendus de cette façon — surtout quand ils sont si sculpturaux — c’est le paroxysme de la beauté. Avec les bras tendus vers le haut, la chair crémeuse, les os saillant juste aux bons endroits, le creux de l’estomac juste assez arrondi, et les fesses… avez-vous déjà vu quelque chose de plus désirable, de plus charmant ?

Si je suis certaine que ça leur fait plaisir ? Bien entendu ! C’est le désir secret de tous les hommes de devenir des objets de désir. Ne lisez-vous donc pas la presse masculine ? C’est profondément inscrit dans leurs gènes. Ils peuvent bien nous dire le contraire, ils peuvent bien protester et jouer les mijaurés, on ne peut pas vaincre l’atavisme, la biologie. Ils ont beau être ficelés, exposés et bâillonnés, leur dos a beau être zébré par la morsure du fouet, ils bandent éperdument, ils bandent à en perdre l’âme. N’est-ce pas une preuve amplement suffisante de leur consentement, de leur abandon à nos désirs impétueux et incontrôlables de femelles ?

Allez-y, chères amies. Servez-vous, il y en aura suffisamment pour toutes.

— Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à vivre seule.

— Je suis comme ça, c’est tout. C’est un mélange d’agoraphobie et de misanthropie.

— Personne ne souhaite la solitude. La solitude est une malédiction… et ce n’est pas naturel.

— Ça l’est pour moi.

— Tu n’as pas de chat ? Je croyais avoir lu quelque part que tu avais des chats ?

— Mon ex est partie avec deux d’entre eux et le dernier est mort d’une leucémie l’an dernier. Il y a un chat errant qui me rend visite de temps en temps, sur le bord de la fenêtre. Il vient chercher un peu de bouffe et des caresses, puis il s’en va. Il est très indépendant et c’est le genre de chose que je respecte. Je lui ai bricolé une plate-forme : c’est là qu’il vient se prélasser et jouir de ma compagnie.

— Tu es trop belle pour vivre en ermite.

— Tu es gentille de me dire ça, mais je ne vois pas le rapport.

— C’est injuste de ne pas partager ta beauté. Pire : c’est égoïste.

— Je trouve surtout que c’est n’importe quoi. Si tu me trouvais repoussante, ce serait ok? Tu serais d’accord pour que je reste cloîtrée, moi et ma laideur, dans mon demi-sous-sol?

— Ce n’est pas ce que je voulais dire.

— C’est exactement ce que tu voulais dire, mais peu importe. Je comprends. C’est ce que vous me dites toutes.

— Qui ça, toutes?

— Vous tous, les sapiosexuels timbrés qui avez la drôle d’idée de s’amouracher de l’idée que vous vous faites de moi à travers les petits textes que je publie de temps à autre. Et qui faites des pieds et des mains pour me retrouver et me rencontrer, quitte à attendre des mois et des années jusqu’à ce que, à bout de d’excuses et de prétextes, je cède et concède un rendez-vous.

— Je ne veux pas que tu penses que je suis folle…

— Tu n’es pas folle. Juste un peu superficielle.

— J’ai d’abord aimé ton intelligence. Je n’avais pas besoin de te voir pour tomber en amour. Ou savoir que tu es belle.

— Tu ne sais rien de moi. Tu es superficielle, mais ce n’est pas un drame. Ni un défaut. C’est dans ta nature, comme c’est dans la mienne de me cacher et de rester seule, bien à l’abri du monde.

—La nature t’a faite pleine d’imagination tordue et de fantasmes fous. Elle m’a faite pleine de désir de me plier aux ordres d’une femme que j’admire. Ne vois-tu pas que nous sommes complémentaires ?

— Peut-être…

— Il n’en tient qu’à toi de le découvrir. Peut-être que tu te rendrais compte que je ne suis pas aussi folle et superficielle que j’en ai l’air.

— Ah oui ? Et si je te bricolais ta propre plate-forme ? Tu pourrais venir chercher un peu des caresses, puis t’en aller… mais attention, tu n’aurais le droit de te prélasser et de jouir de ma compagnie que lorsque je t’en donne l’autorisation, selon mes caprices et mon bon vouloir. Qu’est-ce que tu en penses ?

— À quel endroit la plate-forme ? Sur le rebord de la fenêtre ?

— Mais non, mais non. Tu es trop grande pour ça… et puis c’est la place du chat et il est très jaloux. Je pensais plutôt à ma chambre. J’ai des crochets au plafond qui ne demandent qu’à servir, un matelas de sol imperméable et pas du tout inconfortable, un collier de cuir et une chaîne que je pourrais attacher à la patte de mon lit… Ça te conviendrait ?

— Je pourrais apprendre à aimer. Peut-être que je n’aurais même pas à l’apprendre. Peut-être que c’est dans ma nature.

— Je commence à le croire.

— Tu me le passes ce collier, histoire qu’on voit s’il me fait ?

— Oublie ce que j’ai dit tout à l’heure. Tu n’es pas superficielle du tout.