Inceste

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Un p’tit doigt qui bouge (bis)
Deux p’tits doigts qui bougent
Et ça suffit pour m’amuser.

Un p’tit gode qui vibre (bis)
Deux p’tits godes qui vibrent
Et ça suffit pour m’amuser.

Un p’tit zob qui glisse (bis)
Deux p’tits zobs qui glissent
Et ça suffit pour m’amuser.

Un p’tit fouet qui claque (bis)
Deux p’tits fouets qui claquent
Et ça suffit pour m’amuser.

Une cousine qui lèche (bis)
Deux cousines qui lèchent
Et ça suffit pour m’amuser.

Comme à chaque matin, la lecture de son journal l’absorbait tout entier. Assise de l’autre côté de la table, Pascale, sa femme, sirotait d’un air absent son café depuis une dizaine de minutes. Soudain, elle déposa sa tasse, planta son regard dans le sien et lui dit:

— Je te trompe avec Dominique depuis maintenant trois mois.

— Quoi? Tu… tu te fous de ma gueule… je…

— Je suis très sérieuse.

Trop abasourdi pour répondre, il attendit le coup de grâce, qui prit la forme de cette proposition laconique:

— Ça te dirait de nous regarder?

— Oui, réussit-il à articuler en bandant douloureusement.

Il était nu, tapi dans le placard, lorsque Dominique entra dans leur chambre. Il était convaincu que sa femme se laisserait prendre avec servilité et obéissance — or, c’est exactement le contraire qui se produisit. Il s’attendait à des ébats sauvages, violents même, mais il n’aurait jamais soupçonné que Pascale puisse être aussi cruelle et Dominique d’une soumission aussi complète. Leurs étreintes furent rudes et leurs orgasmes interminables.

Depuis sa cachette, il vit ensuite sa femme se lever, sortir une longue corde de la table de nuit et se mettre à ligoter Dominique: les poignets dans le dos, le visage enfoui dans l’oreiller, les genoux largement séparés et les fesses bien remontées vers le ciel. Pascale contempla son travail avec satisfaction puis ouvrit la porte du placard. Il hocha la tête en signe de désapprobation mais se laissa guider jusqu’au lit, entre les cuisses de Dominique.

— Vas-y, mets-la lui, ordonna Pascale. Ne fais pas cette tête, je connais tes tendances et je sais que tu en rêves depuis longtemps.

Comme dans un rêve, il se mit à besogner frénétiquement le conduit sodomique de Dominique jusqu’à ce qu’ils se mettent à l’unisson, tels des coyotes, à hurler leur jouissance à la lune.

Après le départ de Dominique, Pascale le prit dans ses bras et, caline, lui demanda:

— Tu as aimé?

— Bien sûr.

— Tu voudrais répéter l’expérience?

— Peut-être.

— Tu penses à Dominique? demanda Pascale en empoignant la bite de son époux.

— Non, répondit-il. Je pense à ton autre sœur.

Difficile d’éviter les clichés lorsqu’on aborde la relation entre un père et sa fille. Anne conserve d’ailleurs précieusement les siens dans un grand album noir:

Anne, toute petite, avec des tresses, des rubans et une robe à pois verts;

Anne en vacances, robe soleil, seins naissants, longues jambes de sauterelle et sourire malicieux;

Anne, toujours en robe soleil, les seins toujours naissants, les mêmes longues jambes de sauterelle, la hanche gauche lancée vers l’avant et le sourire encore plus malicieux;

Anne, nue dans son lit, tirant la langue et la pointe de ses seins naissants à côté d’un Mickey Mouse de peluche;

Anne, toujours aussi nue, devant son miroir, admirant ses seins touts neufs et les poils follets de son pubis;

Anne, à genoux, l’œil vissé sur la serrure de la porte des toilettes, espionnant son papa;

Anne, nue, fuyant son papa, les pieds aux fesses dans le corridor;

Anne, tout sourire, portant toge, mortier et diplôme, avec son papa qui l’embrasse sur la joue gauche;

Anne, assise dans la voiture de son papa, relevant sa jupe pour lui montrer ses bas et ses jarretelles;

Anne, en nuisette blanche, assise sur les genoux de son papa, écarlate;

Anne, au sourire épanoui, une main masculine sur son sein droit;

Anne, les yeux fermés, se mordant la lèvre inférieure, avec une tête masculine entre ses cuisses;

Anne et Simone, radieuses, en amour, embrassant en même temps papa sur les joues;

Anne, floue et mal cadrée, en gros plan, la bouche remplie et la joue déformée par quelque chose;

Anne, ligotée à un lit, sa culotte blanche enfoncée dans sa bouche;

Anne, les yeux bouffis, en pleurs, aux funérailles de son papa;

Anne, visage renfrogné, devant un gâteau d’anniversaire où brûle une chandelle en forme de deux et une chandelle en forme de sept;

Anne, esquissant un faible sourire, en compagnie de Simone qui la tient par la taille.

Simone referme l’album et le dépose sur ses genoux. Elle tourne la tête et demande à Anne, qui lui apporte une tasse de thé vert :

– Ce soir, nous dînons chez mon père. J’espère que tu n’as pas oublié…

– Comment pourrais-je l’oublier, puisque tu me le rappelles toutes les trois heures, répond Anne en s’assoyant sur le canapé.

– Nos visites lui font si plaisir… ce serait bête d’en manquer une parce que tu ne sais pas tenir un agenda, dit Simone en sirotant son thé.

– Je suis triste pour lui, quand même, ajoute Anne en passant sa main dans la chevelure de son amante. Il est trop gentil pour se priver d’une femme depuis tant d’années.

– Tu crois?

– Évidemment. Il est encore beaucoup trop jeune pour se passer de sexe, tu ne trouves pas? Il va finir pas développer de sales manies…

– Tiens tiens… Madame s’intéresse à la vie sexuelle de mon père, maintenant. S’il te fait si pitié, pourquoi ne te portes-tu pas volontaire pour soulager ses tourments?

– Ha! Bien sûr. La fille qui rabat de la chair fraîche pour son père: c’est classique.

– Je suis sérieuse. Mon papounet aurait vraiment besoin de s’envoyer en l’air, tu l’as toi-même remarqué, dit Simone, les yeux plongés dans son thé.

Anne, stupéfaite, dévisage son amante, incapable de formuler une réplique sensée à cette remarque incongrue.

– Tu sais Anne, il m’a souvent parlé de toi. Avec des mots qui…

– Il n’en est pas question! Ma parole… tu es devenue folle? finit par répondre Anne, estomaquée.

– Si ça t’intimide, je pourrais toujours être présente, pour faciliter les choses…

– Donc, si je résume, tu veux que je te trompe, non seulement avec un homme, mais avec ton père, et en ta présence par-dessus le marché?

– C’est à peu près ça, oui.

– Ça confirme ce que je disais: tu es devenue complètement folle.

Simone reprend l’album de photos, le feuillette puis s’arrête à la dernière page.

– Je me demande qui est la plus détraquée de nous deux, dit-elle simplement.

Anne lui arrache l’album des mains et le serre contre sa poitrine.

– Je ne vois pas où tu veux en venir, Simone.

– Menteuse.

– Ne compte pas sur moi pour te laisser vivre par procuration tes…

– Je sais que je peux toujours compter sur toi, Anne.

Anne embrassant son beau-père;

Anne caressant la bite de son beau-père;

Anne, couchée sur le dos, offrant sa chatte à son beau-père;

Anne, étreinte par son beau-père, souriant à la photographe;

Fin de l’album.

Il tourna la tête et le vit, détourna le regard, tenta de l’éviter, regarda encore et le vit, encore, jusqu’à ce qu’il se dise qu’assez, c’est assez.

– Bon dieu, Anne! s’écria-t-il, irrité.

– Qu’est-ce qui se passe? demanda-t-elle, sans lever les yeux de son journal.

Comme chaque matin, elle avait pris sa douche et, vêtue de son peignoir de ratine blanc, elle sirotait son café, assise à la table de la salle dîner.

– Un peu de décorum serait apprécié, répondit-il sèchement.

– Ce n’est pas intentionnel, dit-elle simplement, tout en poursuivant sa lecture.

– Justement. Ça rend la situation encore plus insupportable, si tu veux vraiment tout savoir.

– Je te l’ai dit, ce n’est pas intentionnel. Je suis surprise que ça te perturbe à ce point.

– Je ne suis pas perturbé.

– Troublé, si tu préfères. Si tu t’étais assis sur l’autre chaise, tu n’aurais rien vu.

Elle n’avait pas quitté son journal des yeux et n’avait toujours pas réajusté sa tenue pour couvrir le sein qui s’exposait au regard paternel par l’échancrure bâillante de son peignoir.

Il soupira d’agacement. C’était sa cuisine, bon dieu de merde. Madame prenait ses aises alors qu’elle devait être retournée chez elle depuis deux jours. Profondément irrité, il se leva et, bruyamment, il s’installa avec son bagel grillé et son verre de jus d’orange de l’autre côté de la table. Ce n’est qu’à ce moment qu’elle daigna le regarder en souriant narquoisement.

– Tout va mieux, maintenant? On n’est plus fâché? s’enquit-elle.

Elle se leva, se dirigea vers le comptoir et réchauffa son café. Elle retourna ensuite à son journal, son peignoir baillant de façon à ce que son autre sein soit exposé à la lumière du jour.

– Alors là, tu fais exprès, c’est évident, dit-il, indigné.

– On dirait bien que tu vas devoir encore changer de place! répondit-elle en pouffant.

– Pourquoi fais-tu ça? Pourquoi me traites-tu ainsi? demanda-t-il sur un ton résigné.

– Parce que j’ai vingt-neuf ans. Parce que c’est interdit. Et parce que ce qui est interdit est la plupart du temps terriblement excitant.