Textes portant l'étiquette « Gay »

L’énigme de la partouze

25 février 2010

Samedi soir, Olga reçoit six amis chez elle pour une orgie.

Julie s’est bien assurée que la personne qui la prend en levrette porte un condom. Joë est gay et porte une cagoule. Marc est exclusivement hétérosexuel. La personne qui porte des bas résille a 25 ans. La femme de 35 ans est lesbienne. Pierre se fait sucer par une personne de 20 ans. La femme qui porte des talons aiguilles se fait prendre par les deux bouts. La personne de 19 ans est homosexuelle. Olga a 30 ans et ne baise que des personnes qui ont au moins son âge. La personne tatouée lèche le cul d’une femme de 40 ans. Annie est dans la trentaine. Martine encule avec son gode-ceinture une personne qui porte un soutien-gorge. Et seule la personne âgée de 29 utilise un contraceptif.

Qui reste dans son coin et se branle, solitaire?

(La réponse lundi, bande de joyeux pervers!)

Le serment du serrement

14 février 2009

Il savait que, lorsqu’il se masturbe, sa jouissance peut devenir beaucoup plus intense s’il serre fermement les muscles entre ses cuisses et s’empêche d’éjaculer pendant quelques secondes; le sperme est alors expulsé avec beaucoup plus de puissance et la force de l’orgasme est ainsi décuplée. Il ne le faisait toutefois jamais bien plus longtemps qu’une seconde ou deux, impatient qu’il fût de plonger une fois de plus dans les délices exquis de la félicité vénérienne.

Or, il se résolut une nuit à tenir le plus longtemps possible, faisant le serment solennel qu’il contractera ces fameux muscles jusqu’à ce que son corps capitule. (Il prononçait souvent ce genre de promesses en les tenant avec d’autant plus de sérieux et d’obstination qu’il devait rendre des comptes au plus impitoyable des témoins — lui-même.) Il s’allongea donc sur son lit avec une serviette humide et plusieurs mouchoirs de papier. Tout en faisant défiler dans sa tête le cortège des fantasmes qui le mènent toujours sur le chemin du plaisir, il se mit à se toucher en se promettant de se retenir coûte que coûte.

Plus tard, lorsque les convulsions se calmèrent, qu’il réussit à refermer sa bouche et que le monde reprit forme autour de lui, il resta longuement étendu, inerte, son cœur battant la chamade, en se demandant s’il osera un jour refaire ce truc.

Une histoire XXX

9 février 2009

Elle huila généreusement ses mains, les frotta puis les posa sur les épaules de son client.

— Oh la la, mais qu’est-ce que tu peux être tendu, Éric! Tes muscles sont noués comme de la corde de navire…

— Marilou, je deviens fou… soupira-t-il.

— Tu vois toujours ces deux mecs? demanda-t-elle en lui frottant le dos.

— Ouais… je culpabilise à mort. Mais je les aime tous les deux.

— Et aucun d’eux ne connaît l’existence de l’autre?

— Jamais de la vie! Ça leur briserait le cœur, c’est certain.

— Hum… grogna-t-elle d’approbation.

— Ils sont si semblables. Ils ont la même taille, les mêmes cheveux, ils ont les mêmes goûts, surtout quand vient le temps de…

— De…?

— De… tu-sais-quoi. Iils ne me prennent qu’en levrette… et après, ils aiment tous deux… jouer avec mon cul, dit-il en riant nerveusement.

— Vraiment?

— Je te jure. Je n’ai jamais rencontré de tels amateurs de fesses… on dirait qu’ils n’arrivent pas à les laisser tranquilles!

— Je vois… parlant de tes fesses, chéri…

— Quoi?

— Quelqu’un les utilise pour jouer à tic-tac-toe.

— Hein?

— Une partie par miche. Celle de gauche a trois «X» en diagonale. Qui a gagné, tu crois? demanda la masseuse en pouffant.

Huff, puff and blow me

Ce soir, en lisant un conte à Lou, je ne faisais que penser à «l’étroit petit cochon». Je crois qu’il est grand temps que je cesse d’écrire des récits gay…

Placement

30 janvier 2009

— Oh… oui…

— Je t’avais dit que je ferais un grand garçon de toi.

— Hum… et moi… Je n’aurais jamais cru que j’aimerais autant me faire sucer par un mec. Encore moins par un coéquipier, dans le vestiaire, après un match…

— Tu n’as encore rien vu, joli cœur. Viens prendre par en arrière le corps de ton quart-arrière.

— Je n’osais pas le demander.

— Attends, je vais me placer comme ça… Oh! Oui! Enfonce bien ta langue… Salaud! Tu sais t’y prendre…

— Je t’ai mis de la bave jusqu’aux couilles. Ça te fait bander, mon cochon.

— Tu vois comme je m’ouvre? Allez, viens, prends-moi, je suis prêt.

— Oh… je…

— Ouf! Doucement… je… Oui!

— C’est si… hum… serré… je…

— Oui! Oui!

— Je crois que je vais… Oh!

— Vas-y! Vas-y! Viens!

— Ahh! Ahh! AAAAAHHHHRRRGG!

— Oh oui.

— Ooooh.

— Je comprends maintenant pourquoi ils t’on choisi comme botteur de précision. Alors, c’était bon?

— Très, même.

— Tu as aimé m’enculer, espèce de vicieux?

— J’ai adoré t’enculer, espèce de pervers.

— Tu crois que c’était pervers? Attends, je connais un truc qui va te renverser cul par-dessus tête.

— Qu’est-ce que c’est? Tu veux que je te bourre encore le fion?

— Je veux que tu le bourres comme jamais il n’a été bourré.

— Tu veux que je le bourre à le faire éclater?

— Oui! Et je veux que tu le fasses avec ça!

— Avec… ça?

— Ouais! Je veux que tu m’encules jusqu’à ce que je tremble de plaisir!

— Mais… c’est une boîte de délicieux macaronis au fromage Kraft®, si utiles lorsque la fringale nous prend et que le temps nous manque!

— Oh oui! Pour moi, c’est Kraft Dinner™ ou rien!

Représentations

15 janvier 2009

Louis se rendit chez Maxime pour voir s’il avait envie de faire quelque chose, une partie de handball, regarder la télé ou n’importe quoi. Il le trouva assis cul nu sur son lit, le dos contre le mur et les genoux bien écartés, en train de griffonner au fusain dans un carnet à croquis.

― Qu’est-ce que tu fous? demanda Louis à Maxime en lorgnant le miroir à main posé devant lui, sur la douillette.

― Je dessine ma queue, répondit simplement son ami.

Louis s’étira le cou et constata qu’il ne mentait pas. Il s’agissait bel et bien d’une représentation plutôt habile de son sucre d’orge.

― Je ne savais pas que tu savais dessiner, commenta Louis.

― Moi non plus, marmonna Max.

― Et pourquoi est-ce que tu dessines ta queue, au juste?

― Sais pas. Isabelle a oublié son matériel ― faut dire qu’elle a foutu le camp drôlement vite hier soir, après avoir rencontré tu-sais-qui. Et ce matin, en me levant, je me suis dit que ce serait bien d’avoir un portrait du colosse.

― Quelle humilité! Je constate d’ailleurs qu’il grandit à vue d’œil, le colosse…

― Ouais, on dirait bien… répondit l’artiste en retournant à son croquis.

Louis s’assit sur le bord du lit et observa quelques minutes son pote crayonner. Son engin s’érigea lentement, jusqu’à ce qu’il fut pleinement bandé; il était long et épais, avec des veines saillantes et larges. Louis mordit nerveusement sa lèvre inférieure puis, après un moment d’hésitation, tendit le bras puis effleura le vît du bout des doigts.

― Faudrait surtout pas te gêner, hein… commenta Max sans lever les yeux de son carnet.

C’est pourtant ce qu’il avait toujours fait ― se gêner. Pourtant, Louis prit le braque au creux de sa main puis lentement l’enveloppa de ses doigts. Il était chaud et bien dur.

― Hum… oui, comme ça… parfait, soupira Max en déchirant la page de son carnet et en commençant un nouveau dessin de son dard, tenu cette fois-ci par la main de son ami.

Louis serra un peu la trique de ses doigts, puis imprima lentement de sa main des mouvements de va-et-vient. Max soupira et grogna, sans s’arrêter de dessiner. Dans la main de son ami, la bite était pulsante, rigide et vivante, comme un bâton sous une serviette chaude, comme un brandon s’échappant d’un incendie, comme une bête à l’affut, comme un os gorgé de moelle, comme un cierge incandescent.

Ou comme une bite.

Many manly love

9 janvier 2009

J’ai passé plusieurs heures ― que dis-je, plusieurs jours ―à étiqueter les textes de ce blog pour faire fonctionner le petit nuage de mots clés que vous retrouvez en bas, à droite de cette page.

Ce faisant, j’ai constaté que j’ai écrit en six ans sur à peu près toutes les pratiques sexuelles imaginables… sauf sur l’homosexualité masculine. J’ai donc la ferme intention, en ce début d’année, de remédier à cette injustice et de vous offrir quelques récits homoérotiques. Après tout, si Pierre Louÿs pouvait écrire magnifiquement sur les lesbiennes, je ne vois pas pourquoi je n’arriverais pas à torcher quelques textes pas trop mauvais sur les amours gay…

Mouille, mouille, paradis

22 novembre 2008

Mouille, mouille, paradis
Tout le monde est à l’abri
Il n’y a que mon p’tit frère
Qu’est assis dans la gouttière
Pour refroidir son p’tit fion
qu’ont ramoné vingt garçons.

Une petite pelote

21 novembre 2008

Il y a dans mon salon
lon lon lon
Cent quatre-vingt gitons
tons tons tons
Qui s’enculent pour de bon
bon bon bon

Refrain :
Et dans ma culotte
Une petite pelote
Toute noire et frisée
Qu’il te faut démêler

Il y a dans mon tiroir
roir roir roir
Douze mille godes tout noirs
noirs noirs noirs
Qui me bourrent tous les soirs
soirs soirs soirs

Il y a dans mon grenier
yé yé yé
Cinq cents gouines masquées
ké ké ké
Qui veulent me flageller
yé yé yé

Il y a dans mon jardin
din din din
Tout un rang de putains
tains tains tains
Qui sucent soir et matin
tin tin tin

Message vocal

11 juillet 2007

Anne, c’est encore moi
Je t’en prie, si tu es là, décroche
Il faut que je te le dise
Je dois le raconter à quelqu’un
Mario Bodard veut me prendre par derrière

Il est si insistant
Que je lui ai donné mon numéro
Mais maintenant je regrette
Dieu que je regrette
Car jour et nuit il m’appelle pour laisser
Sur mon répondeur de propos orduriers
«Quand pourrai-je enfin t’embrocher?»
«Je veux te sucer la pine, joli cœur»
«Viens gruger ma viande jusqu’à l’os»
Anne, il me fout la trouille
Car jamais n’ai-je été fourgonné
Par un garçon boucher

Anne, si tu savais, lorsqu’il m’appelle
Pour me dire qu’il veut
Bouffer mon trou de cul
Pour me dire qu’il bande comme un taureau
Qu’il astique son outil en pensant à moi
Qu’il crie mon nom en fourrant deux doigts
Dans son intérieur de ronde
Pour se vanter d’être un animal
Une bête de sexe
Je ne peux m’empêcher de penser
À son visage de bovidé
À ses mains larges et poilues
À la moiteur de ses naseaux
Quand derrière le comptoir
Il enveloppe en souriant mes escalopes

Mario Bodard veut mon cul
Il dit qu’il peut pistonner des heures durant
Comme une enfileuse à saucisses électrique
Si seulement je pouvais décrocher le téléphone
Si seulement je pouvais lui dire «oui»
Il me prendrait là, sur son bloc à découper
Sur sa planche à enculer
Mais je ne retourne pas ses appels
Je ne suis pas celui qu’il croit
Pas question de le laisser lécher mes amourettes
Pas question de le laisser fourrer mon andouille
Pas question de le laisser attendrir mon aloyau

Devrais-je faire retracer ses appels?
Devrais-je changer de numéro?
Devrais-je appeler les flics?
Anne, je ne sais plus quoi penser
Je n’ose plus aller à la boucherie
Tâter les côtelettes et les saucissons
Samedi après-midi avec mon petit mari

Attends, je te rappelle
J’ai quelqu’un sur l’autre ligne.

Justice divine

29 mars 2007

— Dieu a déménagé dans l’appartement d’à côté et Il t’a dit qu’Il était venu pour te punir? répéta Pamela, incrédule.

— Ça ne peut être que Notre Seigneur, ajouta Steve, terrifié. Quand Il m’a adressé la parole, je me suis senti envahi par le même sentiment d’extase mystique qui m’a transfiguré lorsque j’ai, pour la première fois, accepté Jésus dans mon cœur!

Pamela fronça les sourcils. Elle n’avait jamais vu son mari excité à ce point — sauf bien sûr lorsqu’il harcelait les femmes pécheresses devant les cliniques d’avortement.

*  *  *

Quelques jours plus tard, des coups violents et saccadés firent trembler le mur de leur chambre à coucher.

— Oui! Bourre-moi à fond avec ton gros Saint-Esprit! criait passionnément pour la quatrième fois de la semaine une autre transsexuelle — brièvement aperçue sur le pas de la porte de l’appartement de «Dieu» — de l’autre côté de la cloison.

Pamela soupira aigrement. De toute évidence, Steve n’était pas le seul à se faire punir…