États-Unis

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Je me souviens d’avoir vu en direct à CNN la présidente des États-Unis retirer un à un ses vêtements et les éparpiller sur le plancher de la chambre du Sénat. Elle s’agenouilla ensuite sur le grand trône doré et tous les sénateurs se mirent à se battre entre eux pour avoir l’honneur d’être le premier à ramper jusqu’à elle, tout en haut des marches recouvertes d’un tapis écarlate, pour embrasser avec respect ses fesses marquées au fer rouge.

C’est à ce moment que je sus que l’Apocalypse avait commencé.

«Politics surely make strange bedfellows» se dit Samantha alors qu’on attachait les membres de son corps électoral aux montants du lit.

Sam avait réuni les candidats à la Chambre des représentants de son district pour un débat impromptu. Elle avait dû user de tous ses charmes, leur faire une cour assidue, mais le jeu en valait la chandelle puisqu’elle se retrouvait enfin nue, dans sa chambre basse, en compagnie d’un républicain, d’un démocrate, d’un libertarien et d’un indépendant qui se disputaient l’usage du whip et du paddle.

Le débat faisait donc rage et les esprits s’échauffaient au même rythme que les fesses de Sam, qui se couvraient de zébrures. Elle aurait bien voulu écouter leur baratin électoral, mais la volée de bois vert l’empêchait de se concentrer sur la langue de bois; elle se contenta donc de compter les coups sans contester, en espérant qu’il n’y ait pas dépouillement judiciaire. Et bien qu’elle se trouvât à leur merci, Sam leur avait tout de même bien fait comprendre que la baiser était hors de question, puisqu’elle s’était déjà suffisamment fait fourrer depuis le dernier mandat — et tous les autres qui lui ont précédé, d’ailleurs. Ils se contentèrent donc de secouer leur member of congress jusqu’à la discharge petition.

Le fier membre du Grand Old Party venait tout juste d’éclabousser le popotin liberal red de la pauvre électrice lorsque la porte s’ouvrit dans un déluge de flashes. Les quatre lascars, la mâchoire aussi pendante que leur bite, arborèrent alors leur rictus le plus idiot pour la caméra. Hilare et satisfait, le reporter détacha les liens de la registered voter et lui remit une énorme liasse de billets verts.

— Désolée mes chéris, mais il n’y a pas que les banques qui ont besoin d’un bailout, dit-elle avant de se sauver avec son slush fund.

Vendredi soir, après une dure journée au travail et une heure de bouchon sur l’autoroute, Molly s’écrasa sur son fauteuil, zappa quelques secondes, s’arrêta sur Fox News et se prépara enfin à relaxer un peu.

En manchette: un lutteur professionnel tue sa femme et ses enfants avant de s’enlever la vie. Deux élèves d’une école secondaire du Dakota du Nord abattent treize de leurs camarades et trois agents de police avant de retourner leurs armes contre eux-mêmes.

Molly grommela. Mais dans quel monde vivons-nous? Elle éteignit son téléviseur et attrapa le journal.

En une: Quatorze marines et deux cent trente Iraqiens morts lors d’une attaque-surprise. Un père en tue un autre pendant le match de hockey de leurs fils de huit ans. Page deux: une mère se noie avec ses trois enfants. Le président rend hommage aux soldats sacrifiés pour la patrie et déclare que la guerre doit se poursuivre coûte que coûte.

Hochant la tête de dépit, Molly lança le journal dans le bac à recyclage et soupira; le monde serait-il devenu complètement fou?

Après quelques lamentations, elle décida de se tourner vers quelque chose de plus léger. Sur HBO, il y avait une série policière: deux meurtres, du sang, des funérailles, de la haine, des blagues idiotes. Sur Showtime, il y avait un film d’horreur où un gaillard cagoulé débitait en rondelles une famille de suburbanites avec sa tronçonneuse.

Après avoir fait les cent pas dans son living room, Molly chercha dans sa bibliothèque son exemplaire de The Pearl. Bien calée dans son fauteuil, elle feuilleta un peu le bouquin, retrouvant grâce à sa reliure fendue son passage préféré. Puis, comme à son habitude, elle caressa de sa main droite un de ses seins, joua avec le téton jusqu’à le faire dresser, puis recommença la même manoeuvre sur l’autre. Molly pétrit ensuite ses seins à pleine main, tirant sur leurs pointes durcies. Elle laissa ensuite sa main descendre lentement sur son ventre et la fit glisser sous l’élastique de sa culotte jusqu’à sa chatte, qu’elle trouva moins humide qu’à l’habitude. Son index s’attarde sur mon clitoris, pour le faire gonfler; elle le fit rouler sous ses doigts, jusqu’à ce qu’il se dresse, se durcit. Elle le caressa doucement, le fit tourner entre ses doigts, jusqu’à ce qu’elle ressente le frisson familier.

Étrangement, elle ne tira aucun soulagement de cette petite séance qui pourtant suffit habituellement à la rasséréner.

Molly se leva, marcha jusqu’à sa chambre à coucher puis extirpa sa panoplie masturbatoire du tiroir de sa table de chevet et étala ses outils sur son lit: un Doc Johnson Studed Sunrise, un Vivaldi Lady Pulsating Finger, un long Slimline G Spot Electro-Stimulator, un gros Eclipse Ultra Dolphitronic 2000 et un petit Pink Jelly Anal Picket Blaster. Elle se déshabilla et, après avoir méticuleusement plié ses vêtements, se coucha près de ses appareils. Elle en choisit un de taille raisonnable et fit passer la pointe de plastique sur le bout de ses seins dressés, le lécha un peu puis, doucement, l’enfonça entre ses cuisses. Molly agita ensuite son poignet en faisant varier le rythme. Après quelques minutes, elle changea de modèle pour en prendre un plus gros après avoir humé et léché celui qui venait de sortir, tout tiède et tout mouillé, de son entrecuisse. Après quelques va-et-vient peu convaincants, elle décida de jouer le tout pour le tout; elle tâtonna ses draps à la recherche du bon calibre puis, une main passée dans le dos et l’autre collée au bas du ventre, elle entreprit de se baiser et de se sodomiser en ondulant frénétiquement du bassin.

Hélas, toujours aucun soulagement. Étendue immobile dans sa chambre, elle écouta le vibromasseur ronronner doucement du fond de ses entrailles. Agacée, elle se leva, essuya minutieusement sa quincaillerie, se rhabilla, ramassa ses clés puis sortit.

Les doigts crispés sur le volant, Molly roula jusqu’au shopping mall. À la radio, la speakrine annonçait sur un ton posé et impersonnel la découverte de trente cadavres en Afghanistan. Elle se gara en double file, entra chez Henry’s Sporting Goods et, d’une voix vacillante, dit au commis:

— J’ai besoin d’un revolver, quelque chose de léger, qu’une dame pourrait utiliser.

Je reviens à l’instant du bar où je suis allée prendre un pot avec mon vieil ami Louis. Serait-ce la naissance d’une nouvelle tradition?

Claire, ma compagne de bureau aux yeux d’émeraude, est venue nous rejoindre un peu plus tard. La discussion a beaucoup porté sur les États-Unis, puisque je viens de me découvrir une passion pour l’histoire de ce pays (la couleur des yeux de ladite Claire y étant pour quelque chose). Elle nous a appris que suite à la réforme des agences de sécurité fédérales, le gouvernement américain a maintenant toute la latitude voulue de surveiller les livres que les individus empruntent dans les bibliothèques publiques. Les flics amerloques peuvent filer les usagers en douce lorsqu’ils bouquinent, et même s’approprier les recherches effectuées dans le catalogue informatisé.

Décidément, home of the free mon cul! Merci, merci monsieur Bush. Ou devrais-je dire Big W. Brother…?