Café

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J’ai rencontré une pornstar une fois chez Moca Loca (c’est le café au bout de ma rue) j’étais assise à la table comme d’habitude et je regardais refroidir mon espresso puis il y a ce jeune homme surgi de nulle part (ou peut-être juste du comptoir je ne portais pas attention hein) qui vient s’asseoir près de moi et qui commence à me parler et comme ça de fil en aiguille j’apprends qu’il gagne sa vie comme acteur de vidéos pornographiques moi j’étais drôlement surprise parce qu’il ne ressemblait pas tellement à une porn star (mais d’un autre côté à quoi ressemble une pornstar masculine quand elle est habillée franchement j’en ai aucune idée) il m’a dit que peut-être je l’avais déjà vu sur YouPorn et j’ai dû lui avouer que je ne suis pas très physionomiste surtout pour les visages et lui a dit qu’on ne filmait pas souvent son visage (hu hu hu franche rigolade) je lui ai demandé si c’était payant comme boulot il m’a dit que non pas tellement à moins de faire de la porn gay alors je lui ai demandé s’il en faisait et il a répondu qu’il fallait bien vivre et moi ça m’a plu (c’est le genre que je préfère) j’aime beaucoup la pornographie quand je ne suis pas impliquée de force ça me donne l’impression d’être une reine tyrannique qui exerce son droit de cuissage sur ses sujets un genre de Catherine de Russie qui oblige la roture à forniquer pour son amusement c’est un de mes plaisirs inavouables et franchement j’en ai un peu honte quand j’y pense mais c’est comme ça et lui il m’a écouté lui déballer tout ça et m’a dit que j’étais bizarre et je lui ai dit peut-être que oui à bien y penser alors il m’a demandé si je voulais allez chez lui pour fourrer et j’ai répondu pourquoi pas de toute façon mon café est maintenant froid et imbuvable alors je l’ai suivi à pied son appart était juste à côté le trottoir était glissant j’ai failli tomber et il m’a rattrapé c’était comme une scène dans une comédie romantique tellement que je lui ai demandé s’il avait l’ambition de jouer dans autre chose que de la porno et son visage s’est assombri il a seulement dit qu’il ne voulait pas en parler enfin bref c’était bien chez lui propre et moderne et tout et tout on a fait voler nos vêtements il était plutôt bon lécheur de fente et un baiseur correct mais sans plus et quand ce fut fini nous fixions le plafond tous les deux allongés nus sur son lit c’est à ce moment qu’une idée bizarre m’a traversé l’esprit je lui ai demandé est-ce que je suis censée te donner de l’argent ou quelque chose et il a répondu non c’est correct mais peut-être que tu pourrais retourner au Moca Loca et me ramener un café avec beaucoup de crème et c’est drôle parce que je sentais la sienne couler entre mes fesses

Marie-Pier et Mathieu — joli couple, mais pas très doué pour la vie conjugale, si bien que six mois seulement après avoir échangé voeux et anneaux ils se séparèrent et prirent rendez-vous avec un avocat du centre-ville.

— On pourrait se rencontrer avant au Second Cup sur Saint-Denis, proposa Mathieu. Comme ça, on pourra arriver en même temps chez le médiateur….

— Toujours aussi formaliste et coincé, hein… siffla Marie-Pier avant de raccrocher.

En essuyant la moustache de crème laissée par sa dernière gorgée d’espresso con panna, Mathieu soupira :

— Au moins, le sexe était bon… ça nous laissera quelques bons souvenirs.

Marie-Pier sourcilla, croisa ses jambes et déposa son cappuccino sur la table.

— Pendant notre nuit de noces, je me suis levée alors que tu dormais. Je me suis assise dans un fauteuil et je me suis branlée en t’écoutant ronfler ; ce fut le meilleur orgasme de notre vie commune, dit-elle en souriant.

Les traits de Mathieu se figèrent. Il se leva, avala d’un trait le café de Marie-Pier, puis attrapa fermement sa main pour l’entraîner aux toilettes. Il releva sa jupe, fit glisser sa petite culotte, puis souleva son ex-épouse pour l’installer le cul sur la porcelaine froide du lavabo, les cuisses bien écartées. À genoux devant elle, il insinua sa langue entre ses nymphes, la fit vriller autour de son clitoris jusqu’à ce qu’il de raidisse et se mette à trembler, puis le prit délicatement entre ses lèvres pour le téter amoureusement.

— Non… je… Oui ! Lèche-moi… je veux ton doigt ! soupira Marie-Pier.

Ou était-ce « Laisse-moi, je ne veux pas » ? Peu importait Mathieu, puisque Marie-Pier se tordait le cul de plaisir. Lorsque ses cuisses se mirent à trembler, il la pénétra prestement et la prit avec tant de vigueur qu’ils en firent trembler la tuyauterie. Lorsqu’il fut sur le point de jouir, Mathieu déposa le cul nu de Marie-Pier sur le carrelage poisseux puis glissa sa bite entre ses lèvres pour qu’elle puisse avaler goulument sa crème.

— Alors là… Merde, je… ouf… si je m’attendais… dit-elle en léchant les gouttes qui perlaient sur les couilles de son ex-mari.

Il y a quarante-et-un cafés Second Cup dans la région métropolitaine de Montréal. Marie-Pier et Mathieu décidèrent de tous les visiter, l’un après l’autre, avant de discuter de l’opportunité ou non d’entamer des procédures de divorce.

J’ai renversé du café partout sur mes papiers. Une grosse liasse de poèmes est si détrempée que je n’arrive plus à les lire. Je n’en suis pas attristée outre mesure — ce n’était pas du très bon café.