Cuisine

Il y a 4 articles étiquettés Cuisine

Bouillante de colère, incapable de garder le silence plus longtemps, Luce se leva de table et alla rejoindre Joël dans la cuisine.

— Mais quel trou de cul, ce connard! s’écria-t-elle dès que la porte se referma derrière elle. Stupide, grossier, arrogant, prétentieux…

— Alouette…

— Ouais. Je le plumerais volontiers. Avec du goudron.

— S’il n’était pas le chum de ta sœur, il y a longtemps que je l’aurais étampé dans le mur, avant de le crisser dehors sur le banc de neige à coup de pied dans le cul. Ce gars-là est une brute avec un accent snob… il est la preuve vivante qu’une éducation à Brébeuf ne te rend pas nécessairement moins imbécile.

— Mélanie m’a dit qu’il est ignoble avec elle depuis le premier jour de leur cohabitation. Elle était vraiment dans tous ses états, la semaine dernière, au téléphone. Il lui a fait une crise parce qu’elle ne voulait pas lui donner son blow job quotidien… et lorsqu’elle s’est enfin exécutée, il a fini par se rebraguetter après une minute et la planter là en disant quelque chose comme «t’es nulle, je vais aller voir une pute»… pour revenir aux petites heures, saoul comme une botte et fleurant le parfum cheap pour femme.

Joël soupira.

— Pourquoi endure-t-elle tout ça?

— Je crois qu’elle est enfin prête à le plaquer. Elle m’a demandé si je connaissais des appartements à louer.

— Tu aurais dû me le dire plus tôt, chérie. Tu te rappelles, Charles? Le gars qui a sous-loué mon ancien appart? Il m’a dit qu’il cherchait quelqu’un pour reprendre son bail…

— Ce serait parfait pour elle! Je vais lui en parler ce soir.

Luce devint tout à coup songeuse, puis, sourire narquois au visage, elle demanda à Joël :

— La béchamel est prête, pour les crêpes?

— Presque.

— Je crois qu’il nous manque un ingrédient pour notre invité de marque… combien de temps il te faut pour m’en éjaculer une portion généreuse?

— Avec ton aide, à peine le temps de dire « va chier, salopard ».

— Dans ce cas… à mon fourneau, maître queux !

— Regarde! J’ai trouvé une patate qui a l’air d’une paire de fesses!

— Tiens tiens… mais tu as raison. Tu devrais la mettre sur eBay. Je suis certaine qu’un crétin quelque part va l’acheter.

— Nan… ça marcherait seulement si on pouvait voir la Vierge Marie dans la fente…

— Qu’est que tu vas en faire, alors?

— Ben… j’allais la mettre au four avec les autres, mais…

— Mais quoi?

— Regarde: si on la retourne, ça ressemble vachement à une noune.

— Pfffff. Pas du tout.

— Je te dis que oui! C’est une pomme de terre anatomiquement parfaite. Finalement, je crois que tu as raison. Je vais la prendre en photo et la centre sur eBay. Allez, enlève ta culotte.

— Quoi?

— Je vais photographier ma patate à côté de ta chatte, pour montrer à quel point la ressemblance est frappante.

— Es-tu en train d’insinuer que ma chatte ressemble à une patate?

— Ne fais pas ta mijaurée. Tu sais exactement ce que je voulais dire.

— Ma chatte ne ressemble en rien à une patate.

— Allez… on pourrait faire un max de fric.

— Fous-moi cette patate au four.

— Attends… viens-tu de me demander de te foutre la patate?

— J’ai aussi dit le mot «fourre».

— Hé hé hé…

— Et après, je veux te voir la manger. Ça, ça mériterait une photo.

— Je vais le faire, et avec un tas de crème sure.

— Petit cochon, va.

— Euh… on parle encore de la pomme de terre, là?

— Oh oui. Badigeonne-moi des deux côtés de la patate.

— Dans ce cas, approche un peu ton œilleton que je t’en tubercule.

— Chéri, tu es l’amidon toutes les femmes rêvent.

Un autre passionnant épisode de ma vie proprette et rangée qui sera bientôt ajouté aux Mémoires de la pétroleuse nymphomane.

J’étais dans le métier sous le pseudonyme subtil (et latin) de Stella Obcura depuis presque dix mois et jamais n’avais-je eu à servir de femme. Ce qui était offert au menu aurait pu intéresser bien des dames en appétit et à la recherche d’un je-ne-sais-quoi qui leur permettrait de changer de crémerie et de varier un peu leur ordinaire… et pourtant non, il semblait que le genre de caprice que j’offrais n’attirait pas de clientes. Voilà pourquoi je fus si surprise lorsque j’entendis une voix féminine hésitante qui se renseignait, à l’autre bout du fil, sur mes tarifs et mes disponibilités.

Elle finit par me rappeler le lendemain pour me donner rendez-vous au restaurant. Lorsque j’ouvris la porte de la cuisine, elle avait le nez dans une casserole et criant des ordres sur un ton sec à ses marmitons qui s’activaient frénétiquement. Elle m’a plu dès le premier regard : elle était blonde avec des yeux noirs, la peau colorée comme une brune, avec quelque chose de rouge et de scintillant dans le sourire. Ses cheveux s’échappaient en mèches rebelles de sa toque et ses formes généreuses semblaient être sur le point de déborder de sa tunique blanche et de son tablier qui la ficelaient comme un saucisson. Quand il est question de chair féminine, j’aime les portions généreuses et il me déplaît de rencontrer une arête où je cherche un contour; pour mon grand bonheur, elle me semblait bien remplie et ferme comme la pulpe d’une pêche un peu verte.

— Tamara? l’appelai-je après l’avoir contemplé un moment.

— Quoi? répondit-elle sur un ton excédé, sans même jeter un regard dans ma direction.

— C’est moi, Stella… vous m’avez appelée ce matin…

Elle échappa sa cuiller de bois dans sa soupe, se retourna, puis, comprenant enfin qui j’étais, s’approcha de moi en essuyant ses mains sur son tablier. Elle me parla tout bas, nerveusement, sur le ton hésitant et nerveux qui était le sien au téléphone et qui contrastait tant avec celui qu’elle employait avec ses sous-fifres.

— Tu… je veux dire, vous… vous êtes un peu trop tôt, nous ne fermons que dans trente minutes et ensuite, il y aura encore des gens et on ne pourra pas… enfin, tu vois… je veux dire, vous voyez ce que je veux dire…

— On peut se tutoyer, Tamara. Et je peux revenir plus tard, ou encore un autre jour, ou ailleurs si tu le préfères…

Je lui fis le plus beau de tous mes sourires, ce qui eut l’heur de la rassurer.

— Non, non, c’est ce soir où jamais, j’ai assez repoussé l’échéance, depuis tout ce temps que je me refuse de… et puis je vous – je veux dire, je t’en reparlerai plus tard. En attendant, je t’offre un petit quelque chose pour te faire patienter. Il y a une table dans un coin discret…

Elle me fit asseoir près de la porte des cuisines, derrière une haie de plantes vertes. Le «petit quelque chose» qu’elle m’offrit s’avéra être un festin de roi : croustillant de cèpes et girolles aux marrons, brochette de Saint Jacques et gambas avec crème de persil et petite poêlée aux légumes et pour dessert, une île flottante aux pralines roses. Moi qui n’avais mangé que des pâtes et des légumes en boîte depuis plus d’un an, j’étais servie.

Lorsque tous les clients eurent quitté le restaurant et que toutes les chaises furent placées sur les tables, Tamara émergea finalement de sa cuisine.

— J’ai une chambre, à l’arrière, me dit-elle en me prenant par la main. Nous serons tranquilles pour régler notre… petite affaire.

Quelques minutes plus tard, nous en étions déjà dans le vif du sujet. Tout était humide: la nuit, la chambre, la chair de ses cuisses et surtout, cette masse pâteuse et appétissante qu’elle m’offrait en sacrifice. Nue, face au mur, à quatre pattes sur le lit aux draps tachés, enfouissait sa tête dans l’oreiller et attendait que je lui rende le service pour lequel elle m’avait payé deux fois plutôt qu’une. Les dents serrées, elle émettait de petits couinements entrecoupés de respirations rapides et superficielles.

— Vas-y… Vas-y… VAS-Y!» dit-elle sur un ton pressant.

Je m’appliquai alors à lui donner la mère de toutes les fessées. Avec la grande cuillère de bois qu’elle m’avait donnée, je la frappai encore et encore, jusqu’à ce qu’elle hurle, jusqu’à ce que son cul écarlate irradie comme un fourneau.

Quand elle se mit à sangloter et à renifler, j’arrêtai et la laissai reprendre un peu son souffle, avant de passer au second service. Lorsque je sentis qu’elle était à point, j’enfonçai mes ongles dans la chair pantelante et l’écoutai hululer. J’approchai ensuite ma bouche de sa fente; elle était béante, coulante. Ses parfums remplissaient mes narines. Moi qui n’avais pas dégusté de chair féminine depuis des mois… j’allais – encore une fois – être drôlement servie.

J’avais l’eau à la bouche, ma salive se mélangeait aux sucs visqueux de sa conque. Je la pris avec deux doigts vigoureusement, comme elle me l’avait demandé. Ses lamentations incessantes grimpèrent d’une octave lorsque mes dents plongèrent dans sa chair. Elle grogna, cria puis, après quelques convulsions et grincements de dents, elle s’immobilisa, crispée, pendant quelques secondes, puis s’effondra sur le plancher et s’y répandit comme une motte de beurre.

Sur son corps, on pouvait lire les marques de mon passage: rougeurs, ecchymoses, sang, et rigoles de larmes.

— Est-ce que le spécial du chef était à votre convenance?

Elle hocha faiblement la tête.

— Ce fut un plaisir, lui dis-je en la bordant, après l’avoir embrassée tendrement sur le front.

Une autre délicieuse recette de tante Archet…

Choisissez une poulette de bonne taille, ni trop petite, ni trop grande. Avant d’arrêter votre choix, il est bien important de bien la tâter et de bien la sentir; la poitrine et l’arrière-train doivent être lourds et fermes, bien arrondis, pour qu’il y ait de la chair et du muscle. Lorsque les lèvres sont bien pulpeuses et légèrement humectées, c’est signe qu’elle est mûre. Mais lorsque les côtes sont apparentes, c’est qu’elle est encore verte ou qu’elle est fanée; la chair risque d’être nerveuse ou rancie.

Immergez votre poulette dans une eau bien chaude et légèrement parfumée. On peut ajouter un bouquet garni, selon l’humeur. Frottez et massez pour que la chair se détende, s’assouplisse. Rincez à l’eau tiède, et n’épongez que superficiellement, pour éviter qu’elle ne se dessèche. Déposez-la sur un lit de verdure, sur le dos, les jambes écartées. Certains recommandent de trousser les membres, mais c’est selon moi inutile: l’essentiel pour éviter d’avoir à faire revenir est de ne négliger aucun effort pour bien attendrir.

Arrive ensuite l’étape cruciale de la farce. Vous aurez au préalable réuni les ingrédients suivants: une courgette, une carotte, un poireau, 100g de crème fraîche, une cuillère à soupe d’huile d’olive et une noix de beurre. À l’eau chaude, lavez les légumes. On recommande généralement d’éplucher la courgette, car sa texture n’est appréciée que des poulettes les plus gastronomes. Faites tremper les fanes de la carotte ainsi que les racines du poireau dans un peu d’eau chaude pour les amener à température voulue.

En vous assurant que les corps gras restent à portée de la main, faites frémir par un soupçon de beurre dans la fente. La poulette se mettra alors à dégorger; pour éviter qu’elle ne refroidisse, prenez la carotte, trempez son extrémité dans l’huile et tamponnez délicatement le bout de la poitrine avec les fanes. Écartez très lentement l’orifice et farcissez.

Saisissez-vous ensuite du poireau. En se servant de ses racines comme d’un pinceau, trempez dans l’huile et badigeonnez la poitrine et le ventre. Dès que les chairs frémissent, accélérez le mouvement de la carotte, puis enlevez-la avant que la sauce ne tourne pour fourrer le poireau. Uniquement avec l’extrémité des racines, passez et repassez sur le sot-l’y-laisse, pas trop vite, sans à coups. Normalement, la poulette devrait à ce moment commencer à suer et peut même vous demander d’accélérer. Prenez plutôt la courgette, trempez-la dans la crème fraîche et farcissez jusqu’au fond de la cavité.

La concentration est alors cruciale: d’une main, badigeonnez encore et toujours le sot-l’y-laisse avec les racines du poireau, de l’autre commencez un lent va et vient de la courgette dans l’orifice où la crème fraîche s’étale graduellement. Lorsque les ailes se rabattent et que les cuisses se durcissent, c’est qu’elle est au bord de l’ébullition. Attendez qu’elle déborde avant de la servir à vos convives. Ils se régaleront toute la soirée et feront ainsi la joie de votre poulette.