J’avais encore envie de jouir. Une envie apparemment impétueuse, car je n’eus qu’à effleurer la peau nue de Sébastien pour qu’il se réveille et se mette à m’embrasser dans le cou. Il se redressa un peu, pour prendre une position plus confortable sans doute, mais je profitai de l’occasion pour m’esquiver de l’autre côté du lit. Il tenta un coup de patte, comme pour me rattraper. Pas encore bien réveillé, il se laissa aller sur le dos. Je m’approchai, à quatre pattes, pour contempler de plus près sa queue à moitié bandée. Je commençai à la lécher comme une chatte ferait la toilette à son chaton, à petits coups de langue. Le résultat ne se fit pas attendre ; très vite, son sexe s’érigea, grandit, grossit, se déploya complètement.
Les yeux clos, Sébastien sourit béatement, encore empêtré dans les limbes du sommeil. Il était trop mignon, presque angélique… J’hésitai à perturber encore son sommeil, mais il fallait qu’il se réveille, tout mon corps inassouvi l’ordonnait. Alors de la langue douce, je passai à la bouche active. Je le suçai, laissant ma bouche serrée autour de son membre, le mordillai aussi, un peu, juste pour tester ses réactions. Il se tortilla, sembla avoir du mal à rester en place. J’appliquai donc le même traitement plus bas, sur ces deux boules charnues qui s’offraient à mon regard… ce qui eut l’effet escompté. Sébastien se redressa, la queue bien dressée, prêt à me satisfaire.
Ravie, je lui présentai ma croupe rebondie, pour attirer ses mains vers mon cul. Il s’activa, tenant mes hanches dans ses mains. Ses coups de boutoir se firent de plus en plus forts, de plus en plus rapides, et je sentis lentement le plaisir monter… moins vite malheureusement que le sien. Il jouit, m’inondant de son sperme en grognant comme un ours, puis, repu, se coucha sur le côté et se mit à ronfler.
Sébastien grogna à deux reprises cette nuit-là. Deux fois. Je n’en étais pas peu fière : après sept ans de vie de couple, rares étaient les nuits où j’arrivais à le faire grogner ne serait-ce qu’une seule fois.

Le lendemain matin, il était calme, presque froid. Cette dualité de caractère entre le jour et la nuit avait depuis longtemps cessé de me surprendre. Je m’y étais habituée, ce qui ne veut pas dire que je m’y faisais.
— Chéri? lui demandai-je en déposant ma tasse de thé.
— Oui?
— Ça te dérangerait si je venais dîner à la maison ce midi? Je viendrais avec quelqu’un… quelqu’une, en fait.
Quelque chose dans le ton de ma voix attira son attention et il releva la tête. Il plongea ses yeux dans les miens, comme pour fouiller mon âme, pour voir si j’étais sérieuse ou je blaguais. Surtout que j’avais l’habitude de la taquiner continuellement avec ses désirs de triolisme…
— J’ai un chapitre à finir. Pour vendredi.
Il ajouta quelque chose d’autre en grommelant que je ne pus comprendre, puis consacra toute son attention à ses œufs brouillés.
Sa réponse me laissa sans vois. Jamais n’avait-il été aussi cavalier, aussi brutal avec moi. En ravalant mes larmes, attrapai mon sac et quittai pour la fac sans lui dire au revoir.

Plus tard, je fixais la fenêtre de mon bureau en soupirant, résignée à partir me taper la bouffe exécrable de la cafétéria, quand j’entendis derrière moi la porte ouvrir et se refermer. Ce que je vis, reflété sur la fenêtre, me sidéra.
Je me retournai. Avant même de pouvoir bafouiller le moindre mot, j’entendis le grognement — plus sourd, plus calme qu’à l’habitude, mais qui changea du tout au tout quand il s’approcha de moi.