Fellation

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oh-oui-oui

— Oh… Oh… Oui ! Oui !

— Tu aimes ?

— C’est la meilleure fellation qu’on ne m’a jamais faite ! Je veux dire… tu es douée et c’est toujours très bien, mais là… on est vraiment à un autre niveau !

— Merci mon chou. Il faut dire que Guillaume et Valérie m’ont donné quelques bon trucs.

— Vraiment ? Vous avez parlé de… ça ?

— Parlé ? Oui, entre autres.

— Comment ça, « entre autres » ? Valérie t’a fait une démonstration ? Genre avec une banane ?

— Euh … ouais. C’est ça. Genre.

— Et Guillaume était avec vous ?

— Oui.

— Sacré veinard !

— Tu n’as pas idée.

— Tu les remercieras pour moi, hein.

— C’est déjà fait, mon chou, c’est amplement fait. Ils ont eu tous les remerciements qu’ils espéraient avoir.

Tu m’as promis un cadeau d’anniversaire
Tu as juré que j’en tomberais sur le cul
Je suis tout excité, je bande à en perdre la tête
Mais voilà que je te trouve
Endormie sur ton derrière!

Bien sûr depuis l’aurore tu as torché la maison
Mais ça ne reste après tout que le train-train
Ça n’a rien d’extraordinaire
Tu avais promis – et pourtant tu es là
Endormie sur ton derrière!

Toute la semaine j’ai pensé à ce que tu me donnerais :
Une pipe à couper le souffle
La pipe la plus essoufflante de tous les temps
Suivi de ton visage visqueux de foutre
Mais en aucun temps je n’ai pensé que tu serais
Endormie sur ton derrière!

J’admets que la fête était agréable
J’admets que la bouffe était exquise
J’admets que tous mes amis étaient présents
Et je suis désolé que le lave-vaisselle soit mort
– Mais je n’ai rien dit quand tu m’as demandé d’essuyer
J’admets avoir vu les larmes couler sur tes joues
Mais ça n’explique pas
Pourquoi je te trouve la tête sous l’oreiller
Endormie sur ton derrière!

Je fais plus que ma part dans cette baraque
Je lis une histoire aux mioches une fois par mois
Je n’oublie presque jamais de sortir les ordures
Ni de remarquer chaque kilo que ton cul engrange
Et chaque nouveau ride qui creuse ton visage
Sans jamais te faire de commentaire
Ou presque
Je ne suis pas coureur de jupons
Je ne suis presque pas ivrogne
Je ne pète pas au lit
Et comment me remercie-t-on?
Je ne demande qu’un peu de succion
Et quelques gouttes blanches sur ton menton
Je me suis coupé les ongles d’orteil
Arraché les poils de nez
Et aspergé de Brut 33
Et pourtant, te voilà, bave au coin de la bouche
Endormie sur ton derrière!

Il y a quelques années, j’avais un maître. Je l’avais rencontré sur un forum de discussion athée. Il était du genre militant et radical, comme seuls les ex-croyants – ceux qui ont vécu la séparation d’avec leur sainte mère l’Église comme une peine d’amour – savent l’être.

Ce jour-là, il m’avait amenée à la cathédrale. Assises au premier rang, devant le choeur, quelques vieilles dames, tête baissée, égrenaient leur chapelet. Mon maître m’entraîna vers un banc placé juste à côté d’une statue de la Vierge. Il prit ensuite ma main et la déposa sur la bosse qui déformait son jeans. Je savais ce qu’il attendait de moi. Il se débraguetta et je m’agenouillai devant lui. Lorsque je le pris en bouche, il fit le signe de croix. Je le pompai du mieux que je pus au son de ses «Je vous salue Marie».

Du coin de l’oeil, je vis passer une soutane noire.

— Continue de sucer, sussura mon maître.

Plus facile à dire qu’à faire. Je figeai et rougis jusqu’à la racine des cheveux. J’entendis les pas s’approcher. Mon maître me plaqua contre le banc, s’assurant ainsi que je ne tenterais pas de fuir.

— Prends et bois-le tout, car ceci est mon foutre, répandu pour le pardon de tes péchés.

Lorsque le prêtre se présenta devant nous, j’avais le menton recouvert de sperme.

— Gloire au père, dit-il simplement, d’une voix étrangement grave.

Il s’assit à côté de mon maître et attendit que je lui prodigues mes soins de pécheresse.

— À partir de maintenant, dit-il, tu sera le Saint Calice de Dieu, le réceptacle de toutes nos libations.

Et c’est ainsi que je devins – pour un temps du moins – la traînée de Notre Dame.

Ma vie est un cirque
Une galerie des monstres
Où défilent nuit et jour

Femmes à barbe
Hommes canon
Hydrocéphales nains
Frères siamois bègues
Contorsionnistes obèses
Hercules aux biceps d’acier
Tatoués intégraux

Quant à moi, je suis
Leur avaleuse de sabres
La tailleuse de calumet
La scalpeuse de mohican
Qui humecte le bâton du berger
Et qui est à tu et à toi avec le pontife

On peut se mettre en bouche
Bien des choses en somme
Cigarette stylo bille brosse à dents
En-cas de quinze heures trente
Chewing-gum goyave-ananas-menthe
Cornet à pistons baryton

Mais rien ne demande autant
De dextérité et d’adresse
Que de prendre en gorge
Une arme d’estoc et de taille
Une longue et large rapière
De chair et de sang

Dès le début il faut
Que l’épée soit bien rigide
Alors, mieux vaut la travailler
Qu’elle soit chaude et flexible
Qu’elle réagisse au moindre mouvement
Au moindre souffle
Au moindre changement de pression
Lors de la prise en bouche

Avec un peu de succion
Le sabre enfle et se déploie
Bat au pouls du désir
Et pour rien au monde ne quitterait-il
La douceur de mon palais
Alors toujours plus profondément
Il avance vers ma gorge
Plongeant au plus profond de mon âme

Quand je le tiens mollement
Entre mes lèvres
La friction baveuse le rend
Plus rigide encore
Souvent je reste immobile
Pur réceptacle
À genoux et essuyant l’estocade
La tête renversée
Méditative et souveraine

Les épées se succédant
Allant et venant dans mon gosier
Jusqu’à l’apothéose finale
Que gourmande je déguste
Sous un tonnerre de cris
Et d’applaudissements.

— J’étais donc là, assis sur le banc de bois, avec seulement une serviette autour des reins, et alors elle s’est levée et elle m’a embrassé. Ensuite, elle est descendue le long de ma poitrine et de mon ventre, elle a dénoué la serviette puis s’est mise à me caresser la queue.

 — Elle t’a… comme ça? Elle ne savait même pas que tu…

 — Je te jure. J’ai fermé les yeux, je me suis adossé au mur et j’ai senti ses lèvres autour de mon sexe. Inutile de dire que je me suis retrouvé au garde-à-vous en moins de deux. Je sentais sa langue tourner autour de mon gland; parfois elle arrêtait, enlevait sa bouche et tenait ma bite contre mon ventre pour pouvoir bien dégager mes couilles et me les lécher et j’écartais les jambes le plus possible pour faciliter sa caresse.

 — Comment c’était?

 — Ça me faisait gémir de plaisir, qu’est-ce que tu penses. Sa langue ferme et chaude se promenait partout entre mes cuisses et mes fesses en laissant une trace d’humidité à chaque passage. Elle me branlait assez vigoureusement, pour ensuite reprendre ma queue dans sa bouche. Je voyais ma bite luisante, pleine de salive, rentrer et sortir entre ses lèvres. Jamais je n’aurais cru qu’elle savait pomper à ce point, qu’elle y mettrait autant d’ardeur et d’application. Elle serrait les joues d’une façon incroyable et savait exactement comment varier le rythme. Ses mouvements rapides étaient une torture et ses mouvements lents un véritable supplice. Dix fois j’ai cru que j’allais décharger, dix fois elle s’est arrêtée quelques secondes avant que je jouisse, pour recommencer de plus belle.

 — Mais tu as quand même fini par venir, n’est-ce pas…

 — Quand j’ai senti que j’allais jouir, je l’ai avertie de l’imminence de l’éjaculation en lui proposant d’arrêter. Elle m’a fait non de la tête, alors j’ai giclé dans sa bouche à longues saccades en hurlant de plaisir. J’ai senti son corps entier trembler et dans un long grognement elle a entrouvert sa bouche pour respirer. Haletante, elle a empoigné ma queue et, pendant que je finissais de décharger quelques giclées sur son visage, elle m’a caressé les couilles et s’est acharnée sur mon sexe avec sa main.

 — Quel enthousiasme…

 — Je ne te le fais pas dire. On aurait dit qu’elle voulait que j’en crache toujours plus. Longtemps après que j’eus joui, elle me suçait encore pour ne pas en perdre une goutte. Elle a étalé le sperme sur ses joues avec mon gland et m’a nettoyé soigneusement la queue avec sa langue. Elle s’est ensuite relevée et m’a embrassé, me fourrant une langue poisseuse de foutre dans la bouche.

— Wow…

 — Avoue que ça t’excite, mon cochon.

 — Ouais, j’avoue. Je bande comme un chevreuil.

— Tant mieux, parce que maintenant, j’ai envie de défaire ta braguette et te faire exactement ce qu’elle m’a fait.

Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

Nom du fichier : conference02.wav

AA : Anne Archet, conférencière interrompue
LB : Louis Berthier, artiste subventionné
SB : Simone Bechara, lesbienne radicale
L : Lucifer, poète sans abri

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : «Individualisme, aristocratie et anarchie», par Anne Archet. Suite et fin.

L’individualisme de Nietzsche est aristocratique dans le sens où il est convaincu que tous les individus ne sa valent pas : il y a les forts et les faibles. L’erreur est de comprendre ces termes dans le cadre des relations sociales actuelles et surtout de croire que « forts » veut dire « bourgeois », « maîtres » ou « dictateurs » et que « faibles » veut dire « prolétaires », « esclaves » ou « opprimés »; la pensée de Nietzsche est beaucoup trop complexe pour tomber dans un tel manichéisme.

Nietzsche distingue plutôt la force et de la faiblesse, la volonté de puissance ascendante (qui va dans le sens de la vie) et la perversion de cette volonté (lorsqu’elle se heurte à des obstacles comme la morale, la religion ou la société), perversion qui fait que l’individu retourne sa volonté contre lui-même, s’affaiblit et éventuellement s’autodétruit. Le fort et le faible ne sont donc pas nécessairement deux individus séparés et distincts dont l’un réduirait l’autre en esclavage; ce sont plutôt deux tendances en lutte qui coexistent chez l’individu, le tirant tantôt vers le bas, tantôt vers le haut.

Le fort — l’aristocrate étymologique, le meilleur — et le faible ne sont donc pas deux individus séparés dont l’un réduirait l’autre en esclavage. Il s’agit plutôt de deux tendances qui tirent l’individu tantôt vers le bas, tantôt vers le haut. L’individu fort est celui qui s’est placé dans des conditions de vie qui favorisent la tendance ascendante de sa volonté et qui parvient à faire triompher en lui les forces positives. Le faible est celui qui renonce à lui-même, qui a honte de son égoïsme, qui préfère se dominer lui-même, dominer ses passions, ses instincts, plutôt que d’exercer sa puissance vers le monde extérieur.

Le fort est un « homme supérieur », c’est un individu qui…
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Ou la philosophie dans le 3½
(transcription de cinq enregistrements numériques)

Nom du fichier : conference01.wav

AA : Anne Archet, conférencière interrompue
LB : Louis Berthier, artiste subventionné
SB : Simone Bechara, lesbienne radicale

[Début de l’enregistrement]

[Bruits de manipulation de micro.]

AA : Comment ça fonctionne, ce truc?

[Autres bruits de manipulation de micro.]

AA : Ok. « Individualisme, aristocratie et anarchie », par Anne Archet. Ébauche de conférence.

[Longue pause.]

AA : Ahem. Bon… On vient à l’anarchisme de diverses manières. Plusieurs y viennent en quittant le marxisme, dont l’échec historique n’est plus à démontrer. Ceux-là ont une conception de l’anarchisme influencée par leur ancienne foi : ouvriérisme, attachement à la révolution, appels constants à l’organisation des prol… non : des masses, oui, c’est mieux… Appels à la construction de fédérations, de groupes militants, bref, d’une organisation anarchiste spécifique qu’ils conçoivent comme l’outil qui servira à provoquer l’étincelle de la révolte et préparer le nouveau monde libertaire.

D’autres, plus rares, y viennent mûs par une soif impétueuse de liberté individuelle et sont viscéralement des « En Dehors », pour reprendre l’expression d’Armand. Ceux-là viennent à l’anarchie non pas par Marx, mais par Nietzsche et Stirner, ce qui est mon cas.

Je vous propose aujourd’hui d’explorer une façon différente d’envisager l’anarchie — différente des tendances traditionnelles héritées des « pères fondateurs » que furent Proudhon, Bakounine et Kropotkine. Je pense ici au communisme libertaire et l’anarcho-syndicalisme. Je vous propose de découvrir l’individualisme aristocratique et insurrectionnel.

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Je voudrais vraiment sentir ses doigts glisser dans ma chatte, sa bouche s’accrocher à mes seins, mais elle est tendue, fébrile et en manque ce soir, elle a quelque chose de trouble qui la tord au plus profond d’elle et qui a besoin d’être soulagé; voilà pourquoi je baigne dans la pénombre humide de ses draps, mes mains posées à l’intérieur de ses cuisses et ma langue fouillant les plis de son sexe, à la rencontre de son clitoris. Sous sa peau satinée, ses muscles se crispent; la saveur piquante et amère de son plaisir envahit mon palais alors que j’enfonce mon majeur et mon index jusqu’à sa matrice. Bientôt, elle sera mienne.

Je voudrais vraiment enfoncer ma queue dans son cul, l’immobiliser sur le lit en lui enfonçant la tête dans l’oreiller et me perdre dans ce sphincter hypnotique et délicieux, mais il est tendu, fébrile et en manque ce soir, il a quelque chose de trouble qui le tord au plus profond de lui et qui a besoin d’être soulagé; voilà pourquoi je suis à genoux sur la moquette, entre ses cuisses écartelées, sa verge palpitante et congestionnée glissant entre mes lèvres. De mon pouce et mon index, je fais un anneau qui enserre la base de son membre, juste au-dessus de ses couilles; je le presse et le pompe pendant que je le suce et que je taquine son gland du bout de ma langue. Il soupire, les muscles de ses cuisses se tendent. Bientôt, il sera mien.

— Oh… oui…

— Je t’avais dit que je ferais un grand garçon de toi.

— Hum… et moi… Je n’aurais jamais cru que j’aimerais autant me faire sucer par un mec. Encore moins par un coéquipier, dans le vestiaire, après un match…

— Tu n’as encore rien vu, joli cœur. Viens prendre par en arrière le corps de ton quart-arrière.

— Je n’osais pas le demander.

— Attends, je vais me placer comme ça… Oh! Oui! Enfonce bien ta langue… Salaud! Tu sais t’y prendre…

— Je t’ai mis de la bave jusqu’aux couilles. Ça te fait bander, mon cochon.

— Tu vois comme je m’ouvre? Allez, viens, prends-moi, je suis prêt.

— Oh… je…

— Ouf! Doucement… je… Oui!

— C’est si… hum… serré… je…

— Oui! Oui!

— Je crois que je vais… Oh!

— Vas-y! Vas-y! Viens!

— Ahh! Ahh! AAAAAHHHHRRRGG!

— Oh oui.

— Ooooh.

— Je comprends maintenant pourquoi ils t’on choisi comme botteur de précision. Alors, c’était bon?

— Très, même.

— Tu as aimé m’enculer, espèce de vicieux?

— J’ai adoré t’enculer, espèce de pervers.

— Tu crois que c’était pervers? Attends, je connais un truc qui va te renverser cul par-dessus tête.

— Qu’est-ce que c’est? Tu veux que je te bourre encore le fion?

— Je veux que tu le bourres comme jamais il n’a été bourré.

— Tu veux que je le bourre à le faire éclater?

— Oui! Et je veux que tu le fasses avec ça!

— Avec… ça?

— Ouais! Je veux que tu m’encules jusqu’à ce que je tremble de plaisir!

— Mais… c’est une boîte de délicieux macaronis au fromage Kraft®, si utiles lorsque la fringale nous prend et que le temps nous manque!

— Oh oui! Pour moi, c’est Kraft Dinner™ ou rien!

Pourquoi est-ce toujours à toi d’être en moi? N’est-ce pas profondément injuste?

Je veux me glisser sous ta peau, ramper à travers ta chair, me laisser couler lentement dans tes artères et taquiner ton cœur du bout de la langue. Je veux que nos os se calcifient et se soudent, que nos tendons s’entremêlent et que nos deux esprits fusionnent.

Je veux nager dans l’onde amoureuse de ton sang, boire la vie pulsante de ta semence, me regarder avec tes yeux pour comprendre enfin ce que tu vois en moi.

Je veux goûter le suc astringent de mon amour avec ta langue, sentir les plis humides de ma vulve sur le bout de tes doigts et ma cyprine poisseuse mouiller tes lèvres. Je veux sentir la caresse de mon sein avec la paume de ta main et les soubresauts de ma chatte en émoi au bout de ton gland.

Je veux sentir ce que tu ressens quand je prends ta virilité dans ma bouche, lorsqu’elle baigne dans ma salive brûlante. Je veux frémir comme tu frémis lorsque je fais vriller ma langue folle le long de la hampe, lorsque tu l’enfonces dans ma gorge dans un geste incontrôlé. Je veux ressentir la fièvre qui saisit ton corps lorsque tu cries mon nom, lorsque tu tires mes cheveux, lorsque tu t’effondres, tremblant, renversé par la jouissance.

Je veux sentir la douleur que provoque le fil glacé de ma lame étincelante lorsqu’elle fend lentement ta peau trop parfaite. Je veux ressentir le frisson que tu ressens lorsque je pose mes lèvres sur ta plaie et que je suce le flot écarlate de la vie qui fuit de tes veines, sentir l’adrénaline te posséder quand je m’accroche à ta chair déchirée. Je veux connaître la divine agonie de ma morsure sur ta gorge, m’entendre murmurer ton nom dans ton oreille, sentir autour de ta taille mes cuisses qui t’enserrent et qui te poussent à t’enfoncer toujours plus profondément en moi.

Je veux ressentir l’effet que produit en toi la violence de mes mots courroucés, la piqûre âcre de mes sarcasmes, la force souveraine de ma colère, la joie terrible de mes aveux et baigner, de l’intérieur, dans la cascade cristalline de ton rire. Mais je veux aussi sentir ton émoi lorsque tendrement tu me prends dans tes bras, lorsque tu caresses mon visage, lorsque je mouille tes joues de mes larmes.

J’ai besoin de savoir ce que tu ressens quand tu me désires, quand tu me possèdes.

Je veux savoir ce que tu ressens quand tu dis que tu m’aimes.

Je veux pénétrer en toi.

J’aime mieux la galette
que ta bistouquette
J’aime mieux la réglisse
Que ton gros pénis
J’aime mieux les bonbons
que ton saucisson
J’aime mieux les gâteaux
que ton p’tit moineau
J’aime mieux les biscuits
que ton zigouigoui
Et le chocolat
que ton bazooka
Mais si dans le miel
Tu peux le tremper
Ou le caramel
J’veux bien z’y goûter.

Suce ma pine
Mon petit Isidore
C’est l’heure du sirop
Le bon sirop d’orgeat
Suce-la bien vite
Suce-la bien fort
Le bon sirop d’orgeat
Crois-moi tu en auras

Un deux trois voila la décharge
Quatre cinq six avale ton sirop
Un deux trois voila la décharge
Quatre cinq six il n’y en a que trop.

Parce que je ne connais pas ton prénom
Et que je ne pige foutre rien
À ce que profère ta gueule anguleuse
D’ange italo-canadian du West Island

Je t’ai avalé avec gourmandise

Le foutre crémeux au fond de la gorge
Conclusion prévisible d’une tragicomédie
Commencée à la foire alimentaire
Du Fairview Pointe-Claire

Seigneur pardonne-moi
Car je savais ce que je faisais
Dès que j’eus fait glisser ton caleçon
Le long de tes mollets mignons

Tes yeux fermés les traits contractés
Et ta queue bouffie que je bouffai
En lieu et place du six-pouces italien
Acheté comme encas chez Subway

Que avalai avec gourmandise

C’est décidé je te ramène à la maison
Tu es mon ourson de peluche frisé
Gagné au stand de tir de la foire
Car n’avale pas ce lait qui veut

Ta copine? Peu m’en chaut qu’elle t’attende chez toi
Au chaud près du four — viens plutôt fourrer
Où j’habite, mettre ta bite ta pine
Ton manche au creux de ma tendre twat

Tu es à moi maintenant entre mes cuisses
Ta langue sur mes seins pommes caramel
Quelle aille se faire mettre par Lucifer
Lécher des moules marinières au Carmel

Qu’elle avalerait avec gourmandise

Je t’appelle Tony parce que je connais trop
De Stéphane, de Patrick et de François
Je ne connais pas ton prénom, Tony
Mais je connais ton visage et ton image

Gravée dans ma mémoire comme le moment
Où grave et tremblant tu te crispa et flua
Renversé, un peu de mâles fluides sur ton ventre
Aux six collines collantes et broussailleuses

Tu me sembles si sûr de toi, ce sexe sucé
Semble si safe, tu sens si bon l’espresso
Le panettone et le savon Irish Spring
Tu es un oisillon fraîchement tombé de ton nid

Que je ne peux appeler autrement que Tony

— Euh… Excusez-moi mademoiselle… dit-t-il en évitant mon regard.

Je déposai le panier de laitues, essuyai mes mains sur mon tablier et lui souris. « Toujours mettre la clientèle à l’aise », tel était le mot d’ordre de l’épicerie qui m’avait engagée cet été-là, me permettant ainsi de ramasser quelques sous pour l’année scolaire.

— Oui Monsieur, que puis-je faire pour vous?

— Quel fruit est le plus… euh… le plus sucré? réussit-il à articuler.

— Le plus sucré? Tout dépend de la saison et de l’usage que vous voulez en faire, répondis-je avec le sourire prescrit par mon manuel de service à la clientèle.

— L’usage que veux en faire? Qu’est-ce que vous voulez dire? demanda-t-il en jetant un regard furtif autour de lui.

— Voulez-vous le manger cru? En salade? Le cuire dans un gâteau? En faire une compote? Une purée? Extraire son jus? Comment comptez-vous l’utiliser?

— Ah oui! Je comprends! Bien sûr! s’exclama-t-il, visiblement soulagé. Non, non, je veux juste… je n’ai besoin que du fruit le plus sucré, c’est pour mon régime… parce que voyez-vous, je… Bon, disons que je vais le manger comme ça, directement du sac. Lequel est le plus sucré?

Je l’écoutai en souriant, puis lui demandai :

— Si je comprends bien, vous voulez améliorer le goût de votre sperme, n’est-ce pas?

L’homme devint soudainement livide.

— Qu’est… qu’est… qu’est-ce que vous avez dit? finit-il par bafouiller.

— Il y a des tas de régimes qui recommandent de manger des fruits, mais je n’en connais aucun qui s’intéresse à leur niveau de sucre… à moins bien sûr que vous soyez diabétique, mais dans ce cas ce seraient les fruits peu sucrés qui vous intéresseraient. Il n’y a décidément qu’une seule raison qui motiverait un homme timide et nerveux comme vous à demander à une jeune femme comme moi des fruits sucrés… et c’est le désir de rendre son foutre plus agréable au goût.

— Je… je…

— Je suis loin d’être une sommité en la matière, mais je vous conseille le jus d’ananas. C’est doux, acide et ça devrait donner à votre sperme une saveur agréable. Mais ce n’est peut-être pas la meilleure solution… attendez, je vais m’informer.

Je m’étirai le cou et appelai le gérant de la section des fruits et légumes, qui plaçait des courgettes dans le présentoir immédiatement derrière mon client.

— Hé, Roger! Qu’est-ce que tu prends pour que ton foutre ait bon goût?

Mon patron frotta son front dégarni un instant, puis répondit :

— Pour moi, c’est les figues. Ça élimine les grumeaux et transforme le jus de couilles en vraie meringue!

C’est alors qu’un autre client s’approcha de nous et apostropha le monsieur qui se mit à rougir comme une tomate de serre.

— Êtes-vous fumeur? Parce que le tabac goudronne méchamment le foutre. Ma femme a toujours refusé de me faire une gâterie jusqu’à ce que j’abandonne les clous de cercueil. Je me demande d’ailleurs pourquoi ils ne s’en servent pas dans les campagnes antitabac…

Une dame dans la quarantaine se joint alors à la conversation :

— Quoi que vous fassiez, évitez les asperges. Le résultat peut être catastrophique, fiez-vous à moi…

— Et le curry, aussi, ajouta un jeune homme qui passait avec son caddy. Je le goûte pendant presque une semaine chaque fois que mon copain se paie une bouffe indienne…

— Sans oublier tout ce qui est alcalin ou qui contient trop d’iode, comme le poisson! cria Roger, toujours affairé avec ses courgettes.

— Quelqu’un a déjà essayé le jus d’ananas? Il paraît que c’est vraiment efficace, criai-je à la ronde.

Personne ne répondit, mais d’autres clients s’approchèrent pour donner leur opinion. Voilà ce que j’aimais de travail en épicerie : tous ces gens aimables et empressés, prêts à offrir leur aide…

— Jamais d’alcool, telle est ma devise, commenta un grand échalas tenant un bébé dans ses bras.

— J’ai entendu dire par contre que les bières sur lie… objecta le non-fumeur.

— Le schnaps à la menthe, messieurs. C’est la seule solution, ajouta une dame âgée à l’oreille de mon client, qui fondait littéralement sur place.

— Les papayes, c’est bon, les papayes.

— Évite les viandes rouges, gamin! En plus, ça te donnera de la mine dans le crayon!

Une jeune femme au décolleté plongeant arrêta pour suggérer des produits homéopathiques :

— Ils ont fait des miracles pour mon agent de probation!

— Il faut boire beaucoup d’eau! cria encore Roger en arrosant les courgettes.

— Ben voyons! Le simple fait qu’il se lave l’engin suffirait amplement pour faire mon bonheur, cria une dame qui sortait de la rangée quatre, ce qui déclencha l’hilarité de la clientèle et lui mérita une ovation générale.

Mon client en profita pour filer sans demander son reste, mais je l’aperçus quelques minutes plus tard à la caisse, les bras chargés de bouteilles de jus d’ananas. «Un autre client satisfait!» pensai-je avant de retourner au travail. Lorsque j’eus le dos tourné, j’entendis Julie, la caissière, lui dire sur un ton amical :

— Vous voulez améliorer le goût de votre sperme, n’est-ce pas?

Pendant un long moment d’angoisse, j’eus même de la difficulté à avaler.

— Simone, est-ce que tu dors? lui demandai-je en secouant doucement son épaule. J’ai fait le plus étrange des rêves…

Elle grogna en tirant l’édredon.

— Nous étions dans l’ascenseur avec les deux types du neuvième, Philippe et l’autre, tu sais, celui avec les cheveux… enfin, tu sais, celui qui ne dit jamais bonjour. Toujours est-il que tu te tournes vers eux et tu leur dis: «Messieurs, la petite gouine que voici est travaillée depuis des jours par ses hormones. Ça ne vous dérangerait pas trop qu’elle vous suce?»

Simone grommela en se retournant sur le côté.

— J’étais si mal à l’aise, il n’était pas question que je fasse une telle chose. Mais soudain, sans trop savoir pourquoi, je me suis retrouvé nue, à genoux devant eux, leurs queues turgides dans la bouche, à tour de rôle.

Simone replaça son oreiller en grognonnant.

— Après quelques instants, tu as dit: « C’est bien, chérie, mais dépêche-toi de les faire jouir avant que l’ascenseur ne s’écrase, sinon nous allons tous y passer! » et c’est alors que je me suis mise à paniquer. Je ne savais pas quoi faire pour qu’ils éjaculent en vitesse! Quand j’ai touché à leurs bourses, elles étaient énormes et broussailleuses, rêches comme une pelote de corde de sisal. En les prenant dans la paume de ma main, j’ai vu qu’elles étaient lourdes et remplies à éclater de liquide — je les ai secouées un peu et j’ai senti les couilles flotter à l’intérieur! Ensuite, ils se sont mis à gicler leur foutre épais à longs traits, ça ne finissait plus, ça goûtait comme de la crème pâtissière, leurs glands étaient dodus et spongieux comme des champignons sautés au beurre…

Simone grognassa en tirant les draps par-dessus sa tête.

— Et toi, tu me regardais, souriante, nullement inquiétée par le fait que nous allions mourir, et tu me disais: « Bravo choupinette! Maintenant, tu n’avales rien, tu gardes tout dans ta bouche, jusqu’à ce soir. Sinon, pas de câlin avant de faire dodo. » Tu as léché la goutte qui pendouillait au bout de mon nez, puis tu m’as embrassée sur le front. Et c’est à ce moment que je me suis réveillée. Mais qu’est-ce qu’un tel rêve peut bien vouloir dire?

Pour toute réponse, Simone rognonna un peu, puis se remit à ronfler.

Lorsque plus tard la porte de l’ascenseur s’ouvrit, j’eus un moment d’excitation incisif, comme une fine lame fendant ma moelle épinière. Mais il n’y avait que madame Lalancette et sa chienne Nunuche. Simone regarda la vieille dame et prit ma main. Je résistai à l’envie de la porter à ma bouche, de la plaquer entre mes cuisses et braquai mon regard fébrile sur les voyants lumineux au dessus de la porte. Bien à l’abri dans la voiture de Simone, je troussai sans mot dire ma jupe et fit glisser ma culotte.

Elle me déposa ensuite à la fac où les étudiants, entassés dans le couloir exigu jouxtant la porte verrouillée de la classe, attendaient le professeur. Lorsque nous pûmes entrer, je déposai mon sac à l’avant et, au signal du prof, je pris une grande respiration et ouvris la bouche pour la première fois depuis la nuit : « Révélation de l’avenir ou accomplissement hallucinatoire d’un désir inconscient? Mon exposé portera sur le rêve et son interprétation…»