Couple

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— Tiens, chéri… tu es encore debout?

— Ouais. Ils passent Le Cuirassé Potemkine.

— Faudrait que je le regarde un de ces jours. Il parait que c’est drôlement bon.

— Tu es encore allée te faire…

— Oui. C’est vendredi, hein.

— Combien, cette fois-ci?

— Trois. C’était une soirée faste, ils étaient en forme. Un des gars avait garé sa voiture dans la ruelle derrière le bar, on était tranquilles.

— Et dans le cul?

— Un seul.

— Ah.

— Dommage. J’aurais bien aimé qu’ils me remplissent.

— Ce n’est rien, voyons. Je ne veux pas que tu te fasses mal.

— Tu sais que je suis faite solide. Tu te rappelles, quand j’en avais pris six fois?

— Tu parles si je m’en souviens. Tu débordais, littéralement.

— Bon, on fait ça comment? Je suis claquée, j’ai envie d’une douche et d’un dodo. Comme d’habitude? À moins que tu aies quelque chose de spécial en tête…?

Il se lève de son fauteuil et dit :

— Il est trop tard pour la fantaisie. Allons-y pour le plus simple.

Il se couche sur la moquette, entre les jambes de sa femme. Elle releva sa jupe, s’accroupit et, ne portant pas de culotte, s’exécuta.

— Tu te rends compte à quel point je suis une gentille épouse? Quand je sors, jamais je n’oublie de ramener à boire à mon petit mari.

J’avais encore envie de jouir. Une envie apparemment impétueuse, car je n’eus qu’à effleurer la peau nue de Sébastien pour qu’il se réveille et se mette à m’embrasser dans le cou. Il se redressa un peu, pour prendre une position plus confortable sans doute, mais je profitai de l’occasion pour m’esquiver de l’autre côté du lit. Il tenta un coup de patte, comme pour me rattraper. Pas encore bien réveillé, il se laissa aller sur le dos. Je m’approchai, à quatre pattes, pour contempler de plus près sa queue à moitié bandée. Je commençai à la lécher comme une chatte ferait la toilette à son chaton, à petits coups de langue. Le résultat ne se fit pas attendre ; très vite, son sexe s’érigea, grandit, grossit, se déploya complètement.

Les yeux clos, Sébastien sourit béatement, encore empêtré dans les limbes du sommeil. Il était trop mignon, presque angélique… J’hésitai à perturber encore son sommeil, mais il fallait qu’il se réveille, tout mon corps inassouvi l’ordonnait.  Alors de la langue douce, je passai à la bouche active. Je le suçai, laissant ma bouche serrée autour de son membre, le mordillai aussi, un peu, juste pour tester ses réactions. Il se tortilla, sembla avoir du mal à rester en place. J’appliquai donc le même traitement plus bas, sur ces deux boules charnues qui s’offraient à mon regard… ce qui eut l’effet escompté. Sébastien se redressa, la queue bien dressée, prêt à me satisfaire.

Ravie, je lui présentai ma croupe rebondie, pour attirer ses mains vers mon cul. Il s’activa, tenant mes hanches dans ses mains. Ses coups de boutoir se firent de plus en plus forts, de plus en plus rapides, et je sentis lentement le plaisir monter… moins vite malheureusement que le sien. Il jouit, m’inondant de son sperme en grognant comme un ours, puis, repu, se coucha sur le côté et se mit à ronfler.

Sébastien grogna à deux reprises cette nuit-là. Deux fois. Je n’en étais pas peu fière : après sept ans de vie de couple, rares étaient les nuits où j’arrivais à le faire grogner ne serait-ce qu’une seule fois.

Le lendemain matin, il était calme, presque froid. Cette dualité de caractère entre le jour et la nuit avait depuis longtemps cessé de me surprendre. Je m’y étais habituée, ce qui ne veut pas dire que je m’y faisais.

— Chéri? lui demandai-je en déposant ma tasse de thé.

— Oui?

— Ça te dérangerait si je venais dîner à la maison ce midi? Je viendrais avec quelqu’un… quelqu’une, en fait.

Quelque chose dans le ton de ma voix attira son attention et il releva la tête. Il plongea ses yeux dans les miens, comme pour fouiller mon âme, pour voir si j’étais sérieuse ou je blaguais. Surtout que j’avais l’habitude de la taquiner continuellement avec ses désirs de triolisme…

— J’ai un chapitre à finir. Pour vendredi.

Il ajouta quelque chose d’autre en grommelant que je ne pus comprendre, puis consacra toute son attention à ses œufs brouillés.

Sa réponse me laissa sans vois. Jamais n’avait-il été aussi cavalier, aussi brutal avec moi. En ravalant mes larmes, attrapai mon sac et quittai pour la fac sans lui dire au revoir.

Plus tard, je fixais la fenêtre de mon bureau en soupirant, résignée à partir me taper la bouffe exécrable de la cafétéria, quand j’entendis derrière moi la porte ouvrir et se refermer. Ce que je vis, reflété sur la fenêtre, me sidéra.

Je me retournai. Avant même de pouvoir bafouiller le moindre mot, j’entendis le grognement — plus sourd, plus calme qu’à l’habitude, mais qui changea du tout au tout quand il s’approcha de moi.

Marie-Pier et Mathieu — joli couple, mais pas très doué pour la vie conjugale, si bien que six mois seulement après avoir échangé voeux et anneaux ils se séparèrent et prirent rendez-vous avec un avocat du centre-ville.

— On pourrait se rencontrer avant au Second Cup sur Saint-Denis, proposa Mathieu. Comme ça, on pourra arriver en même temps chez le médiateur….

— Toujours aussi formaliste et coincé, hein… siffla Marie-Pier avant de raccrocher.

En essuyant la moustache de crème laissée par sa dernière gorgée d’espresso con panna, Mathieu soupira :

— Au moins, le sexe était bon… ça nous laissera quelques bons souvenirs.

Marie-Pier sourcilla, croisa ses jambes et déposa son cappuccino sur la table.

— Pendant notre nuit de noces, je me suis levée alors que tu dormais. Je me suis assise dans un fauteuil et je me suis branlée en t’écoutant ronfler ; ce fut le meilleur orgasme de notre vie commune, dit-elle en souriant.

Les traits de Mathieu se figèrent. Il se leva, avala d’un trait le café de Marie-Pier, puis attrapa fermement sa main pour l’entraîner aux toilettes. Il releva sa jupe, fit glisser sa petite culotte, puis souleva son ex-épouse pour l’installer le cul sur la porcelaine froide du lavabo, les cuisses bien écartées. À genoux devant elle, il insinua sa langue entre ses nymphes, la fit vriller autour de son clitoris jusqu’à ce qu’il de raidisse et se mette à trembler, puis le prit délicatement entre ses lèvres pour le téter amoureusement.

— Non… je… Oui ! Lèche-moi… je veux ton doigt ! soupira Marie-Pier.

Ou était-ce « Laisse-moi, je ne veux pas » ? Peu importait Mathieu, puisque Marie-Pier se tordait le cul de plaisir. Lorsque ses cuisses se mirent à trembler, il la pénétra prestement et la prit avec tant de vigueur qu’ils en firent trembler la tuyauterie. Lorsqu’il fut sur le point de jouir, Mathieu déposa le cul nu de Marie-Pier sur le carrelage poisseux puis glissa sa bite entre ses lèvres pour qu’elle puisse avaler goulument sa crème.

— Alors là… Merde, je… ouf… si je m’attendais… dit-elle en léchant les gouttes qui perlaient sur les couilles de son ex-mari.

Il y a quarante-et-un cafés Second Cup dans la région métropolitaine de Montréal. Marie-Pier et Mathieu décidèrent de tous les visiter, l’un après l’autre, avant de discuter de l’opportunité ou non d’entamer des procédures de divorce.

Je sais que je bouleverse ses habitudes de célibataire même si elle m’assure du contraire. Par exemple, elle a collé des post-it sur le mur de sa chambre, sur son frigo, sur la porte de sa douche: «Je ne suis pas seule», «Mettre linge sale dans panier», «Ne pas boire directement dans la cruche». Reste à savoir si ces messages s’adressent à elle ou à moi…

Elle est en haut, elle appelle au secours — peut-être par jeu. Cela m’ennuie, me dérange; il fait trop chaud ce soir pour oser penser ne serait-ce qu’une seconde que je puisse réussir à lui faire croire que j’ai le moindre talent pour l’héroïsme.

J’étais tellement fatiguée que j’ai dit oui à tout ce qu’elle me demandait — que je l’aimais, qu’elle était la femme de ma vie, que je ne la quitterais jamais et ainsi de suite. Ce qui, après une bonne nuit de sommeil, ne peut que laisser songeuse quant à la source des serments amoureux…