Annie se fit donner par une copine
Un excellent truc pour trouver une pine :
« Pour réussir, il te faut visualiser.
Tiens, prends ce catalogue, ça pourrait t’aider. »
Deux mois après, force est d’admettre son échec :
On lui livra des vêtements, mais pas de mec.
Textes portant l'étiquette « Désir »
17 septembre 2009
Je suis intolérable
Ne me tolérez pas
Je ne tolérerai jamais
D’être tolérée!
J’exige les flammes ardentes de la passion
La conflagration sauvage des désirs
La folle luxure de l’outrage infini
Aimez-moi avec l’énergie du désespoir
Ou détestez-moi avec une fureur si intense
Qu’un seul de vos regards pourrait m’anéantir
Étreignez-moi ou déchirez-moi
Mais surtout ne me tolérez pas!
La tolérance est une maladie vile et bourgeoise
Qui nous englue d’ennui morveux démocratique
Flic cérébral lubrifiant de la paix sociale
Je chie sur la paix sociale!
Je vomis sur la tolérance!
Laissons l’énergie convulsive et violente
Consumer nos corps, les réduire en cendres
Laissons nos passions volcaniques
Exploser d’amour, de haine, de fureur et d’extase
Détruire la médiocrité et l’ennui qui nous accablent
Et qui gentiment nous mènent par la main vers la mort
Dans mes veines coulent des rêves et des visions
Des désirs impétueux et le chaos immémorial
Pourquoi brider ce flux terrible et céleste
Avec la tolérance — ce cancer ignoble?
J’exige de chaque rencontre l’impossible et l’inouï
Je veux émerveiller et être émerveillée
Je veux m’unir à mes frères et mes sœurs
Ces phénix ascendants pour brûler les rétines
Des amants et des adversaires confondus
Pour incendier la tolérance et l’ennui
L’horreur sociale et ordinaire
Par les flammes démentes
De nos désirs sans entraves
À la bibliothèque du collège, où je me suis rendue ce matin pour m’acquitter d’une vieille dette, un étudiant, beau garçon mais un peu agité, attendait son tour dans la queue juste devant moi. Il parlait à son collègue, en répétant sans cesse, à voix haute: «J’ai envie de me mettre, esti! Je fourrais n’importe laquelle, une jeune, une vieille, une grosse, une laide, n’importe quoi, man…» Les autres étudiants le regardaient, mi-gênés mi-hilares. Aucune candidate ne s’est déclarée — elles se cachaient toutes, comme moi, derrière leurs bouquins.
— Allez chérie! Donne-lui l’argent et je serai toute à toi.
— Je… Je ne peux pas. Ma copine me surveille en ce moment. Elle va me tuer si elle l’apprend, répondis-je en regardant furtivement à la ronde.
Personne devant, personne derrière. Il n’y avait que le vieux qui attendait, indifférent, que je me décide.
— Elle ne saura jamais et tu le sais très bien. Allez, offre-toi un petit plaisir, tu le mérites! J’ai l’habitude des filles comme toi; tu n’es pas la seule à faire ce genre de chose, crois-moi. Ça t’épate, hein? Ne me dis pas que c’est l’argent qui t’embête! Tu vois la ruelle, juste à côté? Nous pourrions être ensemble, juste toi et moi, à l’abri des regards, pendant un bon moment… allez, je sais que tu en meurs d’envie.
— Non, vraiment, c’est une mauvaise idée.
— Regarde-moi! Je vais fondre sous tes doigts. Viens me lécher dans la ruelle, derrière l’escalier… tu peux même me mordre, si tu veux.
— Arrête, je suis sur le point de craquer.
— Dans ce cas, donne l’argent au gentil monsieur et tu peux m’avoir tout de suite.
Je me tournai alors vers le vieux et lui demanda:
— C’est combien?
— Un dollar cinquante, me répondit-il.
Je sortis une pièce de deux dollars de mon sac. Il me remit la monnaie et ma barre de chocolat. «Au diable les calories, je commencerai mon régime demain!» pensai-je en la déshabillant avec une hâte concupiscente.
— Allez, viens ma chérie, on s’en va, me fait l’accorte serveuse du restaurant vietnamien. J’opine, avant de me rendre compte qu’elle parlait à une gamine si petite que je ne le voyais pas, derrière le comptoir. Je rougis moins de honte que de déception.
Une jeune mère, assise sur le banc du parc où s’amuse ma progéniture. Ses lèvres sont entrouvertes, sa robe petite, bleu pâle, légère et translucide, son sillon mammaire est aussi profond que son regard, de cette profondeur vertigineuse qui ne peut être que celle du grand vide de l’existence… et surtout, une de ces mèches folâtres est prise dans la bride du soutien-gorge. Comment ne pas être amoureuse?







